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23 janvier 2026

Le piège de la Complexité Médiocre

H16
23/1/2026

À présent, les semi-habiles sont partout, ils se sont saisis des leviers du pouvoir et comme ce sont des demi-débiles, ils nous emmènent à la catastrophe avec l’assurance des somnambules.

Comment en est-on arrivé là ?


Au fil des années, la sphère académique, médiatique et politique a tout fait pour réduire le débat, et notamment le débat d’idée, démocratique et politique, à une dichotomie grotesque dans laquelle ils ne débattent pas, ils diagnostiquent : ou bien vous êtes d’accord avec elle, ou bien votre désaccord provient d’une ignorance ou d’une oppression internalisée, dans une sorte de « si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre vous-même. »

Cette vision, dominante dans la classe jacassante, estime que les opposants sont simplement influencés par la propagande conservatrice ou aveugles à leurs privilèges et donc que leur position est résultante d’un défaut cognitif ou moral. L’argumentation se mue alors en pédagogie condescendante et rapidement coercitive, expliquant ces positions adverses via des analyses psychologiques ou sociologiques, rendant le débat asymétrique et stérile au lieu de l’aborder sur le fond, transformant la discussion en une leçon de morale où l’autre n’est pas un égal, mais un patient à guérir.

On pourra prendre l’exemple des récents débats sur « l’identité de genre » dans lesquels toute remise en question des politiques d’inclusion transgenre est rapidement qualifiée de « transphobie » ou d’ignorance des « réalités vécues » des personnes concernées. On se souvient par exemple qu’en 2023, l’actrice Gina Carano a été licenciée par Disney pour des publications sur les réseaux sociaux comparant les persécutions politiques actuelles aux prémices de l’Holocauste nazi, ce que certains ont interprété comme une minimisation des oppressions actuelles. Plutôt que de débattre sur le fond, la réponse fut une application de « cancel culture » orchestrée par des activistes progressistes, menant à son exclusion professionnelle.


Il en va de même avec tous les autres sujets inflammables de l’actualité : l’opposition aux dogmes officiels, qu’ils soient estampillés scientifiques (sur le réchauffement climatique, les vaccins…) ou qu’ils soient sociétaux (immigration, souveraineté…) est systématiquement considérée comme provenant au mieux d’un groupe d’incultes ou au pire de salopards immoraux, et doit être non seulement combattue mais doit faire l’objet de poursuites aussi violentes et complètes que possibles, la mort sociale voire physique étant des options parfaitement envisageables. Eh oui : le semi-habile ne tolère pas qu’on lui démontre ses contradictions qui révéleraient qu’il n’est ni aussi intelligent qu’il le croit, ni aussi moral qu’il le proclame.

Pourtant, les personnes ainsi traitées ne sont souvent ni ignorantes ni stupides et beaucoup raisonnent en utilisant leur expérience de la vie, en tenant compte des paramètres essentiels comme les incitations économiques, les compromis nécessaires et la réciprocité sociale, leurs limites personnelles ou leur attachement à la famille, au travail et à la sécurité.

Ces individus, issus des classes moyennes ou modestes, ne s’expriment pas dans le jargon des séminaires universitaires, mais ils comprennent intuitivement ce qui ne marche pas dans la réalité. Leur simplicité n’est pas un vide intellectuel, mais provient de la « distillation » des leçons tirées de la vie courante et de ses conséquences concrètes. Ils se sont forgé une sagesse non dans les livres, mais dans les factures impayées et les promesses (électorales) brisées. Là où l’idéologue voit une « construction sociale » à déconstruire, l’homme du commun voit souvent un mur porteur à ne surtout pas abattre.

On en a (rarement mais parfois) l’aperçu sur certains plateaux télé lorsqu’un public pas trop trié sur le volet s’exprime directement à des politiciens ; souvent, ces derniers se retrouvent à patauger dans des arguments vaseux face au bon sens « paysan » d’hommes ou de femmes ordinaires.


Ce que cette attitude condescendante ne voit pas, c’est qu’elle sous-estime deux catégories d’individus qui menacent directement son monopole intellectuel : d’un côté, les individus bien dotés intellectuellement qui détectent rapidement les astuces et diversions rhétoriques, et de l’autre ceux qui mesurent les propositions par leurs résultats et non les belles formules de langage utilisées. Les « malins » et les « pragmatiques » convergent vite aux mêmes conclusions, sans détour : « ça ne marche pas » ou « ça crée des incitations perverses » ou « ça punit la compétence », etc.

Les premiers testent par les conséquences pratiques, les seconds déconstruisent les sophismes. Entre ces deux types, existe une zone intermédiaire où la sophistication verbale est confondue avec la vérité, où la complexité devient une vertu en soi et où l’on confond obscur et profond, ce marécage intellectuel où se noient les semi-habiles persuadés que plus c’est compliqué, plus c’est vrai.

À la fin, tout le discours officiel actuel, que ce soit celui des progressistes ou ceux des tenants de l’extrême-centre, n’est plus qu’une sorte de métaphysique morale déguisée en science sociale, inspirée du marxisme culturel et du post-modernisme. Et une fois ce cadre culturel et social accepté, le désaccord n’est plus une alternative valide mais un aveuglement à faire disparaître soit en rééduquant, soit en éliminant ceux qui le portent.

Et oui, ceci évoque effectivement le goulag soviétique ou les camps de rééducation maoïstes, où le dissident était jadis vu comme une « conscience fausse » à corriger ; aujourd’hui, si ces camps ne sont pas physiquement présents, on les retrouve avec la mort sociale par voie judiciaire, la débancarisation, l’interdiction de réseaux sociaux, la censure ou l’ostracisation. Youpi, le goulag s’est numérisé.


En somme, le drame réside dans cette confusion permanente entre complexité et intelligence.

Les cadres semi-habiles, d’une sophistication médiocre, paraissent profonds aux esprits non avertis, multiplient les notes de bas de page et les postures morales, mais ignorent les questions essentielles des pragmatiques (« Que se passera-t-il si on fait ça ? Qui paiera ? Qui en bénéficiera ? Qu’est-ce qui empirera ensuite ? Qu’est-ce que cela apprend aux gens ? ») et les remplacent par « Est-ce que ça sonne vertueux ? »

En somme, cette approche progressiste, bien que comme d’habitude motivée par des bons sentiments (ici, des idéaux d’équité), transforme le débat en une machine à exclure, favorisant une élite verbale (voire verbeuse) au détriment du pragmatisme populaire, scindant le peuple en deux avec d’un côté ceux qui, protégés de la réalité, s’emberlificotent dans leurs raisonnements complexes, et de l’autre, les vastes populations confrontées à une réalité simple mais sans pitié.

Dans cette ère de semi-habiles au pouvoir, le vrai danger n’est pas l’ignorance des masses, mais l’arrogance des élites. Plus on connait les hommes, plus on aime les chiens, expliquait Desproges ; plus on voit ces « élites », plus on aime les gens ordinaires.


https://h16free.com/2026/01/23/83013-le-piege-de-la-complexite-mediocre

TARTARIN DE L'ARCTIQUE

Gabriel Nerciat


- 23/1/2026 - Je crois qu'on a enfin trouvé le totem fétiche de l'Union européenne et de l'extrême-centre macronien : c'est le Tartarin d'Alphonse Daudet, ce collectionneur de casquettes hâbleur et vantard, qui fait croire à ses compatriotes tarasconais au terme d'un piteux voyage en Algérie qui l'a laissé sans le sou qu'il a tué moult fauves dont personne ne verra évidemment jamais les peaux dans sa ville natale.
Dans le rôle de Tartarin, Macron est excellent. C'est un personnage à sa mesure. C'est même peut-être par sa ressemblance morale avec lui qu'il acquiert enfin, pour la première fois de sa vie, quelque chose de vaguement français.
Car les Français aiment Tartarin, curieusement, et ne lui en veulent pas de ses mensonges ridicules, peut-être parce qu'ils ne prennent pas au sérieux la chasse au lion.
Trump, lui, s'apparenterait plutôt à Don Quichotte, mais sa singularité vient du fait qu'il est aussi, en même temps, Sancho Pança.
Le trumpisme est un donquichottisme, une affabulation carnavalesque autour d'une geste de chevalerie devenue impossible, qui emprunte la langue et les réflexes de Sancho pour paraître crédible. D'où ce côté baroque et comique, que les élites libérales et positivistes des deux rives de l'Occident n'apprécient pas.
Mais n'est-ce pas Picasso qui a dit un jour que le secret de l'Espagne résidait dans le fait que le Chevalier à la triste figure et son peureux valet ne formaient en réalité qu'une seule et même personne ?
Les Français, toutefois, sont-ils vraiment capables de croire qu'il suffit d'envoyer quarante bidasses se geler les fesses au milieu des pingouins pour désamorcer les volontés expansionnistes de Donald ou d'arraisonner - de façon totalement illégale - un navire civil soupçonné de transporter du gaz russe au large des eaux territoriales du Maroc pour intimider Poutine ?
Tout un essaim de plumitifs et de courtisans s'affairent depuis vingt-quatre heures pour nous le faire croire.
Sans dire l'essentiel : à savoir que ni Macron ni la dirigeante du gouvernement danois n'ont été mis au courant de l'accord passé entre Trump et Marx Rutte, le servile secrétaire général néerlandais de l'OTAN, dont ils ignorent encore, à l'heure qu'il est, la teneur.
Et sans trop insister sur le fait que le chancelier Merz s'est empressé de se désolidariser du Tartarin de l'Elysée pour complaire à Trump.
Rien ne doit gâcher le bonheur de Tartarin et de ses courtisans ébaubis. Tant pis s'il ne ramène pas de lions avec lui. A défaut on se contentera d'un cabri.
Dans le même temps, à Davos, le satrape mafieux de Kiev ne se gêne plus pour cracher à la gueule de ces Tartarins dérisoires qui viennent de s'endetter à hauteur de 90 milliards d'euros pour boucler son budget.
On ne sait plus chasser le lion, mais les putois, eux, sont bien là pour nous arracher la peau du cul. Surtout, prière de ne pas crier (seul un ancien Premier ministre belge, Elio Di Rupo, a osé protester) : si on se plaint des morsures d'un puant mammifère des bois, comment pourra-t-on prétendre affronter un jour un vrai fauve des montagnes d'Afrique ?

22 janvier 2026

Régis de Castelnau

Rubrique : union de la "gauche"

- 22/1/2026 - La loi Yadan, infecte loi scélérate, entend criminaliser comme antisémite toute critique de l’État génocidaire israélien.
Elle est ce faisant le pire des textes antisémites.
Puisqu’elle essentialise les Israéliens comme juifs (alors que 30 % des Israéliens ne sont pas juifs). En effet toutes les horreurs criminelles auxquelles nous assistons depuis plus de deux ans, massacres, épuration ethnique, apartheid, pogroms, atrocités sur les prisonniers, ont été commis par l’État d’Israël et certains de ses citoyens. Et cette proposition de loi vient prétendre que les critiquer ou les combattre serait antisémite.
Mesure-t-on que ce raisonnement absurde, qui n’a pour but que de protéger un État étranger, postule par conséquent que ces crimes commis sont juifs par nature ?
C’est simplement de la folie.
Comme par hasard, cette monstrueuse atteinte à la liberté d’expression garantie par notre Déclaration des Droits de l’Homme, a été signée par quatre députés socialistes dont évidemment François Hollande. Et c’est grâce à l’abstention des socialistes qu’elle a été adoptée par la commission des lois et sera discutée en séance lundi prochain.
Il n’y a bien sûr rien à attendre d’autre de la part de Madame Yadan dont l’activité parlementaire n’est consacrée qu’au service d’un État étranger.
Mais comment peut-on continuer, ne serait-ce qu’à discuter, avec les dirigeants d’un parti socialiste, dont un Olivier Faure n’hésite pas à afficher l'écœurante duplicité.
En ajoutant à la liste déjà copieuse de ses trahisons, celle d’un des principes les plus fondamentaux de la République ?
Jean-Michel Gorsse


- 21/1/2026 - Le scénario que tout le monde redoutait est en train de se produire en ce mois de janvier 2026. Selon les derniers rapports (notamment de l'agence TASS et des services de renseignement ukrainiens), l’armée de Kiev est aux abois et tente désespérément de sauver ce qu'il reste de son infrastructure vitale.
L’Ukraine a officiellement lancé un appel à la Russie et à l’IAEA pour que les sous-stations électriques proches des centrales nucléaires ne soient pas bombardées.
La Russie ne vise pas les réacteurs directement, mais elle détruit les nœuds électriques qui les entourent.
Objectif : déconnecter les centrales du réseau national pour plonger tout le pays dans une obscurité définitive. Sans ces sous-stations, l'énergie nucléaire ne peut plus circuler.
La preuve de cette stratégie implacable ? La sous-station Kharkivska (330 kV) dans le quartier de Slobidskyi vient d'être pulvérisée par 4 missiles russes Tornado-S. Résultat, Kharkiv est une ville morte, sans lumière, sans eau et sans chauffage par un froid polaire de -20°C.
Le ton a changé à la présidence. Zelensky vient d'avertir les habitants de la capitale qu'une offensive russe massive est imminente. Il demande désormais aux habitants de quitter Kiev s'ils le peuvent, pour trouver refuge chez des proches ailleurs ou à l'étranger.
Après avoir promis la victoire, Zelensky semble aujourd'hui gérer la fuite de son peuple pour satisfaire l'agenda de l'OTAN, pendant que son pays devient invivable.
En ce 21 janvier 2026, la Russie a gagné la bataille de l'énergie. En blanchissant les zones stratégiques de toute électricité, Moscou transforme l'Ukraine en un désert technologique. Techniquement, un pays sans réseau électrique ne peut plus faire la guerre ni même faire vivre sa population. Le choix pour Zelensky est désormais simple : la reddition totale sous les conditions du Kremlin ou la disparition totale de l'Ukraine en tant qu'État fonctionnel. L'hiver n'est plus un allié, c'est l'arme de destruction massive de Poutine.

21 janvier 2026

Identité numérique obligatoire : l’État veut les clés de votre vie mais perd les siennes partout

H16
21/1/2026

Chaque jour en France nous offre une occasion de nous réjouir des performances de l’État républicain.


Prenez par exemple la plateforme Hubee : vous ne saviez même pas que cela existait il y a encore quelques jours, et pourtant, l’actualité nous l’a fait découvrir et, en apprenant qu’il s’agissait d’un bidule étatique, vous avez immédiatement senti tous vos sphincters se refermer par réflexe et habitude. Vous avez raison.

HubEE (ou Hub d’Échange de l’État) est une superbe plateforme interministérielle française, opérationnelle depuis 2021, développée par la Direction interministérielle du numérique (la DINUM) dont l’objet est de faciliter la transmission sécurisée des démarches administratives en ligne effectuées par les citoyens vers les administrations et les collectivités territoriales. Obligatoire pour certaines procédures, HubEE agit comme une « poste électronique de l’État » en permettant l’échange de notifications, de fichiers et de données.

On le comprend, cet outil gère donc un nombre important de documents potentiellement très sensibles échangés entre les administrations et les assujettis et malgré cette importance, il semble que sa sécurisation n’ait pas été aux standards requis pour éviter les soucis : l’État français vient en effet de confirmer une compromission de données d’une ampleur exceptionnelle avec une « exfiltration » de près de 844 Go de données, soit environ 160 000 documents.

La fuite semble ne pas provenir d’une faille directe de l’infrastructure étatique mais plutôt de la compromission d’un compte cloud appartenant à un prestataire technique, permettant à des acteurs malveillants d’accéder à des informations hautement stratégiques.

Saperlipopette, il semble que la chaîne des sous-traitants numériques de l’administration ne soit pas tout à fait aussi solide qu’on le voudrait.


De surcroît, la nature des documents ayant fuité est particulièrement préoccupante pour la sécurité nationale : parmi les fichiers en goguette, on retrouve des plans détaillés de sites sensibles, notamment des établissements pénitentiaires et une base militaire, ainsi que des dossiers techniques sur des infrastructures critiques.

Bien sûr, les autorités tentent actuellement de minimiser l’ampleur de la catastrophe en expliquant que les systèmes de production n’ont pas été directement infiltrés. Cependant, la diffusion de ces schémas structurels représente un risque sécuritaire majeur, obligeant les services spécialisés à mener des analyses d’impact approfondies pour prévenir toute exploitation physique ou numérique de ces données.

On leur souhaite bien du courage, alors que cette fuite vient s’ajouter aux autres, malheureusement déjà nombreuses, impliquant à chaque fois des données privées, personnelles et souvent sensibles, détenues par des administrations ou des services publics dont tout indique à présent que leur gestion de la sécurité est particulièrement approximative.

Et non, ce n’est pas une exagération outrancière de la situation (ce n’est pas le genre de la maison, voyons !) si l’on s’en tient à ce qui s’est passé sur les trois derniers mois par exemple.

Ainsi, en octobre dernier, un groupe de hackers faisait fuiter plus de 45 millions d’enregistrements de citoyens français, compilés à partir de multiples sources comme les registres électoraux ou démographiques (noms complets, adresses, dates de naissance), les registres de professionnels de santé, ainsi que des informations financières et d’assurance automobile.


Ainsi, dans le même mois, une brèche dans la base de données de la FFTir (fédération reconnue par le ministère des Sports) exposait les données personnelles de 250 000 tireurs sportifs actuels et 750 000 anciens licenciés, incluant numéros de licence, état civil, adresses postales, emails et numéros de téléphone. Bien que la FFTir ne soit pas une entité gouvernementale au sens strict, elle gère tout de même des licences sous tutelle publique et cette fuite a entraîné – comme on pouvait s’y attendre – des cambriolages et vols d’armes.

Ainsi, en novembre, c’est Synbird – un service de prise de rendez-vous en ligne pour l’état civil utilisé par les collectivités locales – qui subit une brèche impactant 1300 mairies françaises. Là encore, des données personnelles sont volées (ce qui sera confirmé par plusieurs villes comme Brest, Quimper, Ploërmel, Mauron et Josselin). D’autres mairies isolées (Saint-Aubin d’Aubigné, Chatou, Alfortville) ont rapporté des fuites similaires en novembre.

Ainsi, toujours en novembre, c’est Pajemploi et l’URSSAF qui se font piller : au travers de Pajemploi – un service dédié à la déclaration des employés de garde d’enfants – ce sont les données de 1,2 million de personnes qui se retrouvent dans la nature, avec leurs noms, adresses, lieux de naissance, numéros de sécurité sociale et noms d’institutions bancaires.


Ainsi, le mois de décembre s’est ouvert avec une (nouvelle) brèche sur le site de France Travail affectant 1,6 million de jeunes suivis par les missions locales. Les données exposées incluent noms, prénoms, dates de naissance, adresses, numéros de téléphone, numéros de sécurité sociale et identifiants France Travail, tout ce qu’il faut pour « phisher » efficacement. Au passage, c’est l’une des sept fuites rapportées pour cette agence en 2025, soulignant quelques petits soucis récurrents.

Ainsi, un peu plus tard en décembre, c’est le Ministère de l’Intérieur qui passe à la casserole : une intrusion dans les systèmes de messagerie de ce ministère a permis aux hackers d’accéder à des comptes professionnels et à des fichiers sensibles, exposant potentiellement des données de plus de 16 millions de citoyens français, incluant des dossiers judiciaires, des informations personnelles identifiables et des enregistrements policiers. L’enquête a permis de retrouver un pirate de 22 ans à Limoges qui aura essentiellement profité d’un laxisme assez incroyable des règles de sécurité en place (pas de second facteur d’authentification par exemple).

Bref, même lorsqu’on se contente de revenir sur un triplet de mois seulement, la conclusion qui s’impose est que l’État, ce gardien de coffre-fort qui « cache » sa clé sous le paillasson, est absolument infoutu de sécuriser les données personnelles de ses citoyens, ainsi que les données de ses administrations, y compris les données sensibles.

Comme de nombreux précédents l’ont montré, l’État est caricaturalement mauvais lorsqu’il s’agit d’informatique. La numérisation des administrations est devenue au mieux un sujet de blagues, au pire une série de catastrophes industrielles. « L’État stratège », en matière de cybersécurité, c’est un parachutiste manchot. Intention louable mais atterrissage prévisiblement douloureux.

Mais pire que tout, c’est ce même État, ces mêmes stratèges aux petits pieds et ces mêmes décideurs incompétents qui, actuellement, poussent tant qu’ils le peuvent l’implantation d’une identité numérique pour tous les citoyens, leur obligation de s’en servir pour un oui ou un non, y compris sur les réseaux sociaux par exemple, afin d’assouvir leurs désirs de contrôle, et bien sûr de censure dans le cas des plateformes sociales.

Ce même État absolument infoutu de sécuriser nos données privées ainsi que ses propres données sensibles est absolument déterminé à nous imposer une identité numérique qui va centraliser en concentrer encore davantage nos données personnelles dans ses pognes maladroites de balourd incompétent.

Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?


https://h16free.com/2026/01/21/83208-identite-numerique-obligatoire-letat-veut-les-cles-de-votre-vie-mais-perd-les-siennes-partout
Dessin de Yannick Lefrançois

20 janvier 2026

CRISE DANS LA CIVILISATION EUROPÉENNE, DOCTEUR, VOUS CROYEZ ?

Gabriel Nerciat


- 20/1/2026 - Le plus désespérant chez les élites libérales européennes, ce n'est pas tellement qu'elles se trompent tout le temps (tout le monde peut se tromper, même les gens les plus intelligents) ; c'est qu'elles ridiculisent malgré elles – et mieux que ne le ferait n'importe lequel de leurs ennemis communistes, islamistes ou nationaux-populistes – la prétention à incarner la rationalité et l'universalisme d'où elles tirent depuis deux siècles leur sentiment de plus en plus précaire de supériorité.
Passons pour ce qui concerne les éternels collabos atlantistes, de droite ou de gauche, qui applaudissent depuis toujours, sous Bush ou sous Clinton, à tous les forfaits impérialistes de Washington, quel qu'en soit le motif, ou bien lâchement se taisent pour ne pas rendre public leur assentiment (c'est le cas notamment de tous les vieux croutons UMP-LR : Retailleau, Wauquiez, Bellamy, Ciotti, Lisnard et Cie). Eux au moins sont cohérents, même si ce ne sont guère plus que des nains de foire.
Mais les autres ?
Tous les Macron, Barrot, Glucksmann, Guetta, BHL, Quatremer, Bourlanges, Malhuret, Enthoven, Barbier, Dray, Couturier, Bendern, Moïsi, Von Rotenberg et j'en passe (la liste serait trop longue).
Tous ceux qui nous expliquent qu'il ne faut pas hésiter à se mesurer à Trump pour conserver à Copenhague ses arpents de neige du Groenland (sans bien sûr nous dire exactement ni précisément quelle stratégie de confrontation voire de conflictualité ouverte il conviendrait alors de mettre en oeuvre à l'encontre du locataire de la Maison-Blanche, toute riposte d'ordre protectionniste étant bloquée à la fois par Bruxelles et par Berlin), tout en continuant à nous exhorter à soutenir Kiev afin que la Russie ne gagne pas la guerre avant encore plusieurs années de carnage (ce qui de toute évidence ne peut se faire sans l'aide logistique, militaire et satellitaire des États-Unis).
Notons que les mêmes, il y a encore moins d'une semaine, suppliaient Trump de fomenter une agression armée contre la souveraineté territoriale et politique de l'Iran, afin d'opérer un changement de régime à Téhéran et y ramener sur son trône brisé le débile héritier Pahlavi soudoyé par Tel-Aviv (ce qui suffit à montrer le degré de réalisme de ces zigues affolés).
Je sais bien qu'il est toujours très confortable de confondre des certitudes morales présomptueuses avec l'aptitude intellectuelle à comprendre le monde afin de s'y adapter, mais au-delà d'un certain âge – fixé jadis aux alentours de douze ans – ce mélange des genres devient plus ou moins d'ordre pathologique.
Il ne suffit pas de dire : Trump et Poutine sont de méchantes brutes, qui nous en veulent parce que nous sommes vraiment beaucoup trop civilisés pour elles.
Il faut savoir ce que l'on veut : si le plus important est de rompre avec les États-Unis (donc avec l'OTAN) pour défendre la colonie arctique du Danemark, nation européenne, alors il est urgent de normaliser nos relations avec Moscou, et ne plus chercher à entraver la réunification des terres russes entreprise par Vladimir Poutine depuis 2014.
Si au contraire le plus important est de continuer à soutenir l'entité bolchevique ukrainienne afin de consolider les prétentions impériales de la Commission de Bruxelles et les puériles rêveries du chancelier allemand, et/ou de soutenir les menées de déstabilisation de la République iranienne de concert avec les milices kurdes irakiennes armées et subventionnées par l'État profond israélien, alors il est indispensable – même si sans doute pas suffisant – d'abandonner les Inuits à leur future citoyenneté américaine.
Ou bien encore n'opter ni pour l'un ni pour l'autre, mais dans ce cas les élites libérales doivent accepter, après un long demi-siècle d'errements, de passer la main à leurs ennemis illibéraux ou souverainistes, parce que leur vision du monde et leur aptitude à la pérenniser sont vouées à une fin sans retour.
La simple description de cet état de fait suffit à dire l'essentiel : les élites du cercle de la Raison sont devenues totalement et ouvertement irrationnelles.
Ce qui est encore plus grave, je crois, que leur impuissance attestée.
La réalité du monde est en train de leur échapper intégralement, et elles se balancent désespérément comme un culbuto sans tête avec lequel plus aucun être parlant ne veut continuer à jouer (sauf, à la rigueur, à l'aide de logiciels IA).
Marc Amblard
20/1/2026

USA - GROENLAND : LE SAVIEZ-VOUS ?


En 1946, le président américain démocrate Harry S. Truman a proposé formellement au Danemark de lui acheter le Groenland (bien moins autonome à l’époque) pour la somme de $100 millions en or. L’offre n’a pas été acceptée, pas plus que les offres précédentes.
La volonté des USA de contrôler cet espace n’est donc pas récente.
Pourquoi ?

1) La raison militaire

En 1951, un accord de défense avec le Danemark a accordé à Washington un rôle majeur dans la défense du Groenland, incluant le droit de construire et de maintenir des bases militaires. L’explication est assez simple à comprendre selon le spécialiste Marc Jacobsen, professeur au Collège royal de défense danois (interview à la BBC en janvier dernier) :
"Si la Russie devait envoyer des missiles vers les USA, la route la plus courte pour les armes nucléaires passerait par le pôle Nord et le Groenland, c'est pourquoi la base spatiale de Pituffik est extrêmement importante pour la défense des États-Unis."

2) Les ressources naturelles

Le Groenland possède certaines des plus grandes ressources inexploitées de terres rares au monde. Or, celles-ci sont essentielles à de nombreuses technologies comme les composants électroniques, les batteries embarquées et plus récemment l’intelligence artificielle. Les sols américains sont malheureusement assez pauvres en terres rares, poussant le pays à s’approvisionner... en Chine (!).
On comprend mieux dans ce contexte pourquoi l’actuel président américain avait déjà manifesté son intérêt pour cet immense désert blanc dès son premier mandat en 2019.
Ceux qui pensent que ses propos (certes, parfois maladroits et agressifs) relèvent d’un caprice mégalo n’ont probablement pas bien saisi les enjeux stratégiques du sujet.

19 janvier 2026

Jak Umbdenstock
18/1/2026

L’Occident en mode « Empire romain devenu fou »

Régis de Castelnau
19/1/2026


En février 2022, quelques jours après l’intervention militaire russe en Ukraine, j’avais publié un article intitulé : « Le spectacle de la fin du monde ancien ». Qui comportait ces mots dans la conclusion : « Tout cela constitue autant de symptômes permettant de penser que l’ère de la domination occidentale mondiale est en train de s’achever. » En ajoutant que l’intervention russe était un événement qui a acté le déclin de la civilisation occidentale sous hégémonie américaine et que nous allions vers des temps difficiles. Relisant ma production au cours des mois suivants, si je n’ai pas à en rougir, j’avais sous-estimé deux choses. Nous avons d’abord assisté à l’accélération de l’Histoire qui a vu le monde se transformer sous nos yeux au travers de multiples bouleversements, qui dévoilent des rapports de force en évolution rapide. Multiplication des crises, émergence d’un puissant « reste du monde » multipolaire, affirmation de la puissance de l’axe Chine/Russie, défaites successives et spectaculaires d’un Occident empêtré. Mais aujourd’hui, nous sommes confrontés à une crise géante où l’Empire donne à voir la dimension pathologique de son déclin. Qui commence à ressembler à une dislocation, à base de comportements erratiques. Absurdes comme en témoigne l’acharnement économique et politique suicidaire de l’Union européenne, meurtriers comme le génocide israélien en Palestine soutenu, armé, voire organisé par cet Occident criminel, ou carrément loufoques avec les présidents successifs portés à la tête de l’hégémon américain. En 2020, une fraude électorale massive avait permis d’installer à la Maison-Blanche un vieillard complètement sénile, marionnette de la secte belliciste néocon. Remplacé en 2024 par un improbable et imprévisible bateleur, sur la santé mentale duquel commencent à surgir de lourdes interrogations aux États-Unis même.

L’Empire romain devenu fou

Dans une interview toute récente donnée à l’occasion du 200e anniversaires du Figaro, un Emmanuel Todd rigolard et jubilant confirme que la « Défaite de l’Occident » étant consommée, celui-ci est en train de perdre les pédales. Diagnostic aussi pertinent que ceux dont il a l’habitude, y compris certains qui lui ont permis de se livrer à quelques prédictions, par la suite réalisées.

De Commode à Caracalla, en passant évidemment par Néron et Caligula, l’Empire romain nous a fourni quelques jolis exemples d’empereurs cinglés, mais il faut être honnête, ils n’ont pas été les responsables de la « chute ». D’ailleurs, la réalité de cette chute qui n’a concerné que l’empire romain d’Occident, a été largement discutée parmi les historiens. Essentiellement par les historiens d’origine allemande, qui acceptaient mal que l’on puisse l’imputer aux invasions germaniques. La science historique a ce mérite de devoir être révisée en permanence, mais cependant la réalité de cette chute est difficilement contestable. Pour ma part je me réfère toujours à l’œuvre d’Edward Gibbon, « Le déclin et la chute de l’Empire romain » publié au 18e siècle et traduit pour la première fois en français à la demande de Louis XVI. Phénoménale érudition et plaisir de lecture garanti, pimenté en particulier, avec l’astuce pour décrire un empire dépravé. La rédaction en latin des passages relatifs à la vie privée des acteurs, et en grec lorsqu’il fallait aborder les parties sexuelles parfois débridées de leurs activités. On peut aussi se plonger dans le travail d’Aldo Sciavone historien et juriste marxisant italien et intitulé « l’Histoire brisée » qui impute la chute à l’impossibilité de la société romaine de dépasser le mode de production esclavagiste. Avant de renouer avec l’Histoire au moment de la Renaissance européenne.

Alors évidemment, il ne s’agit pas de comparer, d’une façon qui ne pourrait être qu’anachronique, des événements aussi éloignés que cet effondrement de « l’Empire greco-romain » et la dislocation d’une civilisation occidentale arrivée semble-t-il au bout de sa route. Mais plutôt d’essayer d’identifier les correspondances. Au-delà de la stupéfiante accélération de l’Histoire, force est de constater l’existence de ce trait commun, d’un système devenu chaotique, ployant sous des contradictions insurmontables, et plongeant ses dirigeants dans la folie. Au mois de novembre dernier, en forme de petit bilan de l’année 2025 nous avions publié un texte interloqué, devant le spectacle de la galopade vers le mur. Et depuis, il a fallu assister à la multiplication des initiatives, des foucades, et des tentatives d’un système aux abois qui va d’échecs en échecs. Tous les « efforts » pour essayer de régler le conflit ukrainien, autrement qu’en passant par les conditions russes, n’ont abouti à rien. Les rodomontades de Donald Trump, les niaiseries de la grotesque « coalition des volontaires » dont chacun sait bien qu’il ne s’agit que de chihuahuas suicidaires, économiquement à terre, politiquement rejetés par leurs peuples, qui ne comprennent rien à ce qui se passe. Incapables de se départir d’une soumission parfois abjecte vis-à-vis de leur maître américain, ils sont paniqués par ses comportements, et refusent mordicus d’affronter un réel, dont la signification leur échappe complètement.

Caramba, encore raté !

Le grand patron quant à lui, donne l’image d’un pays divisé, polarisé et violent dont on peut craindre qu’il puisse basculer dans une violence intérieure difficile à maîtriser. Avec cette particularité étrange, celle de veiller soigneusement à démontrer l’affaiblissement de sa puissance. C’est le raid mafieux sur le Venezuela, qui non seulement n’a rien réglé, au contraire, mais a démontré l’incapacité des États-Unis à réaliser des interventions qui dans le passé, ne leur posaient aucun problème. Bis repetita avec la tentative de renversement du régime iranien, et le recul devant la perspective d’une nouvelle agression contre lui, comme celle du mois de juin 2025. Le pire, c’est que ces deux pulsions américaines guerrières ont eu pour conséquence d’étaler la faiblesse américaine à la face du monde. Parce qu’il apparaît que les États-Unis ont été « forcés » de se livrer à ces deux tentatives, d’abord pour se débarrasser de l’aventure vénézuélienne dans laquelle Trump s’était imprudemment lancé avec ses rodomontades, et qui commençait à ressembler à un boulet. Alors on a monté une opération bidon, comme d’habitude déclaré la victoire, avant de passer à autre chose. C’est-à-dire tenter de faire un petit cadeau à Netanyahu, pour le débarrasser du principal obstacle à son projet génocidaire de « grand Israël ». Le « régime des mollahs » comme le qualifie stupidement la propagande occidentale a fait la démonstration qu’il était solide et que le primat nationaliste iranien l’emportait. Caramba, encore raté !

Ensuite, histoire de déchirer le voile qui pour certains continuait à masquer ce qu’il est difficile de qualifier autrement que de la faiblesse, Donald Trump d’abord, Marco Rubio ensuite, et enfin Stephen Miller, un de ses principaux conseillers, ont tranquillement « craché le morceau ». Ce que l’on peut traduire de cette façon : « ne venez pas vous embêter avec le droit international, ça n’existe pas de droit international ! On s’assoit dessus et on fait ce qu’on veut parce qu’on est les plus forts. Et croyez bien, que l’on va continuer » ! Incroyable revendication d’un gangstérisme international pur et simple. Pour ceux qui croyaient, ou faisaient semblant de croire aux « merveilleuses valeurs occidentales » qui légitimaient les massacres accomplis par l’Empire aux quatre coins de la planète, il va falloir changer d’arguments pour les justifier. En tout cas à court terme, les larbins européens vont avoir un peu de mal à les reprendre, et ce d’autant que les États-Unis viennent de leur adresser un invraisemblable bras d’honneur avec l’affaire du Groenland. Tout le monde sait que si Donald Trump veut conduire son projet jusqu’au bout, ils finiront par se coucher. D’ailleurs, les Allemands ont déjà commencé, soucieux qu’ils sont d’obtenir en contrepartie un leadership sur une Europe politiquement croupion. Cette affaire du Groenland apporte quand même quelques petits plaisirs avec un peu de Schadenfreude devant l’avanie faite au Danemark, laquais d’entre les laquais qui acceptent depuis longtemps d’effectuer toutes les sales besognes pour les agences américaines. Tellement bien fait pour eux et leur inepte première ministre, que cette humiliation.

Finalement, ce début d’année 2026 vient de faire une nouvelle démonstration non seulement du déclin de l’Empire, mais de son sévère affaiblissement. Avec cette particularité que désormais « tout est sur la table ». La crise financière qui vient, le dollar perdant progressivement son statut de monnaie de réserve, l’affaiblissement militaire commençant sérieusement à ressembler à de l’impuissance, l’abandon en rase campagne de tout magistère moral pour justifier sa brutalité et sa violence, l’Occident ne fait plus peur au reste du monde. Sauf peut-être se méfie-t-on des réactions erratiques d’animal blessé dont il est probablement capable. À quoi s’ajoutent l’énorme défaite morale du génocide de Gaza dont il s’est rendu complice, la réussite de ceux qui, Russie et Chine, lui contestent et combattent sa puissance. Et maintenant le spectacle de sa décrépitude mentale.

Pour le reste du monde, l’Empire est devenu un repoussoir. Dont on attend sans impatience l'effondrement.