Translate

26 octobre 2026

François Ruffin
23/10/2026

Il est au-delà de la honte : Macron a ruiné la France, et pourtant, il se prend 2,3 millions d’euros d’argent public pour un bel appartement quand il quittera l’Élysée !
Incroyable mais vrai : c’est dans le budget 2027 du gouvernement. Des bureaux meublés, tout équipés. Tout payé avec votre argent. En plus du chauffeur, des collaborateurs, de la protection policière. À vie...
Ils demandent des efforts aux soignants, aux retraités, aux Français. Mais eux, ils font quels sacrifices ?
Stop. On a déposé un amendement.
"Plus un rond pour Macron !" Ni pour Sarkozy le multi condamné, ni pour Hollande le député.
La pétition à signer en masse pour arrêter tout ça : debout.fr/plus-un-rond-pour-macron

Cliquer sur l'image ↴
Dessin de Mehdi

François Asselineau
26/10/2026

L'UE RUINÉE, COCUE et HORS-JEU

Contraint par la réalité du terrain où les forces otano-ukrainiennes sont plus que jamais au bord de la débandade, et contraint par le lâchage de Trump, Zelensky consent enfin à ouvrir des négociations avec la Russie, dont il sait qu'elles se termineront pour l'essentiel aux conditions de Poutine.
Selon toute probabilité, l'Ukraine modifiera sa Constitution pour préciser qu'elle n'intégrera jamais l'OTAN et reconnaîtra la cession à la Russie de la Crimée et de l'ensemble du Donbass.
Moyennant quoi, une opération de maquillage de la réalité sera probablement lancée, afin de tenter de sauver un peu la face auprès des populations européennes. Un narratif ad hoc se contorsionnera pour chanter la résilience ukrainienne et présenter cela comme une victoire des soldats ukrainiens de langue russe.
Quels que soient ces habillages, l'UE apparaît pour ce qu'elle est :
• ruinée par les dizaines de milliards d'euros qu'elle a versés en pure perte au régime de Zelensky, et au détriment du bien-être des peuples de l'UE
• cocufiée par les États-Unis, à un point tel qu'il en devient comique
• chargée de payer l'achat du matériel militaire américain par le régime Zelensky
• contrainte de fermer les yeux sur les détournements de fonds massifs opérés par la mafia ukrainienne néo-nazie
• forcée à l'autodestruction de tous ses liens avec la Russie, et à l'acceptation des conséquences colossales que cela entraîne en matière industrielle et énergétique au détriment de l'Europe
• enfin, privée de tout mot à dire sur le plan de paix qui s'ébauche entre Trump et Poutine, et sur la reconstruction de l'Ukraine qui bénéficiera principalement à des fonds d'investissement et des entreprises américaines.

CONCLUSION
De mémoire d'historien, il est difficile de trouver un désastre stratégique plus complet que celui auquel nous ont conduits les européistes sur le drame ukrainien.
Au premier rang desquels Macron et tous les partisans français de Zelensky. C'est-à-dire la quasi-totalité des candidats à l'élection présidentielle...
H16
26/10/2026

En France, tout va bien : le précipice est stable

Certes, Sébastien Lecornu est un gros nul, mais dans l’océan de ses lacunes surnage une rare compétence : transformer les non-événements en triomphes.


Vendredi soir, Moody’s a décidé de ne pas abaisser la note souveraine française, qui reste à Aa3 avec une perspective négative, ce qui a aussitôt permis au Premier ministre de se féliciter chaleureusement d’une décision qui « déjoue les pronostics », à l’instar d’un cancre médiocre rendu tout fier d’avoir échappé au redoublement grâce à l’indulgence du conseil de classe, alors que son bulletin s’aggrave de trimestre en trimestre.

Ces généreuses autocongratulations semblent cependant occulter le fait que, la veille, la France empruntait à dix ans à plus de 5,1 %, un sommet depuis 2002 faisant avec le Bund allemand un grand écart jamais vu depuis 2011. La France paie désormais plus cher que l’Italie, l’Espagne… et la Grèce.

En réalité, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser : si Moody’s attribue cette note, c’est surtout car l’agence parie sur l’adoption d’un budget réduisant le déficit et sur un retour au calme social. Au moins, certaines agences de notation ont développé un sens de l’humour particulièrement caustique.


En effet, ce même vendredi, l’Assemblée rejetait violemment la partie recettes du budget de la Sécurité sociale avec un vote quasi soviétique par 115 voix contre… une. Quant au budget de l’État, son examen a été suspendu après que les députés l’ont si consciencieusement amendé que le ministre des Comptes publics a dû constater une dégradation du déficit de 10 milliards d’euros. Le texte revient du diable vauvert mardi, avec quelque 2 600 amendements en souffrance, ce qui laisse heureusement toute latitude pour faire pire.

Bref, on sent que cette « Iperspective négative » n’est qu’un sursis. D’ailleurs, ça tombe bien, S&P, qui avait déjà dégradé la France l’an passé, rendra sa copie le 27 novembre.


On rigole, on s’amuse, mais il est vrai que les marges de manœuvre du gouvernement sont un peu étroites. Nulles, en fait.

L’impôt ? Le taux de prélèvements obligatoires doit encore grimper de 43,9 % à 44,2 % du PIB en 2027. Le pays truste déjà les podiums mondiaux en la matière, chaque nouvelle taxe rapporte un peu moins que la précédente, et les contribuables les plus mobiles ont depuis longtemps repéré la sortie. Les autres, qui ne rapportent plus ou pas encore, mais qui contribuaient quand même à la vie économique du pays, vont bientôt les rejoindre. Youpi.


La croissance ? Le budget table sur 1 % en 2027 – avec une crédibilité nulle – quand 2026 devrait péniblement finir vers 0,4 % au mieux. Seb et ses ministres appellent cela une « hypothèse » mais partout ailleurs, on parlerait plutôt d’une hallucination collective. Youpi.


Ah, et les taux ? Ils ne se décident plus à Paris mais à Francfort et sur les marchés, et avec une inflation à 3,1 % en septembre, personne n’attend la moindre détente.

Bon et que dire des dépenses, alors ?

Rien justement : alors qu’il y a tout à faire en la matière, « rien » semble être le leitmotiv gouvernemental : envisager des retouches sur les pensions déclenche immédiatement des salamalecs poisseux de tout le banc gouvernemental, le plus petit coup de rabot sur une aide sociale provoque des atermoiements sans fin, et face à la colère sociale qui monte, le gouvernement n’a trouvé qu’une réponse ridicule : avancer de quelques semaines la revalorisation automatique du SMIC, soit une quinzaine d’euros nets par mois, maquillant un changement de date en geste social.


Pendant ce temps, la dette s’auto-alimente avec un bel appétit : la charge d’intérêts atteindra 91 milliards d’euros en 2027, loin devant l’Éducation et la Défense, avant de dépasser les 100 milliards dès 2028. On augmentera gaillardement ces intérêts de 12 milliards tous les ans, soit ce que les députés viennent d’ajouter au déficit en quelques séances venteuses. Les prétendus efforts ne compensent même pas. On rame de plus en plus fort pour rester sur place, et on y échoue.

L’ironie de la situation est de surcroît visible jusque dans les rues. Ces intérêts pèsent près de sept fois le budget de la Justice et plus de quatre fois celui de la police, de la gendarmerie et des secours, alors que le 17 octobre dernier, des pillages et des violences d’une ampleur inédite ont frappé une vingtaine de villes. L’État qui se mêle de tout, du prix de l’électricité au taux de sucre des sodas, ne fait plus rien de bien et n’arrive même plus à garantir la seule chose pour laquelle on l’a inventé : la sécurité des personnes et des biens.

En pratique, le seul vrai levier est celui qu’aucun de ces clowns ne veut toucher : recentrer l’État sur le régalien et rendre le reste aux Français. Et manque de pot, incompétence, désir d’avenir d’emmerder les Français ou simplement sabotage, ceci ne figure dans aucun programme.


Pendant ce temps, la suite s’écrit quasiment sans tenir compte des gesticulations de nos dirigeants. Les mouvements sociaux se multiplient : le 17 a fait place au 24 puis au 31 octobre ; le 5 novembre, cinq syndicats appellent à la grève interprofessionnelle. Le 17 novembre, l’Assemblée votera (ou pas) un budget frankensteinesque que le Sénat recoudra en vrac avant un compromis de façade. Le 27, S&P mettra son grain de sel et le 17 décembre, le délai constitutionnel de 70 jours expirera, ce qui pourrait bien nous valoir une loi spéciale comme l’an dernier.

Avec une campagne présidentielle qui sent déjà le moisi et qui va pourtant entrer dans sa dernière ligne gauche, les promesses vont pleuvoir dru, et aucune ne parlera d’économies : retraites, SMIC, blocage des prix, chèques en tout genre, demandez et vous serez exaucé… Ou presque, car dans le même temps, l’État devra trouver près de 340 milliards d’euros sur les marchés qui verront probablement les choses autrement.

Sur le papier, on sait comment cette histoire se termine. La Grèce l’a vécue avec Athènes sous la tutelle de la troïka (Commission européenne, BCE et FMI) de 2010 à 2018 : trois plans d’aide, des pensions et des salaires largement amputés, des privatisations à marche forcée, un quart du PIB évaporé et un chômage au-delà de 25 %.

Ces réformes que les Grecs ne voulaient pas se sont imposées pour rembourser un train de vie en décalage complet de leur richesse réelle.

Et sur le papier, la France devrait en passer aussi par là… Avec la différence de taille : en 2010, la dette grecque tournait autour de 330 milliards d’euros ; la française dépasse aujourd’hui les 3 400 milliards, soit dix fois plus. La Grèce a pu être « sauvée » parce qu’elle était petite. Pour la France, ni le Mécanisme européen de stabilité ni le FMI n’ont les poches assez profondes, et les effets de bord seraient d’une tout autre violence : banques gavées d’OAT, assurances-vie des épargnants en première ligne, contagion immédiate à l’Italie et, pour finir, l’euro puis, possiblement, l’Union européenne elle-même sur la table.

Ce qu’aucun gouvernement français n’a eu le courage de proposer, un technocrate étranger pourrait bien l’imposer en quelques semaines. Et ce pourrait n’être même pas suffisant.

Forcément, cela va très bien se terminer.


https://h16free.com/2026/10/26/85551-en-france-tout-va-bien-le-precipice-est-stable
Julien Vergès
26/10/2026


J'ai toujours eu le sentiment que cette souverainiste mondaine du dimanche était une imposture de plus : on en a maintenant la démonstration, puisqu'elle reprend exactement la même rhétorique russophobe et complotiste que Macron, Merz, von der Lahyène.
En même temps elle vient de cette petite bourgeoisie socialiste diplômée de Science Po, il y avait donc toutes les raisons de s’en méfier.
Polony à la poubelle des cuistres nuisibles.
Gastel Etzwane
26/10/2026

L’Europe perd ses usines, l’Amérique récupère ses emplois

Le 24 octobre, le patron d’Audi, Gernot Döllner, est monté sur scène aux côtés de Donald Trump, en Géorgie, pour annoncer un investissement de 4,2 milliards de dollars dans une première usine américaine. À terme, 200 000 SUV haut de gamme produits chaque année et 4 500 emplois créés aux États-Unis.
Pendant que les dirigeants européens multiplient les discours sur la « souveraineté industrielle » et l’« autonomie stratégique », les entreprises allemandes investissent ailleurs. Confronté aux droits de douane américains, à une énergie devenue trop coûteuse et à une réglementation européenne toujours plus contraignante, Audi fait ses comptes et choisit les États-Unis.
Dans le même temps, Volkswagen, sa maison mère, prépare de nouvelles suppressions d’emplois en Europe. L’industrie automobile allemande, longtemps pilier de la première économie européenne, s’enfonce dans une crise que la concurrence chinoise ne fait qu’aggraver.
L’Europe paie aujourd’hui ses choix énergétiques, ses contraintes réglementaires et une politique industrielle qui semble avoir oublié la question essentielle : comment produire à des coûts compétitifs ? Quant à la France, sa désindustrialisation est déjà si avancée qu’il ne reste plus grand-chose à délocaliser.
Donald Trump peut se féliciter du résultat. Les Européens parlent de souveraineté, tandis que leurs industriels transfèrent leurs investissements outre-Atlantique.
Les discours sonnent dans le vide en Europe. Les usines, les capitaux et les emplois partent en Amérique.

↴

25 octobre 2026

Gastel Etzwane
25/10/2026

Extrême droite à l’horizon, extrême gauche dans les rues : le vrai décalage

Pendant que Le Monde publie, presque en boucle, des pages sur « la montée de l’extrême droite qui inquiète l’UE » et sur « Giorgia Meloni et l’internationale réactionnaire », les citoyens voient surtout ce qui se passe dans les rues.
Le 17 octobre 2026, en marge d’une mobilisation « contre la vie chère », l’hôtel de ville de Limoges, un monument du XIXe siècle (1883), inscrit aux monuments historiques, qui avait traversé deux guerres mondiales et le souvenir d’Oradour-sur-Glane, a été attaqué, pénétré et incendié. Le beffroi s’est effondré, la façade historique et une grande partie du bâtiment ont été détruites. Des personnels et des élus étaient encore à l’intérieur lorsque le feu a été mis. Le maire (LR) a clairement pointé l’ultragauche anarchiste ; des suspects fichés S pour cette mouvance ont été interpellés. Un tag « Vive la Commune » a été laissé sur place. Même des titres habituellement très à gauche ont dû reconnaître l’origine de l’acte. Ce n’est pas le résultat de l’extrême droite.
Sur le plan matériel, les premières estimations des assureurs (Morningstar DBRS et autres) situent les dégâts du seul week-end des 17-18 octobre entre 1 et 1,2 milliard d’euros de pertes assurées, un niveau comparable, voire supérieur, à celui des émeutes post-Nahel de 2023 qui avaient duré bien plus longtemps. Des milliers de commerces ont été touchés ou pillés, des véhicules brûlés, des bâtiments publics endommagés. Les revendications initiales (lycéens, Gilets jaunes) sont passées au second plan ; ce qui a dominé, c’est une convergence entre une extrême gauche radicale et une partie de la jeunesse issue de l’immigration, qui a transformé une manifestation en casse et en pillage.
Le 24 octobre, il y a eu moins de pillages, mais les centres-villes étaient morts : commerçants qui avaient vidé et barricadé leurs vitrines, rues désertes. Qui aurait eu envie de flâner samedi dernier ?
Dans un pays déjà lourdement endetté et en difficulté économique, ces destructions ne sont pas anecdotiques. Elles coûtent cher, elles détruisent du patrimoine irremplaçable, elles font peur et elles accélèrent la ruine. Les journaux qui continuent à orienter prioritairement leur inquiétude vers la montée du RN, de l’AfD ou des « réactionnaires » européens choisissent de regarder ailleurs que vers ce qui se passe concrètement dans les rues, qui y est présent, qui casse, qui brûle et qui ruine. La réalité quotidienne des citoyens, elle, est plus difficile à ignorer.



Julien Vergès
25/10/2026


L’ex colonel de l’armée suisse Jacques Baud est à nouveau sanctionné par Bruxelles, parce qu'il conteste dans ses analyses le narratif officiel de la guerre en Ukraine, selon lequel il s'agirait d’une agression non provoquée d’un régime autoritaire et impérialiste contre une démocratie européenne. Des sanctions prises contre un citoyen européen pour le priver de moyens de subsistance, en raison d’un délit d'opinion.
Dans la nouvelle version de l'acte d'accusation publié par le Conseil de l’UE, il est soupçonné de soutenir la parole de Moscou en diffusant «des théories du complot», «qui compromettent la démocratie et menacent la stabilité ou la sécurité d’un pays tiers». Une rhétorique soviétoïde qui rappelle Le procès de Kafka.
Gabriel Nerciat
25/10/2026

LES MALHEURS DE SOPHIE


Il ne faut jamais en douter : la grande bourgeoisie libérale de droite (par libéral, ici, j'entends surtout affranchie des classes populaires) est aussi risible, médiocre et déconnectée du réel que la petite ou la moyenne bourgeoisie gauchiste et mélenchoniste.
Elle se croit encore en 1990, à la veille de la chute de l'URSS, de la même manière que la bourgeoisie gauchiste se croit encore en Mai 1968 (la "révolution introuvable", disait déjà Raymond Aron).
Elle s'est reconnue dans un personnage aussi haïssable que Sarkozy parce que fondamentalement elle lui ressemble : atlantiste, cupide, servile, hâbleuse, à genoux devant les criminels sionistes de Tel-Aviv comme devant les potentats arabes wahhabites du Golfe dont elle convoite les miettes (tout en se jouant en privé un film de Croisades en technicolor semblable à celui de Ridley Scott).
Aujourd'hui, elle n'a toujours pas compris qu'elle a déjà passé la main.
Elle se reconnaît dans des champions de plus en plus parodiques et vulgaires : la Knafo, cette Du Barry maladroite qui se prend pour la marquise de Pompadour ; David Lisnard, le maquignon cannois à front de taureau si bien en cour à Kiev comme à Riyad ; Robert Ménard, l'ancien agent trotskiste de la CIA en pré-retraite ; Javier Milei, le bouffon argentin qui compte encore sur Trump pour lui éviter la faillite.
Pauvre Sophie de Menthon : elle aussi, dans son genre, est une marionnette aussi comique que Mathilde Panot ou Sandrine Rousseau. Elle s'offre un rêve à bon compte, comme Madame Bovary avec son Rodolphe. La fin ne sera pas heureuse. Sophie dans les urnes, c'est du même niveau que Martine à la plage.
Car malgré tout ce qu'on peut dire des compromissions et des lâchetés souvent exaspérantes consenties par Marine Le Pen ces dernières années, une chose néanmoins doit être mise à son actif : elle a toujours refusé de traiter avec ces minables (y compris Ménard qui a cru un temps pouvoir la manipuler), et si elle arrive au pouvoir ne leur accordera rien. Même pas un strapontin au Palais Bourbon, j'en prends le pari.
C'est aussi pour cela – et non pas malgré cela, comme on le croit chez Vincent Bolloré – qu'elle a désormais toutes les chances d'être élue chef de l'État.
Gabriel Nerciat
25/10/2026

UN MAUVAIS WEEK-END POUR LA MACRONIE


Bilan du week-end :
 
1) Tous les sondages réalisés après les émeutes, complaisamment tolérées voire encouragées par le pouvoir macronien, de la dernière semaine placent Jean-Luc Mélenchon qualifié au second tour, à deux ou trois points au-dessus de Philippe et de Glucksmann ;
 
2) L'instrumentalisation de l'attentat raciste de Trappes n'a pas donné lieu au soulèvement attendu, qui aurait dû nuire au congrès politique du RN et rediaboliser l'image du parti national-populiste dans l'opinion. Marine Le Pen a prononcé sans encombre à Orléans cet après-midi un des meilleurs discours de sa carrière, malgré les tentatives pathétiques de Mediapart et de l'UEJF pour l'en empêcher.

Conclusion à l'intention du Marais libéral et gauchiste : votre champion en capilotade a une fois de plus raté son coup.
Vous allez vous taper Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au second tour de la présidentielle, mes chéris. Que ça vous plaise ou non. Que vous protestiez ou pas. Six mois seulement à attendre avant de monter dans le toboggan.
Comme d'autres, vous pourrez toujours aller ensuite verser vos larmes sur les plages du Touquet.
Vous avez de la chance : la prochaine présidente de la République a promis qu'elle n'installerait aucune éolienne sur la Côte d'Opale. Quand on est poli et civilisé, comme vous prétendez l'être, on dit merci.
Julien Vergès
25/10/2026

La chute


J'appartiens à une génération dont la conscience politique s'est éveillée avec la chute du mur de Berlin, puis l'optimisme libéral du moment unipolaire dans les années 90. Comme je faisais allemand première langue à l'école, je n'entendais parler que de réunification, de construction européenne, de libre circulation, d’effacement des frontières et de couple franco-allemand. Mais aujourd'hui l’ambiance a radicalement changé : c'est à l'ouest qu'on érige de nouveaux murs, de nouveaux dogmes, un nouveau parti unique. Les réalités nous rattrapent : après avoir vécu les grandes vacances de la fin de l'histoire, les peuples européens se révoltent car les processus électoraux ne leur permettent plus de faire entendre leur mécontentement. Les référendums sont ignorés ou piétinés, quand les élections elles-mêmes ne sont pas annulées, lorsque les résultats ne sont pas convenables. L’Union Européenne est devenue synonyme d'une crise de légitimité des élites, de désindustrialisation, de dépendance énergétique, d'impuissance, d’appauvrissement et de déclassement, de tensions migratoires, de fractures sociales, de bureaucratie et de commissaires, de militarisme et de vassalisation, de censure et de tyrannie du consensus idéologique, d'état d'urgence et de contrôle social. Ce qui est frappant c'est qu'on a l'impression de vivre à nouveau ce genre de période déliquescente qui a précédé l'effondrement du bloc communiste, avec des sociétés vieillissantes et bloquées, des régimes sclérosés par une caste déconnectée qui se raconte des histoires d'avenir radieux et de valeurs inclusives, qui répète machinalement sa propre propagande. Les discours des dirigeants européens font écho à ceux de Brejnev, Tchernenko et des dirigeants fossilisés de la défunte Union Soviétique. Jusque dans ce que Nietzsche appelait l'esprit de caserne.
Les symptômes de décomposition s’accumulent alors que le centre de l'économie mondiale se déplace vers l’Asie, l’Europe devient une zone de décroissance et de pénurie énergétique. Un nouveau partage du monde en sphères d'influence se dessine entre les trois grands empires, les trois grandes puissances que sont la Chine, les États-Unis et la Russie. Washington, Pékin et Moscou redessinent les rapports de force mondiaux. L’Union européenne, en proie au nihilisme et à la décadence après avoir tenté d'effacer ses racines chrétiennes et gréco-romaines, paraît davantage préoccupée par la réglementation de ses citoyens que par sa propre survie politique : l'unité européenne ne se construit plus avec ses citoyens mais contre eux, contre les intérêts nationaux et contre un ennemi commun fantasmé qui serait la réincarnation de Hitler, dans une vision complotiste de citadelle assiégée par des agents maléfiques tels que les partis populistes, considérés comme des ennemis de l'intérieur.
Le parallèle avec la décomposition de l’Union Soviétique nous rappelle que les constructions politiques artificielles s'effondrent toujours de l'intérieur, car le poisson pourrit par la tête.
Anne Mansouret
25/10/2026

CE DONT TRAPPES EST LE NOM À MES YEUX
… ou le fruit véreux de 1986



Au risque d’en scandaliser beaucoup et de me voir traiter de raciste, je vais vous livrer mon analyse très politiquement incorrecte de ce que révèle l’attentat terroriste de Trappes.
Flash back en 1986.
Au tsunami que fut la perte des élections législatives et la première cohabitation, il faut que le PS trouve une riposte politique efficace et une clientèle électorale supplétive. Ce sera la génération d’émigrés née du regroupement familial institué par Giscard d’Estaing. Ce sera la petite main jaune de Touche pas à mon pote et le matraquage idéologique de cette intox que serait le racisme systémique du Français moyen, alors qu’il n’y a pas moins raciste que les Français !
Pour rafraîchir sa vitrine partisane et se reconstituer des troupes manipulables et corvéables à merci, le PS engendre et finance une pléiade d’associations aux thématiques antiracistes qui infiltrent les réseaux de l’immigration maghrébine et africaine.
La mayonnaise prend très vite dans les villes moyennes de la Région parisienne, dont Trappes est l’archétype. Trappes devient donc l’enclave municipale communautariste type, que le PS modélise au cours des années 1990, dans les banlieues, les quartiers des grandes urbanisations et dans les villes moyennes… En tarissant les subventions aux associations d’éducation populaire (d’obédience communiste ou chrétienne) et en y substituant des associations culturelles et/ou sportives communautaires, le plus souvent de confession islamique. Toute cette stratégie s’inscrivant dans un projet de renouveau urbanistique, baptisé « Politique de la Ville » sur laquelle la droite ne reviendra jamais vraiment, par laxisme et électoralisme.
Comme, parallèlement, la République se veut laïque, il s’est installé une doctrine à l’hypocrisie bien française : tout communautarisme religieux, tout régionalisme franchouillard est suspect, montré du doigt, proscrit, voire diabolisé comme un marqueur de l’extrême droite…Alors que les communautarismes d’origines étrangères trouvent grâce aux yeux de « La République Une et indivisible » !
Néanmoins, les Français (qu’ils soient d’origine ou d’importation) sont des êtres humains qui ont besoin de se regrouper autour de familles ethniques, culturelles ou religieuses formant des communautés de mœurs et de traditions.
Le besoin de se rassurer en jetant un simple coup d’œil à l’autre qui vous ressemble. L’empathie réciproque d’une rencontre entre deux êtres qui partagent depuis toujours les mêmes codes. Tout cela rassure et protège. Tout cela harmonise les rapports humains. Tout cela fait société.
C’est à partir du début de ce siècle que les choses ont commencé à visiblement se déséquilibrer. C’est au cours des dix dernières années que l’incurie, l’inexpérience, l’incompétence et la perversité d’Emmanuel Macron ont produit le désordre actuel ; et qu’en parallèle les chiffres de l’immigration ont explosé. Cette immigration massive, invasive et totalement incontrôlée a bouleversé les rapports sociaux.
La rue française a changé. C’est un fait.
Dans ces communes moyennes de quelques dizaines de milliers d’habitants, les concitoyens de type européen se sont retrouvés peu à peu marginalisés, perdus dans un environnement qui leur semblait peuplé d’étrangers plus ou moins exotiques : explosion du nombre de lieux de cultes islamiques, hommes barbus en kamis, femmes voilées en abayas ; écoles, coiffeurs, restaurants, boutiques de mode, marchés et commerces de bouche exclusivement halal. Tout ce petit monde communautaire privilégiant (et c’est bien normal) les professionnels et les prestataires de services membres de leur propre communauté, lorsqu’il s’agit de choisir un soignant, d’appeler un plombier ou d’embaucher un employé.
Alors, un jour, ce sentiment de ne plus être en France, ce « On n’est plus chez nous » que des centaines de milliers de gens refoulent tous les jours en attendant l’autobus ou en prenant le train ; ce que des dizaines de milliers d’autres évoquent en privé et en termes (plus ou moins) crus et inacceptables…
Se traduit par le passage à l’acte terroriste et raciste d’un raté (peut-être) cinglé ; et sans doute fanatisé par la lecture de Mein Kampf et l’appartenance à des mouvements suprémacistes.
Je crains (hélas) que cela ne reste pas aussi exceptionnel que semble le penser le quasiment ci-devant Président de la République.
Nota bene :
Ces quelques considérations personnelles ne sauraient excuser, bien sûr, l’horreur des actes commis le vendredi 23 octobre 2026 à Trappes et La Verrière ; ni constituer des circonstances atténuantes à l’odieux crime raciste commis par le coupable présumé qu’est Kevin T 39 ans, de type européen et de nationalité française.

23 octobre 2026

Gabriel Nerciat
23/10/2026

UN DERNIER COUP DE COUTEAU POUR THOMAS


"C'est un tournant dans l'histoire de la République : pour la première fois en France des personnes ont été tuées en raison de leur couleur ou de leur religion supposées", a dit ce soir Emmanuel Macron à la mairie de Trappes, à propos de l'attentat terroriste perpétré ce matin dans la ville des Yvelines.
En une seule phrase, il a planté un dernier coup de couteau sur le cadavre de Thomas Perotto, ce jeune Français de seize ans tué dans son village de Crépol en novembre 2023 par les membres d'une horde de sicaires nord-africains pour la seule raison qu'il était Blanc.
Comme toujours, ce président en pré-retraite sans décence et sans légitimité sait très bien à la fois ce qu'il dit et ce qu'il fait.
Georges Kuzmanovic
23/10/2026

État à la dérive ou thérapie du choc ?

Face au chaos, le pouvoir propose de privatiser la sécurité, mobilise l'armée et restreint les libertés. Derrière cet aveu d'impuissance se dessine une logique néolibérale inquiétante : préparer les Français à la thérapie de choc, au prix du renoncement républicain.


Il est des décisions qui en disent davantage sur l'état d'un pouvoir que tous les discours officiels. Celle du préfet de police de Paris, invitant les commerçants situés sur le parcours des manifestations du 24 octobre à recourir à des sociétés de sécurité privée, est de celles-là. À cette recommandation s'ajoute l'annonce du renforcement du dispositif militaire Sentinelle. Deux décisions qui, sous couvert de protéger les Français, interrogent : l'État est-il encore capable d'assurer lui-même la sécurité des citoyens, ou prépare-t-il les esprits à une transformation profonde de ses missions régaliennes ?

Quand la sécurité devient une marchandise

La recommandation faite aux commerçants parisiens de faire appel à des agents privés, éventuellement accompagnés d'équipes cynophiles, est politiquement lourde de sens. Certes, le préfet ne les y oblige pas. Mais il reconnaît que les forces de sécurité intérieure ne pourront garantir la protection de chaque établissement. Aux commerçants, donc, de prendre leurs dispositions, de protéger leurs vitrines, de fermer éventuellement leurs boutiques et de payer pour leur sécurité.

C'est l'aboutissement d'une logique néolibérale qui transforme progressivement les droits collectifs en prestations individuelles, les services publics en marchés et les citoyens en clients. L'État conserve le pouvoir de lever l'impôt, mais renvoie chacun à sa capacité financière pour obtenir la protection à laquelle il devrait pouvoir prétendre, comme il renvoie petit à petit chaque famille à ses propres moyens pour couvrir l'éducation et de plus en plus les soins.

Les grandes enseignes pourront financer des dispositifs coûteux. Le petit commerçant, l'artisan, le restaurateur indépendant, déjà étranglés par les charges et la crise économique, devront choisir entre payer une protection supplémentaire, fermer ou prendre le risque de voir leur établissement dévasté.

La sécurité devient ainsi un bien marchand, inégalement accessible, alors qu'elle devrait demeurer un droit garanti à tous. Cette logique ouvre également la voie à des dérives autrement plus inquiétantes : affrontements entre agents privés et groupes violents, risques de blessés ou de morts, voire développement de pratiques de racket sous couvert de protection.

Ce n'est pas une simple question d'organisation policière. C'est une remise en cause du contrat républicain. La République ne peut pas se décharger sur des entreprises commerciales de la responsabilité fondamentale de protéger les personnes et les biens. Ce serait un recul sans précédent pour la France.

L'armée comme réponse à l'impuissance publique, vraiment ?

À cette privatisation rampante s'ajoute une autre évolution préoccupante, le recours aux militaires de l'opération Sentinelle à l'occasion des manifestations du 24 octobre.

Le gouvernement présente ce dispositif comme un moyen de protéger les sites sensibles et de libérer policiers et gendarmes pour les opérations de maintien de l'ordre. Il ne s'agit donc pas, officiellement, de confier aux soldats la dispersion des manifestants, mais cette distinction juridique et opérationnelle ne doit pas empêcher de s'interroger sur la banalisation de la présence militaire dans la gestion des crises intérieures.

D'autant que l'efficacité de Sentinelle est contestée depuis sa création.

Dès le 5 juillet 2016, sous François Hollande, le rapport parlementaire Fenech-Pietrasanta, consacré aux moyens de lutte contre le terrorisme, examinait les limites de cette opération. Quelques mois plus tard, le rapport sénatorial de Dominique de Legge, publié le 26 octobre 2016, soulignait les difficultés liées à l'emploi prolongé de militaires dans des missions de surveillance statique.
L'effet dissuasif reste difficile à établir, les soldats peuvent eux-mêmes devenir des cibles, leurs compétences militaires sont sous-employées et leur mobilisation pèse sur l'entraînement, les ressources humaines et la disponibilité opérationnelle des armées ; quant à leurs armements, ils ne peuvent en aucun cas être utilisés en zone urbaine civile au risque de causer d'innombrables morts.

On voit venir l'accusation en pinaillage, mais que se passe-t-il si des militaire de l'opération Sentinelle, en position statique, sont eux-mêmes pris à parti par des éléments incontrôlés ou extrémistes ? Que doivent-ils faire si leur intégrité est mise en danger ? C'est là qu'on joue avec le feu.
Car un soldat n'est pas un gendarme mobile. Il est formé et équipé pour combattre un ennemi, non pour gérer une foule de citoyens, même lorsque des individus violents s'y trouvent. Quelles armes ? Quels équipements ? Quelles règles d'engagement ? Quelle chaîne de commandement ? Quelle articulation avec les forces de sécurité intérieure ?
Ces questions sont essentielles. Le maintien de l'ordre repose sur une doctrine particulière, fondée sur la gradation de la force, la proportionnalité et la maîtrise des affrontements. On ne saurait improviser une telle mission avec des unités militaires.

Le général Vincent Desportes résumait cette contradiction en une formule particulièrement sévère : « On utilise à faux un remarquable instrument, sans en retirer de plus-value sécuritaire. »

Le risque est aussi politique. À force de présenter l'armée comme une réponse ordinaire aux tensions intérieures, on habitue progressivement l'opinion à voir dans l'institution militaire un instrument de gestion des crises sociales et politiques. Une présence initialement justifiée par la lutte antiterroriste pourrait ainsi contribuer à légitimer, demain, des emplois bien différents.
Ce serait bien entendu une dérive grave et hautement dangereuse pour la paix civile.

Un État faible qui restreint les libertés

Les violences et les pillages du 17 octobre ont révélé de graves difficultés dans l'anticipation et la gestion des troubles. Le renseignement préalable, le dimensionnement des effectifs et les choix tactiques méritent un examen approfondi. Il serait toutefois nécessaire de disposer d'un bilan opérationnel précis pour déterminer les responsabilités et distinguer les défaillances constatées des décisions politiques délibérées.

Plutôt que de faire une analyse de ses propres erreurs, et face aux risques annoncés pour le 24 octobre, les autorités envisagent des interdictions de manifester, des restrictions de circulation et des mesures de sécurité exceptionnelles.
Or, la liberté de manifester est une liberté fondamentale, protégée par notre ordre constitutionnel. Elle ne peut être restreinte que lorsque les nécessités de l'ordre public le justifient et dans le respect de la proportionnalité.

Nous voilà dès lors face à une contradiction politique majeure : faute de pouvoir garantir simultanément la liberté de manifester et la protection des personnes et des biens, le pouvoir risque de faire peser sur l'ensemble des citoyens les conséquences des violences commises par une minorité et de les rendre responsables de l'impéritie du gouvernement, incapable de gérer une crise sociale.

Il ne faut pas confondre les manifestants, qui exercent un droit démocratique, avec les casseurs et les pillards, qui commettent des infractions. Les premiers doivent pouvoir s'exprimer librement ; les seconds doivent être empêchés de nuire et répondre de leurs actes devant la justice.
Un État qui renonce à cette distinction finit par restreindre les libertés de ceux qui respectent la loi sans nécessairement neutraliser ceux qui la violent.

Le spectre de la thérapie de choc

Ces décisions plus qu'hasardeuses prennent une dimension particulière dans une France confrontée à l'accumulation des crises... Endettement public, désindustrialisation, crise énergétique, crise du logement, tensions migratoires, dégradation des services publics, inquiétudes légitimes de la jeunesse quant à son avenir et perte de pouvoir d'achat, voilà le tableau actuel de la France et qui explique tant la morosité générale, le mouvement de jeunesse, le potentiel retour d'un mouvement de type Gilets jaunes et le désaveux citoyen général avec 53% d'entre eux qui ne se reconnaissent dans aucune force politique ou candidats actuels.

Les gouvernements successifs peinent à proposer une réponse cohérente à ces déséquilibres structurels. Dans le cadre économique et institutionnel actuel, notamment celui des traités européens, leurs marges de manœuvre sont limitées, sinon nulles et les condamnent à continuer les mêmes politiques que celles qui ont été menées précédemment, quand bien même elles seraient suicidaires. Les arbitrages budgétaires sont de plus en plus douloureux, comme on le voit avec le budget 2027 annoncé par le Premier Ministre Lecornu et ses 54 milliards d'économies austéritaires. Dans un contexte de crise structurelle, les dirigeants de la France agissent comme ceux de l'URSS mourante, c'est-à-dire incapable de penser autrement le monde et d'imaginer des solutions alternatives à celles déjà tentées 100 fois. Le TINA (There is no alternative - il n'y a pas d'alternative) de Margareth Thatcher est devenu la cigüe du système.

Dans ce contexte, la tentation peut alors être grande de substituer à un projet politique nouveau une gestion permanente de l'urgence.
Le discours sur les menaces de guerre, la multiplication des appels au réarmement et la dramatisation des crises internationales ont principalement pour objectif de détourner l'attention des Français. L'effet escompté ne semble pas atteint, sauf dans un petit cercle médiatico-politique déjà largement acquis à un atlantisme belliciste et surtout cela n'a pas fait disparaître les difficultés quotidiennes des Français. Ils ne suffisent pas davantage à obtenir l'adhésion populaire aux sacrifices économiques que certains responsables politiques estiment nécessaires.

Dès lors, face à l'impossibilité de trouver une issue dans le cadre du système économico-politique actuel, on peut imaginer que le pouvoir ait la tentation de mettre en place une thérapie de choc, dont la forme pouvait être réduction accélérée des dépenses publiques, nouvelles contraintes budgétaires, restructurations brutales et transfert croissant de responsabilités collectives vers les individus et les entreprises... et une bonne dose de répression si nécessaire.

Sécurité et sureté

L'histoire montre que les situations de crise peuvent faciliter l'acceptation de mesures qui rencontreraient, en temps normal, une forte résistance démocratique. Le désordre peut devenir un argument pour réclamer davantage de restrictions, davantage de pouvoirs d'exception et moins de contestation.

Cela impose de s'interroger sur les effets politiques d'une succession de décisions qui, prises séparément au nom de l'urgence, pourraient finir par transformer durablement l'équilibre entre l'État, les citoyens et les libertés publiques.

La République ne peut pas se décharger de ses responsabilités. D'un côté, on demande aux commerçants de financer leur propre sécurité, de l'autre, on mobilise des soldats pour protéger des sites civils... et, simultanément, on envisage de restreindre l'exercice d'une liberté démocratique fondamentale, le tout alors que se discute un budget de casse sociale. L'équation est étonnante.

Ces annonces dangereuses en termes de sécurité dessinent un État qui se retire partiellement de certaines obligations de protection, tout en renforçant ses moyens de contrôle et de restriction.

Il n'est pas question ici de nier les risques de violences ni de contester la nécessité d'un maintien de l'ordre efficace, elle est de savoir quel modèle de société nous entendons défendre.
Une République ne peut accepter que la sécurité dépende du portefeuille, que l'armée devienne une réponse banalisée aux crises sociales et que la liberté de manifester soit progressivement sacrifiée sur l'autel de l'impuissance publique.
L'autorité véritable ne consiste pas à multiplier les dispositifs d'exception, mais à disposer d'institutions compétentes, de forces de sécurité correctement formées, de renseignements efficaces et d'une doctrine claire d'engagement, respectueuse des libertés.

Il faut ici rappeler une distinction fondamentale, héritée de la Révolution française, entre la sécurité et la sûreté. La sécurité consiste à protéger les citoyens contre les violences et les dangers ; la sûreté, consacrée par l'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 comme un droit naturel et imprescriptible, garantit d'abord l'individu contre l'arbitraire du pouvoir.
L'article 7 est encore plus explicite sur l'arbitraire du pouvoir.

« Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression. » – Art. 2, Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

« Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance. » – Art. 7, Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

Les révolutionnaires avaient parfaitement compris qu'une République devait à la fois protéger les citoyens et les protéger contre les abus de ceux qui exercent l'autorité.

L'article 12 de la Déclaration est tout aussi éclairant : « La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. » Emmanuel Macron, ou tout autre dirigeant, ne saurait instrumentaliser la force publique à ses intérêts particuliers ou politiques.
Tout est là : une force publique au service de tous, financée collectivement, et une puissance publique tenue de respecter les libertés qu'elle a pour mission de garantir.

Les décisions du gouvernement interrogent

Comment assurer une protection égale des citoyens sans faire de la sécurité une marchandise ? Et comment préserver leur sûreté lorsque, face aux crises, le pouvoir multiplie les restrictions aux libertés et banalise la présence militaire dans l'espace public ?

La sécurité n'est pas une marchandise, l'armée n'est pas une police de substitution, et les libertés publiques ne sont pas une variable d'ajustement des défaillances de l'État. C'est précisément lorsque les crises se multiplient que ces principes doivent être défendus avec le plus de fermeté.
Gastel Etzwane
22/10/2026

UKRAINE : L’AVEU D’UNE DÉFAITE, L’HUMILIATION DE L’EUROPE


Il aura fallu près de cinq années de guerre, des centaines de milliers de victimes, des destructions gigantesques et des dizaines de milliards d’euros engloutis pour en arriver à une situation que beaucoup avaient pourtant annoncée dès les premiers mois du conflit.
Le 21 octobre 2026, sur Fox News, Volodymyr Zelensky a répondu favorablement à une question qui, quelques années plus tôt, aurait paru inimaginable : accepterait-il un accord de paix laissant l’Ukraine conserver seulement 75 % ? Sa réponse a été affirmative. Le président ukrainien se déclare ainsi prêt à geler les positions militaires actuelles, quitte à laisser durablement sous contrôle russe une partie considérable de son pays. Il ne s’agit certes pas d’une reconnaissance juridique de la souveraineté russe sur ces territoires, qui représentent aujourd’hui environ 19 % de l’Ukraine, mais cela ne change rien à la réalité militaire : ils resteraient sous contrôle russe, sans perspective immédiate de reconquête.
Et le plus cruel, c’est que la Russie, de son côté, n’a absolument rien accepté. Vladimir Poutine a reçu l’émissaire américain Steve Witkoff à Saint-Pétersbourg, sans consentir la moindre concession territoriale. Moscou maintient ses exigences, poursuit ses opérations militaires et ne s’est engagé à aucun cessez-le-feu. Voilà donc où nous en sommes : Zelensky se déclare prêt à arrêter les combats en laissant une partie considérable de son pays sous contrôle russe, tandis que Moscou, en position de force dans les discussions territoriales, ne juge même pas nécessaire de faire une concession en retour.
Mais le bilan est peut-être encore plus accablant pour l’Europe. Pendant toutes ces années, les dirigeants européens ont multiplié les sanctions, financé l’effort de guerre ukrainien, livré des armes et engagé des sommes colossales. Ils ont accepté d’exposer davantage leur économie à une crise énergétique, d’aggraver les difficultés d’industries déjà fragilisées, et de compromettre une partie de leur compétitivité. L’Europe traverse aujourd’hui de graves difficultés économiques et industrielles. La guerre et les choix politiques qui l’ont accompagnée n’en sont évidemment pas les seules causes, mais ils ont contribué à aggraver une situation déjà préoccupante. Tout cela pour quel résultat ? Pour faire quoi ? Dans quel but ? Pour voir la Russie conserver près d’un cinquième de l’Ukraine ? Pour assister à des négociations dont les États-Unis et la Russie occupent le centre, pendant que les Européens tentent de préserver leur influence sur un règlement qu’ils ne maîtrisent pas ?
Et surtout, à quel moment les citoyens européens ont-ils été véritablement consultés sur ces choix, sur leur coût et sur les sacrifices qu’ils impliquaient ? Jamais par une consultation directe. Les décisions ont été prises au sommet, présentées comme des nécessités auxquelles il était interdit de se soustraire, et toute contestation de la stratégie suivie a trop souvent été assimilée à une complaisance envers Moscou.
Le plus extraordinaire est que cette évolution était prévisible. Dès les premiers mois de la guerre, de nombreuses voix avaient averti qu’en l’absence d’effondrement militaire russe, le conflit risquait de s’enliser, de ruiner durablement l’Ukraine et de déboucher sur une négociation consacrant de fait une partie des conquêtes territoriales de Moscou. Ces avertissements ont été balayés avec mépris. Il fallait croire à la victoire, annoncer la reconquête, promettre l’affaiblissement irréversible de la Russie. Et surtout ne jamais s’interroger sur le prix que les Européens auraient à payer.
Aujourd’hui, le président ukrainien envisage un gel du front, la Russie n’a toujours rien concédé, et ce sont les Américains qui conduisent les discussions essentielles avec Moscou. L’Europe aura engagé des milliards, subi de lourdes conséquences économiques et industrielles et laissé ses citoyens supporter le coût de décisions sur lesquelles ils n’ont jamais été directement consultés. Et tout cela pour se retrouver dans une situation où les objectifs proclamés pendant des années paraissent désormais hors d’atteinte.
Le plus consternant est que beaucoup avaient précisément annoncé ce risque. Mais les dirigeants européens ont préféré les certitudes martiales aux interrogations, les proclamations aux réalités et l’obstination à la lucidité. Le dindon de cette immense farce géopolitique, c’est bien l’Europe. Et la facture, elle, sera payée pendant longtemps.