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30 janvier 2026

Scoop : un ambassadeur russe travaillait pour la Russie

Kuzmanovic Georges


- 29/1/2026 - Alexandre Orlov, ambassadeur officiel de Russie en France de 2008 à 2017, est accusé d’être un espion caché… en plein jour. Pour la touche suspense, on parle du « KGB », disparu depuis trente ans. L'Express confond diplomatie et infiltration clandestine. Ridicule et russophobie à son paroxysme.

Un « scoop » construit... sur les attributs du métier d'ambassadeur

Ce que L’Express semble découvrir avec effroi, c’est qu’un ambassadeur russe défend les intérêts de la Russie... ce qui a tout l’air d’une découverte du fil à couper le beurre.
Il faut tout de même rappeler une évidence élémentaire. Un ambassadeur est précisément chargé de représenter son pays, de promouvoir ses positions, sa culture, ses intérêts stratégiques. À ce compte-là, qualifier Orlov « d’agent d’influence » n’a rien d’une révélation. C’est même un truisme, vu que c'est la fonction même d'un ambassadeur : il représente son pays, donc les intérêts de son pays. Le pays d'accueil peut l'écouter ou pas, voire l'expulser, mais pas l'accuser de faire son métier public.

Voir la totalité de l'article ⇒ Fréquence Populaire Media

29 janvier 2026

Monique Plaza
26/1/2026


USA : L’ICE (Immigration and Customs Enforcement), créée en 2003, est une agence fédérale chargée de faire respecter les lois sur l’immigration. Pendant des décennies, elle a été financée et soutenue sans controverse majeure par les partis démocrate et républicain. Pourtant, dès 2017, puis surtout en 2025 sous le second mandat Trump, elle est devenue la cible d’une campagne de dénigrement sans précédent : accusée de racisme systémique, comparée à des "chemises brunes", diabolisée comme une milice fasciste.

Les faits : sous Barack Obama de 2009 à 2017, l’administration démocrate a expulsé plus de 3 millions de personnes, dont 409 000 expulsions durant l'année 2012. Ce record historique lui a d'ailleurs valu le surnom de "The Deporter in Chief" par ses propres soutiens. On recense 56 décès en centre de rétention, souvent liés à des négligences médicales ou des conditions de détention critiquées par les ONG. Obama lui-même justifiait cette politique par une formule limpide : "Je dois faire respecter la loi, même si c’est tragique et déchirant." Les Démocrates ont voté et financé l’ICE chaque année de 2003 à 2016, sans la moindre dénonciation. Tom Homan, alors directeur de l’ICE sous Obama, avait même reçu une médaille pour ses résultats.

Aujourd’hui, pour la même politique (mais sous Trump) Homan est traité de nazi. Pourtant, fin 2025, les statistiques du Department of Homeland Security (DHS) et de l'ICE soulignent que malgré une rhétorique plus ferme, les chiffres sous l'administration Trump II s'avèrent nettement inférieurs à ceux des mandats précédents. L'ICE a procédé à plus de 352 000 arrestations, expulsé formellement environ 327 000 personnes, encouragé 1,9 million de départs volontaires, inculpé ou arrêté 211 000 criminels (meurtriers, violeurs, trafiquants...). Le meurtre par dix balles de Prett est une horreur, mais des situations similaires se sont produites sous Obama, sans être trop médiatisées.

Il y a sans aucun doute un enjeu politique majeur sous ce « deux poids deux mesures ». L’analyse des bases de données publiques et les reportages médiatiques sur les affrontements violents avec l'ICE au cours de l'année écoulée montre que neuf comtés seulement ont représenté les deux tiers des affrontements violents avec l'ICE en Amérique. Cela représente deux fois plus d'affrontements violents que dans les 3 134 autres comtés réunis. Une confrontation violente était 590 fois plus probable dans ces 9 comtés que dans n'importe lequel des 3 134 autres comtés. Or ces neuf comtés sont des juridictions sanctuaires dirigées par des politiciens démocrates qui s'opposent à l'application des lois sur l'immigration. Les affrontements violents sont plus rares dans les États et les villes où les autorités locales coopèrent avec les forces de l'ordre.

Le chaos migratoire est un problème grave, qui mériterait d’être traité en dehors de toute approche idéologique et électorale, par les politiciens ET les citoyens, sans oublier les facteurs humains (on peut toujours rêver).

Quand le Moyen-Orient refuse d’être le champ de bataille des autres

Gastel Etzwane
29/1/2026

Le communiqué publié par le Pakistan à l’issue de l’entretien entre son Premier ministre et le président de la République islamique d’Iran pourrait, à première lecture, passer pour une déclaration diplomatique classique. On y évoque le dialogue, la coopération, la stabilité régionale et la poursuite d’échanges réguliers de haut niveau. Rien, en apparence, qui sorte des usages habituels de la diplomatie internationale.

Et pourtant, replacé dans le contexte actuel, ce message prend une tout autre portée. Il intervient au moment précis où plusieurs médias occidentaux évoquent ouvertement l’hypothèse d’une intervention militaire américaine contre l’Iran, parfois dans des délais très courts. Or, face à cette perspective, un grand État musulman doté de l’arme nucléaire choisit d’afficher publiquement trois éléments fondamentaux : son attachement au dialogue, sa proximité politique assumée avec Téhéran et sa volonté de préserver la stabilité régionale. Le Pakistan ne parle jamais à la légère lorsqu’il s’agit de sécurité. Chaque mot est pesé, chaque signal est calculé.

Sans jamais mentionner les États-Unis, Israël ou l’idée même d’une frappe militaire, le message pakistanais envoie pourtant un signal très clair. Il peut se résumer ainsi : nous ne sommes plus disposés à être l’espace où d’autres règlent leurs conflits. Cette phrase, implicite mais parfaitement lisible, marque une rupture profonde avec des décennies de fonctionnement hérité de l’ère coloniale et post-coloniale, durant lesquelles nombre d’États de la région acceptaient, parfois par dépendance sécuritaire, parfois par contrainte, de servir de bases arrière ou de zones de confrontation pour des puissances extérieures.

Concrètement, cette rupture se traduit par des refus très précis : refus de servir de plateforme militaire, refus d’ouvrir l’espace aérien et les infrastructures nationales à une guerre décidée ailleurs, refus d’assumer les représailles politiques, économiques ou sécuritaires consécutives à des choix qui ne seraient pas les leurs. Il ne s’agit pas d’un discours idéologique, mais d’une affirmation de souveraineté très pragmatique.

Le Pakistan, toutefois, n’est pas isolé. Il est simplement celui qui exprime le plus clairement une dynamique aujourd’hui largement partagée dans la région. Contrairement à une idée répandue, de nombreux États voisins de l’Iran, y compris des alliés traditionnels de Washington, ont adopté des positions beaucoup plus fermes qu’on ne le dit souvent face à l’hypothèse d’une intervention américaine.

L’Arabie saoudite, par exemple, ne se contente pas de prudence. Riyad a exprimé un désaccord explicite avec l’option militaire, a multiplié les démarches diplomatiques pour encourager la désescalade et a clairement fait savoir qu’il ne participerait pas à une opération contre l’Iran. Pour un allié historique des États-Unis, ce positionnement constitue une inflexion majeure. Il traduit la priorité désormais accordée à la stabilité régionale et aux intérêts économiques de long terme.

Les Émirats arabes unis ont, de leur côté, posé des lignes rouges très nettes : refus de l’utilisation de leur territoire, de leurs bases et de leur espace aérien pour toute frappe contre l’Iran, et préférence clairement affichée pour la diplomatie. Ce refus opérationnel a un poids considérable, car il limite concrètement les options militaires.

Le Qatar va encore plus loin. Doha a non seulement exprimé sa réticence, mais a également procédé à un retrait partiel de personnels sur certaines bases américaines et s’est engagé dans un rôle actif de médiation. Le Qatar se positionne désormais comme un acteur de stabilisation, non comme un simple relais militaire.

L’Oman, fidèle à une tradition diplomatique ancienne, affiche une opposition constante à toute intervention armée, multiplie les contacts avec Téhéran et met publiquement en garde contre les risques de chaos régional. Le Koweït, quant à lui, adopte un silence stratégique qui, dans le contexte régional, vaut refus implicite de cautionner une escalade.

La Turquie a pris une position politique claire, appelant au dialogue et rejetant toute intervention militaire étrangère susceptible d’embraser durablement la région. L’Égypte, enfin, privilégie la stabilité, consciente des répercussions qu’un conflit aurait sur la mer Rouge et le canal de Suez, et se garde bien de soutenir une option militaire.

Pris ensemble, ces positionnements dessinent une réalité difficilement contestable : il n’existe aujourd’hui aucun consensus régional en faveur d’une intervention militaire contre l’Iran, y compris parmi les partenaires traditionnels des États-Unis. Il ne s’agit pas d’un soutien au régime iranien, mais d’un refus clair de la guerre par procuration et d’une volonté affirmée de ne plus être le théâtre des affrontements décidés ailleurs.

Le communiqué pakistanais agit ainsi comme un révélateur. Il met en lumière un basculement silencieux mais profond : la fin de l’alignement automatique, la remise en cause des réflexes hérités du XXᵉ siècle et l’émergence d’États qui entendent reprendre pleinement la maîtrise de leurs choix en matière de guerre et de paix. Derrière la normalisation médiatique occidentale de l’option militaire, la réalité régionale est celle d’une désescalade recherchée et d’une souveraineté revendiquée.

Le message, au fond, est d’une grande simplicité, mais d’une portée considérable : nous ne voulons plus être le champ de bataille des autres. C’est sans doute là l’un des tournants les plus significatifs de la séquence géopolitique actuelle.

ÉLÉGIES PERSANES SOUS LES LUMIÈRES DU COUCHANT


Gabriel Nerciat


- 28/1/2026 - Le moins qu'on puisse dire, c'est que les rodomontades de Donald n'ont pas l'air de beaucoup inquiéter le pouvoir iranien, lequel vient de recevoir un appui éclatant et public de la part des monarchies arabes sunnites alliées de Washington (jadis ses pires ennemis), sans rien lâcher de précis concernant les exigences, du reste assez floues, de la Maison Blanche.
Chez les néo-cons et les gentils humanistes fantomatiques du Vieux Continent, qui n'ont rien trouvé de mieux que d'exiger le placement du corps des Pasdarans sur la liste des organisations terroristes de Bruxelles (pourquoi, à chaque fois que les Européens parlent d'une seule voix, c'est pour sortir une ineptie encore plus dérisoire que risible ?), on commence à branler du chef.
Je les comprends. Il ne manquerait plus que l'Armada de l'US Navy fasse demi-tour et cingle vers le Groenland. Cela obligerait les gorets européens en partance pour l'abattoir à se rappeler qu'ils n'ont pas de navires de guerre pour leur permettre de garantir l'intégrité de la blanche colonie danoise.
En fait, pour Téhéran, l'équation semble assez simple à résoudre : Trump a reçu du peuple américain un mandat pour lutter contre l'immigration illégale aux Etats-Unis, démanteler les accords de libre-échange et combattre l'idéologie wokiste dans les grandes métropoles multiculturelles de l'Amérique ; il n'a aucun mandat pour aller abattre au moyen d'une agression militaire un lointain régime du Moyen-Orient qui ne menace en rien les intérêts et la sécurité des Américains et a en outre démontré encore récemment qu'il savait assez bien se défendre.
Sauf à considérer bien sûr que les États-Unis ne sont guère plus qu'un protectorat israélien, ce qui n'est pas du tout la façon de voir actuelle des électeurs MAGA hors les quelques dizaines de milliers de trépanés évangélistes de la Bible Belt.
On a plutôt l'impression que Donald tourne en rond, passant d'un théâtre à l'autre, ou d'une provocation à l'autre, plus affairé à mettre en scène le chaos cosmique que sa seconde élection l'autorise à démultiplier sans mener à bout aucun des fronts qu'il ouvre à une cadence de plus en plus accélérée.
Peut-être est-ce mieux ainsi, après tout. Falstaff est d'abord là pour saper la fausse dignité d'Henry IV et parodier une souveraineté d'empire qui excède largement les moyens de sa bouffonnerie dionysiaque.
Tant que le chaos achève de ruiner l'ordre ancien issu des deux guerres mondiales et de la mondialisation, les nations rétives au rapetissement techno-consumériste du monde finiront bien par y trouver leur compte.
Sinon, quoi ?
Ah oui, l'émancipation des femmes iraniennes ? C'est vrai que c'est une question importante : nos pimbêches de Saint-Germain-des-Prés, toujours avides de révolutions exotiques et de bains de sang lyriques, ont bien raison de s'en inquiéter.
Mais ne vous en faites pas, braves gens.
Leurs chevelures, déjà affranchies du voile islamique, s'épanouiront d'autant mieux lorsqu'une force de frappe nucléaire achèvera de garantir l'intégrité et la souveraineté de leur pays.
Pas besoin de fomenter une nouvelle guerre dévastatrice, comme en Irak ou en Syrie, pour traduire les œuvres complètes de Simone de Beauvoir en persan.
C'est sûrement aussi rébarbatif à lire dans la langue de Saadi qu'en français.

28 janvier 2026

Dessin de Piérick
Charles Alloncle

France Télévisions a menti.

- 28/1/2026 - Dans un mail daté du 23 janvier 2025, adressé en réponse à mes relances concernant l’absence de documents transmis, la direction de France Télévisions m’a affirmé que les avis des comités d’investissement, c’est-à-dire les motivations ayant conduit à la validation des contrats passés avec les sociétés de production, ne pouvaient pas m’être communiqués au motif qu’« ils n’existaient pas ».
Or, lors de son audition, la directrice des publics et de la stratégie éditoriale de France Télévisions a confirmé sous serment que ces avis du comité d’investissement existent bel et bien.
Ce manque de transparence manifeste se prolonge avec le refus du directeur des magazines de France Télévisions de communiquer le coût de programmes tels que C dans l’air ou C à vous, au nom du secret des affaires.
L’audiovisuel public est financé à hauteur de plus de 4 milliards d’euros chaque année par les contribuables français. Aucun mensonge, aucune entrave et aucun refus de transparence ne sont acceptables. Les Français ont le droit de savoir par qui, comment et pourquoi leur argent est utilisé.

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Dessin de Chaunu

Majorité numérique : ce fiasco qui insiste

H16

- 28/1/2026 - Vite, vite, il faut bloquer les réseaux sociaux ! Pardon, il faut vérifier l’identité de ceux qui s’y connectent ! Hum, enfin, disons, il faut garantir que les moins de 15 ans n’y ont pas accès. Pour les protéger, bien sûr !

En 2023, la France avait adopté une loi fixant la « majorité numérique » à 15 ans, exigeant une vérification d’âge et un consentement parental pour les mineurs sur les réseaux sociaux. Mais patatras, celle-ci n’avait pu être mise en œuvre en raison d’un conflit avec la législation européenne, notamment le Digital Services Act, bloqué par la Commission européenne. Notons le record de vitesse puisque la loi était morte avant même qu’on ait pu créer une agence d’État avec 250 agents publics y émargeant !


Malgré ces échecs et ces défis techniques et légaux, Emmanuel Macron s’entête et pousse donc un nouveau projet de loi pour interdire purement et simplement l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, inspiré de l’exemple australien (pourtant foireux), avec une mise en œuvre prévue pour septembre 2026 après un examen en janvier.

Sans surprise, la députaillerie, aussi veule qu’à l’accoutumée, a religieusement emboîté le pas en votant sans opposition notoire la proposition pourtant grotesque de l’exécutif.

Cependant, une petite musique de fond s’installe et revient régulièrement : Grok, l’intelligence artificielle notamment intégrée à X, serait utilisé pour trafiquer des images pédopornographiques ! Il y a quelques semaines, quelques articles de presse faisaient mention de cette abominable découverte ce qui poussa probablement l’entreprise de Musk à reconnaître que son IA pouvait avoir été utilisée pour générer des images de personnes en bikini et dans un article paru sur X le 14 janvier. Dans la foulée, les ingénieurs de X limitaient les capacités de Grok et renforçaient les contrôles afin d’éviter toute utilisation illégale de leur moteur d’intelligence artificielle.

Imaginer que ces réponses et ces améliorations techniques suffiraient serait naïf. Avec une prévisibilité de mécanique allemande, la presse remet le couvert il y a quelques jours, cette fois-ci en utilisant l’inénarrable accroche « Selon une étude » par laquelle on prouve absolument tout, son contraire et l’inverse dans l’habituel gloubiboulga journalistique ; sans même s’étendre sur la solidité de l’étude (largement discutable), on ne peut que s’étonner de l’absence d’une même étude sur Nano Banana Pro, le moteur de production d’image de Gemini – le moteur IA de Google, ou celui de ChatGPT d’OpenAI, ou les autres moteurs de production de contenu.

Apparemment, il semble indispensable de faire une analyse approfondie de l’IA de Musk, mais surtout pas des autres. On se demande soudainement pourquoi. Serait-ce parce qu’il faudrait trouver une raison solide de faire fermer le réseau social de Musk ?

Oh, allons, vous n’y pensez pas !


N’oublions pas que, parallèlement, l’Union européenne tente, elle aussi à tout prix, de pousser « Chat Control », une abomination légale visant au départ à contraindre les plateformes numériques à détecter activement et signaler les contenus pédopornographiques et les sollicitations d’enfants, quitte à imposer une analyse systématique des communications, même chiffrées. On ne doit qu’à la mobilisation citoyenne le fait que, le 26 novembre dernier, le Conseil de l’Union a finalement rétropédalé pour adopter une position commune supprimant cette obligation de lire toutes les communications chiffrées de bout en bout… Gageons que si la mobilisation citoyenne diminue, les dirigeants n’hésiteront pas à remettre le couvert.

Mais en réalité, ces agitations médiatico-politiques autour des réseaux sociaux cachent le vrai problème : les pédocriminels n’ont absolument pas besoin de Grok (ou de Gemini, de ChatGPT ou de tous les moteurs de type Stable Diffusion, dont apparemment tous les médias et les politiciens se foutent complètement) pour enfreindre les lois et la morale, et ils sévissent sans grandes difficultés sur le territoire français et européen.

Est-il nécessaire de revenir sur l’affaire de ce militant LFI qui fut interpelé en Loire-Atlantique et dont tout indique qu’il faisait partie de tout un réseau ? Est-il nécessaire de revenir sur les « grooming gangs » de Grande-Bretagne sur lesquels toute la lumière n’a pas été faite, ni les liens avec des individus hauts placés dans les autorités britanniques ? Est-il nécessaire de revenir sur les ramifications (notamment françaises) de l’affaire Epstein ?


Or, dans ces affaires, qui ne constituent qu’une faible partie de l’ensemble des cas réels, ni Grok ni d’autres IA n’ont été impliquées et il y a fort à parier que les prochaines affaires qu’on découvrira continueront de se passer de ces moyens technologiques. Oh, on peut garantir qu’il sera fait grand cas de l’un ou l’autre pédocriminel si ce dernier produit des images avec ces outils (surtout si c’est Grok) mais en attendant, il apparaît bel et bien que les IA et les réseaux sociaux ne sont pas, en eux-mêmes, déterminants de cette criminalité qui existe bien indépendamment d’eux.


De tout cela il faut retenir que la protection des mineurs n’est qu’un prétexte pour obliger tous les Français et, à terme – n’en doutons pas – tous les Européens à fournir leur identité complète pour accéder aux réseaux sociaux. Le but est limpide, sans fard et parfaitement tyrannique : mettre fin une bonne fois pour toutes à la vie privée en ligne, et garantir la possibilité aux autorités de pouvoir censurer plus facilement les citoyens français et européens.

Et ainsi, ceux qui pensent de travers, ceux qui se moquent trop ouvertement du pouvoir en place – notamment en présentant des images retouchées des dirigeants en petites tenues, trop massivement vues par des millions de personnes – ne pourront plus le faire sans immédiatement supporter des conséquences lourdes, depuis la débancarisation jusqu’à la traque de la police politique qu’ils sont en train de mettre en place actuellement.

Les prochaines étapes de mise en coupe réglée de notre liberté d’expression sont évidentes. La seule façon de l’éviter consistera donc à en user autant que possible, par exemple en remettant une couche du petit Barrot en bikini.


https://h16free.com/2026/01/28/83278-majorite-numerique-ce-fiasco-qui-insiste
Charles Alloncle
27/1/2026

Anne Holmes, directrice des programmes et de la fiction de France Télévisions, à la tête de l’un des budgets les plus importants du groupe, reconnaît passer régulièrement ses vacances chez le dirigeant d’une société de production bénéficiaire de contrats avec France Télévisions.
De son côté, Manuel Alduy, directeur du cinéma, des fictions internationales et des programmes jeunes adultes de France TV, estime que ses engagements trotskistes passés n’affectent en rien l’exercice de ses fonctions. Il ne voit pas davantage de contradiction entre ce passé militant, sa position à la tête d’une entreprise publique et des séjours dans des palaces à Cannes à près de 1 700 € la nuit.
Ces éléments soulèvent de sérieuses questions quant au respect des principes déontologiques qui s’imposent à une entreprise financée par l’impôt des Français : prévention des conflits d’intérêts, devoir de neutralité, exemplarité dans l’usage des fonds publics.

27 janvier 2026

Natalia Routkevitch
27/1/2026

« On aurait du mal à trouver des citoyens plus dissemblables. Les Vénitiens étaient cyniques, gens du monde dur, habités par le commerce. Les Byzantins étaient mystiques ; pour eux, le Christ, sa mère et les saints étaient aussi réels que les membres de leur propre famille. Enfin – et c’est peut-être le plus important – des comités sans visage gouvernaient Venise : des groupes élus d’hommes en robe noire, travaillant en secret, constamment remplacés par d’autres, prenant leurs décisions collectivement et évitant toute prééminence individuelle. Byzance, à l’inverse, était une autocratie gouvernée par un empereur à mi-chemin du ciel, égal des apôtres, représentant de Dieu sur terre, tenant au creux de sa main la vie de chacun de ses sujets.
Certains de ces empereurs furent des héros, d’autres des monstres ; jamais ils ne furent fades. »

C’est en plongeant dans les histoires vieilles de longs siècles, et dans les œuvres artistiques, que l’on parvient à mieux comprendre les hostilités enfouies, les raisons de vagues récurrentes de détestation qui montent en Europe avant de déferler sur le monde entier. C’est ainsi que l’on saisit plus finement les prétentions et les velléités, les rancunes et les ressentiments des uns et des autres.
Dans un contexte où ceux qui sont censés informer ne font souvent qu’exprimer de vieux réflexes chtoniques, pourtant présentés comme des réactions rationnelles, les livres anciens ou les œuvres d’art – littérature, histoire, poésie, cinéma – peuvent offrir une compréhension bien plus profonde que les vecteurs d’information habituels.
En l’occurrence, l’image dessinée par Johh Julius Norwich dans son « Histoire de Byzance » nous apprend davantage sur le rapport au pouvoir et sur la vision de la légitimité dans deux mondes issus de la chrétienté – occidentale et orientale – que de longues dissertations de ceux qui prétendent dispenser le savoir, mais qui révèlent surtout les limites de l’ambition à saisir, expliquer, évaluer et transformer le monde à partir d’une grille analytique unique, une sorte de cage mentale analysant tout à travers des catégories et un langage inadaptés à la complexité du monde.
Cette image nous aide non seulement à penser cette divergence, mais aussi à comprendre le rejet viscéral que peut susciter une réflexion sur le pouvoir, la responsabilité politique, l’incarnation, la légitimité – rejet qui s’est manifesté notamment dans certaines réactions à l’écranisation du livre de Da Empoli par Assayas.
« Nul, scandaleux, grotesque, odieux, complaisant… », fulminent les kremlinologues les plus en vue.
« En sortant de la salle, on n’est pas envahi par un sentiment clair de haine à l’égard des personnages principaux… C’est troublant », s’indigne un commentateur habitué des plateaux, évoquant une « grosse déception ».
Quelle étrange vision de l’art…
Être dérangeant, troublant et déstabilisant, c’est précisément ce que l’on attend de toute œuvre artistique digne de ce nom, celle qui n’est pas conçue à des fins purement propagandistes.
« Ramassis de clichés. » « En ces temps où une compréhension claire, réelle, non exotisée de la Russie est sans doute urgente en Europe, une remise en cause de ces stéréotypes éculés et pourtant bien vivaces semble indispensable. » « Assayas et Da Empoli ne connaissent rien du pays, pourquoi les écouter ? Laissons la parole aux experts qui s’appuient sur les données sérieuses », pontifient les gens sérieux.
Ah, les indices, l’objectivité, les données sérieuses citées par les gens sérieux…
La guerre aux clichés a bon dos.
Il est amusant que les mêmes personnes qui dénoncent les clichés de l’âme slave, de la main forte, de l’attente que le pouvoir soit incarné aient contribué à nourrir, promouvoir et diffuser toute une série d’autres clichés. « Pays qui marche au pas », « peuple zombie », « pays de dégénérés », « dragon totalitaire », « pays de la violence totale et innée », « pays-ogre impérialiste » – on dirait de gros clichés... Et pourtant, toutes ces expressions sans exception sortent de la plume de nos grands universitaires, experts, chefs d’État et journalistes de la presse de référence.
Il est tout aussi symptomatique que tous ceux qui dénigrent Da Empoli, au motif qu’il ne se serait rendu en Russie que trois ou quatre fois, citent avec délectation marquis de Custine, qui y a passé trois semaines à tout casser pour produire son "ouvrage de référence sur la Russie", où, selon l’auteur, « les mères devraient pleurer la naissance de leurs enfants plutôt que leur mort ».
Ah, l’impartialité de nos grands experts…
L’objectivité dans les sciences humaines est-elle seulement possible ?
Ce qui est possible, très modestement, c’est une exigence d’objectivité maximale que l’on s’applique, l’effort conscient pour s’élever au-dessus de la bataille militaire et politique ainsi que de la guerre des narratifs, même temporairement. Mais la majorité de ceux qui pontifient se sont-ils seulement donné cette peine ? Ou bien se sont-ils, dès le départ, drapés dans vertu, brandissant des avatars aux bonnes couleurs, des slogans, des insultes, baignant dans l’indignation, bouillonnant d’émotion, de « juste colère », animés par la volonté de dénoncer, boycotter, étiqueter, pointer du doigt accusateur – à la manière des « intellectuels engagés » ?
Dès lors, l’idée selon laquelle nous serions, dans notre espace médiatique, confrontés à une opposition entre la « vérité objective » et les « clichés » relève largement d’un trompe-l’œil.
« Non seulement tous les clichés sur la Russie sont vrais, mais un jugement sur la Russie qui ne serait pas un cliché aurait les plus fortes chances d’être faux », s’amusait d’ailleurs Emmanuel Carrère, coupable non seulement d’une sensibilité artistique lui permettant d’avoir une vision un peu plus multidimensionnelle, mais aussi – crime supplémentaire – d’être le fils de sa mère, qui, paraît-il, se serait exclamée que Le Mage du Kremlin est un livre qu’elle aurait pu écrire.
Dans ce contexte, une seule image, une seule chanson de Vyssotsky (commémoré avant-hier), ou un seul distique de Bachlatchev peuvent parfois offrir au grand public une vision plus pénétrante que les articles et rapports bourrés de statistiques, de chiffres et d’indices de développement, de transparence ou de corruption qui sont brandis par les vaillants combattants de lutte contre les clichés.
Démocraties/dictatures, participation libre/soumission, liberté/servitude, État de droit/impunité, transparence/corruption, moderne/archaïque, empire/État-nation, gentils/méchants, nous/eux… et ainsi de suite. Les rapports et articles « objectifs » nous offrent les clés pour obtenir une vision très nette, tout en cochant les cases.
Encore et toujours les cases...
« Nous sommes les adversaires nés de tout ce qui est étrange, de ce qui ne rentre pas dans ce cadre que nous appelons, d’un mot, hélas, hélas, trois fois hélas, banalisé et médiocrisé, “démocratique”. Tout ce qui n’est pas “démocratique”, entre guillemets, selon nos critères aveugles, ne mérite pas attention et doit être démoli. Cela revient à ça », disait Pierre Legendre.
L’incapacité de reconnaître à l’Autre son droit d’être Autre, sans qu’il soit nécessairement un criminel à punir ou une victime à sauver, pourrait-on ajouter.
Dès lors, toute création artistique qui permet – même de manière inconsciente – de sortir de ces cases et de donner à voir le monde en trois dimensions suscite perplexité, désarroi ou colère chez la caste des « brahmanes ». Leurs réactions, qui se présentent comme rationnelles, supérieures et éclairées, traduisent moins un souci d’impartialité qu’un profond trouble, un inconfort. Car cela confronte à des questions touchant à l’essence de nos dogmes.
Les hommes en noir sans visage sont-ils plus humains, plus vertueux, moins corrompus ou moins avides de pouvoir que l’autokratôr byzantin ?
Avons-nous su, dans les « bonnes sociétés » si bien placées sur les échelles (que nous avons nous-mêmes créées et appliquées universellement), dépasser le côté sombre et violent du pouvoir en le désacralisant, en le désymbolisant, en le désincarnant, en le réduisant à une technologie ou à une procédure ? Ou n’a-t-on fait que dissimuler ses mécanismes profonds et diluer les responsabilités ? Le pouvoir ne demeure-t-il pas toujours et partout – selon l’expression de Da Empoli – « une politique des profondeurs, agissant jour et nuit, sans interruption », même lorsqu’il est exercé par des comités anonymes, plutôt que de s’incarner dans la figure fascinante et terrible d’un autokratôr ?