Gilles Casanova
8/6/2026
Le meeting de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, ce dimanche a été un grand succès, comme on pouvait l'imaginer.
Le grand orateur est resté fidèle à la tradition du « programme du dimanche » de la Social-démocratie : c'est-à-dire la promesse faite aux électeurs le dimanche que leurs rêves vont se réaliser, en opposition au « programme de la semaine » qui est ce qu'arrivés aux postes de pouvoir ils font effectivement.
Là où ils ont partagé le pouvoir, comme à Paris, le "programme du dimanche" tourné vers le bien-être et l'épanouissement des catégories populaires a abouti à faire "en semaine" de la capitale, la ville la plus chère du monde à égalité avec Hong Kong et Singapour, une ville dans laquelle il est aujourd'hui impossible à des Français moyens de se loger, une ville qui n'accueille plus que du Airbnb et des bourgeois plus ou moins bohèmes, et – sous le périphérique, sur le bord du canal, ou dans divers autres lieux dans des conditions insalubres – leurs esclaves migrants sans papiers qui leur apportent à vélo les sushis du soir, et qu'ils chantent comme la « nouvelle France ».
« Programme du dimanche » sur l'Union européenne qu'il ne s'agit plus d'empêcher de nuire aux Français, qu'il ne s'agit ni de neutraliser en reprenant sa souveraineté, avec laquelle il n’est opportun ni de rompre, ni de s'affronter, mais qu’il faut « débarrasser du libéralisme », à ce compte, on pourrait aussi demander avec les mêmes chances de succès, aux banques, de moins penser à l'argent et plus à l'Amour universel…
Tout cela devant un parterre nombreux, fervent, décidé, enthousiaste même, mais intensément « blanc » !
Puisque ce courant racialise si fortement les rapports sociaux, on ne peut s'empêcher de lui appliquer sa grille de lecture de la société. Bien que tenu dans le département champion de l'immigration illégale, de la délinquance et du narcotrafic, un département dans lequel le système scolaire voit les jeunes ayant le français pour langue maternelle être minoritaires, dont les grandes villes ont une majorité de moins de 25 ans issus directement ou indirectement de l'immigration récente, c'est essentiellement la petite bourgeoisie radicalisée, détentrice du « privilège blanc » qui se pressait autour de cette grand’messe pour célébrer la nouvelle France et les remplaçants de la classe ouvrière qui n'avaient, eux, pas fait le déplacement.
Dans ces conditions, d'une façon définitivement mitterrandienne, pour couvrir l'acceptation fondamentale du néolibéralisme et leur vision radicalisée de la politique proposée par la fondation Terranova – financée par Bill Gates – qui constitue leur orientation stratégique, l'ennemi invoqué est le fascisme.
Depuis 42 ans c'est cette chanson qui est servie à ceux qui n'ont pas accepté l'abandon par la gauche de la perspective de « changer la vie » au profit de « construire l'Union européenne ».
Depuis 42 ans il faut tout accepter au nom de la lutte contre un fascisme dont la prise de pouvoir serait imminente si l’on ne baissait pas la tête devant les milliardaires et leurs amis pour faire le « Front républicain » derrière leurs candidats.
Mais on peut regarder autour de soi, le fascisme on ne le voit pas. Le néo-nazisme oui, on le voit, il s'affiche, il ne se cache pas, en Ukraine, mais ce sont nos impôts qui le financent à coup de milliards, et il n'est pas question dans le discours de lever le pays contre lui. En revanche il est question d'exiger du Medef qu'il arrête de parler avec Marine Le Pen… Mais le Medef, ce qu’il reproche à Marine Le Pen, c’est d’avoir le programme social de la CGT. Allez comprendre. Donc le Medef devrait être plus raisonnable et parler avec Jean-Luc…
Le grand projet est là, il est exprimé en termes clairs : être second derrière Jordan Bardella à l'élection présidentielle. Voilà qui va terroriser les milliardaires, qui ont tremblé ce week-end en voyant Jordan Bardella et la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles assister ensemble dans des tenues particulièrement élégantes, au Grand prix de Formule 1 de Monaco depuis les loges…
Ainsi, pour les milliardaires, le choix est fait, Jean-Luc est le candidat idéal pour perdre devant celui qui est le candidat idéal pour que « tout change pour que rien ne change » et qui le montre un peu plus chaque jour, maintenant qu'il prend conseil auprès de Thierry Breton pour savoir comment régler le problème de la dette…
On voit que les milliardaires et leurs conseils, McKinsey et quelques autres, n'ont pas qu'un seul scénario en main pour gagner la présidentielle, ils ne se reposent pas entièrement sur les frêles épaules des duettistes de Bilderberg : Edouard Philippe & Gabriel Attal.
Ceci dit, personne ne sait comment vont réagir les Français à une présidentielle qui se terminerait par un « business as usual » après une campagne menée de part et d'autre sur une ligne radicale « pour que tout change »…


























