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4 septembre 2026

Potier Christian
4/9/2026

LETTRE DE SOUTIEN À XENIA FEDOROVA


Madame Fedorova,
Je tenais à vous apporter mon soutien total après l'annonce de votre retour sur CNews, Europe 1 et le JDNews.
Ce qui vient de se passer est un véritable bras d'honneur que vous avez infligé, avec l'aide de Vincent Bolloré, à Jean-Noël Barrot, à Laurent Nuñez et à Emmanuel Macron.
Et le symbole est énorme.
Ce gouvernement n'est pas capable d'expulser 300.000 OQTF qui n'ont rien à faire sur notre territoire. 300.000 personnes sous le coup d'une Obligation de Quitter le Territoire Français qui, malgré tout, conservent leurs droits, leur RSA, leur APL, et tout le buffet des avantages sociaux.
Mais quand il s'agit de vous, une journaliste, une chroniqueuse, une femme seule, là, l'État est d'une efficacité redoutable. Arrêté d'expulsion, gel de vos comptes bancaires, chasse à l'homme médiatique, qualification de "propagandiste patentée". On vous a traitée comme une criminelle.
Deux poids, deux mesures. C'est toute l'hypocrisie de ce pouvoir.
Ils laissent l'insécurité exploser, ils laissent l'identité de la France se diluer, mais ils ont du temps et de l'argent à perdre contre une journaliste qui ne fait que son travail : informer autrement.
Alors merci à vous d'avoir tenu bon. Et merci à Vincent Bolloré de ne pas avoir capitulé face à la pression du Quai d'Orsay et de l'Élysée. Dans une France où tout le monde se couche, il en faut qui restent debout.
Vous avez tout mon soutien et celui de milliers de Français qui ne se reconnaissent plus dans ce que ce pays est en train de devenir.
Avec tout mon respect,
Christian Potier
Georges Kuzmanovic
2/9/2026

Ukraine, une guerre annoncée, évitable et qui finira en tragédie

L’Ukraine est ravagée, mais cette guerre était prévisible. Depuis trente ans, diplomates, stratèges et responsables américains alertaient : l’extension de l’OTAN vers l’Est finirait par provoquer une confrontation majeure avec la Russie.


« La guerre n’est rien d’autre que la continuation de la politique par d’autres moyens. »
Carl von Clausewitz, De la guerre

L'Ukraine est aujourd'hui un pays ravagé. Des villes entières du Donbass sont en ruines, ses infrastructures énergétiques et industrielles ont subi quatre années et demie de frappes, et la Russie vient encore d'intensifier considérablement sa campagne de drones et de missiles. Ses grands ports de la mer Noire, qui assuraient autrefois l'essentiel de ses exportations, sont désormais paralysés ou soumis à une pression militaire telle que les flux ont dû être massivement reportés vers les ports beaucoup moins capacitaires du Danube et les voies terrestres. Fin août 2026, jusqu'à 80 navires attendaient ainsi pour accéder aux ports ukrainiens du Danube. Les exportations de céréales d'août étaient très inférieures à celles de l'année précédente.

La catastrophe est aussi démographique. L'Ukraine comptait environ 52 millions d'habitants au début de son indépendance. Il est aujourd'hui impossible d'établir un chiffre incontestable : guerre, réfugiés, émigration, territoires passés sous contrôle russe et absence de recensement rendent l'exercice extrêmement difficile. Oleksandr Hladun, de l'Institut ukrainien de démographie, évaluait en juillet 2026 à 27-28 millions la population vivant effectivement sur le territoire contrôlé par Kiev. L'ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky, Ioulia Mendel, évoque pour sa part « à peine 25 millions ».

Militairement, la situation est également mauvaise pour Kiev, contrairement au narratif orwellien entendu dans les médias de masse en Occident. La Russie continue de progresser dans plusieurs secteurs, notamment dans le Donbass, mais aussi du côté de Soumy ou encore vers la ville de Zaporijia. Pire... contrairement aux pronostics occidentaux depuis plus de quatre ans, l'industrie militaire russe n'est pas épuisée. Le commandant en chef ukrainien Oleksandr Syrsky, récemment limogé, estimait en janvier que la Russie produisait déjà environ 404 drones de type Shahed par jour et visait 1 000 unités quotidiennes ; les services ukrainiens constatent également une augmentation importante de la production de missiles, lesquelles pleuvent littéralement sur l'Ukraine depuis deux mois.

Au moment où l'Ukraine entre dans une phase peut-être décisive de son histoire, il devient donc nécessaire de revenir à une question essentielle, comment et pourquoi en est-on arrivé là ?

Le plus tragique est que cette guerre avait été annoncée. Non pas principalement par des propagandistes russes, mais par quelques-uns des diplomates, stratèges, responsables du renseignement et universitaires américains les plus expérimentés de leur génération : Jack Matlock, George Kennan, William Burns, John Mearsheimer, Douglas Macgregor, George Beebe, ou encore Jeffrey Sachs, pour n'en citer que quelques-uns parmi les plus renommés. Des hommes aux parcours et aux sensibilités différents, patriotes américains, mais qui ont en commun une lecture réaliste des relations internationales, à savoir qu'une grande puissance réagit d'abord à ce qu'elle considère comme des menaces pesant sur son environnement stratégique, surtout si elle ressent une menace existentielle, indépendamment des intentions que ses adversaires prétendent avoir.

1990 : ce que Mikhaïl Gorbatchev avait entendu et compris

Tout commence en février 1990. Le mur de Berlin vient de tomber. L'Union soviétique existe toujours et dispose de centaines de milliers de soldats en Allemagne de l'Est. Pour obtenir l'accord soviétique à la réunification allemande au sein de l'OTAN, les dirigeants occidentaux multiplient assurances et réassurances.

Le 9 février, à Moscou, le secrétaire d'État américain James Baker explique au ministre soviétique des Affaires étrangères Edouard Chevardnadze qu'une Allemagne réunifiée ancrée dans une OTAN transformée devrait s'accompagner de « garanties de fer » : « NATO's jurisdiction or forces would not move eastward ». Devant Gorbatchev, Baker emploie la formule devenue célèbre : « not one inch eastward » (pas un pouce vers l'Est).

Les archives déclassifiées et publiées par le National Security Archive de la George Washington University montrent surtout que Baker n'est pas un cas isolé. Le chancelier Helmut Kohl dit à Mikhaïl Gorbatchev le 10 février : « We believe that NATO should not expand its scope. » Et, quatre jours auparavant, Hans-Dietrich Genscher avait précisé au Britannique Douglas Hurd que son raisonnement ne concernait pas seulement la RDA : les Soviétiques devaient avoir l'assurance que si, par exemple, la Pologne quittait un jour le pacte de Varsovie, elle « ne rejoindrait pas l'OTAN le lendemain » (terminologie qui laissait déjà une marge de manœuvre future).

Certes, aucun traité ne fut signé interdisant pour toujours tout élargissement de l'OTAN à l'Europe orientale. Le traité « 2+4 » régla juridiquement la question allemande, notamment le statut militaire particulier de l'ancienne RDA. Mais il est tout aussi faux d'affirmer qu'aucune assurance politique concernant une expansion vers l'Est n'avait été donnée. Les archives montrent qu'elles furent nombreuses et que certaines dépassaient explicitement le seul territoire est-allemand. Gorbatchev dira lui-même plus tard que l'élargissement violait « l'esprit » des assurances reçues en 1990.

Il est important de comprendre cette étape de l'histoire des relations entre l'Occident et la Russie : ce passif est la raison pour laquelle la Russie contemporaine, et spécifiquement Vladimir Poutine ou Sergueï Lavrov, ne font aucune confiance en la parole de l'Occident et refuse tout « cessez-le-feu » et autres promesses vagues et ne cesseront les hostilités que lorsque les pays Occidentaux seront prêts à signer un traité officiel international contraignant, dûment documenté, lequel devra statuer sur une nouvelle architecture de sécurité en Europe. En dehors de telles négociations structurantes et structurelles, il n'y aura pas de paix en Ukraine. Plus gave, la Russie s'assurera des conquêtes territoriales et destruction de ce qui reste de l'Ukraine si de tels accords cadres ne sont pas signés. Et encore... la signature même occidentale est largement discréditée dans les pays BRICS car considérée comme peu fiable

Matlock et Kennan : les avertissements initiaux américains

Jack F. Matlock Jr. n'est pas un intellectuel marginal. Diplomate de carrière, spécialiste de l'URSS, il fut ambassadeur des États-Unis à Moscou de 1987 à 1991 sous Ronald Reagan puis George H. W. Bush et fut un des acteurs principaux coté américain de l'organisation diplomatique de la fin de la guerre froide.

Lorsque l'administration Bill Clinton décide d'élargir l'OTAN, Matlock s'y opposa. Il témoignera devant le Congrès contre cette politique et expliquera plus tard avoir averti qu'elle devait, au minimum, « s'arrêter avant d'atteindre des pays comme l'Ukraine et la Géorgie », car cela serait « inacceptable pour n'importe quel gouvernement russe » – soit très exactement les deux pays où G.W Bush Jr. voulu étendre l'OTAN lors du sommet de Bucarest de 2008 et où se déroulèrent les deux affrontement armés. En décembre 1994, il débat publiquement de cette question avec Henry Kissinger sur la chaîne PBS. Les deux hommes divergent, mais le fait même que le débat ait lieu montre que la politique d'élargissement était alors un choix stratégique discuté, non une nécessité évidente – on connaît l'histoire, les néocons triomphèrent, au même moment où économiquement s'installait en occident le néolibéralisme et le dogme du libre-échange... soit les poisons qui allaient, à terme, tuer l'Occident, qui pourtant dominait le monde. Funestes choix ; les historiens auront de quoi s'étonner.

Puis vient George F. Kennan. Difficile de trouver figure plus emblématique de la stratégie américaine. Diplomate, historien et soviétologue, Kennan avait formulé dès 1946-1947 la doctrine du containment du communisme et participera à sa mise en œuvre, soit l'endiguement de l'URSS qui allait structurer la politique américaine pendant la guerre froide.

Or, en février 1997, alors que la Russie d'Eltsine est économiquement effondrée, militairement affaiblie et ne constitue aucune menace conventionnelle crédible contre l'Europe occidentale, Kennan publie dans le New York Times « A Fateful Error ».

Son avertissement est saisissant : il déclare explicitement que l'élargissement de l'OTAN serait « the most fateful error of American policy in the entire post-Cold War era ». Il prédit qu'il alimentera en Russie les tendances « nationalistes, anti-occidentales et militaristes », nuira à la démocratie russe, restaurera « l'atmosphère de la guerre froide » et poussera la politique étrangère russe dans des directions contraires aux intérêts américains.

Un an plus tard, après le vote du Sénat américain autorisant l'entrée de la Pologne, de la Hongrie et de la République tchèque, Thomas Friedman, journaliste au New York Times, téléphone le 2 mai 1998 au vieux stratège, âgé de 94 ans. Kennan répond : « I think it is the beginning of a new Cold War. » Puis : « I think it is a tragic mistake. There was no reason for this whatsoever. No one was threatening anybody
 else. ».


La Russie, prévient-il, prophétique, finira naturellement par mal réagir ; les partisans de l'élargissement diront alors : « Nous vous avions bien dit que les Russes étaient comme cela. » Kennan renverse donc par avance le raisonnement, à savoir que la réaction russe pourrait être en partie le produit de la politique censée la prévenir. Or, c'est l'argument aujourd'hui des bellicistes otaniens. George Kennan aura été une Cassandre des temps modernes... à notre grand malheur collectif.

Munich 2007 : Poutine annonce les lignes rouges de la Russie

Pendant une décennie, l'OTAN avance. Pologne, Hongrie et République tchèque en 1999 ; Guerre du Kosovo ; Bulgarie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie et trois anciennes républiques soviétiques, Estonie, Lettonie, en 2004. La Russie regardait impuissante cette avancée de l'OTAN.

Mais le vent (mauvais) finit par tourner : le 10 février 2007, Vladimir Poutine prend la parole devant la Conférence de Munich sur la sécurité. Son discours est souvent présenté comme le moment où la Russie « redevient agressive ». Il peut aussi être lu, dans une grille réaliste, comme l'annonce publique d'une ligne rouge que la Russie n'accepte pas de voir franchie et le retour de la Russie dans le concert des grandes puissances que fort peu furent capables de percevoir alors, et dont on trouvera ici la retranscription complète.

Poutine y attaqua l'ordre unipolaire, les interventions occidentales, les logiques des sanctions économiques et surtout l'expansion de l'Alliance sous le regard médusé des dirigeants occidentaux d'alors, et en premier lieu celui de la chancelière allemande, Angela Merkel, pétrifiée sur sa chaise . « NATO expansion », déclare-t-il, « represents a serious provocation that reduces the level of mutual trust ». Et il pose directement la question, « What happened to the assurances our Western partners made after the dissolution of the Warsaw Pact ? »

Que l'on partage ou non son interprétation de 1990 importe ici moins que le fait stratégique. En février 2007, devant les dirigeants occidentaux, le président russe annonce publiquement que Moscou considère désormais l'expansion de l'OTAN comme un problème de sécurité majeur et il fut peu judicieux de déconsidérer la deuxième puissance nucléaire mondiale.

Burns 2008 : Washington savait

Un an plus tard fut produit un document proprement extraordinaire confirmant les propos de Poutine à la conférence de Munich de 2007.
William J. Burns est alors ambassadeur des États-Unis à Moscou. Ce n'est pas un idéologue prorusse, mais l'un des diplomates américains les plus accomplis de sa génération. Il deviendra secrétaire d'État adjoint puis, sous Joe Biden, directeur de la CIA.

Le 1er février 2008, Burns envoie à Washington un câble confidentiel à sa cheffe, la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, intitulé : « NYET MEANS NYET: RUSSIA'S NATO ENLARGEMENT REDLINES ».

Le câble, ultérieurement rendu public par WikiLeaks, est explicite. L'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN demeure pour la Russie « an emotional and neuralgic issue », mais Burns précise immédiatement que de véritables considérations stratégiques expliquent cette opposition. Plus étonnant encore, il avertit que la question de l'extension de l'OTAN pourrait « split the country in two » (l'Ukraine), conduire à des violences, « or even, some claim, civil war », obligeant alors la Russie à décider si elle doit intervenir... soit très exactement ce qui adviendra à partir du coup d'Etat de 2014 contre le Président ukrainien Viktor Ianoukovitch.

Pourtant, deux mois plus tard, au sommet de Bucarest d'avril 2008, l'OTAN adopte cette phrase sous la pression de G.W. Bush Jr ; (et surtout sous la pression de l'État profond néocons à Washington) : « We agreed today that these countries will become members of NATO », à propos de l'Ukraine et de la Géorgie.
Angela Merkel, toujours chancelière et représentante de l'Allemagne lors de ce sommet, écrira dans ses mémoires, « Le fait que l'OTAN leur ait simultanément ouvert la perspective générale d'une adhésion constituait, pour Poutine, un oui à l'adhésion des deux pays à l'OTAN, une déclaration de guerre (Kampfansage). » Elle rapporte cette phrase que Poutine lui aurait ensuite adressée :

« Tu ne seras pas chancelière éternellement. Et alors ils deviendront membres de l'OTAN. Et cela, je veux l'empêcher. »
Vladimir Poutine cité par Angela Merkel

Washington ne pouvait pas ignorer la ligne rouge russe ; son propre ambassadeur l'avait décrite, ainsi que certains des mécanismes susceptibles de conduire à la guerre, tout comme nombre de ses prééminents géopoliticiens et stratèges.

2014 : John Mearsheimer annonce la catastrophe

Après Maïdan, l'annexion russe de la Crimée et le début de la guerre du Donbass, John J. Mearsheimer, professeur à l'université de Chicago et l'un des principaux théoriciens mondiaux du réalisme en géopolitique, publie en septembre 2014 dans Foreign Affairs un texte devenu célèbre : « Why the Ukraine Crisis Is the West's Fault ».

Sa thèse tient en une phrase : « The taproot of the trouble is NATO enlargement » (« La racine profonde du problème est l’élargissement de l’OTAN. »).

Pour John Mearsheimer, les États-Unis poursuivent trois politiques convergentes : élargissement de l'OTAN, extension de l'Union européenne et soutien à l'occidentalisation politique de l'Ukraine. Or, une grande puissance ne tolère pas facilement qu'un rival militaire absorbe un État stratégique situé directement sur sa frontière. Les États-Unis eux-mêmes, rappelle-t-il, ne toléreraient pas une alliance militaire chinoise avec le Mexique ou le Canada. C'est par ailleurs complètement opposé à toutes les doctrines de dissuasion nucléaire qui spécifient qu'un espace tampon doit exister entre puissances nucléaires pour éviter les risques de déclanchement d'une guerre nucléaire suite à une erreut humaine.

Sa conclusion n'est pas de livrer l'Ukraine à Moscou mais d'en faire un État souverain, économiquement viable et militairement neutre, un « bridge between Russia and NATO » plutôt qu'un avant-poste de l'un contre l'autre, soit très exactement la demande et la position du Krémlin avant 2014... et qui aurait assuré à l'Ukraine un développement et un enrichissement sans précédent. Persister dans la stratégie inverse, avertit-il, risque de conduire l'Ukraine à la ruine. Et c'est ce que l'on peut observer tragiquement aujourd'hui. Une autre Cassandre américaine.

2019 : la RAND et la stratégie de « sur-extension »

En 2019, la RAND Corporation publie Extending Russia: Competing from Advantageous Ground, un document qui mérite d'être lu. L'objectif de l'étude est explicite : identifier des moyens de pousser la Russie à consacrer davantage de ressources à une cause qui n'assurera pas son développement.

Parmi les six options géopolitiques étudiées figure : « Providing Lethal Aid to Ukraine » (« Fournir une aide militaire létale à l’Ukraine »).

La RAND analyse donc l'augmentation de l'aide militaire à Kiev comme un moyen potentiel d'accroître les coûts imposés à Moscou. Mais ses auteurs voient également le piège, à savoir que davantage d'armes américaines pourraient provoquer une réponse russe, accroître l'intensité de la guerre et conduire Moscou à engager davantage de forces. Le rapport ne « recommande » donc pas une guerre russo-ukrainienne ; il étudie froidement une stratégie de compétition dont l'Ukraine constitue l'un des théâtres possibles et reconnaît qu'une escalade destinée à augmenter le coût pour la Russie augmenterait simultanément le danger pour l'Ukraine et... conduirait assurément à sa destruction.

Lu rétrospectivement, le document est glaçant. Ce qui pouvait constituer un coût géopolitique imposé à la Russie représentait nécessairement, pour l'Ukraine, une guerre menée sur son propre territoire et éventuellement sa destruction, pur servir les intérêts géopolitiques des Etats-Unis.

2021-2022 : la dernière ligne rouge avant la guerre

Jeffrey Sachs appartient , lui, à une autre tradition. Économiste mondialement reconnu, professeur à Columbia University, conseiller de nombreux gouvernements ou du Secrétaire général de l'ONU où il supervise le combat pour la réduction de la pauvreté dans le monde, il fut directement impliqué dans les transformations économiques postsoviétiques. Il soutient que la guerre est l'aboutissement de « decades in the making » (« qui se préparait depuis des décennies »).

Il insiste particulièrement sur décembre 2021. Le 17 décembre, Moscou présente deux projets de traité aux États-Unis et à l'OTAN. Parmi les exigences figure l'arrêt de l'élargissement de l'Alliance. Washington refuse de fermer la « porte ouverte » de l'OTAN et déclare que l'élargissement de l'OTAN n'est pas du ressort de la Russie, mais exclusivement de l'OTAN et des Etats voulant y adhérer. Evidemment, les têtes pensantes à Washington et à l'OTAN sont convaincues alors que, soit la Russie n'osera pas franchir le Rubicon, soit en le faisant, elle sera détruite pas la riposte des sanctions économiques de l'Occident. Ce fut, en France, la fameuse « mise à genoux de la Russie » de l'inénarrable Bruno Le Maire, alors ministre de l'économie d'Emmanuel Macron.

Pour Sachs, ce refus constitue l'une des dernières occasions manquées avant l'invasion du 24 février. Il insiste ensuite sur les négociations russo-ukrainiennes du printemps 2022 et considère qu'une neutralité ukrainienne accompagnée de garanties internationales aurait pu constituer une sortie de guerre... lesquelles ont échoué en raison de l'intervention des dirigeants américains et britanniques, et tout particulièrement Boris Johnson qui fera alors le voyage à Kiev pour convaincre Volodymyr Zelensky, alors enclin à signer, de ne pas le faire, comme en témoigna le Premier ministre israélien d'alors, Naftali Bennett, participant aux négociations du memorendum d'Istanbul. Une forme de pacte fut alors passée, l'Occident demandant à l'Ukraine de tenir six mois, temps nécessaire pour mettre économiquement la Russie à genoux. On connait la suite... Pour Jeffrey Sachs la guerre d'Ukraine fut sciemment provoquée.

George Beebe apporte enfin une perspective particulièrement intéressante. Ancien directeur de l'analyse Russie à la CIA, aujourd'hui au directeur de la grande stratégie au Quincy Institute for Responsible Statecraft, il analyse le conflit à travers le concept géopolitique classique du dilemme de sécurité. Une puissance prend une mesure qu'elle juge défensive ; son adversaire la perçoit comme offensive et répond ; cette réponse confirme rétrospectivement les craintes initiales du premier camp. La spirale devient auto-entretenue.

Sa conclusion rejoint largement celle de Mearsheimer : la sortie durable du conflit passe par une Ukraine indépendante mais neutre, extérieure à l'OTAN, et par une architecture européenne de sécurité qui ne repose pas exclusivement sur l'expansion indéfinie de l'Alliance atlantique.

Une tragédie qui n'aurait pas dû être

Trente ans de documents et de témoignage dessinent ainsi une continuité difficile à balayer : les assurances de 1990 ; Matlock contre l'élargissement ; Kennan annonçant une nouvelle guerre froide ; Poutine formulant publiquement la ligne rouge russe en 2007 ; Burns avertissant Washington en 2008 des conséquences potentielles d'une entrée de l'Ukraine dans l'OTAN ; Mearsheimer annonçant en 2014 que l'Ukraine risquait d'être détruite par cette confrontation ; RAND étudiant en 2019 comment accroître les coûts supportés par la Russie en Ukraine ; Sachs et Beebe décrivant finalement l'engrenage qui conduit à 2022

Et c'est peut-être la leçon essentielle du réalisme en géopolitique. La sécurité d'un État ne peut durablement être construite en ignorant la perception de sécurité de la puissance située de l'autre côté de sa frontière. Les intentions changent, les gouvernements passent, mais les capacités militaires et la géographie demeurent.

Aujourd'hui, le danger est d'aller au bout de l'engrenage. Une poursuite de la dynamique actuelle peut conduire à une Ukraine encore amputée, démographiquement exsangue et économiquement ruinée, voire, dans le scénario le plus sombre, à sa désintégration comme État viable. Elle peut aussi consacrer un échec stratégique majeur de l'OTAN si l'objectif d'intégrer durablement l'Ukraine à l'espace occidental aboutit au résultat inverse : perte de territoires, destruction du pays et neutralisation imposée.

Cela démontre que la guerre d'Ukraine était prévisible en poursuivant la politique d'extension de l'OTAN. L'Ukraine en paye et en payera le prix fort ; son existence même à terme est, à nouveau, peut-être en jeu.
Certains, comme l'auteur de cet article, avaient vu juste avant même le déclanchement du conflit... rejoignant la longue liste des Cassandres dont les analyses parfaitement fondées et rationnelles n'ont finalement suscité que des attaques idiotes en « pro-Russie ». Sic transit gloria mundi.

Mais il existe un risque plus grave encore. Une dégradation militaire rapide de l'Ukraine pourrait provoquer à Washington ou dans certaines capitales européennes une réaction de panique stratégique : l'engagement supplémentaire, l'arme ou le déploiement de trop, faisant basculer une guerre par procuration en confrontation directe entre l'OTAN et la Russie. Entre puissances nucléaires, il n'existe alors aucune garantie que l'escalade puisse être maîtrisée.

Kennan l'avait compris alors que la Russie était à genoux. Matlock l'avait compris avant même le premier élargissement. Burns l'avait écrit noir sur blanc avant le sommet de Bucarest.

Plus de trente ans après les premiers avertissements, la question n'est donc peut-être plus seulement de savoir qui avait raison sur les origines de la guerre. Elle est de savoir combien de fois une catastrophe doit être annoncée avant qu'on ne recommence à écouter ceux qui tentent de la prévenir et ainsi de donner une chance à la diplomatie. Et aujourd'hui, les menaces avec ce conflit en Ukraine ne font que s'accroître pour l'ensemble de l'humanité.

« Ce sont les hommes qui écrivent l'histoire, mais ils ne savent pas l'histoire qu'ils écrivent. »
Raymond Aron

Marc Amblard
4/9/2026

Un salarié moyen en France verse 1.000 € par mois pour sa retraite (parts employeur & salarié). Si ce montant avait été placé sur la bourse US (moyenne : 10% par an depuis un siècle), il disposerait d'un capital de 4,5 millions € en fin de carrière.
Mais est-ce réellement risqué ?
En France, la Bourse reste souvent assimilée à la spéculation et au risque de perdre son épargne. Cette perception confond le risque à court terme avec le risque à long terme. Un placement en actions peut effectivement perdre une fraction importante lors d'une crise. Mais un salarié qui épargne pour sa retraite ne raisonne pas sur six mois : son horizon est généralement de 30 ou 40 ans.
L'histoire du marché américain est à cet égard particulièrement instructive. Le S&P 500 a traversé la crise de 1929, des guerres, les chocs pétroliers, l'éclatement de la bulle Internet, la crise financière de 2008 et la pandémie de Covid. Malgré ces événements, sa tendance est spectaculaire, y compris après correction de l'inflation, comme le montre le graphique.
La raison est simple : acheter un ETF indiciel diversifié revient non pas à parier sur une entreprise, mais à détenir une fraction de centaines des plus grandes entreprises américaines et internationales.
Le véritable risque pour un jeune salarié n'est donc pas nécessairement d'investir en Bourse. Il est de ne jamais y investir. La Bourse reste volatile et aucune performance future n'est garantie. Mais avec des versements réguliers, une très large diversification, le risque est très faible sur longue période.

Julien Vergès
4/9/2026

Rubrique tigre de papier

Les images étonnantes (ou pas) de l’USS Abraham Lincoln réfugié en Thaïlande et en piteux état. Ce vieux rafiot avait connu des débuts de mutineries à cause du manque de nourriture notamment et des conditions de vie déplorables.
Avant il y avait eu l'incendie du Gérald Ford, attribué aux machines à laver.
Au même moment on apprend la démission du ministre des armées et le limogeage sans préavis de plusieurs généraux. Faisant suite aux purges précédentes du printemps.
L'Iran aurait complètement détruit quartier général de la flotte américaine du Moyen-Orient au Bahreïn. Ça veut dire que les Américains sont chassés du Golfe Persique et ne sont pas prêts d'y remettre les pieds.
Tout ça confirme que l’armée américaine, malgré son budget astronomique de 1500 milliards sans compter les rallonges supplémentaires, ne va pas bien et connaît des problèmes de commandement.
C'est à se demander si l'argent n’est pas englouti dans de coûteux programmes obsolètes du lobby militaro-industriel. Voire dans la corruption.
On a l'impression que l'hyperpuissance est devenue un tigre de papier, dévoilé par l'impuissance impériale face à l'Iran. Ou tout au moins un colosse aux pieds d'argile, qui croit pouvoir imposer sa volonté avec ses forteresses navales en menant des guerres comme au XXème siècle.
Là encore on peut s'étonner que Trump ne se soit pas employé à restaurer la puissance militaire américaine plutôt que se lancer dans la guerre de trop (perdue) pour le compte d'un autre pays.




2 septembre 2026

Gabriel Nerciat
2/9/2026

RESPECTEZ CE VOILE QUE JE NE SAURAIS VOIR

Toujours les mêmes, ces pathétiques droitards post-chiraquiens et tous ces lamentables pantins de la gauche bourgeoise et laïcarde estampillée Printemps républicain.
Il y a six mois, ils applaudissaient presque tous frénétiquement à l'agression de Trump et de Netanyahou contre l'Iran au nom de l'émancipation des femmes iraniennes, et les mêmes aujourd'hui – exactement les mêmes, plus quelques marxistes d'opérette – s'insurgent avec des moues indignées contre la volonté du RN d'interdire par une loi référendaire le port du voile islamique en France (entre autres choses).
Avec toujours les mêmes arguments de tartuffes et de pharisiens blanchis sous le harnais (ce qu'ils ont toujours été fondamentalement, et ce qu'ils seront toujours) : mais on ne peut techniquement pas le faire, mais c'est un faux débat, mais c'est contraire à nos principes libéraux, mais c'est démagogique, mais les flics ne veulent pas, mais c'est une atteinte aux droits des femmes, mais c'est un peu fasciste sur les bords, mais il y a des problèmes beaucoup plus urgents que ça, mais ce n'est pas républicain, mais ce n'est pas égalitaire, mais ça va créer du désordre, mais ça va victimiser les musulmans, et puis quoi la dette, la dette, la dette, la dette, le climat, le climat, le climat, le climat...
Quel écœurant ramassis de trouillards et d'hypocrites.
Sans parler de Bardella, le jeune corniaud éconduit, qui joue sa mijaurée devant les micros pour ne pas contrarier sa princesse énamourée et ses nouveaux amis de Neuilly-sur-Seine : "Nous ne voulons pas instaurer une police du vêtement.", dit-il en soufflant comme un veau qui ne sait plus chez quel bouvier il crèche.
Mais si, imbécile : on veut, précisément.
Si Atatürk l'a fait en Turquie, qui fut pendant des siècles le centre universel du monde islamique, il n'y a aucune raison de ne pouvoir le faire en France, pays chrétien et régime laïc où la Charia n'est pas censée avoir droit de cité.
Dans la région d'Ile de France où je suis né et vis depuis des lustres, non loin de Sarcelles et d'Argenteuil, le nombre de femmes voilées depuis le début de ce siècle a été multiplié au moins par trois ou quatre (avec désormais de plus en plus de très jeunes femmes de souche européenne qui s'en parent), et tous les jours je dois aller acheter mon pain dans une boulangerie où je suis servi par une gamine de quinze ou seize ans enturbannée comme si elle sortait d'une tente du désert.
Et j'ai honte de moi, à chaque fois que je sors de la boutique ma baguette sous le bras sans avoir fait d'esclandre.
L'imposition du voile islamique, comme la prolifération des magasins et produits hallal au cœur des villes, est devenue depuis vingt-cinq ans l'emblème visible d'une colonisation identitaire et démographique de la France ainsi que de l'ensemble des nations occidentales, et c'est la seule chose qui devrait aujourd'hui entrer en ligne de compte. Peu me chaut de savoir si les femmes qui se voilent le font de leur propre chef ou pour complaire à leurs pères ou leurs proches : celles qui le font librement devraient être encore plus durement sanctionnées que les autres.
Ce n'est pas leur émancipation qui importe, c'est leur présence au sein de ce pays où souvent elles sont nées.
Une femme qui se voile, quel que soit son motif, n'est pas une citoyenne de cette nation, n'est pas ma compatriote, n'appartient pas à la même communauté historique que moi, et si elle prétend l'être malgré tout, alors les choses vont commencer à salement tourner au vinaigre ; autant le dire franchement. N'en déplaise aux progressistes, une nation n'est pas une juxtaposition de diasporas déterritorialisées, et un peuple souverain une addition de droits individuels anonymes ou abstraits.
Si Marine Le Pen renonce à assumer ce projet jusqu'au bout, elle ne sera pas élue chef de l'État l'an prochain, et si son élection se traduit par des troubles insurrectionnels pour cette raison, alors ce sera bien la confirmation que l'ordre républicain dans ce pays n'existe plus, et qu'il incombe aux détenteurs du pouvoir de l'État de le rétablir par tous les moyens. Quoi qu'il en coûte, comme dit l'autre.
Les dérobades et les jérémiades n'y changeront rien. Capituler devant un désastre en cours est bien plus nuisible que tenter de l'aménager en vain.

1 septembre 2026

Dessin de Cattelain

Gabriel Nerciat
1/9/2026

BALLADUR, UN CAS D'ÉCOLE




Balladur, c'était l'homme élégant, discret, conformiste, affable (quoique distant), puissant et très bien doté financièrement, mais auquel les hommes - et les femmes - refusent en général leurs faveurs, un peu comme Michel Bouquet dans les films de Claude Chabrol.
A la fois parce qu'ils sont ennuyeux, prévisibles, rébarbatifs, souvent arrogants, mais surtout parce qu'ils dédaignent de rendre leurs vices ou leurs défauts un tant soit peu visibles (à supposer qu'ils en aient ou qu'ils consentent à en avoir).
Même quand ils commettent une mauvaise action, ils le font comme si c'était la chose la plus normale et la plus vertueuse du monde, ce qui ne laisse pas d'agacer. Un salaud peut toujours devenir admirable ou envoûtant, mais seulement s'il ne cherche pas à passer pour un premier communiant.
En 1995, alors que, jeune étudiant séguiniste, j'avais trois ans plus tôt quitté furieux l'ancien parti gaulliste en raison du ralliement de Chirac, alors conseillé par Balladur, au traité de Maastricht, j'y suis revenu, outré par la trahison et les prétentions de cet ex-grand commis de l'Etat pompidolien devenu le porte-serviette condescendant des actionnaires des grandes banques institutionnelles du pays.
Pour autant, même lorsque tous les sondages le donnaient vainqueur haut la main, parfois même dès le premier tour, j'ai toujours été persuadé qu'il n'entrerait jamais à l'Elysée.
Pour deux raisons : il n'avait rien de nouveau ou d'enthousiasmant à proposer aux Français (un peu comme l'autre Edouard – Philippe – aujourd'hui), et il avait trahi Chirac avec beaucoup trop de légèreté et de maladresse, sans même avoir pris la précaution élémentaire de lui ravir au préalable la présidence du RPR (erreur fatale en cette époque où les partis jouaient encore un rôle fondamental au coeur de la vie politique nationale).
Aujourd'hui, on me dira qu'en matière de trahison Chirac est allé beaucoup plus loin que lui, et même plus souvent que lui.
Mais la trahison, comme l'assassinat selon Thomas de Quincey, est un art, et un art éminemment politique. Si l'on ne sait pas poignarder correctement ses protecteurs et ses alliés, on n'arrive à rien, et la vie passe à côté de vous alors que vous croyez très ingénument être aimé d'elle.
Après, on ne peut plus que vieillir seul dans son coin, en voyant les autres réussir là où vous avez échoué et en se demandant vainement pourquoi le destin n'a pas été plus amène avec vous.

31 août 2026

Gastel Etzwane
31/8/2026


C’est à Tourcoing, hier. Tablier marron, baraque à frites, Philippe qui saute le panier, Darmanin qui sale. On appelle ça une rentrée politique. On devrait appeler ça un malaise filmé.
La copie est totale. Trump, Pennsylvanie, 2024 : tablier, friteuse McDo, quinze minutes de spectacle, déjà passé à autre chose. Chez lui, ça tient. L’homme est un produit de télévision depuis quarante ans. Le ridicule ne l’atteint plus : il s’en nourrit. Aux États-Unis, le candidat-qui-sert-un-burger est une tradition de foire, un gag de campagne parmi d’autres. Il fait le numéro, on change de plan.
Transposer ça à Édouard Philippe, c’est autre chose. On a sous les yeux le fils politique d’Alain Juppé, l’énarque lisse, l’homme qui n’a jamais eu à gagner sa vie en dehors de l’État et des cabinets. Le voir « préparer des frites » n’est pas populaire. C’est une reconstitution. On sent le conseil en com’, le « il faut humaniser le candidat ». D’où le malaise : ce n’est pas un homme du peuple qui sert une barquette. C’est un notable qui joue un rôle, pendant que les caméras font semblant d'y croire.
Et c’est se foutre des Français une fois de plus. Personne n’attend d’un prétendant à l’Élysée qu’il recycle le storyboard américain. On a une histoire, des formes, une dignité publique, même imparfaite. Manifestement cela n’existe plus. Le « rassemblement de la droite et du centre » commence par une portion de frites. Darmanin, salière à la main : « Voilà à quoi je sers dans cette campagne. » Au moins un des deux a dit vrai.
Pitoyable, oui. Pas parce que les frites du Nord seraient indignes. Parce que deux ministres croient encore que la France se gagne en plagiant un clip de Trump, et que le pays n’a plus assez d’estime de soi pour leur rire au nez.
Anne Mansouret
31/8/2026

INTERDICTION DU VOILE ISLAMIQUE ?


Ma proposition est à la fois lucide, objective et pragmatique :
- Dans un premier temps, revenir à l’esprit de la loi de 1905 sur la laïcité républicaine française, à savoir qu’il n’est pas autorisé d’arborer des signes ou des symboles « ostentatoires » de sa religion, quelle que soit cette religion.
- Interdire conséquemment dans l’espace public tout signe d’appartenance à une communauté religieuse : kippa, croix ou étoiles de David ostensibles, turban, kesa, qamis ou autre tenue vestimentaire religieuse traditionnelle...
- Ok, mais comment faire ?
Taxer d’une amende le port du voile est ingérable.
En revanche, demander les papiers d’identité de la femme ou de l’homme en infraction est parfaitement possible et facile à mettre en œuvre...
Conséquemment, il est très possible et parfaitement efficace de lui retirer son titre de séjour sur le champ, si il ou elle est de nationalité étrangère ; et ses aides sociales non contributives (CAF, APL etc.) si il ou elle est de nationalité française. Les deux mesures étant évidemment cumulables.
Tout cela est envisageable par simple décret.
Je termine en rappelant :
Que je suis d’origine iranienne, donc musulmane, immigrée en France à l’âge de 11 ans, en 1956. Naturalisée française à 21 ans en 1966… Résidente et contribuable en France. Élue de gauche de 2001 à 2015 et officier de la Légion d’honneur.
Et que je revendique sans aucun problème le qualificatif d’islamophobe…
Car précisément, connaissant très bien la religion, la culture et les mœurs musulmanes, j’en perçois les dangers pour la France, pour l’Europe et pour notre civilisation judéo-chrétienne occidentale.

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Potier Christian
31/8/2026

ÉDOUARD PHILIPPE : 28 ANS DE CARRIÈRE POLITIQUE POUR ÇA ? HEUREUSEMENT QU'IL A 28 ANS D'EXPÉRIENCE !


On nous le vend comme l'homme d'État, le sérieux, le costard bien taillé, le futur Président.
28 ans de carrière politique, de 27 à 55 ans ! Maire du Havre en 2010, Premier ministre de 2017 à 2020, chef de son petit parti Horizons, et maintenant candidat à la Présidentielle 2027.
28 ans pour en arriver là ? HEUREUSEMENT QU'IL A 28 ANS DE CARRIÈRE !
Parce que quand il était Premier ministre, avec 660 collaborateurs à Matignon, il nous a fait QUE DES CONNERIES !
On fait la liste, chef ?
⇨ LES GILETS JAUNES : C'est lui qui allume la mèche ! C'est sous Philippe que la taxe carbone explose, que le peuple se soulève, que la France est mise à feu et à sang tous les samedis. Sa réponse ? Des LBD, des grenades, des yeux crevés !
⇨ LES 80 KM/H : L'idée la plus conne de la décennie ! Une mesure punitive contre les ruraux, contre les travailleurs, qui n'a sauvé aucune vie mais qui a rapporté des millions par les radars ! Et il en était fier !
⇨ LA RÉFORME DES RETRAITES : C'est lui qui commence à vouloir nous faire bosser jusqu'à 67 ans ! Le fossoyeur de nos retraites, c'est Philippe avant Macron !
⇨ LE COVID : Masques inutiles, puis masques obligatoires, confinements absurdes, attestations pour sortir acheter du pain ! Le champion du "en même temps" qui enferme 67 millions de Français pendant que les avions continuent d'arriver de Chine !
Avec 660 collaborateurs, 660 cerveaux à son service, voilà le bilan ! OÙ EST SA MATIÈRE GRISE ? TOUTES SES LUMIÈRES NE SONT PAS ALLUMÉES EN HAUT !
Un Premier ministre qui n'a jamais travaillé dans le privé, jamais créé un emploi, jamais connu le SMIC ! 28 ans à vivre sur le dos du contribuable, de cabinet en mairie, de mairie en ministère !
Et il y a un seul domaine où il est HEUREUX COMME UN POISSON ROUGE DANS L'EAU : L'IMMIGRATION !
Là, tout s'allume ! Là, il est brillant ! Davantage d'étrangers, de régularisations, d'accueil ! Tout comme ses copains Borne, Attal, Castex, Lecornu... Son leitmotiv, c'est les autres, jamais les Français !
Les Français qui souffrent ? Il s'en fout !
Les Français qui n'arrivent plus à se loger à cause de la submersion migratoire ? Il s'en fout !
Les Français qui voient leur école, leur hôpital, leur quartier s'effondrer ? Il s'en fout !
Son seul projet, c'est le Grand Remplacement de la population par une immigration massive, pour faire plaisir à Bruxelles et au MEDEF !
28 ANS DE CARRIÈRE POUR FINIR COMME ÇA ? UN GESTIONNAIRE MÉDIOCRE, UN MONDIALISTE SANS ÂME, UN HOMME QUI A OUBLIÉ LA FRANCE ET LES FRANÇAIS !
La France n'a pas besoin d'un fonctionnaire qui a passé 28 ans à nous punir. Elle a besoin d'un patriote !
NON MERCI, ÉDOUARD ! RENTRE AU HAVRE !

30 août 2026

Potier Christian
30/8/2026

ÊTRE UNE FEMME EN AFGHANISTAN, C'EST L'ENFER SUR TERRE


C'est la une qui glace le sang ce matin dans Le Figaro Madame. Et elle dit tout.
En Afghanistan, depuis le retour des talibans, être née femme est une condamnation. Plus d'école après 12 ans. Plus de travail. Plus de visage dans la rue, plus de voix qui chante, plus de droit de sortir sans un homme. Battue pour une mèche de cheveux qui dépasse, fouettée pour avoir appris à lire, emprisonnée pour avoir rêvé de liberté.
C'est l'enfer sur terre, oui. Organisé, méthodique, revendiqué au nom de Dieu.
Et au milieu de cet enfer, une lumière : SARAH WAHEDI.
Sarah Wahedi, cette jeune Afghane extraordinaire qui tient tête aux talibans depuis Oxford !
Chassée de son pays, elle n'a pas baissé les yeux. Elle a créé une application, elle alerte le monde, elle crie ce que les médias bien-pensants ne veulent pas voir. Elle, depuis les bancs d'Oxford, fait plus pour les femmes que tous les pseudo-féministes de plateaux parisiens qui manifestent pour la Palestine mais qui n'ont jamais un mot pour les Afghanes.
Sarah Wahedi, c'est le courage absolu. C'est le visage de la résistance. Une femme de 25 ans qui défie à elle seule une armée de barbus obscurantistes.
Son combat nous rappelle une chose essentielle : le voile n'est jamais un choix quand il est imposé par des coups de fouet. L'islamisme n'est pas une opinion, c'est une prison pour les femmes. [...]
Luc Ferry

Oui, l'IA peut nous asservir

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Gilles La Carbona
Secrétaire national du RPF au suivi de la vie parlementaire

Lescure : le plongeon économique de l’hiver, c’est la canicule de juillet...


- 30/8/2026 - Roland Lescure est formidable. Il nous relaye les dernières estimations de l’INSEE sur la croissance en berne des deux premiers trimestres 2026, sans jamais prononcer le mot récession, mais sans montrer le moindre signe de panique non plus. Pour un peu, on croirait que tout était prévu, sauf la croissance elle‑même, mais il ne peut pas être sur tous les fronts.
Avec son ton de pédagogue fatigué, son regard lointain, presque lassé de devoir répéter toujours les mêmes évidences, il explique sur BFM que ces mauvais résultats sont la conséquence directe des canicules, des tempêtes, bref du dérèglement climatique. On cesse de respirer. On aurait naïvement pensé que la croissance s’effondrait à cause des mesures absurdes prises année après année, à cause du coût exorbitant du travail, à cause des empilements de taxes et de normes, à cause du gaspillage incessant de l’argent public... Mais non : nous nous serions trompés. Lescure nous éclaire. Une question pourtant nous intrigue : comment les mauvais chiffres des deux premiers trimestres seraient-ils causés par les canicules de juillet et août ? Par quel miracle comptable des événements estivaux expliqueraient-ils des résultats économiques de l’hiver ? Nos performances seraient donc impactées par des événements du futur. Extraordinaire. Il fallait y penser.
Résumons : la chaleur de juillet aurait flingué la croissance de janvier. Ne riez pas : c’est Lescure qui l’explique. Il est presque aussi bon que Bruno Le Maire. Cela devient une habitude : des incompétents aux postes clés, et désormais des causes loufoques exposées sans hésitation. Venir nous dire que la croissance s’effondre à cause des incendies de l’été et de la canicule, il fallait oser. Il l’a fait. Et personne n’a relevé l’énormité. Le mépris est entré si profondément dans leur manière de gouverner qu’ils ne se demandent même plus si une once de crédibilité est nécessaire pour expliquer les mauvais résultats. Ils nous auront tout fait, rien ne nous sera épargné, jusqu’au dernier instant.
Il est inconcevable qu’un ministre vienne devant un micro se moquer de nous aussi ouvertement, puis reparte tranquillement poursuivre ses dérives sans jamais être comptable juridiquement de ses actes. À quelques mois de la présidentielle, entendre de tels propos est insoutenable. Dans une démocratie dirigée par des gens honnêtes, l’homme aurait évité de se compromettre à ce point, il aurait, au vu des résultats, démissionné. Mais pour cela, il faut des convictions, une colonne vertébrale, une idée de sa fonction. Lui n’a rien de tout cela : c’est un opportuniste, un carriériste qui dit ce qu’on lui dit de dire. Son amour-propre ne sera pas froissé : il s’en est fait l’ablation sans anesthésie en pactisant avec Macron.
Lescure met en scène des arguments délirants : la canicule, la pluie, l’Ukraine, l’éclipse, les Russes ! Il creuse des déficits dont la profondeur ne l’étonne pas. Ses admirateurs diront qu’il est stoïque. Ses détracteurs répondront qu’il est totalement déconnecté. Pense‑t‑il réellement ce qu’il dit ? On en doute. Ou alors le mal est bien plus profond. Son souci principal est, non pas veiller à la croissance de notre pays, mais expliquer ses déroutes en s’excluant de toute responsabilité. Penser qu’ils pourront tous s’en sortir sans jamais rendre de comptes est insupportable. La responsabilité de leurs incuries sera toujours pour les contributeurs, c’est-à-dire, nous.
Rien ne les oblige « à participer au mensonge, » si ce n’est le confort et l’intérêt personnel. Ce n’est pas une erreur : c’est un choix délibéré. Celui de truquer les chiffres, diluer les responsabilités, les rejeter sur des causes imaginaires. Ils devront répondre de cette forfaiture. Le prochain pouvoir ne pourra être légitime qu’en remettant de l’ordre, et cela passera forcément par une procédure de mise en accusation de ces mensonges répétés qui ont conduit au désastre économique actuel. Et cela devrait figurer au programme de quelques candidats résolus à demander des comptes sur les traîtrises permanentes des hommes de Macron et de Macron lui-même.

29 août 2026

Yann Bizien
29/8/2026


La petite élite politico-militaire et médiatique orgueilleuse qui pousse toujours plus l’Ukraine dans la guerre contre la Russie, et qui nous rappelle tous les jours que nous devons chèrement payer et nous préparer à un affrontement massif contre les forces russes, m'exaspère de plus en plus.
Je la connais, pour l'avoir fréquentée durant 41 ans.
Elle m'exaspère quand :
- Elle offre des milliards d'euros à un régime corrompu en Ukraine, à chaque caprice de Zelensky, cela sans notre avis, sans vote, sans transparence, sans contrôle et sans limites, servant prioritairement une cause étrangère plutôt que l’intérêt national, qu’il ne faut certainement pas confondre ;
- Elle livre des secrets de fabrication de missiles de MBDA, portant gravement atteinte à notre souveraineté industrielle et militaire, ainsi qu'à notre indépendance stratégique ;
- Elle porte inconsciemment atteinte aux intérêts vitaux de la Russie, puissance nucléaire, sans en imaginer les conséquences possibles dans la suite de cette guerre ;
- Incapable de fabriquer la paix, elle n’a plus d’autres solutions que l’escalade militaire et la guerre à outrance, cherchant la poursuite de cette guerre mais uniquement avec "le sang des autres", révélant ainsi sa lâcheté et son hypocrisie réelle.
Pousser l’Ukraine à poursuivre cette guerre par procuration, dans ces conditions, c’est-à-dire à nos frais et risques, avec notre argent et nos équipements militaires, en oubliant que cette guerre tue et détruit, sans aucun levier démocratique, m'exaspère tous les jours.
Il est parfaitement clair que nous avons au pouvoir une petite élite russophobe, lâche et belliciste, dépassée par tous ses échecs en politique intérieure, incapable de nous offrir d’autres perspectives qu’une logique de guerre qu’elle alimente par intérêt plutôt que par réalisme.
Nous connaissons tous l'option possible pour une paix d'équilibre et durable sur la ligne de front à l’est de notre continent : mettre un terme à l’expansion ostentatoire de l’Alliance Atlantique vers les frontières russes, ne pas otaniser la Mer Noire et ne pas occidentaliser l’Ukraine, qui ne doit pas rentrer dans l’UE ni dans l’OTAN.
Je n'éprouve aucun sentiment et aucun intérêt pour les États autres que la France. Le seul drapeau que j'admire est celui de la nation française.
L’OTAN et l’UE ne nous apportent ni la paix, ni la stabilité. Bien au contraire. Ces deux organisations sont truffées d'élites orgueilleuses, aveuglées par leurs ambitions personnelles et incapables de reconnaître le fait objectif qu’elles sont allées trop loin dans la provocation de la Russie.
Pour gagner la paix, l’Ukraine doit sortir de l’emprise des européistes et devenir un pays neutre.
Et pour gagner la paix à l’est de notre continent, il faut surtout une rupture politique majeure en France.
Point.