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23 octobre 2026

Gastel Etzwane
22/10/2026

UKRAINE : L’AVEU D’UNE DÉFAITE, L’HUMILIATION DE L’EUROPE


Il aura fallu près de cinq années de guerre, des centaines de milliers de victimes, des destructions gigantesques et des dizaines de milliards d’euros engloutis pour en arriver à une situation que beaucoup avaient pourtant annoncée dès les premiers mois du conflit.
Le 21 octobre 2026, sur Fox News, Volodymyr Zelensky a répondu favorablement à une question qui, quelques années plus tôt, aurait paru inimaginable : accepterait-il un accord de paix laissant l’Ukraine conserver seulement 75 % ? Sa réponse a été affirmative. Le président ukrainien se déclare ainsi prêt à geler les positions militaires actuelles, quitte à laisser durablement sous contrôle russe une partie considérable de son pays. Il ne s’agit certes pas d’une reconnaissance juridique de la souveraineté russe sur ces territoires, qui représentent aujourd’hui environ 19 % de l’Ukraine, mais cela ne change rien à la réalité militaire : ils resteraient sous contrôle russe, sans perspective immédiate de reconquête.
Et le plus cruel, c’est que la Russie, de son côté, n’a absolument rien accepté. Vladimir Poutine a reçu l’émissaire américain Steve Witkoff à Saint-Pétersbourg, sans consentir la moindre concession territoriale. Moscou maintient ses exigences, poursuit ses opérations militaires et ne s’est engagé à aucun cessez-le-feu. Voilà donc où nous en sommes : Zelensky se déclare prêt à arrêter les combats en laissant une partie considérable de son pays sous contrôle russe, tandis que Moscou, en position de force dans les discussions territoriales, ne juge même pas nécessaire de faire une concession en retour.
Mais le bilan est peut-être encore plus accablant pour l’Europe. Pendant toutes ces années, les dirigeants européens ont multiplié les sanctions, financé l’effort de guerre ukrainien, livré des armes et engagé des sommes colossales. Ils ont accepté d’exposer davantage leur économie à une crise énergétique, d’aggraver les difficultés d’industries déjà fragilisées, et de compromettre une partie de leur compétitivité. L’Europe traverse aujourd’hui de graves difficultés économiques et industrielles. La guerre et les choix politiques qui l’ont accompagnée n’en sont évidemment pas les seules causes, mais ils ont contribué à aggraver une situation déjà préoccupante. Tout cela pour quel résultat ? Pour faire quoi ? Dans quel but ? Pour voir la Russie conserver près d’un cinquième de l’Ukraine ? Pour assister à des négociations dont les États-Unis et la Russie occupent le centre, pendant que les Européens tentent de préserver leur influence sur un règlement qu’ils ne maîtrisent pas ?
Et surtout, à quel moment les citoyens européens ont-ils été véritablement consultés sur ces choix, sur leur coût et sur les sacrifices qu’ils impliquaient ? Jamais par une consultation directe. Les décisions ont été prises au sommet, présentées comme des nécessités auxquelles il était interdit de se soustraire, et toute contestation de la stratégie suivie a trop souvent été assimilée à une complaisance envers Moscou.
Le plus extraordinaire est que cette évolution était prévisible. Dès les premiers mois de la guerre, de nombreuses voix avaient averti qu’en l’absence d’effondrement militaire russe, le conflit risquait de s’enliser, de ruiner durablement l’Ukraine et de déboucher sur une négociation consacrant de fait une partie des conquêtes territoriales de Moscou. Ces avertissements ont été balayés avec mépris. Il fallait croire à la victoire, annoncer la reconquête, promettre l’affaiblissement irréversible de la Russie. Et surtout ne jamais s’interroger sur le prix que les Européens auraient à payer.
Aujourd’hui, le président ukrainien envisage un gel du front, la Russie n’a toujours rien concédé, et ce sont les Américains qui conduisent les discussions essentielles avec Moscou. L’Europe aura engagé des milliards, subi de lourdes conséquences économiques et industrielles et laissé ses citoyens supporter le coût de décisions sur lesquelles ils n’ont jamais été directement consultés. Et tout cela pour se retrouver dans une situation où les objectifs proclamés pendant des années paraissent désormais hors d’atteinte.
Le plus consternant est que beaucoup avaient précisément annoncé ce risque. Mais les dirigeants européens ont préféré les certitudes martiales aux interrogations, les proclamations aux réalités et l’obstination à la lucidité. Le dindon de cette immense farce géopolitique, c’est bien l’Europe. Et la facture, elle, sera payée pendant longtemps.
Gastel Etzwane
21/10/2026

Emmanuel Macron : le déni de réalité au sommet de l’État

Voilà un cas de déni de réalité absolument sidérant.
Le 17 octobre, la France a connu une journée d’émeutes, de pillages et d’ultraviolence dont les dégâts, selon les premières estimations avancées, dépasseraient ceux des émeutes qui avaient suivi la mort de Nahel. Sauf que cette fois, tout s’est produit en une seule journée !
Des hordes de casseurs, des pillages manifestement préparés, des commerces dévastés, des rues livrées à la violence. Des images diffusées dans le monde entier.
Et que nous explique cet homme ? Que tout cela serait une gigantesque manipulation ! Que des images auraient été fabriquées par intelligence artificielle ! Que des gens « de l’autre côté de l’Atlantique » se seraient laissé berner !
Il faudrait donc croire que des millions de personnes, partout dans le monde, ont été victimes d’une hallucination collective. Que les scènes de pillage n’ont jamais existé. Que tout est faux, sauf ce que lui prétend avoir compris.
Le monde entier se trompe. Lui seul détient la vérité.
Et le plus ahurissant, c’est que cet homme qui semble avoir perdu tout contact avec la réalité n’est pas un illuminé débitant ses élucubrations dans un coin de bistrot.
C’est le président de la République française.
Près de dix ans au pouvoir, un pays en crise, et toujours la même obsession : nier, accuser les autres et ne jamais assumer la moindre responsabilité.

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Nath-Sakura Photographer
23/10/2026


Au vu de l'actualité française, de l'interdiction de manifester qui annonce clairement un temps de dictature, il est temps que je ressorte cette photo de 2011. Modèle : Naïssa Bé - Photo : Nath-Sakura.
Aux armes citoyens ! Moi en tout cas, je serai dans la rue demain. Manifestation interdite ou pas.

21 octobre 2026

CharlElie Couture

raconte sa manif à Paris, le 17 octobre

« Débordé par le bordel, ou bien s’agit-il de la stratégie du chaos ? Je ne sais pas. J’y suis allé en début d’après-midi avec l'une de mes filles, sans masque, ni cagoule, sans casque, ni foulard. J’y suis allé pour voir, curieux comme un badaud, pour me faire une idée sur ladite démobilisation générale annoncée dans les médias, quand le président dans le déni total des faits n’avait rien trouvé de mieux que d’aller voir Céline Dion pour se changer le idées, à la veille de cette journée nationale… Sauf que du monde il y en avait partout. Dès la gare de l’Est, des rubans de police nous interdisaient l’accès. On a décidé de contourner, mais finalement je n’ai jamais pu rejoindre la place de la République. Bloqué rue du Faubourg du Temple par un cordon de CRS. Derrière eux des tirs, des explosions toutes les trente secondes, et aussi un feu. Rue Yves Toudic une grosse fumée noire polluait le ciel. Les pompiers ? je ne sais pas il y avait bien une ambulance stationnée mais pas de pompiers qui devaient être occupés ailleurs. On laissait brûler ce feu sans rien faire.
Les gardes mobiles immobiles, plantés là, devant nous, harnachés et raides comme des Playmobil, le visage fermé sous leurs visière baissée, le sourcil froncé et l’air grave, mutiques à quelques centimètres d’une foule qui conspuait tantôt le gouvernement, tantôt Macron lui-même, tantôt la force publique et l’ordre qu’ils incarnaient. Ils ne bronchaient pas.
J’ai reculé, changé d’endroit. On avait du mal à bouger tellement il y avait de monde, toutes sortes de gens. Il y avait globalement une ambiance plutôt bon enfant, mais une France en colère, sans issue, une masse dans la nasse. Certains prenaient des photos avec leur téléphone, d’autres discutaient entre eux assis à la terrasse de cafés, une bière à la main en regardant défiler devant eux des jeunes, des vieux, des sportswears, des bobos ébahis, des infirmiers en blouse, deux drag-queens, un autre déguisé en cheval ou deux autres en Super Mario. Les uns tenaient des cartons, des bouts de carton, parfois juste une feuille de papier, n’importe quoi sur lesquels ils avaient écrit vite fait quelque chose, un slogan, un jeu de mot, ou un avis sur ce qui se passe actuellement, rien de vraiment organisé, et puis aussi des cagoulés noirs, filles et garçons qui se la pétaient gonflés à l’adrénaline, venus là pour s’amuser à défier la société...
Je ne disais rien, ne faisait rien, pourtant je ne me suis senti en tension qu’à l’approche du cordon de CRS. Et puis alors qu’on repartait tranquille, sans qu’on comprenne pourquoi, il y a eu une charge de la police dans notre dos, et on s’est fait pepperiser. Les yeux qui piquent, les poumons qui brûlent, la gorge en feu… On rejoignait une fanfare sur le canal Saint Martin quand un cortège d’une dizaine de voitures de police nous a foncé dessus littéralement à cent à l’heure. On s’est écartés en panique. Whaa, vraiment flippant cette vitesse. Il était 16 heures quand on a décidé de rentrer, ça continuait de pétarader un peu partout.
Arrivé chez moi j’ai allumé les chaînes en continu, mais j’ai vite éteint tellement ça ne relatait pas l’ambiance de ce que j’avais vécu. »

20 octobre 2026

Alain Bauer
19/10/2026

"Ce mouvement va durer, s’intensifier, se radicaliser probablement, puisqu’il n’y a toujours aucune réponse compréhensible ni audible de la part du gouvernement. Là, on est dans le peut-être, le “faut voir”… C’est un gouvernement du “en même temps” qui est surtout dans l’entre-deux."

Alain Bauer, professeur émérite de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers et auteur de l’essai "Il faut sauver nos enfants", dans l'émission "C dans l'air" du lundi 19 novembre 2026 présentée par Aurélie Casse.

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Marion Maréchal
18/10/2026

« C’est une insurrection racaillo-gauchiste ! »

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Julien Vergès
19/10/2026


Les masques tombent.
Sarah Knafo veut baisser les dépenses de l’État partout, sauf pour l'aide à l’Ukraine. On avait sans doute raison de se méfier quant à l’allégeance véritable de cette intrigante, qui semble sur le fond plus proche de Glucksmann et du cartel otano-bruxellois que de la défense de l’intérêt national français.
Julien Vergès

19 octobre 2026

Marc Amblard
19/10/2026

Gabriel Nerciat
19/10/2026

DES GRIEUX CHEZ LA POMPADOUR
 

Macron, hier soir : "Comment des Français peuvent-ils faire ça à la France ?".
J'avoue, j'ai ri, malgré la gravité du moment.
Au-delà de ce chef d'État minable et pathétique désormais aux abois qui laissera aux générations futures un souvenir pire que celui de Charles VI au début de la guerre de Cent Ans (pire, parce qu'au moins le quatrième roi de la dynastie des Valois était fou à lier), je me rends compte qu'il y a un côté chevalier des Grieux chez lui et chez pas mal de grands bourgeois libéraux, qui sont prêts à finir dans la dèche, sous l'opprobre général, plutôt que de renoncer à leurs chimères.
"J'ai tout fait pour elle, jusqu'à bafouer mon honneur ; pourquoi me méprise-t-elle autant ? Ne voit-elle pas que je l'aime ?".
Pauvres types.
H16
19/10/2026

Hordes, pillages, exactions : tout est sous contrôle

La définition était simple claire : une perte de contrôle de la police en France, ce serait « si jamais vous aviez des hordes de personnes qui défilaient dans les centres-villes, qui pillaient les magasins et qui commettaient des exactions », selon Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, le 6 octobre dernier.

Onze jour plus tard, nous sommes en plein dedans, avec hordes, défilés, pillages et exactions, dans le bon ordre et dans une bonne douzaine de villes. Le bilan de samedi dernier ne laisse pas de doute : entre 550 000 et 800 000 manifestants contre « la vie chère », 1 200 interpellations et 150 policiers et gendarmes blessés selon le Premier ministre, qui estime sans rire que c’est un miracle que ce ne soit pas pire.


Comme d’habitude, Paris a vu pillages massifs, exactions de tous les côtés et les commerçants de Lyon, Marseille et Nice ont eu droit au même traitement. Marseille et Lille ont vu leur mairie dégradée, Lyon une antenne de son office du tourisme incendiée, Bordeaux la résidence de sa préfète saccagée. À Nantes, les boutiques s’étaient barricadées d’avance, preuve que les commerçants, eux, lisent les réseaux sociaux, tandis que Rennes a connu une journée de chaos. Et Limoges a regardé brûler son hôtel de ville du XIXe siècle, dont la partie historique est quasiment détruite.

Un bâtiment qui avait traversé deux guerres mondiales n’aura pas survécu à un samedi après-midi de gauchisme, de laxisme et de hordes bigarrées.

Et pourtant, tout était écrit, planifié et parfaitement prévisible.

La veille, une carte collaborative montée par des collectifs issus des Gilets jaunes et de Bloquons tout recensait plus de 1 300 actions, dont plus de 600 manifestations. Le ministère, lui, en attendait 250 et 80, et tablait sur 150 000 manifestants. Le renseignement s’est trompé d’un facteur 7 sur des informations publiques, étalées sur les réseaux sociaux, à commencer par TikTok où l’appel était né.

C’est inquiétant. Ou louche si l’on veut faire complotiste.

Le second échec est doctrinal, comme le souligne Claude Moniquet sur CNews : depuis quelques années, la doctrine officielle du maintien de l’ordre « à distance » consiste à contenir, encadrer, laisser filer, puis compter les dégâts le lendemain. L’un de ses architectes de cette doctrine n’est autre que Nuñez, qui, secrétaire d’État pendant les Gilets jaunes, venait défendre devant les députés ce nouveau schéma.

On se doutait fortement que le cuistre était un nul, on en a une preuve concrète. Qu’il soit maintenant ministre de l’intérieur en dit long sur les capacités de discernement et de recrutement de nos dirigeants.

Du reste, le contraste avec 2019 est frappant : face à des provinciaux en gilets fluo venus réclamer moins de taxes sur le gazole, l’État n’avait pas hésité une seconde à utiliser LBD, grenades, gardes à vue par milliers. Aujourd’hui, devant des bandes de 500 à plus de 1 000 racailles, on observe à distance, on filme, on attend que ça passe. Le message est reçu 5/5 par ceux qui ont intérêt à le recevoir : chaque débordement mollement réprimé prépare le suivant, en plus gros.


Car comme d’habitude, ces bandes ne sont pas tombées du ciel.

En milieu d’après midi, aucun des interpellés à Paris n’étaient (à une exception près) résident parisien. Tous étaient largement préparés (gants coqués, couteaux, projectiles et explosifs). La colère « spontanée » n’existe que chez les journalistes naïfs.

Dimanche matin, sur 517 gardes à vue, 171 concernaient des mineurs. Comme d’habitude, les profils n’ont rien de mystérieux : un mélange de racailles de banlieue venues faire leurs courses sans passer par la caisse, et de black blocs de bonne famille venus jouer à la révolution avant de rentrer dîner. Pour les premiers, le rapport des inspections générales sur les émeutes de 2023 relevait déjà une grande majorité de jeunes Français issus de l’immigration, et rien n’a miraculeusement changé depuis.

Face à cela, la classe politique a comme d’habitude fait ce qu’elle fait de mieux : gesticuler dans les médias.

Mélenchon, dont le parti avait appelé à manifester, a joué les ingénus et découvert le soir même que ça avait malencontreusement dérapé. La faute aux autres, évidemment.

Pendant ce temps, la mairie très socialiste de Paris, pourtant généralement contre toute forme visible de maintien de l’ordre, pleurnichait sur un « manque de moyens » policiers, pendant que les Écologistes dénonçaient comme d’habitude une force disproportionnée.

La gauche, aussi cohérente que d’habitude, n’a pas tranché, mais elle est certaine que c’est la faute de quelqu’un d’autre.

Quant à l’extrême centre, son analyse est comme d’habitude que tout ceci va faire monter le Rassemblement national. Peut-être, mais c’est précisément l’inaction de ces niais impotents qui nourrit les extrêmes, l’un en soufflant sur les braises au bord de l’appel à l’insurrection, l’autre en affichant une fermeté qui ne lui coûte rien tant qu’il n’est pas aux affaires.

Comme d’habitude, les commerçants ont été pillés, laissés seuls avec leurs vitrines en miettes. La police, mobilisée pour « protéger les bâtiments publics », n’a pas davantage protégé les mairies de Limoges, de Marseille ou de Lille, ni la résidence d’une préfète. On n’a en revanche entendu parler d’aucun ministère envahi.

L’ordre public a ses priorités, et le contribuable n’en fait comme d’habitude pas partie. Et comme d’habitude, il en fera pourtant partie au moment de payer.

Magie du gauchisme et du laxisme : une mobilisation contre la vie chère, née de la colère contre des prix à la pompe composés pour moitié de taxes, se traduit par un renchérissement de la vie de tous via l’impôt. Continuez comme ça, c’est la bonne méthode assurément.


Enfin, comme d’habitude, le garde des Sceaux réclame la détention provisoire, le chef de l’État promet de la fermeté toute neuve et toute solide, probablement en import direct (on ne fait plus ça en France). On peut déjà sourire aux condamnations fermes parmi les centaines d’interpellés de cette journée d’action et parier sans grand risque sur un écart épais.

Le chaos s’installe donc, doucement.

Oh, il ne s’agit pas d’un chaos permanent, mais les dosettes sont de moins en moins lyophilisées, de plus en plus corsées et consistantes et chaque nouvelle dosette prépare la suivante, plus violente, chaotique et démonstrative. Les débordements ont fait place aux exactions, les exactions aux pillages et maintenant, ce sont des razzias.

Un petit matin fumant, les déclarations étonnées avec un air nigaud du rond-de-cuir pathétique qui sert de Ministre de l’intérieur ne pourront pas empêcher un déclenchement de l’article 16 de la Constitution, qui prévoit des pouvoirs exceptionnels pour le Président de la République…

À six mois d’une présidentielle à laquelle il ne peut se présenter, un président qui a fait de l’impuissance une méthode trouverait là une excuse en or pour prolonger son bail aussi longtemps que nécessaire.

Mais allons, n’y pensez plus. Le Minustre l’a dit, nous n’avons pas perdu le contrôle.


https://h16free.com/2026/10/19/85529-hordes-pillages-exactions-tout-est-sous-controle

18 octobre 2026

Gastel Etzwane
18/10/2026

Le Louvre pourrait fermer : la France n’arrive même plus à protéger ses joyaux

Le 14 octobre 2026, dans un entretien au Figaro, Christophe Leribault, président-directeur du Louvre depuis février, a lancé une alerte : sans un vaste plan de rénovation et de transformation, le plus grand musée de France « se déclassera très rapidement et devra, à terme, fermer ses portes au public ». « Ce serait un désastre », a-t-il ajouté. Le musée est, selon lui, « en très mauvais état » et « complètement engorgé ».
Décidément, la France glisse vers le tiers-monde. Elle n’est même plus capable d’assurer la protection de son patrimoine le plus prestigieux. On se souvient tous du vol spectaculaire du 19 octobre 2025 : en plein jour, en quelques minutes, avec un simple monte-charge et des disqueuses, des malfaiteurs ont emporté huit joyaux de la Couronne, notamment des pièces liées à l’impératrice Eugénie, dans la galerie d’Apollon. Peu de moyens, beaucoup d’humiliation, et un musée qui a révélé ses failles au grand jour.
On se souviendra aussi que Laurence des Cars, alors directrice, avait présenté sa démission juste après le casse. Elle a été refusée par la ministre de la Culture (sous l’autorité d’Emmanuel Macron), qui lui a demandé de « tenir la barre dans la tempête ». Tout un symbole : dans le régime actuel, les responsables restent en poste même après un fiasco national. Finalement, elle est quand même partie en février 2026, une fois la pression devenue trop forte et la démission enfin acceptée.
À ce rythme, on finira peut-être par proposer au Qatar ou à l’Arabie saoudite de racheter le Louvre. Et on a envie de dire que c’est à peine une blague : ils sont déjà en train de tout racheter chez nous.

Georges Kuzmanovic
18/10/2026

Vers la guerre civile ?

Effondrement économique, révolte sociale, désespérance de la jeunesse, violence politique et démission de l'État. Derrière les incendies et les pillages, une France qui se défait, un pouvoir qui laisse pourrir et le spectre d’un basculement vers la guerre civile. 17 octobre 2026 début de la fin ?


La France a-t-elle franchi un seuil irréversible ?
Les images du 17 octobre donnent le vertige. Elles tournent dans le monde entier qui ne comprend pas ce qu'il se passe.
550 000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur, 800 000 selon les organisateurs – c'est colossal. Dans les cortèges, c'est une véritable convergence des luttes, avec des lycéens révoltés contre un avenir incertain et des conditions d'études dégradées et des salariés qui ne parviennent plus à vivre de leur travail, de toutes catégories, du public, comme du privé, des agriculteurs aussi.
Et puis les incendies, les pillages, les commerces dévastés, les bâtiments publics attaqués, les forces de l’ordre débordées. Le bilan annoncé samedi soir est lourd avec 1 200 interpellations et 150 policiers et gendarmes blessés, des centaines de commerces cassés et pillés, des bâtiments publics incendiés.
Le pire c'est à Limoges où le magnifique hôtel de ville de la IIIe République, inauguré en 1883, a été incendié par des individus cagoulés et de noir vêtus, méprisant le bien commun. Son beffroi s’est effondré, sa toiture a été ravagée. C'est un symbole de la République qui est parti en fumée.

Ce spectacle désolant n’est pas un accident de l’histoire, il est l’aboutissement de quarante années de néolibéralisme et de renoncements, de l'affaiblissement de l'État, de la crise économique, de la désindustrialisation, du laisser faire, le tout accélérées par dix années de macronisme.
La France s’effondre, et ceux qui la gouvernent sont comme Néron qui regardait Rome brûler en chantant. Emmanuel Macron lui n'a pas chanté, il est allé écouter Céline Dion, mais c'est la même configuration mentale. Après eux le déluge...

Un pays au bord de l’explosion

Tout converge. Une dette publique vertigineuse, dont les intérêts dévorent une part croissante, et même principale, du budget de l'État, une désindustrialisation qui a détruit notre appareil productif et notre indépendance, des services publics démantelés, une école en ruine qui ne remplit plus sa mission de transmission, un hôpital public exsangue, des territoires abandonnés.

À cela s’ajoutent la crise énergétique, les factures d'électricité et de gaz qui explosent pour les particuliers comme pour les petites entreprises, les prix des carburants qui assèchent les portefeuilles des travailleurs, le logement de plus en plus inaccessible en particulier pour les jeunes, le chiffre officiel du chômage qui repart à la hausse et un chômage réel bien plus grave, une immigration que l’État ne sait plus maîtriser ni accompagner d’une véritable politique d’intégration, des infrastructures mal entretenues qui s'effritent.
Notre société se fragmente ; les perspectives d’ascension sociale disparaissent tandis qu’une oligarchie toujours plus riche prospère au sommet.

Car il y a bien des gagnants du macronisme, et des quarante années de néolibéralisme : les grandes fortunes, le capitalisme de connivence, les intérêts financiers et les multinationales. Pour ceux-là, l’État trouve toujours des milliards, quand il explique aux Français qu’il n’y a plus d’argent pour leurs écoles, leurs hôpitaux, les salaires ou les infrastructures.

Notre pays ne produit plus suffisamment, emprunte pour maintenir son train de vie, sacrifie ses investissements et abandonne sa jeunesse et prépare ainsi sa propre explosion.

L’équation économique est devenue intenable. Elle est donc socialement et politiquement explosive. Il ne manquait qu’une étincelle.

Le pourrissement comme méthode de gouvernement

Le mouvement lycéen aurait dû provoquer une réponse politique immédiate. Il exprimait l’inquiétude d’une génération dont les moyens pour étudier sont dégradés, mais surtout qui découvre que travailler, étudier, faire des efforts ne garantit plus rien. Le gouvernement aurait pu écouter, négocier, proposer – encore eut-il fallu avoir un gouvernement et un Président responsable. Il a préféré laisser pourrir. Le chaos couvre son impéritie.

Pendant ce temps, à l’Assemblée nationale, se prépare un budget d’austérité sévère. Les intérêts de la dette s’envolent, les économies à faire se chiffrent en dizaines de milliards et les services publics sont de nouveau appelés à payer la facture, soit très exactement le contraire de ce que demande le peuple depuis des années.
C’est la contradiction fondamentale du système ou plutôt l'expression absolue de l'irresponsabilité : on détruit les conditions de la prospérité, puis on exige des Français qu’ils payent les conséquences de cette destruction, et en plus en les culpabilisant.

Emmanuel Macron avait déjà expérimenté cette méthode face aux Gilets jaunes, en ne répondant pas aux causes profondes de la colère, laisser la confrontation s’installer, épuiser les manifestants, attendre que les violences discréditent les revendications, s'assurer que les médias montent en épingle les violences. L'objectif est de substituer la question de l’ordre public à celle de la justice sociale, même si le retour de l'ordre est légitime.
Mais une colère ignorée ne disparaît pas, elle s’accumule, se radicalise, se transmet... jusqu’au jour où elle devient incontrôlable et explose.

Les casseurs, ennemis du peuple et de la République

Rien, absolument rien, ne saurait justifier la plupart des violences du 17 octobre.
Ceux qui pillent les magasins, incendient les immeubles, détruisent les outils de travail et terrorisent les citoyens ne sont pas des révoltés romantiques, ce sont des délinquants, parfois des criminels, des hordes de sauterelles qui dévastent ce que d’autres ont mis une vie à construire.

Derrière chaque vitrine fracassée, il y a un commerçant, des salariés, une famille, des années d’efforts. Derrière chaque immeuble incendié, des habitants qui peuvent tout perdre, et derrière chaque équipement public détruit, des contribuables qui devront payer sa reconstruction. Ces casseurs prétendent s’en prendre au système, or ils frappent d’abord ceux qui le subissent.

On retrouve parmi eux des pillards opportunistes, des jeunes en rupture de socialisation, des individus issus de quartiers où la République a reculé, mais aussi des militants radicalisés. Les idéologies décoloniales, les discours de haine contre la France, les justifications religieuses ou politiques de la violence contribuent, lorsqu’ils sont présents, à légitimer cette rupture avec la communauté nationale.
Il serait cependant injuste de les confondre avec les millions de Français des quartiers populaires qui travaillent, élèvent leurs enfants et subissent eux-mêmes l’insécurité et l’abandon et qui sont eux aussi en colère.

Il y a ensuite les Black Blocs, souvent issus d’une petite ou grande bourgeoisie radicalisée, grisée par ses fantasmes de révolution anarchiste. Ces révolutionnaires en carton imaginent combattre le capitalisme en détruisant le commerce d’un indépendant ; ils prétendent libérer le peuple en l’empêchant de manifester car ils créent les conditions du pourrissement des mouvements sociaux. C'est d'ailleurs bien pour cela que le pouvoir les laisse finalement largement en paix (et aussi parce qu'un bon nombre d'entre eux sont des fils à papa), ce sont les idiots utiles du pouvoir et du Capital.

Leur première victime politique est le mouvement social lui-même. La casse chasse les familles des cortèges, décourage les salariés et transforme une revendication légitime en spectacle de violence. Elle offre au pouvoir le meilleur moyen de ne jamais répondre sur le fond.

Action politique coordonnée ?

Le 17 octobre a pourtant révélé quelque chose de plus inquiétant que les pillages, c'est la multiplication des attaques contre les institutions publiques.
Des groupes vêtus de noir, mobiles, organisés, et surtout coordonnés, ont visé des mairies, des préfectures, des commissariats et même des appartements de hauts fonctionnaires. À Limoges, après l’incendie de véhicules de police et des affrontements aux abords de la préfecture, des individus cagoulés ont brisé les vitres de l’hôtel de ville, pénétré dans le bâtiment et déclenché l’incendie qui l’a ravagé. Tout cela suppose une préparation.

L’hôtel de ville de Limoges n’était ni une banque, ni un siège de multinationale, ni un palais oligarchique. C’était la maison de la République, un monument historique, le patrimoine commun des citoyens, l’expression d’une France qui croyait au progrès, à l’instruction et à l’émancipation. Le détruire, c’est s’attaquer à ce qui nous appartient à tous.
Le maire, Guillaume Guérin, a dénoncé la gravité de l’attaque et affirmé que les policiers étaient à court de moyens de désencerclement dès 15h15. Pourquoi ? C'est inacceptable. Comment un édifice aussi emblématique a-t-il pu être laissé aussi vulnérable ?

La simultanéité des attaques, leur répartition géographique et leurs modes opératoires montrent clairement que ces violences ont été coordonnées d'une manière ou d'une autre. Si une telle organisation au niveau national était démontrée, on ne parlerait plus alors seulement d’émeutes, mais d’une entreprise de déstabilisation politique voulue.

Cette barbarie révèle aussi notre échec éducatif. Une société qui ne transmet plus son histoire, ses principes et le respect de la chose publique fabrique des individus incapables de distinguer la révolte de la destruction.

L’État doit répondre avec fermeté. Il faut identifier, juger et sanctionner les responsables. Mais l’autorité républicaine suppose aussi une école qui instruise, une justice qui fonctionne et un État qui protège autant qu’il sanctionne.
Les exactions du 17 octobre imposent une révision de la loi et de la justice envers les mineurs. Le laxisme n'est plus acceptable, il faut penser à des prisons éducatives spécifiques et séparées des autres institutions carcérales pour les crimes graves commis par des mineurs.

Les pyromanes politiques et la tentation du chaos

Jean-Luc Mélenchon porte ici une responsabilité politique considérable. À force d’entretenir une rhétorique de confrontation permanente, de présenter chaque conflit comme une lutte existentielle contre un système prétendument fasciste, il contribue à installer un climat où la violence devient, pour certains, une perspective politique acceptable. Le NPA et diverses organisations d’ultragauche cultivent depuis longtemps cet imaginaire insurrectionnel et les relations avec les éléments les plus désocialisés et violents des quartiers perdus de la République.

Le calcul pourrait devenir particulièrement dangereux à l’approche de la présidentielle de 2027. Marine Le Pen apparaît comme une prétendante majeure à la victoire ; ces évènements la renforcent considérablement car, à tort ou à raison, elle incarnera l'ordre. Le grand bénéficiaire de ce désordre sera pourtant le Rassemblement national. Chaque commerce pillé, chaque mairie incendiée, chaque policier agressé renforce la demande d’ordre. Chaque complaisance envers la violence éloigne davantage les classes populaires d’une gauche qui prétend encore les représenter.
Mélenchon espère atteindre le second tour. Et l’on voit déjà se dessiner le scénario d’une nouvelle mobilisation antifasciste destinée à contester dans la rue un résultat pourtant tranché par les urnes. Le chaos en France est au bout de l'urne électorale. Le 17 octobre ressemble alors à une première et inquiétante répétition générale de ce qui pourrait advenir après le 2 mai.

Ainsi se prépare le pire avec une France dressée contre une autre, où la question sociale disparaîtrait derrière un affrontement identitaire et sécuritaire.

Les destructeurs d’en haut et ceux d’en bas

Il existe pourtant une autre violence, moins spectaculaire, mais autrement plus dévastatrice. C'est celle des élites qui détruisent la France par le haut et qui sont si proches de Macron et avant de Hollande ou de Sarkozy. Ce sont ceux qui bradent nos industries, abandonnent notre souveraineté, organisent notre dépendance énergétique et géopolitique, qui soumettent notre économie aux intérêts privés et transnationaux, qui démantèlent nos services publics et transfèrent aux générations futures le coût de leur irresponsabilité, favorisent une immigration incontrôlée. Et qui s'en mettent plein les poches dans ce processus.

D’un côté, les casseurs détruisent les vitrines et les commerces ou les bâtiments institutionnels. De l’autre, certaines élites détruisent les fondations de l'État et de la France.

Et au milieu, les Français. Ceux qui travaillent, produisent, soignent, enseignent, entreprennent, élèvent leurs enfants, ceux des classes moyennes et populaires, des villes, des campagnes et des quartiers, ceux qui tiennent encore le pays debout et que les uns pressurisent tandis que les autres les terrorisent.

Quelle image, d’ailleurs, que celle d’Emmanuel Macron assistant à un concert de Céline Dion tandis que le pays s’enfonce dans la crise ! Elle rappelle cette sortie au théâtre avec Brigitte Macron, en mars 2020, à la veille du confinement. Toujours cette impression d’un pouvoir enfermé dans sa bulle, incapable de percevoir la gravité du moment historique ou alors qui en rit.

Après moi, le déluge ?

Pendant que la France s’appauvrit, le président continue de promettre des milliards à l’Ukraine et d’entretenir les discours sur une possible confrontation avec la Russie.
La guerre en Ukraine est devenue un formidable instrument de diversion politique ; c'est sa fonction principale. Les spéculations sur une guerre future, les appels au réarmement et les discours bellicistes occupent l’espace public tandis que les problèmes vitaux des Français restent sans réponse.

Pourtant, du général américain Mark Milley au pape François, dès 2023, des voix ont depuis longtemps appelé à rechercher une issue négociée, rappelant qu’une guerre ne pouvait se poursuivre indéfiniment sans perspective politique, et que les Ukrainiens en paieraient le prix. Ils avaient raison. Mais peu importe l'Ukraine, ses morts, tant que cela peut servir, encore un peu, à dévaster l'économie de la France et à en profiter.
La France n’a pas à sacrifier son avenir économique et social à une logique d’escalade qui ne répond pas à ses intérêts fondamentaux. Sa priorité doit être de retrouver sa puissance, son indépendance et sa capacité à assurer la prospérité de son peuple.

Mais désormais, le réel revient. Aucune rhétorique guerrière ne pourra masquer indéfiniment la faillite intérieure.

Le dernier avertissement

La France ne manque ni de ressources, ni de talents, ni d’énergie ; elle manque d’une direction politique capable de remettre l’État au service de la nation, de reconstruire son appareil productif, de restaurer l’école, de garantir la sécurité et de rendre aux citoyens leur souveraineté.
La justice sans l’ordre est impuissante, mais l’ordre sans la justice est une impasse, et sans prospérité partagée, ni l’un ni l’autre ne peuvent durablement tenir. C'est très exactement la formule pour un précipité vers le chaos.

Nous avons encore le choix entre le redressement républicain et l’engrenage de la confrontation, mais le temps se réduit, comme le champ des possibles.
Les casseurs détruisent nos rues, les soi-disant révolutionnaires brûlent nos bâtiments, les oligarchies ont détruit nos capacités d’action. Les apprentis révolutionnaires rêvent d’affrontement, et le pouvoir regarde la France se défaire.

La guerre civile n’est pas une fatalité, mais elle n'est plus impensable lorsqu’un pays perd simultanément sa prospérité, sa cohésion, son autorité et sa confiance dans l’avenir. La France s’enfonce.
Qui aura encore la volonté de l’arrêter ?
Marc Amblard
18/10/2026

LA FRANCE À GENOUX

Il y a deux semaines, nous apprenions que le pays avait toutes les peines du monde à placer ses obligations du Trésor auprès des prêteurs internationaux. Le taux moyen à 10 ans a même dépassé celui de la Grèce, c’est dire.
Un malheur n’arrivant jamais seul, cette semaine, les rues de la France se sont enflammées. Ce qui avait commencé un peu plus tôt comme des petites manifestations sporadiques est devenu un mouvement très violent qui s’est répandu dans les plus grandes villes.
Les images sont terribles : des mairies prises d'assaut, des commissariats brûlés, des magasins pillés, des policiers agressés, des pompiers caillassés par des hordes encagoulées. (...)
Ce n'est pas le petit peuple français qui casse les vitrines, pille les magasins, saccage les édifices publics et agresse pompiers et policiers.
Le vrai peuple français se lève tôt pour étudier, travailler et nourrir sa famille. Ce peuple aime son pays et respecte ses institutions. Ce n’est pas lui qui envahit la rue en vociférant des revendications inintelligibles. Certes, il souffre de l’envolée des prix, d’une fiscalité confiscatoire et d’un chômage persistant. Il a de plus en plus de mal à remplir son caddy et le réservoir de son véhicule.
Certes, il découvre que les dirigeants qu’il a plus ou moins élus défendent d’autres intérêts que les siens.
Mais il ne descend pas dans la rue pour casser son lieu de vie et piller les boutiques qu’il a l’habitude de fréquenter. Bien au contraire, il pleure devant ce spectacle consternant. Il aime profondément son pays.
Ce à quoi nous avons assisté devant nos écrans, c’est le produit d’une alliance aussi explosive que contre nature, celle de l'extrême gauche (porté par LFI – La France insoumise – et son pathétique représentant) et une fraction de la jeunesse majoritairement arabo-musulmane. Bien que née en France, elle refuse de s’y intégrer et vit en marge dans des cités de non droit. Si vous en doutez, observez bien le nombre de drapeaux palestiniens et algériens brandis durant les opérations de vandalisme et déprédation.
Cette nouvelle population est devenue une armée au service des responsables ultra-gauchistes qui rêvent de détruire la France pour y instaurer un régime plus compatible avec leur idéologie néo-marxiste.
Finalement, ces émeutes révèlent toute la défaillance d’un État corrompu, fort avec les faibles et faibles avec les forts. Totalement défaillant dans sa gestion des budgets publics autant que dans le contrôle de ses frontières.
Durant les dernières décennies, les dirigeants français ont préféré tourner la tête et se complaire dans une prétendue supériorité morale. Le multiculturalisme était présenté comme le corollaire inévitable de la vocation universaliste de la France. Le scepticisme quant à la compatibilité culturelle était balayé d'un revers de main, qualifié de vestige du colonialisme, voire, plus tard, d'islamophobie.
Le temps est malheureusement venu d’en payer le prix…

Natalia Routkevitch
14/10/2026

Souverainété-ci, souverainété-là

Oubliée, l’époque pourtant pas si lointaine, où la défense de la souveraineté était presque une hérésie politique et où le grand gourou de la deuxième gauche et de l’extrême centre, Bernard-Henri Lévy, pestait contre "cette saloperie de souverainisme" (1).
Depuis le Covid, et plus encore depuis le lâchage trumpien, pratiquement tous nos politiciens ont endossé les habits des grands défenseurs de la souveraineté française.
Elle sera, à n’en pas douter, la marotte de la saison politique 2026-2027. À côté de la « démocratie », les « valeurs de la République », la « diversité » et la sempiternelle « Europe », ce sera l’incantation d’une campagne présidentielle qui promet d’être particulièrement riche en contorsions en tout genre.
La souveraineté dont on va nous parler à longueur de journée, à grand renfort de mises en scène plus ou moins loufoques, sera déclinée sous toutes ses formes : souveraineté alimentaire, technologique, numérique, nucléaire, stratégique, etc. Tout est bon pour noyer le poisson. Car tous les candidats de l’ « arc républicain », ces « héritiers élégants de l’élite mondialisée », selon l’expression d’un média britannique visant le boy-friend de Léa Salamé, semblent être très en phase avec le président actuel, celui qui a déclaré que la culture française n’existait pas, a bradé les joyaux de l’industrie nationale et a plié devant Bruxelles, Washington et Berlin au détriment des intérêts français.
Bref, ils semblent tous avoir le profil idéal pour devenir les prochains « syndics de faillite », comme le dit un ami sondeur.
Mais de quelle souveraineté parle-t-on ?
Comme d’autres mots-fétiches de notre époque, les termes « souveraineté nationale », « droit à l’autodétermination », « droit d’une nation souveraine à choisir ses alliances et ses orientations » sont aujourd’hui récités comme autant de formules magiques, sans que l’on s’interroge sur leur histoire ni sur les conditions concrètes de leur exercice.
Selon l’adage bien connu, l’on peut certes proclamer la République, mais où trouver les républicains ? De même, on peut se proclamer État souverain et être reconnu comme tel, mais cela donne-t-il les moyens d’exercer effectivement sa souveraineté ?
Depuis Bodin, qui définissait la souveraineté comme la « puissance absolue et perpétuelle d’une République », le concept a connu bien des tribulations. Le point de bascule se produit avec Hobbes et l’artificialisation de l’État : le Léviathan est un « homme artificiel », créé pour protéger l’homme naturel. L’État devient ainsi un artefact politique (le premier artefact de l’ère technique, selon Schmitt), et la souveraineté – son âme artificielle, celle qui lui donne vie et mouvement. Le peuple lui-même devient, chez Hobbes, une fiction : une multitude ne forme un peuple qu’une fois unifiée par un représentant commun. Le corps mystique de l’État-Église est neutralisé au profit de la personne fictive de l’État. Le sacré est remplacé par la fiction.
Les révolutions bourgeoises vont encore déplacer le problème. Avec Bodin, la souveraineté désignait la puissance suprême au sein d’une communauté politique déjà constituée. Avec les révolutions modernes, la question devient aussi celle de savoir comment le peuple lui-même se constitue en sujet souverain.
Contrairement à ce que laisse entendre BHL, la nation politique et la souveraineté nationale sont les idées portées par la gauche révolutionnaire, à commencer par le tiers état. En 1789, le nouveau pouvoir proclame la nation source de toute souveraineté et titulaire de celle-ci ; l’invocation du peuple devient une nouvelle forme de légitimation par le bas.
De la capacité effective à décider au nom d’une communauté, la souveraineté tend ainsi à devenir aussi un principe de légitimation : tout groupe qui prétend parler au nom d’un « peuple » peut revendiquer le droit de constituer une « nation » et de fonder un « État souverain ».
Au début du XX siècle, la multiplication des États-nations résulte de la destruction et du partage des anciens empires. La construction et la réorganisation des États-nations, notamment après la Première puis la Seconde Guerre mondiale, s’accompagnent de déplacements forcés et de souffrances pour des dizaines de millions de personnes. Les frontières des États-nations fabriqués à la pelle sont souvent tracées arbitrairement, en fonction des intérêts des vainqueurs du moment.
En Afrique, ces architectes de nations constatent bientôt que certaines de leurs constructions sont dysfonctionnelles, que la mayonnaise ne prend pas. Mais plutôt que de questionner la validité de ce qu’ils avaient acté quelques décennies plus tôt, ils se braquent : nous avons tracé ces frontières – comment ces peuples "sous-développés" peuvent-ils se permettre de les contester ?
Ceci dit, la souveraineté est comme le chasseur : il y en a une bonne et une mauvaise. Lorsque des frontières ont été dessinées sans tenir compte des intérêts des puissances hégémoniques, ou lorsque les dirigeants des États concernés commencent à les agacer, la souveraineté peut être violée, même dans des États fonctionnels et viables.

Les événements des dernières années, et, en dernier ressort, les agissements du président Trump, ont fini par briser l’illusion d’une souveraineté magique. Et par poser frontalement des questions de fond.
Quels États sont réellement souverains – c’est-à-dire capables de se gouverner efficacement à l’intérieur et de disposer d’une autonomie stratégique à l’extérieur ? Les majorités nationales, censées être à la fois la source et les dépositaires de la souveraineté, sont-elles réellement les acteurs décisifs, ou la souveraineté populaire n’est-elle qu’une façade destinée à légitimer des oligarchies en perpétuelle recomposition ? L’invocation constante de la souveraineté et la description de la réalité politique comme un jeu entre États souverains ne dissimule-t-elle pas le rôle d’autres acteurs, dont les leviers d’action et la puissance dépassent ceux des États et qui par ailleurs ont gangréné les États et ont rendu ces agrégats plus prédateurs et intrusifs que jamais ?
Enfin, la souveraineté au service de qui : du Léviathan 2.0, État-prédateur tentaculaire, ou de la patrie historique ?
En tout état de cause, la capacité d’autonomie stratégique à l’extérieur est liée à la capacité de s’auto-organiser efficacement à l’intérieur, et vice versa. Si le pouvoir d’imposer sa volonté sans tenir compte de celle des autres n’est à la portée que d’un nombre très réduit d’États – ceux qui disposent d’une véritable autonomie alimentaire et énergétique, de ressources démographiques suffisantes, d’une capacité effective de défense et de dissuasion, ainsi que des moyens de se prémunir contre l’influence et les pressions exercées par des acteurs supranationaux ou transnationaux –, il existe des degrés de souveraineté.

Quels sont alors les facteurs qui déterminent la capacité d’un État à être viable dans la durée?
On peut en relever au moins trois.

1. La qualité des élites
Pour formuler une stratégie, il faut d’abord une volonté, disait le général Svetchine. Un pays n’est pas viable si ses élites ne comptent plus de personnes qui se préoccupent réellement de son avenir : des hommes et des femmes capables de penser à long terme, de se situer dans l’histoire et de regarder au-delà de leurs intérêts immédiats.
La corruption, le clientélisme ou le pantouflage ne peuvent jamais disparaître complètement. Il est presque inévitable que des élites pensent à leurs intérêts, à leurs clans, à leurs revenus, ou à leurs futures sinécures dans les institutions internationales et les grandes entreprises privées. Mais dans un État viable, cela ne peut être leur seule préoccupation.
« Est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle », selon la définition célèbre de Schmitt. Or, celui qui décide dans la situation exceptionnelle, quand le cadre légal ne suffit plus, est celui qui porte le poids de la décision et doit être tenu responsable de ses suites.
Dans « Au fil de l’épée », de Gaulle parlait, lui, de la solitude écrasante attachée au saut dans l’abîme que constitue « la » décision, surtout en temps de guerre :
« la responsabilité y prend un tel poids que peu d’hommes sont capables de la supporter tout entière. Sans doute l’intelligence y aide, sans doute l’instinct y pousse, mais en dernier ressort la décision est d’ordre moral. »
Or, quoi qu’ils fassent à leur pays, les dirigeants modernes savent qu’ils pourront toujours partir ensuite donner des conférences à 100 000 euros à travers le monde, prendre un poste sympa dans le privé et aller festoyer sur une île d’Epstein. Tout est fait pour se dédouaner des responsabilités, pour ne pas avoir à rendre compte ni payer le prix de ses erreurs. Les incriminés sont toujours les prédécesseurs, les marchés, les instances supra-nationales, les ennemis étrangers, etc.
« Dans l’Europe unie, ils trouvaient ainsi un moyen de se décharger de leurs responsabilités ! Ils n’étaient pas capables de les saisir ; alors, il fallait les repasser à d’autres », disait de Gaulle des hommes politiques de son époque. – « Tenir leur rang dans le monde ? Pas question ! Mettons-nous sous le parapluie. Avoir une armée et la faire obéir ? Pas question ! La donner à d’autres ! Remettre le pays debout et servir d’exemple au monde ? Pas pour eux ! L’alibi tout trouvé, c’était l’Europe. L’excuse à toutes les dérobades, à toutes les lâchetés : l’Europe intégrée ! » (...)
Dérobades, lâcheté, infantilisme… Il n’y a plus d’« Adults in the Room ». Plutôt que de dire la vérité à leurs concitoyens et d’assumer leurs erreurs, les dirigeants se succèdent plus vite qu’on ne parvient à retenir leurs noms et préfèrent continuer comme si de rien n’était, foncer droit vers l’abîme… tout en préparant, pour les générations suivantes, une véritable hécatombe.

2. L’acceptation collective du sacrifice
La responsabilité ne repose pas uniquement sur ceux qui gouvernent. La souveraineté est aussi une responsabilité collective : elle suppose qu’un peuple accepte des sacrifices considérables.
Avoir son propre État (ce qui n’est pas donné à tous les peuples), c’est accepter de sacrifier une part de son confort aujourd’hui pour préserver son avenir, de renoncer à certains avantages individuels au profit du bien commun et, dans les situations extrêmes, de payer le prix du sang pour assurer la survie collective.
Nous voulons (voire, nous exigeons !) les bénéfices de l’État – des services publics efficaces, une défense assurée, une forte cohésion nationale, un rayonnement international – sans toujours accepter les efforts qu’ils demandent de chacun. Qui serait prêt à rétablir le service militaire, à réduire sa consommation pour privilégier les producteurs nationaux, accepter des contraintes aujourd’hui pour préserver les possibilités des générations futures ? Nous revendiquons une « exception culturelle française », mais quelle place accordons-nous encore à la connaissance et à la transmission d’une culture nationale pourtant exceptionnellement riche ?
Lorsque les citoyens voient leurs dirigeants défendre une vision à long terme, se soucier de la pérennité de leur communauté et partager les sacrifices qu’ils demandent aux autres, ils sont généralement disposés à accepter les privations et les contraintes nécessaires à la survie de leur peuple. Encore faut-il que ceux qui décident assument, eux aussi, les conséquences de leurs choix.
À l’inverse, une société qui ne veut plus rien sacrifier pour ses descendants produit les dirigeants à son image.

3. Une définition positive de soi et une projection collective
C’est peut-être le point le plus important, car il donne un sens aux deux précédents.
La souveraineté – et, au fond, la viabilité d’une communauté politique – repose sur une définition positive de soi, enracinée dans une histoire et une réalité communes. Elle doit donc reposer sur l’amour, non sur la haine des autres, et moins encore sur l’indifférence ou la haine de soi : l’amour de sa patrie, de ses ancêtres, de sa culture, de sa terre, de sa foi, de ses compatriotes.
Elle est défendable – et peut être défendue efficacement – lorsqu’elle est ancrée dans le réel, et non dans les constructions abstraites de quelques professionnels du "nation-building" (internes ou externes). De Gaulle était ainsi, selon la belle expression de Jean Lacouture, « l’idéaliste du réel » : sa vision de la France libre reposait sur l’appropriation d’une tradition millénaire. Il incarnait la France alors même qu’il n’avait été ni élu ni mandaté ; bien au contraire, considéré comme un criminel, il se trouvait très isolé.
La souveraineté suppose une vision positive de soi, une certaine conscience d’une vocation historique, et pas seulement la volonté de survivre. La raison d’être d’un État ne peut être « anti-quelqu’un ». La peur, la haine ou la volonté permanente de se construire comme l’antithèse d’un autre ne constituent pas des fondements solides.
Un pays qui se définit essentiellement par opposition à un autre développe une souveraineté négative, qui finit par devenir destructrice, se retourner contre lui-même. Un État qui ne possède pas sa propre vision de lui-même n’est pas véritablement souverain : il devient un instrument entre les mains d’autres acteurs, qui peuvent l’utiliser pour atteindre leurs propres objectifs.
Des tomates souveraines, du nucléaire souverain, des éoliennes souveraines ou de l’Internet souverain – c’est bien. Mais ce n’est pas une fin en soi. On veut survivre, certes – mais au nom de quoi ?
Le « pourquoi » est plus important que le « comment ».
Ceux qui survivront collectivement sont ceux qui savent au nom de quoi ils veulent survivre.
Vaste programme... Mais il faudra bien, un jour, en parler.
(1) « La mémoire de la gauche, c’est le souci du monde contre cette saloperie qu’est le souverainisme », Interview de Bernard-Henry Lévy, Libération, 3/2/2016