Vincent Verschoore
30/1/2026
Anton Tchekhov, sur la nature des sociétés défaillantes :
"Dans les sociétés défaillantes, il y a mille sots pour chaque esprit éclairé, et mille paroles grossières pour chaque mot conscient. La majorité reste toujours ignorante, et l'homme raisonnable est constamment vaincu. Si vous voyez des sujets futiles dominer les discussions dans une société, et les sots occuper le devant de la scène, alors vous êtes en présence d'une société très défaillante."
Les sots, encore multipliés par une diffusion médiatique que Tchekhov n'aurait pu imaginer, occupent effectivement toute la place. Des deux sottes qui se pavanent en distribuant bons et mauvais points à la tête de l'UE aux petits soldats du techno-totalitarisme à l'Assemblée nationale, en passant par For Sure et sa clique de vendus et de traîtres, les sots tiennent fermement le pouvoir et l'homme raisonnable ne peut que constater la décadence institutionnelle, morale et intellectuelle dont seuls ces sots et les mafieux, au final, arrivent à tirer profit.
Les gens se détournent de la politique car l'écoulement de conneries et de propagande quotidiennement relaté par les différents médias retourne l'estomac, et la permanence de l'absurde impose une insoutenable fatigue à tout esprit normalement constitué. C'est dans ce vide que se constituent les monstres, que la corruption devient omniprésente, que le fonctionnariat bourgeois se gave de privilèges indus et applaudit le progrès liberticide, la prison numérique et le massacre des classes moyennes par la guerre fiscale et normative.
Comme le disait récemment l'artiste chinois Ai Weiwei sur une chaîne anglophone, en réponse à une question sur la liberté d'expression en Occident et en Chine : en Chine la liberté d'expression est très limitée par un pouvoir centralisé qui veut maintenir la stabilité de l'ensemble, mais où une petite voix peut parfois faire grand bruit. En Occident tout le monde peut gueuler plus ou moins librement, mais tout le monde s'en fout, ça ne change rien.
La disparition de toute réelle participation politique des populations européennes sous le poids de l'empilage institutionnel combiné à la violente répression étatique face à toute tentative de reprise de contrôle populaire, font que l'enjeu n'est plus tant la liberté et la souveraineté au sens gaullien du terme, que la garantie de l'accès à la consommation. Le contrat hobbesien est clairement celui qui nous est imposé, là où la population dépose sa liberté aux pieds du Souverain, quel qu'il soit, en échange de sa sécurité.
Un contrat de dupes vu que c'est le Souverain qui devient alors la menace essentielle, comme on le voit dans tout régime totalitaire, et de plus en plus ici où nous subissons l'installation d'un EuroSoviet bien décidé à régner sans partage.
La liberté comporte des risques et elle coûte cher, mais c'est la seule alternative à la prison. Que voulons-nous ?












