Translate

30 août 2026

Potier Christian
30/8/2026

ÊTRE UNE FEMME EN AFGHANISTAN, C'EST L'ENFER SUR TERRE


C'est la une qui glace le sang ce matin dans Le Figaro Madame. Et elle dit tout.
En Afghanistan, depuis le retour des talibans, être née femme est une condamnation. Plus d'école après 12 ans. Plus de travail. Plus de visage dans la rue, plus de voix qui chante, plus de droit de sortir sans un homme. Battue pour une mèche de cheveux qui dépasse, fouettée pour avoir appris à lire, emprisonnée pour avoir rêvé de liberté.
C'est l'enfer sur terre, oui. Organisé, méthodique, revendiqué au nom de Dieu.
Et au milieu de cet enfer, une lumière : SARAH WAHEDI.
Sarah Wahedi, cette jeune Afghane extraordinaire qui tient tête aux talibans depuis Oxford !
Chassée de son pays, elle n'a pas baissé les yeux. Elle a créé une application, elle alerte le monde, elle crie ce que les médias bien-pensants ne veulent pas voir. Elle, depuis les bancs d'Oxford, fait plus pour les femmes que tous les pseudo-féministes de plateaux parisiens qui manifestent pour la Palestine mais qui n'ont jamais un mot pour les Afghanes.
Sarah Wahedi, c'est le courage absolu. C'est le visage de la résistance. Une femme de 25 ans qui défie à elle seule une armée de barbus obscurantistes.
Son combat nous rappelle une chose essentielle : le voile n'est jamais un choix quand il est imposé par des coups de fouet. L'islamisme n'est pas une opinion, c'est une prison pour les femmes. [...]
Luc Ferry

Oui, l'IA peut nous asservir

Cliquer sur l'image ↴
Gilles La Carbona
Secrétaire national du RPF au suivi de la vie parlementaire

Lescure : le plongeon économique de l’hiver, c’est la canicule de juillet...


- 30/8/2026 - Roland Lescure est formidable. Il nous relaye les dernières estimations de l’INSEE sur la croissance en berne des deux premiers trimestres 2026, sans jamais prononcer le mot récession, mais sans montrer le moindre signe de panique non plus. Pour un peu, on croirait que tout était prévu, sauf la croissance elle‑même, mais il ne peut pas être sur tous les fronts.
Avec son ton de pédagogue fatigué, son regard lointain, presque lassé de devoir répéter toujours les mêmes évidences, il explique sur BFM que ces mauvais résultats sont la conséquence directe des canicules, des tempêtes, bref du dérèglement climatique. On cesse de respirer. On aurait naïvement pensé que la croissance s’effondrait à cause des mesures absurdes prises année après année, à cause du coût exorbitant du travail, à cause des empilements de taxes et de normes, à cause du gaspillage incessant de l’argent public... Mais non : nous nous serions trompés. Lescure nous éclaire. Une question pourtant nous intrigue : comment les mauvais chiffres des deux premiers trimestres seraient-ils causés par les canicules de juillet et août ? Par quel miracle comptable des événements estivaux expliqueraient-ils des résultats économiques de l’hiver ? Nos performances seraient donc impactées par des événements du futur. Extraordinaire. Il fallait y penser.
Résumons : la chaleur de juillet aurait flingué la croissance de janvier. Ne riez pas : c’est Lescure qui l’explique. Il est presque aussi bon que Bruno Le Maire. Cela devient une habitude : des incompétents aux postes clés, et désormais des causes loufoques exposées sans hésitation. Venir nous dire que la croissance s’effondre à cause des incendies de l’été et de la canicule, il fallait oser. Il l’a fait. Et personne n’a relevé l’énormité. Le mépris est entré si profondément dans leur manière de gouverner qu’ils ne se demandent même plus si une once de crédibilité est nécessaire pour expliquer les mauvais résultats. Ils nous auront tout fait, rien ne nous sera épargné, jusqu’au dernier instant.
Il est inconcevable qu’un ministre vienne devant un micro se moquer de nous aussi ouvertement, puis reparte tranquillement poursuivre ses dérives sans jamais être comptable juridiquement de ses actes. À quelques mois de la présidentielle, entendre de tels propos est insoutenable. Dans une démocratie dirigée par des gens honnêtes, l’homme aurait évité de se compromettre à ce point, il aurait, au vu des résultats, démissionné. Mais pour cela, il faut des convictions, une colonne vertébrale, une idée de sa fonction. Lui n’a rien de tout cela : c’est un opportuniste, un carriériste qui dit ce qu’on lui dit de dire. Son amour-propre ne sera pas froissé : il s’en est fait l’ablation sans anesthésie en pactisant avec Macron.
Lescure met en scène des arguments délirants : la canicule, la pluie, l’Ukraine, l’éclipse, les Russes ! Il creuse des déficits dont la profondeur ne l’étonne pas. Ses admirateurs diront qu’il est stoïque. Ses détracteurs répondront qu’il est totalement déconnecté. Pense‑t‑il réellement ce qu’il dit ? On en doute. Ou alors le mal est bien plus profond. Son souci principal est, non pas veiller à la croissance de notre pays, mais expliquer ses déroutes en s’excluant de toute responsabilité. Penser qu’ils pourront tous s’en sortir sans jamais rendre de comptes est insupportable. La responsabilité de leurs incuries sera toujours pour les contributeurs, c’est-à-dire, nous.
Rien ne les oblige « à participer au mensonge, » si ce n’est le confort et l’intérêt personnel. Ce n’est pas une erreur : c’est un choix délibéré. Celui de truquer les chiffres, diluer les responsabilités, les rejeter sur des causes imaginaires. Ils devront répondre de cette forfaiture. Le prochain pouvoir ne pourra être légitime qu’en remettant de l’ordre, et cela passera forcément par une procédure de mise en accusation de ces mensonges répétés qui ont conduit au désastre économique actuel. Et cela devrait figurer au programme de quelques candidats résolus à demander des comptes sur les traîtrises permanentes des hommes de Macron et de Macron lui-même.

29 août 2026

Yann Bizien
29/8/2026


La petite élite politico-militaire et médiatique orgueilleuse qui pousse toujours plus l’Ukraine dans la guerre contre la Russie, et qui nous rappelle tous les jours que nous devons chèrement payer et nous préparer à un affrontement massif contre les forces russes, m'exaspère de plus en plus.
Je la connais, pour l'avoir fréquentée durant 41 ans.
Elle m'exaspère quand :
- Elle offre des milliards d'euros à un régime corrompu en Ukraine, à chaque caprice de Zelensky, cela sans notre avis, sans vote, sans transparence, sans contrôle et sans limites, servant prioritairement une cause étrangère plutôt que l’intérêt national, qu’il ne faut certainement pas confondre ;
- Elle livre des secrets de fabrication de missiles de MBDA, portant gravement atteinte à notre souveraineté industrielle et militaire, ainsi qu'à notre indépendance stratégique ;
- Elle porte inconsciemment atteinte aux intérêts vitaux de la Russie, puissance nucléaire, sans en imaginer les conséquences possibles dans la suite de cette guerre ;
- Incapable de fabriquer la paix, elle n’a plus d’autres solutions que l’escalade militaire et la guerre à outrance, cherchant la poursuite de cette guerre mais uniquement avec "le sang des autres", révélant ainsi sa lâcheté et son hypocrisie réelle.
Pousser l’Ukraine à poursuivre cette guerre par procuration, dans ces conditions, c’est-à-dire à nos frais et risques, avec notre argent et nos équipements militaires, en oubliant que cette guerre tue et détruit, sans aucun levier démocratique, m'exaspère tous les jours.
Il est parfaitement clair que nous avons au pouvoir une petite élite russophobe, lâche et belliciste, dépassée par tous ses échecs en politique intérieure, incapable de nous offrir d’autres perspectives qu’une logique de guerre qu’elle alimente par intérêt plutôt que par réalisme.
Nous connaissons tous l'option possible pour une paix d'équilibre et durable sur la ligne de front à l’est de notre continent : mettre un terme à l’expansion ostentatoire de l’Alliance Atlantique vers les frontières russes, ne pas otaniser la Mer Noire et ne pas occidentaliser l’Ukraine, qui ne doit pas rentrer dans l’UE ni dans l’OTAN.
Je n'éprouve aucun sentiment et aucun intérêt pour les États autres que la France. Le seul drapeau que j'admire est celui de la nation française.
L’OTAN et l’UE ne nous apportent ni la paix, ni la stabilité. Bien au contraire. Ces deux organisations sont truffées d'élites orgueilleuses, aveuglées par leurs ambitions personnelles et incapables de reconnaître le fait objectif qu’elles sont allées trop loin dans la provocation de la Russie.
Pour gagner la paix, l’Ukraine doit sortir de l’emprise des européistes et devenir un pays neutre.
Et pour gagner la paix à l’est de notre continent, il faut surtout une rupture politique majeure en France.
Point.
Régis de Castelnau
27/8/2026

« L'État profond » est-il en train de lâcher Macron ?


Dans une vidéo diffusée ce matin sur Tocsin, j’ai exposé l’analyse que je fais depuis quelque temps selon laquelle le système Macron est dans une impasse politique qui va probablement amener une rupture avec lui au moment de l’élection présidentielle. Rien ne sera simple après, mais au moins le pire du cauchemar que nous ont infligé les organisateurs du coup d’État de 2017 auras pris fin. Il sera peut-être possible de commencer à régler les comptes.

⇒ Lire la suite et voir la vidéo
Лионель Пат
28/8/2026


La femme que l’on voit derrière Raphaël Glucksmann est son ex-épouse, Eka Zguladze, une Géorgienne. Ils ont été mariés, ils ont eu un enfant ensemble.
Ce qui est intéressant avec Eka, c’est son parcours. Elle a été ministre de l’Intérieur en Géorgie sous Mikheil Saakachvili. À l’époque, le régime était accusé de graves dérives : corruption massive et, surtout, tortures systématiques dans les prisons. Un énorme scandale a éclaté en 2012 avec des vidéos choc tournées dans la prison de Gldani, ce qui a contribué à la défaite électorale de Saakachvili et de toute son équipe. Eka a été chassée avec les autres.
Après ça, elle perd même sa nationalité géorgienne. Et là, chose incroyable selon le vidéaste : la CIA intervient et fait en sorte qu’elle soit nommée vice-ministre de l’Intérieur en Ukraine en 2014-2015, juste après la révolution de Maïdan. Elle obtient une citoyenneté ukrainienne temporaire pour occuper ce poste.
Le locuteur lie précisément cette période à des rapports d’Amnesty International qui dénonçaient à l’époque un pic de tortures, de disparitions et d’exactions. Il parle aussi du conflit dans le Donbass : plus d’un million de déplacés internes, dont environ 600 000 qui ont fui vers la Russie, selon lui à cause des agissements des bataillons nationalistes ukrainiens (il les appelle « ukro-nazis »).
Il rappelle aussi que Raphaël Glucksmann lui-même était à l’époque conseiller de Saakachvili et qu’il a défendu publiquement le régime géorgien. Le président géorgien de l’époque (ou des sources proches) aurait même suggéré que Glucksmann, en tant que mari d’Eka, était en quelque sorte complice des violations des droits de l’homme commises sous ce régime.
Quant à Saakachvili, après avoir été chassé de Géorgie, il est nommé gouverneur de la région d’Odessa en Ukraine. Là-bas, avec d’autres Géorgiens proches de lui, ils forment ce qu’on a parfois appelé la « mafia géorgienne » en Ukraine : ils sont accusés d’avoir pillé le pays. Finalement, Saakachvili est à son tour viré, déchu de sa nationalité ukrainienne, et finit par être extradé vers la Géorgie où il est aujourd’hui en prison pour corruption et abus de pouvoir.
Pour le vidéaste, tout ça montre que Raphaël Glucksmann, qui se présente aujourd’hui comme un grand défenseur des droits de l’homme, de la liberté d’expression et un adversaire farouche des dictatures, a en réalité été très proche (par mariage et par amitié politique) de figures centrales d’un régime accusé de corruption et de tortures en Géorgie, puis en Ukraine – avec, en prime, l’intervention supposée de la CIA pour replacer Eka à un poste clé.
Bref, pour lui, Glucksmann est un opportuniste qui utilise les beaux principes pour faire carrière, alors que ses liens passés racontent une tout autre histoire.
Stéphane Rozès
28/8/2026

Jacques Cotta
25/8/2026

MÉLENCHON DE GAUCHE…

Après sa rentrée aux amphis de la FI, voilà Mélenchon qui réincarnerait une « vraie gauche » aux accents sociaux, « défenseur des services publics », porte-parole d’une « vision républicaine » pour une France retrouvée.
N’en jetez plus !
Il ne sert visiblement à rien de rappeler les positions de JLM et de la FI sur tout ce qui participe à la dislocation de la Nation : l’immigrationisme, le wokisme sous toutes ses formes, la bienveillance sinon le soutien à l’égard de l’islamisme, la condamnation des « tout blanc tout moche », la « nouvelle France » opposée à la France tout court dans le but de la fracturer…
Non, cela ne sert visiblement à rien.
JLM prépare par sa radicalité de salon l’avènement de Marine Le Pen, courroie de rechange du système.
Ses positions ne sont qu’affichage médiatique destinées à duper ceux qui voudront bien l’être. Car sur les moyens pour mettre en pratique la moindre mesure, il renonce tout simplement en demeurant dans le cadre de l’Union européenne, en acceptant l’abandon de souveraineté, en participant à la cohorte qui n’a en réalité pour seul programme que la destruction de la France.
En fait, JLM, c’est Dalida, charme en moins : « Paroles, paroles, paroles… » Des mots, encore des mots… et en période électorale « toujours les mêmes ».

28 août 2026

Gabriel Nerciat
28/8/2026

POLITIQUE, MON DISCOURS DE LA MÉTHODE


Dans mes derniers jours de vacances, je regarde les débuts de la campagne présidentielle de façon très distante (dès que j'ai vu hier à Roland-Garros le niveau des propos des principaux candidats - le plus nul de tous étant sans conteste Retailleau, suivi de près par l'accablant Edouard Philippe, et la plus stupide, sans surprise, Marine Tondelier – j'ai préféré assez vite m'éloigner du poste pour profiter des derniers moments de soleil).
Chose curieuse : alors que tout le monde sait déjà que la campagne va se jouer entre deux ou trois candidats appelés à dominer les autres (Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, et celui ou celle qui parviendra à incarner l'héritage ripoliné de l'extrême-centre macronien, vraisemblablement rallié par les derniers notables LR en phase de déshérence terminale), on voit quasiment tous les jours arriver un nouveau gus improbable qui veut participer à la grande épreuve quinquennale alors qu'absolument personne ne lui demande rien : Bertrand, Hollande, Lisnard, peut-être bientôt Natacha Polony, Alexandre Jardin, Michel-Edouard Leclerc, Jérôme Guedj ou même le pauvre Henri Guaino (je l'aime bien, j'espère qu'il ne sombrera pas dans le ridicule).
Sans parler du malheureux Eric Zemmour, qui semble avoir disparu corps et âme, harnaché et vampirisé par son encombrante, dérisoire et ambitieuse maîtresse (quel destin pathétique, quand on y songe, pour l'idole en berne des soi-disant virilistes).
Il ne manque que Francis Lalanne, en plus de l'improbable Sylvain Durif, et je me demande bien pourquoi car il est, esthétiquement et intellectuellement, très supérieur à la plupart de ceux que je viens de citer.
En réalité, la sélection des candidats se fait pour moi de façon assez simple et de manière essentiellement négative (comme il arrive souvent depuis l'élection de Chirac).
Vous barrez le nom de tous ceux qui :
- pensent qu'il n'y a pas assez d'étrangers et de migrants, réguliers ou non, en France et qu'il faudra en importer beaucoup plus ;
- prétendent que le problème le plus urgent à régler est celui de la dette publique et de la réduction du déficit budgétaire (le nombre de sottises qu'on entend, dans un sens ou dans l'autre, à propos de cette scie antédiluvienne est impressionnant) ;
- affirment qu'il va faire de plus en plus chaud et que cela doit nous contraindre à reconfigurer l'essentiel de l'organisation de la société et des moeurs françaises ;
- répètent qu'il n'y a pas d'avenir sensé hors de l'intégration européenne renforcée.
- menacent d'entrer en guerre contre la Russie au nom de l'Ukraine ou de la Pologne ou des nains baltes (au choix).
Une fois éliminés tous ceux qui ont coché, à un moment ou à un autre, l'un de ces cinq critères, vous regardez ce qui reste. Et le choix est fait, faute de mieux.
C'est facile, en fait, la politique. Pas besoin d'aller l'étudier pendant cinq ans rue Saint-Guillaume.
H16

L’été 2026 a prouvé que les écolos ont tout faux

Il faut toujours faire attention à l’environnement : on ne sait jamais d’où il va attaquer. Son ironie mordante a même poussé certains à mourir de chaud dans des appartements superbement isolés pour l’hiver…

Le 25 juin dernier, la France enregistrait une canicule historique. Dans la foulée, Santé publique France comptabilisait 5.764 décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit +36 %, concernant très majoritairement les plus de 65 ans. Dans cette période, les décès à domicile ont grimpé d’environ 40 %.

La presse a été fort discrète sur le fait que beaucoup de ces morts à domicile l’ont été dans des logements que le DPE avait très soigneusement notés pour l’hiver : on estime pourtant qu’environ un tiers des logements classés A au DPE (et jusqu’à 37 % de ceux classés « Bon » en confort d’été) se transforment en véritable bouilloires thermiques dès que le mercure grimpe, comme le montre cette analyse de l’ADEME.

Les autorités sont prises par surprise : il apparaît que l’isolation, conçue pour garder la chaleur, la garde aussi l’été !


Malgré ce constat, la machine bureaucratique lancée à pleine vitesse depuis des années sur l’isolation à tout prix et une protection coûte que coûte de l’environnement continue donc avec un discours de plus en plus décalé avec la moite réalité : surtout, les enfants, ne versez pas dans la facilité de la climatisation ! Elle constituerait à l’évidence une « maladaptation » ! Les écologistes et une partie de la gauche insistent : surtout pas de généralisation, cette climatisation « augmenterait les dégâts » !

Moyennant quoi, les EHPAD restent largement dépourvus de chambres climatisées avec comme résultat, une moisson de vieux morts chez eux ou à l’hôpital, pendant que l’on débat savamment de sobriété énergétique.

Cette lamentable histoire de climatisation n’est d’ailleurs qu’un des fruits de la saison ; dans les champs, la même logique a déjà fait son œuvre.

Rebaptisées « mégabassines » par des opposants jamais en mal d’utilisation de préfixes comme « turbo », « méga » ou « ultra » en lieu et place d’arguments solides, les retenues d’irrigations agricoles ont été consciencieusement bloquées pendant des années par des recours et des décisions de justices de plus en plus ridicules, laissant l’agriculture française sans réserve d’eau quand la sécheresse a frappé.


Cette année, 40 à 50 % du maïs potentiellement produit est d’ores et déjà perdu selon la FNSEA ; le ministère de l’Agriculture chiffre de son côté une baisse de 35 % de la récolte, au plus bas depuis 1980. Les laitues, les jeunes pousses et certains légumes ont commencé à disparaître des étals, avec des hausses de prix parfois spectaculaires.

La raison est simplissime : là où l’Espagne dispose de près de 22 milliards de m³ de stockages déployés en 25 ans, la France n’a fait sur la même période qu’un effort microscopique (moins de 10 millions de m³) ce qui explique les atermoiements actuels. On stocke trop peu d’eau en France, et ce n’est pas faute d’avoir été prévenus.

Chaque projet de retenue se heurte à la même litanie : gnagna privatisation de la ressource, gnigni atteinte aux zones humides, « accaparement » et « vilain capitalisme » d’une (méga)agriculture industrielle forcément intensive.

Bilan : aujourd’hui, les nappes sont basses, les cultures grillées, et les prix alimentaires montent. On a tellement bien « protégé » l’eau que c’est à présent la sécheresse agricole. Charmante réussite.

Ce serait suffisant pour s’arrêter et réfléchir, mais la (turbo ?)écologie de combat ne s’arrête pas là : il y a aussi les forêts.


Des obligations légales de débroussaillement existent, mais se heurtent régulièrement à la protection des espèces. Le Conseil d’État a rappelé en février 2026 qu’aucune présomption générale ne dispensait d’une dérogation dès qu’un risque caractérisé pesait sur des espèces protégées (tortue d’Hermann, pie-grièche et consorts, comme l’a salué la LPO).

Comme pour les bassines, les travaux indispensables sont retardés, compliqués, parfois rendus impossibles dans les périodes critiques.

On se souvient encore du massif des Maures en 2021, où l’impossibilité de débroussailler mécaniquement pour ne pas déranger les tortues s’était soldée par plus d’une centaine d’entre elles carbonisées dans l’incendie, un épisode pas suffisamment rappelé dans le débat actuel.

On a protégé les nichées au point de laisser le combustible s’accumuler, et les nichées ont fini grillées, ainsi que le reste de la faune et même des habitations : 90 % des constructions détruites lors des feux de forêt se trouvaient sur des terrains non ou mal débroussaillés, selon les campagnes officielles du ministère.

Là encore, c’est une franche réussite de l’écologie appliquée.

Ce schéma se répète, avidement.

L’éolien, présenté comme la solution décarbonée par excellence, se heurte à son intermittence structurelle : quand le vent tombe, des moyens pilotables prennent le relai, ce qui revient à solliciter des centrales à gaz, exactement le type de production que l’on prétendait remplacer. Le réseau doit en permanence compenser des variations de plusieurs gigawatts en quelques heures, ce qui complique l’équilibre et renchérit le système. Pendant ce temps, la « filière hydrogène » continue de brûler des centaines de millions d’euros publics dans des projets dont la viabilité économique et technique reste, pour l’instant, purement théorique.


On pourrait multiplier les exemples, et à chaque fois retomber sur le même schéma : une mesure présentée comme protectrice, une réglementation minutieuse, des recours, des principes, et au bout du compte l’effet exactement inverse de celui affiché.

On isole pour l’hiver et l’on crée des fours. On refuse la climatisation et l’on laisse mourir les personnes âgées. On empêche de stocker l’eau et l’on assèche les cultures. On protège les nids et l’on carbonise les animaux. On installe des éoliennes intermittentes et l’on se retrouve à cramer du gaz.

Le dogmatisme écologique n’est pas seulement inefficace mais il est véritablement destructeur : confronté à la réalité, cet écologisme de combat s’est fait démonter, éparpiller façon puzzle, montrant sa complète inanité et sa véritable toxicité.

Mais pendant que les prix des légumes s’envolent, que les statistiques de mortalité s’alourdissent et que les massifs partent en fumée, on continue d’entendre parler de « transition », de « sobriété » et de « respect du vivant ». Ces mots ont désormais le même goût que les laitues de plus en plus rares des étals : amers et coûteux.

Les Français qui ont cautionné ces choix stupides en subissent maintenant les conséquences. Espérons (naïvement ?) que ces expériences lamentables leur cuisent suffisamment le cul pour les sortir de leur transe suicidaire.

Il est plus que temps.


27 août 2026

Alex Borg
27/8/2026

Je viens de regarder le début de la grande foire présidentielle et j’ai découvert un concept formidable : élire un président français qui commencera chacune de ses promesses par “si nos partenaires européens sont d’accord”.

Mélenchon veut agir sur la dette : faudra négocier. Marine Le Pen veut changer les marchés publics : faudra négocier. Marine Tondelier sort le “protectionnisme européen” : faudra convaincre. Et puis arrive Édouard Philippe, majestueux comme un grille-pain en costume trois pièces, qui veut carrément obliger la Chine à produire dans la zone euro.
ÉDOUARD. MON GRAND. La Chine.
Le pays qui fabrique la moitié de ce qu’on achète pendant que l’Europe organise des réunions Teams pour décider de la taille réglementaire des couvercles de yaourt. Mais bien sûr, Pékin va recevoir ton courrier et répondre : “Merde, Édouard Philippe n’est pas content, déménageons Shenzhen dans la Creuse.”
Donc gros FUCK à Édouard Philippe sur celle-là, parce que vendre une promesse dont tu ne maîtrises même pas les leviers, ce n’est plus un programme présidentiel : c’est un ticket de Loto avec Ursula von der Leyen qui tient le tirage.
Et c’est ça qui me tue dans ce débat : ils promettent tous des trucs qu’ils conditionnent immédiatement à Bruxelles.
“Je ferai ceci… si l’Europe accepte.”
“Je changerai cela… si les partenaires suivent.”
“Je protégerai les Français… après renégociation.”
Mais bordel, dans ce cas-là, pourquoi vous candidatez à l’Élysée ? Candidatez directement au conseil syndical de Bruxelles, on gagnera du temps.
Une promesse politique que tu ne peux pas garantir n’est pas une promesse. C’est un pari. Et quand les mêmes personnes savent très bien qu’il faut l’accord de 26 voisins avant de repeindre les chiottes, ça commence sérieusement à sentir le casino où le joueur connaît déjà le résultat de la roulette.
Alors qu’on soit pour ou contre la sortie de l’Union européenne, il y a au moins UNE question qu’ils devraient avoir l’honnêteté de poser aux Français :
À quoi sert réellement d’élire quelqu’un sur un programme national si une partie essentielle de ce programme dépend ensuite d’accords européens qu’il ne peut absolument pas garantir ?
Parce qu’à ce rythme-là, en 2027 on n’élit pas un président.
On élit le mec qui ira demander poliment la permission.

Régis de Castelnau
37/8/2026

Rubrique : glucksmannthon

Le gars s’est fait gauler comme un curé surpris au bordel avec son pote Patrick Cohen (tous les deux payés par le contribuable) en train de magouiller avec des dirigeants du PS pour organiser aux frais du contribuable la campagne présidentielle de Glucksmann. S’il y avait un minimum de respect des règles, il aurait dû se faire instantanément virer du service public (et de Libération au passage, mais là faut pas rêver) et devrait émarger depuis à France Travail.
Mais pour éviter une indécence monstrueuse il a été « exclu » de la grille de rentrée de France Inter.
La raison en est simple, les règles justement. Continuer à employer Legrand, militant acharné de Glucksmann, dont il fait déjà la campagne dans son torchon Libération, serait l'infraction (pénale) de « don interdit » d'une personne morale à une campagne électorale. Sa rémunération du service public devrait être réintégrée au compte de campagne de Glucksmann et celui-ci serait alors irrégulier et courrait le risque d'être rejeté, empêchant le remboursement des frais par l'État. Demandez à Sarkozy, c'est très rigolo. Cela obligerait Glucksmann à faire comme Sarko lançant un « sarkothon ». Là on aurait droit à un Gluksmannthon, donnant à la farce une allure cosmique.
Le voilà pourtant qui pleurniche et invoque, écoutez bien, des « ingérences extérieures ». Après Philippe, Attal et Glucksmann, en voilà un autre qui prétend avoir été ingéré. Effectivement, c’est sûrement Poutine, terrorisé par cette nullité, qui est intervenu.
Quand le cauchemar sera terminé, on se demandera comment avons-nous fait pour supporter ces clochards.

Natalia Routkevitch
27/8/2026


Sur le fil du rasoir

Parmi les quelques dizaines d’hypothèses que j’ai lues au cours des dernières 48 heures, celle-ci, bien résumée par Igor D., me paraît la plus plausible :

L’arrivée de Ratcliffe à Moscou, si l’on additionne tous les signaux et données des dernières semaines, signifie que les Américains tentent de ramener la guerre russo-ukrainienne dans un cadre conventionnel où elle peut encore être terminée selon le plan prévu.
Le plan était à peu près le suivant : la Russie achève la conquête de l’agglomération Slaviansk-Kramatorsk, puis la diplomatie prend le relais ; la ligne de front est figée par des accords, une partie des sanctions est levée et le tout est formalisé. Jusque-là, la guerre reste limitée au Donbass, avec les forces et les moyens en adéquation avec l’objectif.
Mais, ces derniers mois, elle a largement débordé de ce cadre. Les frappes contre les infrastructures civiles et énergétiques des deux côtés auront, d’ici l’hiver, des conséquences que personne ne mesure vraiment, ni pour l’Ukraine ni pour la Russie. Le blocage des exportations de céréales se répercute sur le prix du pain dans les pays du Sud global, avec le risque de déstabiliser des régimes dans des pays très peuplés comme l’Égypte ou le Bangladesh. Autrement dit, le conflit russo-ukrainien commence à produire des effets qui dépassent le cadre régional et bilatéral et que Washington ne contrôle plus.
Et il pourrait aller beaucoup plus loin. En cas d’une nouvelle mobilisation partielle, l’offensive russe pourrait sortir du Donbass et s’étendre aux régions de Soumy et de Tchernigov ; après l’axe de Briansk, le territoire biélorusse pourrait également être impliqué. Puis, sous une forme ou une autre, le conflit pourrait gagner les pays baltes, déclenchant cette fois un affrontement entre la Russie et l’OTAN susceptible d’exiger une intervention directe des États-Unis.
Les conséquences d’une telle escalade ne se limiteraient pas à l’Europe. L’Iran pourrait à son tour durcir sa position. Les Américains tentent actuellement de pousser Téhéran à accepter un compromis. Une escalade en Europe de l’Est fournirait aux dirigeants iraniens un argument pour le refuser, puisque les Américains auraient les mains occupées ailleurs. Washington devrait alors lancer une nouvelle opération contre l’Iran, avec, en arrière-plan, le risque nucléaire. La presse occidentale évoque également, dans ce scénario, la Chine et Taïwan : ce serait un moment propice à une opération de l’armée chinoise sur l’île. Pour Washington, voir trois crises s’embraser simultanément serait un désastre.
À titre préventif, une réorganisation du Pentagone se prépare : le très médiatique Hegseth pourrait être écarté, afin d’éviter de nouvelles initiatives hasardeuses. Trump, lui aussi, a été quelque peu mis en retrait.
Tout est donc fait par Washington pour contenir la guerre russo-ukrainienne dans le cadre régional. Le directeur de la CIA se rend à Moscou pour énoncer ce que les Américains appellent les « lignes rouges ». En parallèle, Washington demande à Kiev de suspendre ses frappes aériennes et maritimes. Autrement dit, les Américains agissent simultanément auprès des deux camps.
En Ukraine aussi, des évolutions intéressantes sont à l’œuvre. Après le limogeage du ministre de la Défense et la nomination d’un successeur, l’armée est en cours de réorganisation. Le secteur Slaviansk-Kramatorsk est confié à deux unités bien connues : le 3e corps de Biletsky et le 1er corps de la Garde nationale de Prokopenko, le fameux « Redis » d’Azovstal.
Sur le plan organisationnel, ce sont les formations les plus novatrices des forces ukrainiennes, avec leur propre système de formation et de recrutement. Mais ce n’est pas la raison principale de leur mise en avant. Les groupements de Biletsky et de Prokopenko, composés de nationalistes radicaux, sont les adversaires les plus intransigeants de toute négociation avec la Russie. En cas d’accord de paix, ils pourraient devenir des opposants redoutables au pouvoir, disposant à la fois d’un soutien réel et d’une forte légitimité militaire.
Leur confier la défense de Slaviansk et de Kramatorsk, c’est leur donner la possibilité de faire leurs preuves précisément là où se joue le sort du plan de sortie de guerre. S’ils ne tiennent pas les villes, ce sera leur responsabilité : « nous avons fait tout ce que nous pouvions ». S’ils les tiennent, tant mieux pour eux : le président leur aura donné les moyens de le faire. Dans les deux cas, le pouvoir se prémunit à l’avance contre des critiques.
Le moment est donc réellement décisif : il s’agit de tenter de figer la guerre dans une configuration où elle peut encore être arrêtée. Les Américains demandent simultanément à Moscou de ne pas aller au-delà du Donbass, et à Kiev de ralentir ses frappes contre la Russie, tandis que Kiev place sur ce secteur clé ceux qui pourraient devenir, après la guerre, le principal problème de Zelensky.
Les Américains disposent-ils d’arguments suffisamment convaincants ? On l’ignore. Mais de leur capacité à imposer cette ligne à tous les protagonistes dépend peut-être la possibilité même de mettre fin à ce conflit avant qu'il ne dégénère en quelque chose de beaucoup plus grave. Car si cette tentative échoue, il risque de se transformer en guerre mondiale.
Igor D (politologue russo-ukrainien)

26 août 2026

Yannick Ferret
21/8/2026


Le 1er septembre, la facturation électronique devient obligatoire. Près de 10 millions d'acteurs économiques sont concernés, dont plus de 7 millions d'entreprises.

Toutes les entreprises devront être capables de recevoir leurs factures électroniques par l’intermédiaire d’une plateforme agréée.

Artisans, commerçants, indépendants, TPE : tout le monde est concerné.

Et ce n’est que la première étape.

À partir de septembre 2027, les TPE et PME devront également émettre leurs factures par ce système.

Le problème n’est pas la facturation électronique en elle-même. Le problème, c’est la manière dont la France a choisi de l’imposer.

L’État avait initialement promis un portail public gratuit permettant aux entreprises d’émettre et de recevoir leurs factures. Il y a renoncé en 2024.

Les entreprises doivent désormais se tourner vers plus d’une centaine de plateformes privées agréées, avec leurs propres offres et leurs propres conditions commerciales.

À quelques jours de l’échéance, une partie des petites entreprises n’a toujours pas choisi sa plateforme ou ne maîtrise pas précisément ses nouvelles obligations.

Mais il y a un sujet bien plus sensible : celui des données.

Le nouveau système prévoit la transmission à l’administration de nombreuses informations contenues dans les factures et les transactions : identité du fournisseur et du client, montants, TVA, nature des opérations et, dans certains cas, données de paiement.

Nous allons donc faire circuler et concentrer une quantité considérable d’informations économiques sensibles sur nos entreprises.

Et cela au moment même où les systèmes publics viennent de subir plusieurs compromissions majeures.

⇨ 1,2 million de comptes bancaires concernés par un accès illégitime au fichier FICOBA.

⇨ Jusqu’à 11,7 millions de comptes concernés par la fuite de données de France Titres-ANTS.

⇨  678 000 particuliers et professionnels concernés cet été par une extraction frauduleuse de données de la DGFiP.

Ce sont des faits...

Bien sûr qu’il faut moderniser la facturation.

Bien sûr que le numérique peut simplifier la vie des entreprises, accélérer les échanges et contribuer à lutter contre la fraude.

Mais rien n’oblige la France à imposer cette généralisation dès 2026.

Plusieurs pays européens n’ont toujours pas d’obligation générale de facturation électronique entre entreprises. D’autres ont choisi des calendriers plus tardifs : 2027, 2028, voire au-delà.

Quant au dispositif européen harmonisé de déclaration numérique des transactions B2B transfrontalières, il ne doit entrer en vigueur... qu'en 2030.

La France n’est donc pas « en retard ».
Elle a choisi d’aller plus vite.
Une surtransposition de plus !

La vraie question est simple :

Pourquoi faudrait-il être toujours plus rapide pour imposer une nouvelle contrainte ?

En l'état actuel des choses, David Lisnard demande de suspendre l’obligation généralisée de la facture électronique.

Suspendre ne veut pas dire renoncer.

Cela veut dire prendre le temps de sécuriser le dispositif, garantir une solution réellement accessible à toutes les entreprises et protéger leurs données.

Les entrepreneurs ont besoin de stabilité, de simplicité et de confiance.

Pas d’une nouvelle usine à gaz administrative.

Vous êtes chef d'entreprise, artisan, commerçant, président d'association ?

Qu’en pensez-vous ?
Jeff Wuillai
26/8/2026


Cette couverture est à elle seule le constat d’un naufrage intellectuel. « Complotistes : les nouveaux fascistes » : voilà où en est Charlie, un journal autrefois capable de pulvériser les puissants, les dogmes et les certitudes avec trois traits de crayon, réduit aujourd’hui à coller des étiquettes sur ceux qui sortent du rang. Le mot « complotiste » est devenu une arme d’une facilité consternante : vous doutez, vous questionnez, vous demandez des preuves, vous refusez la version dominante ? On vous colle le tampon et la discussion est terminée. Et si cela ne suffit plus, on monte d’un cran : « fasciste ». Bravo, quelle audace ! Plus besoin de démontrer, de distinguer le délire de l’interrogation légitime, le mensonge de l’erreur, la manipulation de la simple défiance. On amalgame tout et on condamne en bloc. Et cette orientation ne tombe pas du ciel : Riss dirige aujourd’hui Charlie et en constitue le centre de gravité, Gérard Biard en est le rédacteur en chef et Jean-Loup Adénor, rédacteur en chef adjoint, préface précisément ce hors-série consacré aux « complotistes ». Ce sont donc bien quelques-uns des responsables éditoriaux actuels qui assument cette ligne. Qu’ils l’assument jusqu’au bout, mais qu’ils ne viennent pas nous vendre cela comme l’héritage intact de Cabu, Wolinski, Charb, Tignous ou Honoré. Charb combattait lui aussi les théories du complot, mais combattre une affirmation fausse en la démontant n’a rien à voir avec transformer une catégorie entière de contradicteurs en « nouveaux fascistes ». Le vieux Charlie était un formidable bordel de fortes têtes qui se contredisaient, se provoquaient et n’accordaient aucun brevet de bonne pensée. Après 2015, cinq géants ont été assassinés, d’autres sont partis, l’équipe a été profondément renouvelée et la rédaction est devenue bien plus structurée autour d’une ligne identifiable. Le résultat est là : ceux qui autrefois auraient ri des gardiens de la pensée correcte semblent désormais tentés d’en distribuer eux-mêmes les bons et les mauvais points. Ce n’est pas du courage, c’est de la paresse intellectuelle enveloppée dans le vieux papier cadeau de l’irrévérence. Un journal satirique digne de ce nom démonte les mensonges un par un et accepte que certaines questions dérangent. Il ne transforme pas le mot « complotiste » en muselière et « fasciste » en massue. Cabu, Wolinski, Charb, Tignous et Honoré étaient irremplaçables. On le savait déjà. Avec ce genre de torchon, on mesure à quel point.