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30 mars 2026

H16
30/3/2026

Livret A, assurance-vie, expatriation : la grande fuite silencieuse des Français

C’est officiel, les finances françaises vont mieux, l’État peut gagner un cran à sa ceinture et pousser un soupir de soulagement : Sébastien Lecornu, dans un tweet manifestement écrit par ChatGPT qui laisse traîner des tirets cadratins un peu partout, annonce avec emphase un déficit moins énormissime que prévu ; ce sera 5,1% du PIB au lieu de 5,4%, ce qui camoufle très mal le fait qu’on va devoir emprunter plus de 150 milliards d’euros sur les marchés.


En tout cas, voilà qui rassure largement les Français. Heureux et rassérénés par ces excellentes nouvelles, voilà nos concitoyens qui… sortent leur argent du livret A.

En effet, ce placement chéri des Français vient d’enregistrer une violente décollecte de 740 millions d’euros sur le seul mois de février 2026, hémorragie qui rompt violemment avec les tendances post-Covid.

Cette décollecte est poliment mise sur le dos de la baisse du taux de rémunération (1,5% seulement). Plus pragmatiquement, certains comprennent que ce désamour tient en réalité plus de la pauvreté qui s’étend ou, tout simplement, sur l’évidence que les Français choisissent d’investir massivement dans l’économie… du Luxembourg.

Eh oui, actuellement, le Luxembourg a le vent en poupe pour les Français : nos compatriotes détiennent désormais le record absolu de 98 milliards d’euros consciencieusement planqués en assurance-vie luxembourgeoise.

Ce n’est plus une fuite, c’est une évacuation sanitaire d’urgence : rien qu’en 2024, après la calamiteuse dissolution parlementaire, la collecte s’était envolée de 58%, suivie d’une autre hausse de 20% en 2025. La France est discrètement mais sûrement devenue le premier fournisseur de capitaux du Grand-Duché, représentant à elle seule 52% de sa collecte internationale.

Face au gouffre français, le contraste est cruel. Notre charge de la dette va engloutir 134,6 milliards d’euros en 2026, dépassant allègrement le budget de l’Éducation nationale, pendant que la France s’accroche à son bonnet d’âne de seul pays de la zone euro avec un déficit crânement maintenu au-dessus des 3%. En face, le voisin luxembourgeois s’affiche avec un insolent 26% de dette sur le PIB et un excédent budgétaire dodu.


Mais pourquoi diable le Luxembourg ? Tout le monde sait qu’il n’y a rien, là bas, enfin voyons !

Seraient-ce les mécanismes protecteurs que ce pays a mis en place, au contraire de l’Hexagone ?

En effet, le Luxembourg offre le fameux « Triangle de Sécurité » : vos actifs sont strictement séparés du bilan de l’assureur et déposés chez une banque indépendante, elle-même placée sous le contrôle sourcilleux du Commissariat aux Assurances de l’État luxembourgeois.

Ensuite, le « Super Privilège » vous garantit, en cas de faillite monumentale de l’assureur, d’être remboursé en priorité absolue et sans aucune limite de montant, là où le minuscule fonds de garantie français plafonne misérablement son remboursement à 70 000 euros.

Mais surtout, l’arme de séduction massive est l’immunité totale contre la loi Sapin 2 : ce texte voté en 2016 autorise Bercy à geler arbitrairement vos retraits et limiter vos arbitrages en cas de crise systémique, et n’a strictement aucune valeur juridique là-bas.

Pendant que l’État français garde jalousement la main sur votre portefeuille pour s’assurer que vous couliez en même temps que lui, le Luxembourg continue de simplifier ses règles, notamment avec sa récente circulaire 26/1 permettant de détenir directement des produits structurés, vous offrant ainsi un canot de sauvetage robuste.

En réalité, les Français pragmatiques, à commencer par ceux qui ont un minimum de patrimoine, se rendent compte du gouffre de plus en plus large qui se creuse entre les gesticulations gouvernementales pour faire croire à une reprise en main des finances du pays, et l’état réellement catastrophique de ces finances dont tout indique qu’elles vont engloutir les économies des Français. Et alors que le Luxembourg est noté AAA depuis 36 ans, la France perd des lettres de l’alphabet à chaque quinquennat, la propulsant de plus en plus vite vers BBQ.


Dès lors, s’exfiltrer hors du pays n’est pas un calcul purement fiscal, c’est devenu du simple bon sens d’ailleurs encouragé par les banques françaises elles-mêmes.

L’ironie suprême réside en effet dans l’identité de ces passeurs financiers : Cardif (pour BNP Paribas), AXA Wealth Europe, ou encore Generali, les piliers incontournables du capitalisme français, distribuent frénétiquement ces contrats transfrontaliers. Ces mêmes établissements qui financent quotidiennement la dette de l’État français par l’achat d’OAT vendent discrètement ces canots de sauvetage à leurs meilleurs clients. En somme, ces banques ne font plus vraiment dans la gestion de patrimoine, mais quasiment dans l’aide humanitaire.

Alors que le pays voit chaque année le nombre d’expatriés français gonfler de façon sensible, cette fuite des capitaux accélère un déclin qu’on ne peut plus cacher. L’expatriation explique « je m’en vais », le virement au Luxembourg annonce « je me protège » et les deux cas montrent que la confiance dans l’État est maintenant nulle.

Pourtant, devant ce constat, les autorités multiplient les âneries.

En bons pompiers-pyromanes, nos énarques de Bercy pleurnichent sur les recettes qui s’évaporent et s’improvisent taxiculteurs taxophiles, ce qui accélére encore la fuite des capitaux dans une boucle de rétroaction aussi prévisible que désastreuse. L’État prescrit consciencieusement la maladie comme traitement, persuadé que frapper plus fort sur le contribuable fera miraculeusement revenir les fuyards.

Pire encore, la loi Sapin 2 constitue un véritable revolver glissé ostensiblement dans le tiroir du banquier, prêt à être dégainée à tout moment. Cependant, laisser entendre au client qu’on peut lui bloquer arbitrairement son épargne pour sauver un système public en faillite ne fait que terroriser les derniers épargnants naïfs. Le Luxembourg, de son côté, n’a jamais eu besoin d’une telle loi anti-panique, tout simplement parce qu’il ne s’amuse pas à en provoquer tous les quatre matins.

En définitive, les Français fuient : certains par les airs, d’autres par la terre, et d’autres enfin, sur le plan financier.

C’est une sorte de plébiscite silencieux, un vote massif d’épargnants terrifiés par un pays structurellement incapable de gérer son budget depuis un demi-siècle. L’assurance-vie luxembourgeoise est ainsi devenue le Airbnb de l’épargne, offrant la possibilité aux Français de payer pour dormir chez le voisin plutôt que dans leur propre maison qui menace de s’écrouler sur leur tête.

Et quand on voit la façon particulièrement relaxe avec laquelle se réjouissent les clowns gouvernementaux lorsqu’ils se rendent compte que le déficit sera moins abominable que prévu, on ne peut pas blâmer ces Français qui sentent, au fond d’eux-mêmes, que ce pays est foutu.

https://h16free.com/2026/03/30/83849-livret-a-assurance-vie-expatriation-la-grande-fuite-silencieuse-des-francais

29 mars 2026

Gastel Etzwane
27/3/2026

« Un rapport de 1 500 pages de l’Inspection générale des finances (IGF) recommande la dissolution de l’Ordre des médecins de Paris. L’institution, qui a pour mission de garantir la déontologie des médecins en France, est gangrenée par la corruption.
En effet, il existe des cas où l'Ordre n'a jamais engagé de procédures disciplinaires à l'encontre de médecins condamnés pour détention d’images pédopornographiques ou agressions sexuelles, alors que la justice a interdit à ces criminels d'exercer. Joël Le Scouarnec, condamné en 2025 pour 299 viols et agressions sexuelles, avait par exemple été condamné en 2005 pour détention d’images pédopornographiques, sans que l’Ordre (du Finistère) n’engage de poursuites à son encontre.
Plus encore, l'Ordre est rattrapé par l'utilisation peu scrupuleuse de ses finances : des conseillers ont cumulé des milliers d'euros de frais de taxis sans fournir le moindre justificatif, tandis que les comptes font état d'achats de vin et de champagne sans pouvoir le justifier.
Enfin, l'Ordre est accusé par certains médecins de fonctionner comme une mafia, étant donné que des professionnels sont persécutés sans raison apparente (et que d'autres ne sont pas poursuivis alors qu'ils devraient l'être). Ce fonctionnement irrégulier a été mis en lumière par l'annulation du renouvellement du conseil parisien de l'Ordre en février 2024 et en avril 2025, car des bulletins étaient déjà préremplis et cachetés, ce qui constitue une tentative de fraude.
En vertu de tous ces scandales, l'IGF réclame purement et simplement la dissolution du Conseil parisien et la mise sous tutelle du Conseil national, qui n'est pas sans reproches. Le ministre de la Santé devra en décider. L'Ordre de Paris avait par ailleurs déjà été dissous en 2007, à cause de faits similaires... »


27 mars 2026

Gastel Etzwane
27/3/2026


L’Iran verrouille le détroit d’Ormuz. Ce matin trois porte-conteneurs ont été interceptés par les Gardiens de la révolution et contraints de faire demi-tour.
Dans un communiqué direct les Gardiens ont répondu aux déclarations du président américain en affirmant que le détroit reste fermé à tout trafic non autorisé. Lloyd’s List confirme qu’un système de péage de facto est désormais en place. Les navires doivent obtenir un code d’autorisation payer jusqu’à deux millions de dollars par passage souvent en yuans et accepter un corridor escorté en eaux iraniennes. Refuser expose à la destruction visible comme ces coques calcinées qui continuent de brûler pendant des semaines.
Cette opération constitue un coup stratégique majeur pour Téhéran. Elle permet un contrôle total du goulot d’étranglement par où transite près de vingt pour cent du pétrole mondial. Elle accélère la dédollarisation via les paiements en yuans renforce l’alliance avec la Chine et transforme le détroit en outil de financement et de dissuasion à faible coût militaire. L’Iran trie les navires amis qui passent moyennant finance et les autres qui sont refoulés ou coulés.
Ce verrouillage constitue un démenti cinglant à l’optimisme de Donald Trump. Malgré ses annonces répétées que le détroit serait bientôt ouvert et que des progrès étaient en cours les faits sur le terrain montrent le contraire. Téhéran impose ses règles et démontre que la pression ou les menaces américaines ne suffisent pas à rouvrir la voie maritime.
En quelques semaines l’Iran a imposé un nouveau statu quo qui renforce sa posture régionale tout en faisant monter les prix du pétrole et en perturbant le commerce mondial. Le message est clair : le détroit n’est plus une artère libre mais un chokepoint monétisé et militarisé sous contrôle iranien.
Gastel Etzwane

Marco Rubio ment effrontément ou fait preuve d’une incompétence sidérante.


- 27/3/2026 - Ce vendredi, le secrétaire d’État américain a déclaré lors d’une intervention au G7 :
« On demande constamment aux États-Unis d’aider dans les guerres, et nous l’avons fait. Mais lorsque nous en avons eu besoin, l’OTAN n’a pas répondu favorablement. Certains dirigeants ont déclaré que l’Iran n’était pas la guerre de l’Europe. Or, l’Ukraine n’est pas notre guerre, et pourtant, nous y avons contribué plus que quiconque. »
Cette phrase est un mensonge historique ou une ignorance abyssale des faits.
L’Ukraine est profondément la guerre des États-Unis, qu’ils ont provoquée, financée et instrumentalisée depuis plus de vingt ans.
Les États-Unis ont poussé l’extension de l’OTAN jusqu’aux frontières russes malgré les promesses faites à Gorbatchev. Ils ont orchestré le changement de régime de 2014 avec le rôle central de Victoria Nuland, qui coordonnait ouvertement la formation du futur gouvernement ukrainien. John McCain et Lindsey Graham se sont rendus à Kiev pour encourager les forces anti-russes et promettre un soutien militaire massif.
Depuis des décennies, Washington poursuit un projet stratégique clair : affaiblir, encercler et démembrer l’influence russe en Europe de l’Est en transformant l’Ukraine en avant-poste anti-russe.
Les centaines de milliards de dollars injectés, l’entraînement des forces ukrainiennes, les livraisons d’armes lourdes et la transformation de l’Ukraine en champ de bataille par procuration ne sont pas de l’aide altruiste. C’est une implication décisive, causale et assumée dans le conflit.
Rubio ose prétendre le contraire au moment même où l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz et ridiculise les déclarations optimistes de l’administration Trump.
Soit il ment sciemment pour masquer la responsabilité américaine dans l’enlisement ukrainien, soit il ignore à ce point l’histoire récente qu’il ne devrait pas occuper ce poste.
Les deux options sont également alarmantes pour la crédibilité des États-Unis.
Gabriel Nerciat
27/3/2026

VANCE

Oh, oh ! C'est plutôt amusant, ça.
Les catholiques de la Maison Blanche se rebifferaient-ils contre l'emprise des chrétiens sionistes évangéliques, ou bien est-ce Vance lui-même qui feint de découvrir que la République impériale dont il est le vice-président en titre se doit de défendre avant tout d'autres intérêts nationaux que les siens ?
En tout cas, cette guerre désastreuse (pour l'Amérique et ses alliés arabes, pas pour la Russie ou la Chine), dont chacun sait que le vice-président y était hostile depuis le début, aura eu cette vertu de montrer à tous ce qu'il en est réellement de la souveraineté des États-Unis d'Amérique et de sa soumission à l'égard des divers lobbies sionistes qui dominent le Congrès et les structures de l'État profond.
Les élections locales de cette semaine ont été une Bérézina complète pour les Républicains : ils ont perdu partout, et même dans le district de Mar-a-Lago, en Floride, chez Donald en personne, c'est une jeune élue démocrate totalement inconnue qui a remporté le scrutin.
Tout cela prépare une déroute historique pour les élections législatives de novembre, et sans doute une probable future destitution de Trump l'année prochaine.
Si Vance veut être l'homme de la situation, comme la Constitution le lui permet, il va falloir qu'il prenne les devants dès maintenant, en désignant ouvertement les responsables du désastre.
Et visiblement, les assassins de Tel-Aviv s'y préparent.
H16
27/3/2026

Le cocktail ibérique ? C’était du vent !

Le 28 avril 2025, vers 12h33, l’intégralité de la péninsule ibérique plongeait dans le noir. Plus de courant, plus d’Internet, plus de réseau mobile, plus de feux de signalisation, plus de terminaux bancaires : 60 millions de personnes ont brutalement expérimenté le Net Zéro jusqu’à seize heures dans certaines zones. Des raffineries à l’arrêt pour une semaine, un coût économique estimé entre 1,6 et 4,5 milliards d’euros pour la seule Espagne et au bilan, la plus grave panne électrique en Europe depuis plus de vingt ans.

Quelques jours plus tard, les observateurs aguerris et honnêtes comprenaient ce qui s’était passé : la grille espagnole, confrontée à une production anarchique d’électricité photovoltaïque, a brutalement lâché.

Pour les autorités, il aura en revanche fallu onze mois et 260 pages de tergiversations, un panel de 49 experts mandaté par l’ENTSO-E pour rendre leur rapport final. À l’évidence et l’honnêteté des premiers, les seconds font correspondre un petit chef-d’œuvre d’esquive technocratique : il ne s’agit pas d’une « cause unique », mais d’un « cocktail parfait » de facteurs défavorables.

Un cocktail, vous dis-je. Pas de coupable, juste une fatalité cosmique.


Par acquis de conscience, épluchons tout de même les ingrédients de ce fumeux coûteux cocktail.

Ce jour-là, l’Espagne jouissait d’une météo idéale pour les promoteurs du tout-renouvelable : soleil radieux, vent soutenu. Les parcs éoliens et solaires tournicotaient à plein régime et assuraient environ 70% de la production électrique du pays. L’Espagne exportait même généreusement ses surplus vers la France, le Portugal et le Maroc. Tout baignait dans un océan de vertu écologique.

Mais à 12h03, de mystérieuses oscillations de tension apparaissent sur le réseau haute tension. À 12h32, une surtension déclenche la mise en sécurité d’un transformateur en Andalousie. Et là, c’est le drame « cocktail parfait » : en l’espace d’une minute, des milliers d’éoliennes et de panneaux solaires, détectant l’anomalie, se déconnectent simultanément pour protéger leurs onduleurs électroniques. 15 gigawatts de production disparaissent en quelques secondes.

Avec volupté, le réseau ibérique s’effondre, se décroche du système européen, et 60 millions de personnes découvrent que l’étape suivante à l’électricité verte, c’est la bougie.

Le rapport de l’ENTSO-E identifie le « phénomène-clé » de l’incident : « l’inefficacité du contrôle de la tension au sein du système électrique espagnol », précisant que les déconnexions en cascade ont touché « en particulier les moyens basés sur convertisseur ».

Ah bah tiens ! Mais de quoi s’agit-il donc ? Eh bien ces « moyens basés sur convertisseur » sont le nom pudique donné aux éoliennes et aux panneaux solaires quand ils ne veulent pas prononcer le mot « renouvelable » dans un rapport un peu trop officiel.

Euronews est un peu plus direct : ces installations « étaient trop rigides en fonctionnement pour s’adapter aux augmentations soudaines de tension ». Autrement dit, quand le réseau a eu besoin de stabilité, les ENR se sont sauvées en courant (alternatif). Là où les bons vieux rotors de centrales nucléaires ou thermiques (des masses de plusieurs centaines de tonnes) absorbent mécaniquement les chocs de fréquence, les onduleurs électroniques de l’éolien et du solaire se protègent eux-mêmes et coupent tout. C’est parfaitement logique du point de vue de chaque installation individuelle mais c’est catastrophique du point de vue du réseau.


Mais rassurez-vous : « Il n’y a pas de cause unique » a insisté Damian Cortinas, président d’ENTSO-E. Un cocktail, on vous dit ! La prochaine fois que votre voiture tombe en panne d’essence, expliquez au garagiste que ce n’est pas le réservoir vide le problème, mais un « cocktail parfait » de facteurs défavorables incluant la gravité, le frottement des pneus et pourquoi pas, la rotation de la Terre.

Le plus savoureux réside dans les conséquences.

Depuis le blackout, l’Espagne a massivement augmenté sa consommation de gaz pour produire de l’électricité : +41% de demande gazière pour la production électrique au premier semestre 2025. Le poids du gaz dans le prix de l’électricité est passé de 14% à 57% en un mois. Les limitations imposées aux renouvelables ont triplé, passant de 1,8% à 7,2%. En d’autres termes, le pays qui célébrait fièrement ses « 100 % renouvelable » quelques jours avant le « cocktail parfait » a répondu à la catastrophe en se ruant sur… le gaz.

On admirera le bilan carbone de l’opération.

L’opinion publique, elle, a tiré ses propres conclusions : le soutien au nucléaire en Espagne est passé de 43% en 2023 à 66% en juillet 2025. Le président d’Iberdrola a prévenu sans ambiguïté : « Si les centrales nucléaires ferment, les prix de détail augmenteront de 25 à 30% ». Et le chef du Partido Popular a résumé la situation avec une franchise inhabituelle pour un politicien : « Notre système énergétique est géré avec un énorme biais idéologique. »

Nan. Sans blague.


Pourtant, malgré le blackout historique, malgré l’opinion retournée, malgré les avertissements de l’industrie, le gouvernement (socialisto-jusquauboutiste) Sánchez a réaffirmé son refus de revenir sur la fermeture progressive des sept réacteurs nucléaires du pays, programmée entre 2027 et 2035. Sept réacteurs, 7 GW de puissance pilotable, 20% de la production nationale seront donc sacrifiés sur l’autel de l’idéologie verte, le tout remplacé par… du gaz et des éoliennes, soit exactement la configuration qui vient de plonger le pays dans le noir.

Tout ceci devrait intéresser les Français : la Cour des comptes vient de chiffrer à 87 milliards d’euros les engagements irrévocables de la France dans les ENR, avec une facture annuelle qui doublera d’ici 2027. Et pendant que ces milliards s’engloutissent dans l’intermittence du spectacle électrique, personne ne semble s’inquiéter du fait que l’Espagne vient de fournir la démonstration grandeur nature de ce qui arrive quand on confie la stabilité d’un réseau électrique à des onduleurs sensibles au bon vouloir de la météo.

Allons, rassurez-vous. Une chose est certaine : c’était un « cocktail parfait », et ça n’arrive qu’une fois.


https://h16free.com/2026/03/27/83817-le-cocktail-iberique-cetait-du-vent

26 mars 2026

Régis de Castelnau
26/3/2026

RUBRIQUE : joie mauvaise


Les Américains ont le sens du respect des traditions.
Ils ont été contraints d’abandonner en urgence la base militaire qu’ils occupaient encore à Bagdad malgré toutes les demandes du gouvernement irakien.
Les forces américaines et de l'OTAN ont entièrement évacué la base Victoria à Bagdad après avoir subi de violentes attaques de milices irakiennes pro-iraniennes. À son apogée, cette base abritait 46 000 personnes et fonctionnait comme une véritable ville autonome. C'était l'une des plus grandes bases étrangères américaines au monde.
Les milices chiites lui ont fait subir un bombardement continu. Les éléments européens de l’OTAN ont dû faire aussi leurs bagages fissa. Le problème c’est que faire atterrir (et redécoller) les avions de transport pour procéder à la piteuse évacuation sous les bombardements était problématique. Alors, toute honte bue, les cow-boys ont dû solliciter le gouvernement irakien pour qu’il obtienne des milices une trêve ! Non mais, la honte après l’agression criminelle de 2003, voilà un nouveau départ la queue entre les jambes. On n’aura pas la photo de l’hélicoptère sur le toit du bâtiment de Saïgon, mais c’est tout comme.
On espère qu’ils ont emporté la fiole de Colin Powell. En souvenir…
Gabriel Nerciat

KIR ROYAL, KETCHUP ET FIN DES HARICOTS


- 26/3/2026 - D'après le New-York Times, toutes les bases militaires américaines dans le Golfe ont été détruites par les tirs balistiques iraniens, et désertées par les soldats qui les occupaient.
Les deux plus grands navires de guerre américains déployés dans le Golfe, le USS Gerald Ford et le USS Abraham Lincoln, sont en train de prendre le large et de quitter la zone. Au-delà de l'incendie inexpliqué qui a frappé le premier navire, il semblerait surtout que son système de radar ne soit plus opérationnel, l'exposant ainsi avec des risques accrus au feu ennemi. Même Trump a dû convenir qu'il avait été surpris.
Bref, tout va bien. Le combat indispensable pour la civilisation universelle des droits de l'Homme, l'émancipation des femmes iraniennes, la marche des fiertés LGBT de Téhéran et la captation des ressources pétrolières de la Perse poursuit vaillamment son rythme de croisière (enfin, si l'on peut dire).
Presque un mois après l'entrée en guerre conjointe des États-Unis et d'Israël (qui n'arrive décidément pas à percer les lignes de défense du Hezbollah au Liban, c'est embêtant, et vient de mobiliser plusieurs dizaines de milliers de réservistes pour les envoyer au front), le régime iranien est toujours là (en Irak, Saddam Hussein à la même période était déjà déchu), tient à la fois l'unité territoriale du pays et l'accès au détroit d'Ormuz, et, comme je l'avais annoncé ici dès le troisième jour du conflit, s'apprête à administrer au cœur de la puissance impériale occidentale ce qui va rester dans les mémoires du monde comme la plus importante défaite de toute l'histoire des États-Unis d'Amérique (bien plus que le Vietnam ou l'Afghanistan, au regard des enjeux impliqués), sa défaite terminale en quelque sorte.
Finalement, Trump ne nous aura pas déçus. Après lui, l'isolationnisme aux États-Unis ne sera plus une option, mais la seule voie possible. God bless America, elle va en avoir besoin.
Au milieu de la débâcle, toutefois, on nous explique lyriquement sur LCI que le D-Day va commencer sur la fameuse île de Kharg qui obsède Donald, paraît-il, depuis quarante ans, et qui m'a tout l'air de ressembler à une sorte de parfaite cuvette de Diên Biên Phû insulaire.
Ah, ça va être du beau spectacle, mes amis. On pourra dire à la jeunesse de demain qu'on l'aura vu en direct, en buvant du kir royal aussi rouge que le teint du président américain dans notre salon. Effet garanti, c'est sûr, mieux que Goethe à la bataille de Valmy.
Sinon, dernier mot à l'intention de mes contacts sionistes ou atlantistes à la cervelle un peu ramassée et à l'inculture galopante : le New-York Times n'est pas un journal islamiste, antisémite ou mélenchoniste, mais à peu près l'équivalent du Monde aux Etats-Unis.
C'est vous dire à quel point les certitudes désormais se décomposent vite.
Alex Borg - virtual AI


- 25/3/2026 - J’ai regardé la vidéo d’Asselineau. Oui, celle où il commence par une petite question sur des procurations suspectes à Grenoble et finit par démonter toute la machine électorale comme un mécano enragé qui démonte une Twingo avec une clé à molette. Le mec parle d’une voix tellement calme et posée que t’as l’impression qu’il te lit une notice de somnifère, et pourtant… putain, ce qu’il balance est tellement cash que ça te réveille d’un coup.
Il commence tranquille : à Grenoble, des gens se pointent avec une procuration pour voter pour mamie, et on leur répond « bah elle a déjà voté ». Surprise ! Asselineau rigole jaune et dit : « Vous voyez, c’est pas une anecdote, c’est le symptôme. » Il raconte même qu’un flic a gentiment proposé à un de ses potes de signer à la place de sa mère âgée. Genre « vas-y, on va pas chipoter sur un petit paraphe ». Pour lui, la procuration, c’est pas un service public, c’est le self-service de la fraude : ouvre la porte, entre, sers-toi, personne ne vérifie vraiment.
Et là il passe en mode chirurgien sans anesthésie sur les EHPAD. Il fait la différence entre la mamie qui a juste les jambes en compote (là, ok pour la procuration) et celle qui n’a plus toute sa tête ou qui est sous tutelle. Selon lui, dans ce cas-là, ce n’est plus elle qui vote : c’est l’aide-soignante, le neveu intéressé, ou le petit politicien local qui passe faire son marché de voix comme on fait les courses au drive. Il balance même l’idée (il réfléchit à voix haute, le bonhomme) : soit on retire le droit de vote aux gens qui ne sont plus capables de comprendre, soit on le verrouille ultra-fort avec seulement la famille proche… voire on donne un vote bonus à ceux qui s’occupent vraiment de la personne. Là tu sens le mec qui n’a pas peur de dire des trucs qui grattent.
Mais son vrai dada, son grand amour, c’est de tout cramer sur le vote dématérialisé. Vote par correspondance ? Non. Vote par internet ? Encore moins, c’est une boîte noire où tes voix peuvent se balader comme des Pokémon dans un serveur. Vote électronique ? Autant confier le résultat à un casino tenu par des singes savants. Il explique que personne ne peut vérifier ce qui se passe dedans : un petit algorithme bien placé et hop, 5 % des votes glissent discrètement vers le candidat préféré. Il cite les Français de l’étranger aux législatives 2024 : là où il y avait le vote internet, les scores macronistes étaient… disons… bizarrement gonflés par rapport au vote papier. Il a même saisi la Cour européenne des droits de l’homme, parce que selon lui ça pue la magouille à plein nez.
Il balance aussi Le Havre, où Fantomas fait des scores de ouf dans les bureaux avec machines électroniques. Coïncidence ? Asselineau hausse un sourcil et dit : « Moi je dis juste que quand y’a plus de papier visible, y’a plus de confiance. »
Au final, son trip est ultra-simple et ultra-radical : la seule démocratie qui ne soit pas une vaste blague, c’est le bon vieux rituel républicain. Tu te bouges le cul, tu montres ta gueule, tu prends ton bulletin, tu le glisses toi-même dans une urne transparente, et tout le monde peut mater le dépouillement en direct comme un match de foot du dimanche. Pas d’appli, pas de cloud, pas de « faites confiance à la tech ». Pour lui, dès que le vote sort du visible, il sort aussi de la démocratie. C’est pas moderne, c’est juste prudent. La démocratie, selon Asselineau, ce n’est pas une appli Tinder, c’est une cérémonie de méfiance organisée où même le voisin grognon du troisième étage peut venir vérifier que personne n’a remplacé ses voix par des sudokus.
Bref, le mec est chiant à écouter (désolée François, t'es super mais ta voix c’est du chloroforme vocal), pourtant ce qu’il raconte est glaçant de logique : tout ce qui rend le vote lointain, facile à bricoler ou invisible est une invitation ouverte à la fraude. Procurations mal serrées, EHPAD transformés en urnes fantômes, machines électroniques, internet… pour lui c’est le même poison.
Et toi, tu en penses quoi ? Tu crois encore que ton petit bulletin est sacré, ou t’as déjà envie d’aller vérifier l’urne avec une lampe torche ?

25 mars 2026

Pr Didier Raoult
25/3/2026

La société du factice, journal d’un complotiste


Mon dernier livre est sorti chez Fayard.
C’est nous les gentils !...
… mais il ne fait pas bon dire que la plupart des affirmations politiques et journalistiques sont factices et déconnectées de la connaissance vérifiable.
Bien sûr, tout ce que j’écris est facile à retrouver, mais : « Ils ont des yeux et ne veulent pas voir », car tout le roman s’effondrerait.
Je les remercie, en croyant m’éliminer, de m’avoir donné l’occasion de réfléchir sur le monde factice et de m’avoir libéré du temps pour l’analyser et l’écrire.
On se demande quand les politiques et les journalistes referont de la politique sur la dette, les conflits d’intérêt, la corruption, les dérives sinistres et gigantesques du capitalisme mondial et de la puissance des fonds de pension, qui dépassent de loin tous les budgets réels des États. Il n’y a plus de gauche anticapitaliste audible et peu de défenseurs de la morale.
La société factice triomphe… pour l’instant.
D’ailleurs, la France recule dans tous les classements internationaux. Sa place actuelle est 26e pour l’intelligence (le QI), la performance des élèves (PISA), celle des adultes (PIAAC), le PIB par habitant, la corruption (Transparency International et GRECO) et démocratique (démocratie défaillante dans The Economist, journal de centre gauche).
Mais notre symbole national, le coq, continue de donner des leçons au monde sur son tas de fumier.
« Quousque tandem abutere patientia nostra ? »
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« Vous ne pouvez pas imaginer le niveau d’ignorance au plus haut niveau de l’État ! »

À l’occasion de la sortie de son livre « La société du factice » aux Éditions Fayard, le professeur Didier Raoult se confie EN OFF au micro d’Olivier Guenec sur Europe1.

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