Translate

1 octobre 2026

Thomas Bauzou, TINTIN Mèmes et parodies
30/9/2026

Gastel Etzwane
30/9/2026

L’Europe des frugaux : moins pour l’agriculture, et la France en position de faiblesse

L’Union européenne parle beaucoup de solidarité. Le prochain budget 2028-2034 rappelle pourtant une réalité beaucoup plus prosaïque : lorsque les intérêts nationaux divergent, chacun défend d’abord les siens, et le rapport de force décide du reste.
Friedrich Merz et cinq autres chefs de gouvernement, Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche et Finlande, menacent de bloquer le prochain cadre financier s’il n’est pas amputé de plusieurs centaines de milliards. Leur orientation est claire : moins pour la PAC et la cohésion, davantage pour la défense et l’industrie. Ces six pays représentent environ 40 % des recettes de l’Union. Ils disposent donc d’un poids considérable dans la négociation.
La Commission avait déjà ouvert la voie. La PAC actuelle représente 387 milliards d’euros sur sept ans. L’enveloppe proposée comme garantie aux agriculteurs tomberait à 300 milliards, soit environ 20 % de moins en euros courants et davantage encore en valeur réelle. Surtout, pour la première fois depuis 1962, la politique agricole ne disposerait plus du même fonds autonome : agriculture, cohésion et autres politiques seraient davantage mises en concurrence au sein d’enveloppes nationales.
Les pays du Nord veulent aller plus loin. Leur logique est parfaitement compréhensible du point de vue de leurs intérêts : principaux contributeurs nets, ils ont intérêt à contenir le budget européen. Les pays de l’Est veulent préserver les fonds de cohésion. D’autres États veulent protéger la PAC. Derrière les grands discours sur la solidarité européenne réapparaît donc ce que l’Union n’a jamais fait disparaître : des États qui défendent leurs intérêts et tentent d’imposer leurs priorités lorsqu’ils en ont les moyens.
Et la France se trouve aujourd’hui particulièrement mal placée dans ce rapport de force. Elle reste un contributeur majeur au budget européen tout en étant historiquement l’un des principaux bénéficiaires de la PAC. L’enveloppe agricole française garantie passerait de 66,2 à 50,9 milliards d’euros. Même en utilisant les mécanismes complémentaires envisagés, elle remonterait à peine autour de 57 milliards. Le compte n’y est toujours pas.
Le problème devient plus grave encore si Bruxelles transfère davantage de charges vers les budgets nationaux. La France devrait alors compenser elle-même une partie de ce que le budget européen ne financerait plus. Mais avec près de 3 600 milliards d’euros de dette, des intérêts qui pourraient atteindre 91 milliards en 2027, une croissance faible et des déficits persistants, Paris ne dispose plus des marges budgétaires permettant de reprendre facilement la différence.
C’est là que la crise française devient aussi une faiblesse européenne. Un État fortement endetté, politiquement paralysé et contraint budgétairement négocie nécessairement dans des conditions moins favorables face à des partenaires qui disposent de davantage de marges. Berlin n’a même pas besoin de hausser le ton : il lui suffit de défendre ses intérêts avec constance face à une France qui a beaucoup moins de cartes en main.
L’agriculture française risque d’en payer directement le prix. Pour nombre d’exploitations, les aides de la PAC ne constituent pas un supplément confortable mais une composante essentielle du revenu. Les réduire alors que l’État français n’a plus les moyens de compenser facilement, c’est accroître encore la pression sur un secteur déjà confronté aux charges, aux normes, à la concurrence internationale et au difficile renouvellement des générations.
Au fond, cette négociation budgétaire rappelle ce qu’est réellement l’Union lorsque les intérêts nationaux s’opposent. L’Allemagne et les pays du Nord veulent limiter leur contribution et réorienter les dépenses. Les pays de l’Est défendent la cohésion. Les grands pays agricoles défendent la PAC. Chacun joue sa partie.
La « solidarité européenne » trouve alors rapidement ses limites. L’Union redevient ce qu’elle est aussi : un rapport de force entre États. Les plus solides imposent davantage leurs conditions ; les plus faibles les subissent davantage. Et aujourd’hui, fait impensable il y a encore quelques années, la France compte parmi les États dont la faiblesse économique, budgétaire et politique réduit considérablement la capacité de peser.
Pour l’agriculture française, c’est peut-être cela le plus inquiétant : le prochain budget européen se négocie au moment précis où la France aurait besoin d’être forte pour défendre ses intérêts, et où elle ne l’est plus.


Tatiana Ventôse

Cliquer sur l'image ↴

30 septembre 2026

Gastel Etzwane
29/9/2026


À Metz, le pape parlait de paix. Macron avait besoin de parler de guerre.
À Metz, lundi, il s’est produit quelque chose d’assez rare : deux hommes ont parlé successivement du même sujet, au même endroit, en invoquant le même Robert Schuman, pour aboutir presque exactement à la conclusion inverse.
Le premier était Léon XIV. Il était venu parler de paix et il a parlé de paix. Non pas de la paix comme formule rituelle placée entre deux annonces de réarmement, mais de ce qu’elle exige concrètement : le « dialogue patient », le « courage de la négociation », la capacité de « sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix ». Puis il a prononcé les mots que les dirigeants européens ont de moins en moins envie d’entendre : il faut se garder de « l’illusion du réarmement ». Et il a posé la question essentielle : l’Europe fait-elle encore des « efforts créateurs » pour arrêter les guerres, ou se contente-t-elle d’« endiguer l’hémorragie » tout en se préparant déjà aux suivantes ?
Quelques instants auparavant, Emmanuel Macron avait précisément expliqué qu’il fallait continuer à s’armer. Même Schuman, mêmes références à l’Europe, même invocation de la paix, mais pour aboutir au raisonnement inverse. La guerre est revenue, les empires sont de retour, la paix « ne se décrète pas » : il faut donc poursuivre notre engagement « indéfectible » aux côtés de l’Ukraine et construire « une Europe de la défense et de la paix ».
La formule résume à elle seule l’impasse dans laquelle Macron s’est enfermé. Il parle de paix pour justifier les armes, de Schuman pour justifier le réarmement, de la construction européenne née pour rendre la guerre « non seulement impensable, mais matériellement impossible » pour expliquer aujourd’hui qu’il faut se préparer à nouveau à la faire. On comprend que le mot « paix » n’est même pas un objectif, mais un mot que l’on ajoute derrière « défense » pour rendre le reste présentable.
C’est précisément ce que le discours de Léon XIV rendait intenable. Le pape n’a pas eu besoin de prononcer le nom de Macron pour le contredire. Il a repris la même histoire européenne et en a tiré la conclusion inverse. Macron invoquait Schuman pour justifier le réarmement ; Léon XIV invoquait Schuman pour mettre en garde contre « l’illusion du réarmement ». Macron expliquait que la paix exigeait de poursuivre la politique actuelle ; le pape rappelait qu’elle exigeait de négocier et même, le cas échéant, d’abandonner certaines positions.
Et chacun, finalement, était fidèle à ce qu’il est devenu. Léon XIV est dans son rôle lorsqu’il demande comment arrêter la guerre. Emmanuel Macron semble désormais incapable de parler d’autre chose que de la guerre. La France traverse pourtant une crise politique, budgétaire et sociale profonde. Mais son président paraît avoir déplacé ailleurs le centre de gravité de sa présidence. La politique intérieure semble ne plus l’intéresser qu’à la marge. L’Europe, la défense, la Russie, l’Ukraine, les menaces, les empires, le réarmement lui offrent une autre scène, plus vaste, sur laquelle il peut encore tenter d’incarner quelque chose alors que son pouvoir intérieur s’est considérablement rétréci.
On peut y voir la recherche d’une stature internationale pour une fin de règne devenue difficile en France. On peut surtout constater que la guerre occupe désormais dans sa parole une place presque dévorante. Elle lui fournit une mission, une gravité, un horizon et cette posture de chef européen que la politique française ne lui permet plus guère d’endosser. Dès lors, la fin de la guerre poserait aussi une question beaucoup plus personnelle : que resterait-il de cette présidence une fois disparue la grande scène internationale sur laquelle elle cherche désormais sa raison d’être ?
Et le plus étrange est que Macron est venu exposer cette contradiction dans une visite qui, à l’origine, n’était précisément pas la sienne. Metz avait été choisi personnellement par Léon XIV. D’autres villes lui avaient été proposées, notamment Lisieux, Lyon et Ars-sur-Formans ; il a voulu Metz pour parler de l’Europe et de la paix. Le programme officiel prévoyait la rencontre du matin puis, l’après-midi, la messe à la cathédrale. Macron devait assister au discours européen et quitter ensuite la ville. Il n’avait d’ailleurs pas assisté à la grande messe de la Concorde deux jours auparavant.
Et puis, dimanche soir, tout change. Vers 20 heures, l’Élysée prévient le maire de Metz. Il faut refaire le protocole pendant la nuit. Macron assistera finalement à la messe. Mieux : il devient la « puissance invitante » à la place du maire et raccompagnera lui-même le pape à l’aéroport, alors que cette tâche devait revenir au Premier ministre. La justification officielle est que les deux hommes souhaitent prolonger leur échange. Le Monde relève également que cette décision de dernière minute intervient alors que Léon XIV rencontre en France une popularité spectaculaire.
Il n’est pas nécessaire d’imaginer ce qui s’est dit dans les couloirs de l’Élysée. La scène publique suffit. Macron s’est ajouté au dernier moment à une partie de la visite à laquelle il ne devait pas participer, a fait bouleverser le protocole pour y occuper la première place et s’est retrouvé au premier rang devant un pape qui venait de démonter, avec une tranquillité remarquable, le cœur même de son discours. Il aurait peut-être mieux fait de respecter son programme initial.
Car le contraste est devenu intenable. Léon XIV n’avait rien à sauver, aucune coalition à maintenir, aucune posture internationale à prolonger. Il pouvait simplement dire que la guerre devait finir et rappeler que la paix commence lorsque quelqu’un accepte enfin de négocier. Macron, lui, apparaît prisonnier du récit inverse. À mesure que son pouvoir s’efface en France, la guerre lui offre encore un rôle. À mesure que la politique intérieure lui échappe, l’Europe et l’Ukraine lui fournissent une scène. Et à mesure que le réarmement devient le cœur de son discours européen, il continue pourtant de parler de « paix », comme si répéter le mot suffisait à effacer la contradiction.
C’est ce que Metz a rendu visible avec une brutalité que personne n’avait probablement prévue. D’un côté, un homme qui parle de paix parce que sa fonction lui commande d’essayer de mettre fin à la guerre. De l’autre, un président qui parle de guerre parce qu’elle est devenue l’un des derniers endroits où sa présidence peut encore essayer de se donner une grandeur.
L’un demande que l’on mette fin à la guerre. L’autre semble avoir politiquement besoin qu’elle dure.
Gabriel Nerciat
30/9/2026

TROIS REMARQUES SUR L'AFFAIRE BARDELLA


Sur l'affaire Bardella, avec laquelle on va nous pomper tels des Shadoks pendant des mois, il n'y a à mon sens que trois choses intéressantes à retenir :

1) Ce que Bardella a pu dire dans le privé à 17 ans, absolument tout le monde s'en fout, car cela n'a rigoureusement aucune importance. Surtout concernant un jeune dirigeant politique influençable et immature qui est aujourd'hui ravi d'être invité à dîner chez les Klarsfeld, même si en Israël on le traite encore en parent pauvre.

2) Ces révélations foireuses de Mediapart n'auront aucune influence sur le score de Marine Le Pen à la prochaine élection présidentielle. Il n'est même pas exclu que cela lui rapporte un ou deux points supplémentaires, car depuis l'affaire Fillon les Français en ont soupé, de ce genre d'arnaques.

3) Mediapart sans le vouloir va sans doute aider Marine Le Pen à se débarrasser de son encombrant poulain qui désormais, les juges ayant validé sa candidature et Retailleau étant dans les choux en compagnie d'Eric Zemmour, ne lui sert rigoureusement plus à rien. Ce troisième point est bien sûr le plus ironique de la séquence. Ciotti se chargera du reste.

29 septembre 2026

Monique Plaza
27/9/2026

Olivier Marleix avait dénoncé l’existence d’un pacte entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, qui avait permis à Richard Ferrand de devenir président du Conseil Constitutionnel.

Cliquer sur l'image ↴
Virginie Joron
28/9/2026

Retrouvez ma tribune suite à la démission d’Hervé Maisonneuve rémunéré durant la pandémie Covid par Pfizer : « Pour la vérité, contre l’opacité »


Je n’écris pas ceci en spectateur. Depuis le début de la crise sanitaire, mon combat est simple, et il n’a jamais changé : la vérité d’abord. Pas une vérité d’État. Pas une vérité d’experts protégés. La vérité des faits, des contrats, des liens d’intérêts et des responsabilités.
Ceux qui la réclamaient ont été traités de complotistes. Ceux qui la recouvraient d’un vernis moral ont été promus.
L’affaire Maisonneuve n’est pas une anecdote. Elle est le symptôme de cette inversion.
On a nommé Hervé Maisonneuve – à ne pas confondre avec Patrick Maisonneuve, l’avocat du Parlement européen contre Marine Le Pen – référent à l’intégrité scientifique de Santé publique France, fin mars 2026, pour trois ans. Sa mission : veiller aux principes déontologiques et conseiller l’agence sur la lutte contre la désinformation.
Puis l’on a appris qu’il n’avait pas déclaré des versements de Pfizer à sa société de conseil H2MW. Le Monde a révélé, le 22 septembre 2026, plus de 100 000 euros entre 2021 et 2023. Sur Transparence Santé, Pfizer a déclaré 171 150 euros ; Hervé Maisonneuve a contesté des doublons et avancé 118 650 euros perçus, soit 98 875 euros hors taxes. Il avait aussi d’autres clients, dont Merck. Il a reconnu : « J’avais oublié ça. » Il a démissionné le 24 septembre. Santé publique France a accepté. La ministre Stéphanie Rist avait demandé d’en tirer les conséquences.
Tant mieux. Mais ce n’est pas suffisant.
Car le scandale n’est pas seulement l’oubli d’une case. C’est qu’on ait pu placer, à un poste symbole, un homme dont les liens avec le laboratoire dominant n’étaient pas mis sur la table.
Pourtant, le conflit n’était pas un secret. Verity France l’avait documenté publiquement dès le 31 août 2025, puis à nouveau en janvier et le 15 septembre 2026. BonSens.org avait, dès le 9 septembre 2025, écrit au ministre de la Santé pour demander le retrait de cette nomination – et de celles de Mathieu Molimard et Dominique Costagliola dans la mission sur la désinformation – en s’appuyant précisément sur les versements de Pfizer à H2MW. On a nommé quand même. On a feint la surprise ensuite.
Est-ce un pot-de-vin ? 100 000 euros en échange de quoi ? Combien d’autres euros ou autres cadeaux sous la table ?
Je refuse cette naïveté officielle. Quand un expert de « l’intégrité » « oublie » Pfizer, le public a le droit de soupçonner autre chose qu’un trou de mémoire.
La confiance se gagne par la transparence, pas par des communiqués.
D’ailleurs ce soupçon s’inscrit dans un dossier plus vaste, que l’on a trop vite voulu classer : le Pfizergate. En 2021, la Commission européenne a conclu avec Pfizer/BioNTech le plus gros contrat vaccinal de l’histoire de l’Union : jusqu’à 1,8 milliard de doses, pour un montant souvent estimé autour de 35 milliards d’euros. Ursula von der Leyen a négocié personnellement avec le PDG Albert Bourla, y compris par SMS. Ces messages n’ont pas été produits. La Commission a fini par indiquer qu’ils avaient disparu. La Cour des comptes européenne a dénoncé l’opacité des négociations. Le 14 mai 2025, le Tribunal de l’Union européenne a annulé le refus de communication de la Commission. Ce n’est pas une théorie. C’est un dossier institutionnel.
Des pays ont ensuite été poursuivis pour payer des doses devenues inutiles. Le marché français, comme celui de l’UE, s’est trouvé saturé par Pfizer, tandis que d’autres vaccins, dont Janssen, reculaient.
Un contrat colossal, des textos disparus, des expertises rémunérées, une parole publique qui criminalisait le doute : voilà le terrain même où naissent les suspicions.
Mon combat n’est pas de les transformer en dogme. Il est d’exiger qu’on les lève par des documents, pas par des leçons de morale.
On a demandé aux Français d’obéir au nom de la science. On leur doit donc la science complète : prix, clauses, conflits, messages, décisions. Ceux qui voulaient cette lumière ont été moqués. Ceux qui la filtraient ont été labellisés. C’est cette géométrie variable que je combats.
Je demande une règle unique. Déclarer ses intérêts. Publier les contrats. Rendre les échanges. Expliquer pourquoi un laboratoire a écrasé le marché. Dire pourquoi l’intégrité a été confiée à quelqu’un qui n’avait pas tout déclaré. Si ces exigences font de moi une « horrible complotiste », alors le mot a perdu tout sens.
En 2027, il ne s’agira pas seulement de changer d’équipe. Il s’agira de savoir si la France accepte encore qu’on gouverne la santé avec des zones d’ombre, des copains, et qu’on insulte ceux qui les nomment. La vérité n’appartient ni à Pfizer, ni à Bruxelles, ni à un référent. Elle appartient à ceux qui paient, qui se font vacciner, et qui ont le droit de tout savoir.
Natalia Routkevitch
29/9/2026

50 nuances d’antisémitisme

Il faut avouer que, pour susciter la liesse populaire, Edwy Plenel a fait plus fort que le pape.
Les représentants de l’arc républicain autoproclamé sont aux anges.
Il paraît que, lorsqu’il était à peine majeur, Jordan Bardella a posté sur quelques forums des choses pas comme il faut. Des choses an-ti-sé-mi-tes.
Il a fallu treize ans à nos infatigables reporters et enquêteurs de Mediapart pour mener leur dure et dangereuse enquête et débusquer ces phrases. Enfin, les preuves irréfutables sont là, pour être publiées pile le lendemain du sondage pas sympa qui dit que Marine Le Pen distance ses concurrents au second tour, quels qu’ils soient.
Cependant, la liesse risque à tout moment de changer de camp, car il ne faut pas oublier que les accusations d'antisémitisme sont une arme à double tranchant. Avant-hier, c’était Marine Le Pen ; hier, c’étaient Mélenchon, Rima Hassan, Houria Bouteldja ou quelque jeune prodige de Bondy ; aujourd’hui, Bardella.
À qui le tour demain ?
D’ailleurs, il n’y a aucune raison pour que seuls les "extrêmes" passent à la moulinette de l’antisémitisme.
Pourquoi ne pas s’intéresser à l’origine du slogan que l’extrême centre européen brandit depuis quelques années, glorifiant un allié dont les accointances idéologiques mériteraient mieux que la pudeur de gazelle ?
Qui sont les personnes panthéonisées par cet allié qui reçoit les accolades les plus chaleureuses et les donations les plus généreuses ? Pourquoi ne pas s’intéresser aux vies, aux œuvres et aux combats de ces héros aujourd’hui célébrés en grande pompe ? Il s’agit quand même d’un futur membre de la grande famille européenne.
Ainsi, on aura les "fifty shades" d’antisémitisme et le débat politique, en vue de l’élection, se résumera essentiellement à : "Antisémite toi-même !"
P.S. Je sais, cette image détournée, avec les têtes de nos protagonistes du jour, est devenue virale, mais je préfère l’original.

Yasmina Khadra
Cliquer sur l'image ↴

28 septembre 2026

H16
28/9/2026

Ce « pouvoir d’achat qu’on vous rend » avec votre propre argent

Pour Emmanuelle Wargon, à la tête de la Commission de régulation de l’énergie, pas de doute : « plus on installe d’énergies renouvelables, plus on rend du pouvoir d’achat aux consommateurs. »

Le 9 septembre dernier, c’est en tout cas le message qu’elle a tenté de faire passer, avec tout le culot dont sont capables les cuistres et les malfaisants, lors de la présentation d’un tout premier rapport sur l’économie du système électrique français hexagonal calibré pour les gros titres, à neuf mois de la présidentielle, dans un pays où la facture d’électricité est devenue un sujet d’angoisse domestique.


Malheureusement, l’arithmétique la plus élémentaire balaye les affirmations osées de la présidente.

Le fait est que la France dispose d’un parc nucléaire largement amorti, payé par les Français sur des décennies, qui produit une électricité abondante, pilotable et décarbonée, à tel point que d’après les propres tableaux de la CRE, son coût complet s’est établi à 57,6 €/MWh en 2025, contre 152,7 €/MWh pour le mix éolien-solaire. Avec 15 % de la production, ce dernier représente 30 % des coûts complets de production du pays.

Cependant, le ménage français (au tarif aussi réglementé que salé) paye son kilowattheure autour de 19 centimes, soit environ 194 €/MWh, dont près d’un tiers de taxes. Certes, l’acheminement et le réseau de distribution coûtent mais même en étant généreux, l’écart exposé laisse songeur : on a l’impression de payer des électrons plaqués or.

Dans un marché raisonnablement libre, l’actuel parc nucléaire profiterait à ceux qui l’ont financé. Mais en France, ce n’est pas, même de loin, même sur un malentendu, un marché libre : c’est une planification déguisée, où EDF s’est vu contraint de céder son nucléaire à 42 €/MWh à des « concurrents » qui ne produisaient rien, où on a garanti aux éoliennes et aux panneaux un tarif d’achat ou un complément de rémunération, où on a indexé le prix de gros sur la centrale à gaz marginale européenne, et empilé les taxes par-dessus.

En pratique, c’est bien l’absence de marché qui finit par coûter un pognon de dingue.

D’ailleurs, lu attentivement, le rapport de la CRE raconte tout autre chose que sa présidente : comme le relève PNC-France, le modèle du régulateur attribue certes une baisse de 20 €/MWh des prix de marché aux renouvelables installés depuis 2020… mais une baisse de 32 €/MWh au retour du nucléaire après ses déboires de 2022. Sans ce retour, le prix de base aurait grimpé à près de 93 €/MWh. La CRE a donc bien identifié le principal artisan de la baisse des prix et l’a vite caché dans une figure en page 49 pendant qu’elle faisait la promotion de son concurrent subventionné.


Quant au pouvoir d’achat « rendu », il faut savoir d’où il vient.

La plupart des projets renouvelables ne sont pas rentables, l’État comblant la différence (6,2 milliards en 2025), payé essentiellement via des accise, c’est-à-dire la facture d’électricité du consommateur, le reste venant du budget de l’État, c’est-à-dire le contribuable.

Joli tableau où le consommateur paie la subvention via sa facture, le contribuable complète via ses impôts, et l’actionnaire public d’EDF encaisse la baisse de revenus d’un électricien nationalisé. Derrière chacun de ces acteurs c’est le même citoyen français qui voit son pouvoir d’achat se faire tabasser, nonobstant les hallucinations péremptoires d’Emmanuelle Wargon.

Le pire étant que ce système tourne doucement à la farce en exploitation : au premier semestre 2026, la France a connu 407 heures de prix négatifs, contre 147 sur toute l’année 2023, avec un record à -498,65 €/MWh le 1er mai : ce jour-là, produire coûtait de l’argent.

Heureusement, l’État agit (youpi !) : un arrêté de juillet étend l’arrêt obligatoire des parcs solaires et éoliens lors de ces épisodes… moyennant une compensation financière (gasp !). On paie donc pour produire, puis on paie pour ne pas produire.


Pendant ce temps, le nucléaire a dû moduler 33 TWh en 2025 pour faire de la place aux intermittents, au prix d’une usure que personne ne se presse de chiffrer, et on attend avec gourmandise les performances du solaire lors des pointes d’hiver : le 14 janvier 2025 à 9 heures, il fournissait 0,05 % de la production.

Quant à la stabilité du réseau, l’Espagne a récemment fourni un cas d’école et la conclusion, même cotonneusement enveloppée de précautions politiquement correcte, est sans appel : la multiplication des installations renouvelables fragilise énormément les réseaux électriques qui n’ont absolument pas été prévus pour leur intermittence. S’y ajoute l’indispensable considération géopolitique avec le constat de près de neuf panneaux sur dix posés en France venant essentiellement de Chine n’empêchant pourtant nullement les subventions massives à une « filière française » atone.

Et le pompon, c’est que ce rapport, jugé initialement trop favorable au consommateur, a subi un copieux massage statistique et rédactionnel. En effet, lors de sa présentation, Wargon avait prévenu : « Il y aura des interprétations très politiques de ce document », ce qui, selon Les Échos, a poussé le gouvernement à le retoucher tant que possible, la politicaillerie actuellement au pouvoir jugeant qu’il prenait trop franchement le parti du consommateur contre EDF.

L’autorité « indépendante » s’est donc plié aux injonctions gouvernementales pour éviter que le nucléaire ne soit vu favorablement, et s’embourbe maintenant dans un marigot de démentis vaseux qui ne surprendra guère lorsqu’on se rappelle le parcours de la présidente : ancienne responsable des affaires publiques de Danone, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique, puis ministre déléguée au Logement, elle fut nommée à la tête de la CRE en 2022 malgré l’opposition d’une majorité de parlementaires : 48 voix contre, 43 pour (et zut, il en fallait 55 pour bloquer).

L’indépendance dans ces conditions, c’est comme une éolienne, ça tourne toujours dans le sens du vent.

C’est tellement vrai que lorsque la CRE recommandait en juin de réduire les aides à l’éolien en mer, le gouvernement lançait un appel d’offres de 10 GW. Chacun n’écoute l’autre que lorsqu’il dit ce qu’il a envie d’entendre, et à la fin, quoi qu’il arrive, le consommateur paye l’addition : en fait, le « pouvoir d’achat qu’on vous rend », c’est une petite partie de celui qu’on vous a extorqué avant.


https://h16free.com/2026/09/28/85358-ce-pouvoir-dachat-quon-vous-rend-avec-votre-propre-argent

27 septembre 2026

Régis de Castelnau
27/9/2026

Mai 2027, ouvrir les deux yeux. Pour rester en vie.



Le « système macron », pour survivre et masquer son bilan, cherche fébrilement sa parade : soutenu par une presse complètement dévoyée, il remplace l’antisoviétisme d’hier par une russophobie obsessionnelle et pavlovienne. Chaque contestation sociale, chaque critique de la gouvernance est désormais accusée de collusion avec un ennemi extérieur, agitant un épouvantail géopolitique inventé, pour étouffer toute contestation d’un ordre honni. Ce sont les réflexes des classes recroquevillées sur leurs privilèges, qui veulent à tout prix poursuivre leur pillage.

Être communiste en France dans les années 70, c’est-à-dire publiquement engagé au PCF, c’était d’une certaine façon, assez confortable. L’antisoviétisme et l’anticommunisme étaient virulents, mais le choix d’être de ce bord-là, s’il vous isolait (un peu) socialement, permettait de mener le combat en ayant le sentiment d’être du bon côté, c’est-à-dire celui des ouvriers. Et ce serait mentir de prétendre que quand on a 20 ans, on y rechigne. En plus, justement le PCF était ouvriériste, ce qui m’allait très bien. Ayant été impliqué dans les événements de 68, j’avais très tôt pris conscience de la dimension résolument petite-bourgeoise du mai étudiant qui était dans ma perception et dès ce moment-là, « le 14 juillet des couches moyennes » selon l’excellente expression du philosophe Michel Clouscard. J’avais en revanche été très impressionné par le mai ouvrier, et avait alors commencé à me rapprocher du parti qui en était l’expression politique. Au PCF les intellectuels avaient leur place, mais il leur était rappelé fréquemment, que les patrons du Parti étaient les ouvriers. Personnellement cela ne me gênait pas du tout, considérant n’avoir socialement rien à expier, j’étais venu là pour servir, et y avais trouvé le confort de ma double culture d’origine : la militaire avec la discipline et la religieuse avec le dogme. Et comme en plus, outil d’intégration de la classe ouvrière à la Nation française, le Parti communiste était profondément patriote, j’étais vraiment à l’aise. Je me rappelle qu’en ce qui concerne le socialisme soviétique, personne n’était dupe de ses impasses, mais on allait voir ce que l’on allait voir, parce que nous Français, héritiers de la Révolution et toujours modestes, nous allions montrer un autre chemin, que nous appelions « la démocratie avancée ». On n’aura pas la cruauté d’épiloguer sur les grands succès que cette stratégie a rencontrés.

Et puis il y a eu la chute du mur de Berlin, puis ensuite l’effondrement de l’URSS. Rappelons que si le 9 novembre 1989 fut un jour de libération pour les habitants de la Prusse, qui n’ont pas payé bien cher leur soutien jusqu’au bout à l’ordalie nazie. Ce fut aussi la véritable fin de la deuxième guerre mondiale et celle du court XXe siècle comme le qualifiait Éric Hobsbawm. Disparut alors ce qui fut la grande passion du XXe siècle, fruit coûteux de l’accouchement brutal de la révolution industrielle au siècle précédent. Pour l’avoir partagée, le 9 novembre 1989, fut pour moi un jour de deuil, celui d’une espérance, et l’annonce prévisible de ce qui nous attendait. Je savais bien que « La fin de l’Histoire » et la victoire du libéralisme, comme l’expliquait Fukuyama, n’étaient pas à l’ordre du jour. Les 35 ans qui viennent de s’écouler ont prouvé que ces rodomontades n’étaient que des incantations.

Mais après la disparition du « socialisme réel », il a fallu réfléchir et tenter de comprendre pourquoi ça n’avait pas marché. Charles Darwin m’a fourni quelques pistes tandis qu’un de ses compatriotes m’a fort aimablement conseillé la sagesse. George Bernard Shaw disait : « qui n’est pas communiste à 20 ans n’a pas de cœur, qui l’est toujours à 40 n’a pas de tête ».

Le problème cher Monsieur Shaw, c’est que la bestiole ne se loge ni dans la tête ni dans le cœur, mais finalement dans les tripes. Là où réside nous disent les biologistes notre second cerveau, et il arrive que cette bestiole ait le sommeil léger. Pouvant être troublé par le chant et les slogans d’un peuple qui se redresse. Elle avait ouvert un œil en 2015 avec l’arrivée de Syriza au pouvoir en Grèce, mais la trahison de Tsipras s’est empressée de le refermer. Et puis il y a eu le 17 novembre 2018, quand le peuple des Gilets jaunes a lui aussi ouvert un œil. Pour subir une abominable répression à base de violence policière sans frein, de mutilation et de répression judiciaire féroce et impardonnable. Cet œil qui s’était ouvert, on le lui a arraché, pas au figuré, au propre. Et l’éborgneur en chef ose aujourd’hui solliciter les suffrages de ceux qu’il a mutilés et humiliés.

Mais après le coup d’État de 2017 et la mise en place du cauchemar macronien, face à la destruction de l’État-providence, au délitement continu de nos services publics, à la catastrophe financière, à l’autoritarisme féroce d’un pouvoir prêt à tout, lancé dans une marche suicidaire à la guerre, la nécessité s’impose avec une urgence redoublée d’en débarrasser notre pays.

L’heure n’est donc plus aux demi-mesures, ni aux illusions réformistes de façade. La prochaine élection présidentielle ne sera pas un simple rendez-vous démocratique de plus, mais une occasion historique de chasser ce système du pouvoir. C’est son seul enjeu politique. Après, une fois le noyau dur du gang hors d’état de nuire, une fois dissipées les illusions qui vont nécessairement accompagner le soulagement, viendra le temps du retour de la démocratie. Celle de l’intervention déterminée de ceux qui auront voulu et obtenu la réalisation de cette première et nécessaire étape.

Certes, l’émancipation humaine est probablement une utopie, et en tout cas elle ne sera pas à l’ordre du jour au mois de mai prochain. Mais ce sera une escale indispensable, qui va nous permettre de continuer à la vouloir.

Pour rester en vie.

Avant de partir, merci de m’offrir un café.


26 septembre 2026

Gilles Casanova
23/9/2026

Vers la fin des années 1970, les stratèges américains ont eu le sentiment que l'Union soviétique marquait des points.
Ils étaient fortement traumatisés par la défaite au Vietnam et considéraient que dans ce qui était globalement appelé le tiers monde, les populations avaient tendance à regarder vers l'Union soviétique, avec les yeux de Chimène, tandis qu’elles regardaient vers les États-Unis avec inquiétude ou mépris.
Ces stratèges ont conçu une idée tout à fait originale : celle qu'il fallait, pour contrer l'espoir terrestre que représentait l’Union soviétique pour ces populations très pauvres et souvent très opprimées par des régimes violents ou corrompus, qu'il fallait proposer quelque chose qui aille au-delà de l'espérance terrestre et soit une alternative globale au rêve communiste pour ces populations très peu instruites.
Ils trouvèrent dans l'islam militant le vecteur idéal de cette stratégie. Lorsque l'Afghanistan bascula dans le camp soviétique, puis que l'URSS envahit le pays, ils se sentirent confirmés dans l'opportunité de ce choix.
Ils se sont alors tournés vers leurs amis saoudiens – ce sont les dirigeants saoudiens qui témoignèrent récemment de cela – pour les encourager à durcir énormément la lecture de l'islam. Ils les poussèrent à en faire une lecture tout à fait littéraliste pour constituer ainsi une religion qui, par sa rigueur, sa dureté encouragerait à la ferveur, c'est-à-dire ce qui était nécessaire pour faire reculer l'attrait du communisme soviétique, qui lui-même était une forme de religion très autoritaire, si l'on observe ce qui se passait derrière le Rideau de fer.
C’est alors que ces apprentis sorciers ont pris des décisions propres à créer l'environnement militaire, financier et idéologique dans lequel une internationale djihadiste a pu se développer, certains considèrent qu'ils ont même monté directement une organisation, Al Qaïda, dont certains témoins ont affirmé qu’elle avait été confiée à un maître espion de la CIA : Oussama Ben Laden.
Ils ont ainsi engagé la transformation d'une partie significative du tiers monde, notamment de religion musulmane, en un endroit où la colère des peuples contre leur situation précaire et difficile, a été tournée vers les « infidèles », les Soviétiques athées, étant un modèle particulièrement évident de matérialisme infidèle.
Tout cela a été considéré comme un succès en devenir par les stratèges des USA. La force des convictions suscitées par cette nouvelle version autoritaire de la religion islamique, et notamment les succès d'Al Qaïda, ont fait battre en retraite les Soviétiques d'Afghanistan, et fait reculer de manière générale, l'attraction du communisme dans les pays pauvres de religion musulmane. Les premiers résultats de cette opération d'apprentis sorciers étaient très encourageants et elle fut poursuivie.
Mais voilà que de manière imprévue, sous l'impact de ses propres contradictions, l'Union soviétique s'effondra.
Tous ces gens, poussés vers cette religion, autoritaire, endiablée contre le matérialisme, devaient alors se trouver un nouvel ennemi. Pour le malheur de l'apprenti sorcier le nouvel ennemi matérialiste devint les USA, et de manière générale, un Occident considéré comme le temple du matérialisme, non plus, le matérialisme scientifique ou historique du marxisme, mais le matérialisme vulgaire de la société de consommation et de la liberté sexuelle dont il s'accompagne.
Le danger était apparu pourtant ailleurs. En Iran, la révolution de 1979 renversa le Shah, allié de Washington, et le nouveau pouvoir de Khomeini fit des États-Unis le « Grand Satan ». Ce phénomène permettait de pressentir déjà la puissance politique que pouvait prendre la mobilisation islamiste lorsqu’elle se tournait contre l'Occident. L’apprenti sorcier entrait dans le piège : la figure du Grand Satan, qu'il utilisera contre l'Union soviétique était facilement susceptible de se retourner contre lui.
Sans avoir immédiatement conscience du phénomène, les autorités nord-américaines ont commis des imprudences particulièrement vives, notamment en faisant stationner, pendant la première guerre du Golfe, des dizaines de milliers de soldats américains sur les terres saintes de l'islam. Jean-Pierre Chevènement, qui était alors ministre de la Défense, avait mis en garde contre les conséquences de certaines pratiques particulièrement provocatrices dans ce contexte, notamment la prostitution et la présence de chiens, considérés par l'islam rigoriste comme une véritable provocation. Cela a radicalisé des populations déjà préchauffées depuis des années : le Grand Satan était en train de changer de visage… »
Les divers organismes constitués pour lutter contre les soviétiques basculèrent dans la lutte contre les USA, c’est ainsi qu’Al Qaïda semble avoir été un des organisateurs des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis d'Amérique, à la suite de quoi l'Occident envoya, des troupes en Afghanistan, puis au Moyen-Orient pour lutter contre des musulmans, non pas parce qu'ils étaient musulmans, mais parce qu'ils affrontaient l'hégémonie des USA, qui était alors à son zénith avec la disparition de l'Union soviétique.
La « guerre contre le terrorisme », engagée par les dirigeants américains fut globalement un échec. Le terrorisme s'est répandu à la suite du rigorisme islamique qui avait été voulu et souhaité par les stratèges américains. Les États-Unis ont même dû se retirer d'Afghanistan en remettant le pouvoir aux talibans, et ont dû composer, en Syrie, avec les forces issues d'Al-Nosra, ancienne branche d'Al-Qaïda, dont les héritiers sont finalement arrivés au pouvoir…
Par la suite cette façon d'affronter l'Occident comme impie, est revenue en boomerang à l'intérieur, même des sociétés occidentales, notamment en Europe où une forte immigration musulmane a conduit à l'émergence de courants communautaristes parfois radicaux qui manifestent des exigences comme imposer des interdits alimentaires, un style vestimentaire aux femmes, et s'opposent aux règles et aux lois dans des zones géographiques dans lesquelles les États ont perdu une partie du contrôle, en France, c'est la Seine-Saint-Denis, en Belgique, c'est Molenbeek Saint-Jean, au Royaume-Uni, ce sont les zones ou 89 tribunaux islamiques font largement la loi, mais il y a bien d'autres endroits.
Tout cela a conduit à un vif recul de la condition des femmes dont l'Occident avait pourtant fait son drapeau. On voit sur ces images la régression vers le voile et la burqa. On remarque que dans tous les pays où s'est développé un port du voile obligatoire, l'ensemble des droits démocratiques de toute la population a régressé, sans apporter pour autant un enthousiasme en faveur des USA ou de l’Occident en général.
L'apprenti sorcier s’est piégé lui-même, mais c'est le monde entier qui paye l'addition.

Cliquer sur l'image ↴
Dessin de Bauer

Fabien Nierengarten
26/9/2026


En tant que catholique (très) peu pratiquant, j'avoue que je ne m’attendais pas à être autant touché par les images de la venue du pape Léon XIV en France. Ce qui me marque le plus, bien au-delà de la fierté légitime d'accueillir le chef de l'Eglise sur nos terres, c’est la ferveur et l'enthousiasme qui semblent marquer cette visite.
J’y vois quelque chose qui dépasse largement la seule foi : l’expression d’un besoin profond de fraternité, de dialogue et de solidarité. Dans une société où les débats publics sont de plus en plus marqués par les divisions, les oppositions et parfois le rejet de celui qui est différent, ces moments de concorde ont pour moi une véritable portée citoyenne.
Nous vivons une période où les inquiétudes sont nombreuses : difficultés sociales, guerres, crises environnementales, perte de confiance dans les institutions… Dans ce contexte, il est tentant de désigner des responsables, de chercher des boucs émissaires ou de dresser les uns contre les autres. Les mouvements qui prospèrent de part et d'autre de l'échiquier politique, sur l'affrontement, la division et la peur de l’autre, contribuent à cette détérioration du débat public.
À l’inverse, ce que je ressens à travers ces images, c’est l’envie de retrouver un langage commun : celui du respect, de la dignité, de l’entraide et du vivre-ensemble. Ces valeurs ne sont pas réservées aux croyants. Elles constituent, à mes yeux, le socle même d’une société démocratique.
Être citoyen, ce n’est pas seulement exprimer ses désaccords ou défendre ses intérêts. C’est aussi accepter l’autre, dialoguer avec celui qui ne pense pas comme soi et chercher ce qui peut nous rassembler. Dans une époque tentée par le repli et la confrontation, cette exigence de fraternité me paraît plus que jamais indispensable, voire vitale.

25 septembre 2026

Anne Mansouret
25/9/2026

MAGISTRALE LEÇON DE DIPLOMATIE…


1000 BRAVOS, VOTRE SAINTETÉ !
Il faut lire attentivement le discours du Pape Léon XIV en réponse au banal et conventionnel mot d’accueil du Président de la République à l’Élysée, ce vendredi 25 septembre 2026.
C’est une magistrale leçon de morale politique et de diplomatie ; truffée de piques bien senties, ciblées en finesse et en nuances à ce dangereux va-t-en-guerre, immature et irresponsable, qu’est Emmanuel Macron.
Je cite le Pape :
« Face aux bruits de bottes et aux crises multiformes qui ébranlent notre monde, la France a la vocation de demeurer un artisan infatigable de paix et de multilatéralisme, notamment au sein de notre chère Europe. »
Tout est dit.