Liberté-Résistance
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5 novembre 2026
Gastel Etzwane
4/11/2026
La France en est réduite à faire du froid une vertu
4/11/2026
La France en est réduite à faire du froid une vertu
Sur les réseaux sociaux, un phénomène aussi consternant que révélateur prend de l’ampleur : des Français se lancent le défi de tenir le plus longtemps possible sans allumer leur chauffage, même lorsque les températures chutent. « Pas de chauffage avant décembre », « Le premier qui allume a perdu » : les publications se multiplient, montrant des gens emmitouflés dans plusieurs pulls, coiffés d’un bonnet, enveloppés dans des couvertures, comme s’il y avait quelque mérite à grelotter chez soi.
On pourrait trouver cela vaguement amusant si ce prétendu défi ne révélait pas une réalité accablante. Derrière ces plaisanteries se cache la banalisation d’une forme de précarité : renoncer à se chauffer convenablement pour ne pas voir exploser sa facture d’énergie. On finit par présenter comme un choix vertueux ce qui relève, pour une partie de la population, d’une nécessité économique. La privation devient un jeu, la résignation une performance, et l’on voudrait presque nous faire croire qu’il s’agit d’un progrès.
Le plus révoltant est que cette situation se produit en France. Un pays qui avait fait de son indépendance énergétique une ambition nationale, qui avait construit, dans le prolongement de la politique du général de Gaulle, l’un des parcs nucléaires les plus puissants du monde, et qui disposait ainsi d’un avantage industriel et économique considérable. Un pays qui produisait une électricité abondante, longtemps parmi les moins chères d’Europe.
Il aura fallu des décennies de décisions politiques contestables, d’atermoiements et d’abandon progressif de toute véritable ambition industrielle pour en arriver à cette situation : dans l’une des grandes puissances nucléaires civiles du monde, des citoyens se félicitent désormais de pouvoir passer leurs soirées sans chauffage. (...)
4 novembre 2026
Yann Thibaud
27/10/2026
27/10/2026
Trahir le peuple, le décevoir systématiquement, prendre des engagements et faire à peu près le contraire, tel semble désormais le nouveau comportement à la mode chez nos chers et bien-aimés dirigeants !
Deux exemples emblématiques parmi de nombreux autres : Donald Trump qui, avant son élection, se déclare opposé à toutes les guerres et qui, une fois élu, ne trouve rien de mieux à faire que d'en déclencher une nouvelle, totalement absurde et contre-productive.
Ou François Hollande qui s'est fait élire en déclarant « mon ennemi, c'est la finance » et qui, bien sûr, s'empressera durant son mandat de continuer à favoriser systématiquement les milieux financiers.
Aussi la vie démocratique contemporaine pourrait-elle se résumer à une tromperie permanente du peuple par ses dirigeants et aspirants au pouvoir, peuple naïf et crédule, qui chaque fois espère et chaque fois se trouve trahi et déçu jusqu'au prochain mensonge, pour finir par ne plus croire en rien ni personne.
Différentes solutions ont été proposées pour remédier à ce tragique et désespérant état de fait : le mandat impératif et révocatoire ou bien sûr le fameux référendum d'initiative citoyenne.
Mais il me semble que le mal et le problème sont si profonds, qu'ils ne pourront être résolus durablement, aussi longtemps que l'on ne comprendra pas leurs véritables causes et origines.
Si les dirigeants trahissent le peuple, c'est parce qu'ils n'ont aucunement pour objectif son bonheur et son accomplissement, mais bien plutôt le déroulement optimal de leur carrière, par l'obéissance et la soumission à l'égard de groupes et institutions, porteurs et serviteurs zélés de différentes idéologies aberrantes et toxiques : mondialisme, néo-libéralisme, dérégulation financière, néo-conservatisme, progressisme, transhumanisme...
Ainsi, pour que le peuple ne soit plus trahi, encore faudrait-il qu'il soit informé des réels desseins et objectifs de ses dirigeants.
Et pour cela qu'un véritable débat soit engagé sur le contenu de ces idéologies, qui constituent leurs références implicites et inavouées.
C'est donc par le débat honnête et approfondi, serein et paisible, que nous pourrons reprendre notre pouvoir et exercer notre pleine et entière souveraineté.
Et non en continuant à être trompés et manipulés par des slogans simplistes concoctés par des agences de conseil, ou par les envolées lyriques de démagogues politiques, coachés par des spécialistes du média training, avec justement la complicité des médias dits mainstream, aux ordres de quelques oligarques très intéressés par le maintien d'un système qui les favorise grandement, au détriment d'un peuple toujours perdant.
Reprendre notre souveraineté, cesser d'être toujours victime et perdant, implique donc d'élever considérablement notre niveau de conscience, d'intelligence et d'instruction, ce qui était précisément l'objectif poursuivi, il y a plus d'un siècle, par les instituteurs appelés alors « hussards de la république ».
Résister au conditionnement et à l'abrutissement sous toutes leurs formes, devenir sa propre autorité, exercer et développer son acuité d'analyse, sa rigueur logique et son esprit critique, qui n'est rien d'autre que l'exercice même de l'esprit : tels sont les fondements salvateurs, indispensables et hautement spirituels de la révolution intérieure et extérieure, personnelle et collective à laquelle nous sommes aujourd'hui appelés, tout à la fois par la gravité de la situation présente et par la raison d'être de notre présence sur terre en cette vie, en cette période de changements profonds et de mue radicale de notre monde et de notre humanité.
Gastel Etzwane
3/11/2026
Comment les médias vont lancer une grande campagne de propagande pour installer un « gouvernement technique » à la tête de l’État
3/11/2026
Comment les médias vont lancer une grande campagne de propagande pour installer un « gouvernement technique » à la tête de l’État
Première étape : d’ici l’élection présidentielle de 2027, un événement économique fournira tous les éléments pour imposer l’idée qu’il faut un candidat « technique », capable de vendre l’austérité comme la solution miracle.
Deuxième étape : l’annonce de Christine Lagarde, qui se présentera et incarnera à merveille ce gouvernement technique tant voulu par les médias. Elle quittera la présidence de la BCE le 7 février 2027, près de neuf mois avant la fin de son mandat. Elle assure ne pas être candidate, mais elle a prévenu qu’« une voix européenne doit s’exprimer dans le débat présidentiel français ».
À partir de ce moment, les candidats du bloc central et de la droite (Retailleau, Philippe, Attal) se retireront un à un, en « prenant acte de la gravité de la situation économique du pays », au profit de Christine Lagarde.
Troisième étape : les signaux économiques continueront de clignoter, pour que chaque citoyen se persuade que, s’il ne vote pas pour le candidat de la rigueur, il sera responsable de la faillite. On culpabilisera les candidats et militants qui soutiennent LFI ou le RN, toujours selon le même principe : « nous ou le chaos ». Et le pire, c’est que ça fonctionnera.
Ce scénario a déjà été joué. En 2011, en pleine crise de la dette, la Grèce confie le pouvoir à Lucas Papadémos, ancien vice-président de la BCE, et l’Italie à Mario Monti, ancien commissaire européen. En 2021, Rome appelle Mario Draghi, ancien président de la BCE.
À chaque fois, le même enchaînement : la dette impose l’urgence, l’urgence impose l’expert, l’expert impose la rigueur.
Car une présidentielle ouverte, avec la perspective d’un second tour LFI-RN entre deux programmes rejetés par les marchés, ferait surgir la seule question que le système ne peut pas se permettre : qui décide de nos budgets, et faut-il rester dans l’UE ?
Pour eux, le gouvernement technique n’est pas une option, c’est une obligation pour que leur monde continue.
Potier Christian
4/11/2026
2 800 SOLDATS FRANÇAIS ET BRITANNIQUES EN POLOGNE POUR PRÉPARER LA GUERRE EN UKRAINE. ILS CHERCHENT QUOI ?
Ils cherchent quoi ?
La France et le Royaume-Uni vont mobiliser dans quelques jours près de 2 800 soldats en Pologne, afin de préparer leur déploiement en Ukraine et de dissuader la Russie de reprendre des hostilités.
2 800 soldats. 1 100 Français. 300 Britanniques. 11 pays. Du 9 au 22 novembre, à Nowa Deba, dans le sud-est de la Pologne.
Ils appellent ça l'exercice "Koalicja". Ils appellent ça une "force multinationale de réassurance". Ils appellent ça de la "dissuasion".
Moi, j'appelle ça de la préparation à la guerre.
Ils cherchent quoi ? La paix ? Non. La paix, ça se prépare autour d'une table, pas avec des chars à la frontière de la Russie.
Ils cherchent l'escalade. Ils cherchent la provocation. Ils cherchent à montrer à Poutine qu'ils sont prêts à aller en Ukraine, même sans cessez-le-feu, même sans mandat de l'ONU, même sans l'avis du peuple.
Qui a voté pour envoyer 1 100 soldats français en Pologne ? Personne.
Qui a consulté le peuple français pour aller préparer un déploiement en Ukraine ? Personne.
Qui a demandé aux mères françaises si elles étaient d'accord pour envoyer leurs fils à la frontière de la Russie ? Personne.
Pendant que nos hôpitaux manquent de lits, que nos écoles manquent de professeurs, que nos commerçants ferment, que nos retraités comptent leurs centimes, Macron envoie 1 100 soldats français en Pologne pour préparer la guerre en Ukraine.
Pendant que nos policiers se font caillasser à Marseille, que nos enseignants se font gifler à Nice, que nos agriculteurs se suicident, on dépense des millions pour un exercice militaire en Pologne.
Ils cherchent quoi ? Ils cherchent à nous entraîner dans une guerre qui n'est pas la nôtre. Ils cherchent à faire oublier les 6 milliards par an envoyés à Kiev, sans transparence, sans contrôle. Ils cherchent à faire oublier les chambres de torture, la corruption, le régime qui pratique la torture.
Ils cherchent à nous faire peur avec la Russie, pour mieux nous faire taire en France.
Ça suffit !
Nous ne voulons pas de soldats français en Ukraine. Nous ne voulons pas de guerre avec la Russie. Nous ne voulons pas de 2 800 soldats en Pologne pour préparer le chaos.
Nous voulons la paix. Nous voulons la France d'abord. Nous voulons nos soldats pour protéger nos frontières, nos écoles, nos commerces, nos familles.
Pas pour aller mourir en Ukraine pour un régime corrompu.
Non à la guerre. Non au déploiement en Ukraine. Oui à la France, oui à la paix.
Vive la France ! Vive la paix !
Gastel Etzwane
4/11/2026
La double défaite de Donald Trump
Les résultats sont tombés. Selon les projections de plusieurs grands médias (AP, CNN, NBC, BBC, etc.), les démocrates ont repris le contrôle du Sénat (environ 53 sièges contre une quarantaine pour les républicains) et ont également emporté la Chambre des représentants (majorité autour de 218-222 sièges). Victoires historiques dans des États longtemps verrouillés (Texas, Kansas, Caroline du Sud, Ohio, Iowa, Maine). Donald Trump a reconnu des résultats « pires que prévus » et brandit déjà le veto. Cette double défaite n’est pas une surprise. Elle était annoncée depuis des mois, dès le basculement dans le conflit iranien.
En soutenant sans réserve la politique de Benjamin Netanyahu et en s’engageant dans une guerre contre l’Iran, Trump a violé l’une de ses promesses de campagne les plus claires : ne pas entraîner les États-Unis dans de nouveaux conflits. L’Iran n’a pas été vaincu ; c’est Trump qui a été rattrapé par les conséquences. Crise énergétique, inflation persistante, tensions sur les prix à la pompe et au supermarché : les répercussions se sont fait sentir directement dans le quotidien américain. Même si certains indicateurs macroéconomiques (chômage autour de 4,2 %, marché du travail encore résistant) n’apparaissent pas catastrophiques, c’est le coût de la vie au jour le jour qui décide le vote. L’écart entre les annonces (dividende de 5 000 dollars, déductions fiscales, « Trump Accounts », relance énergétique) et les résultats concrets a nourri la déception.
Cette déception a été aggravée par le traitement réservé à une partie de la base MAGA. Trump a insulté ou mis à l’écart plusieurs de ses soutiens les plus visibles et les plus fidèles de la campagne : Tucker Carlson, Marjorie Taylor Greene, Alex Jones, et d’autres figures qui avaient porté le mouvement. En se rangeant du côté des néoconservateurs et d’Israël au prix de ses propres électeurs, il a ouvert une faille que les démocrates ont su exploiter. Le risque n’était pas seulement celui des bascules spectaculaires, mais celui de l’abstention des déçus qui n’avaient plus envie de se déplacer.
Au pays de la liberté, la prudence vis-à-vis des promesses de l’État est constitutive. La réindustrialisation, le contrôle des frontières (interceptions au plus bas depuis 1968) ou certains avantages fiscaux ciblés existent, mais ils ne compensent pas, aux yeux de beaucoup d’électeurs, le sentiment d’avoir été entraînés dans une guerre non promise dont les effets se paient à la caisse de Walmart. Réduire le vote Trump au seul prix du caddie serait simpliste ; ignorer que la guerre en Iran et ses retombées économiques ont trahi le programme et les électeurs le serait encore plus.
Un président qui perd le Congrès devient un « lame duck » (canard boiteux).
Il conserve des leviers en politique étrangère, mais le Congrès dispose du budget, des enquêtes et du pouvoir de bloquer les levées de sanctions. Les discussions sur l’Ukraine ou les sanctions russes se poursuivront, mais dans un espace plus contraint. Pour les républicains, la leçon est déjà écrite : trahir ses électeurs, trahir son programme et s’engager dans un conflit que l’on avait juré d’éviter ne pardonne pas, même lorsque le bilan n’est pas uniformément négatif. La double défaite de Trump s’explique d’abord par là.
Natalia Routkevitch
3/11/2026
Ce qui est déstabilisant et angoissant, mais en même temps fascinant dans cette période – que l’on appelle celle-ci une nouvelle perestroïka, une grande recomposition mondiale ou encore la phase des guerres du système-monde – c’est qu’elle met à nu la nature des rapports de force qui régissent les relations entre acteurs divers, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des sociétés.
Ceux qui pensaient naïvement que l’humanité, ou du moins sa "partie civilisée", avait atteint le stade ultime de son développement, qu’elle vivait dans le meilleur des mondes, régi par le droit international et des "États de droit démocratiques", découvrent avec stupeur qu’en période de crise, tout peut basculer très vite et que le vernis de l’État de droit se craquelle rapidement, laissant apparaître la réalité du pouvoir politique.
Nous découvrons que ni l’homme ni les rapports sociaux ni les mécanismes du pouvoir n’ont tellement changé. Nous étions peut-être simplement devenus des sociétés trop anesthésiées par le confort, paresseuses et peu vigilantes, qui avaient profité des années des vaches grasses sans vraiment chercher à préserver ce qu’elles croyaient avoir acquis pour toujours.
Comme l’écrit ce professeur de l’Université de Varsovie : "Les événements d’hier devant la Cour constitutionnelle sont la preuve vivante qu’un État sérieux peut commencer à descendre au niveau d’une république bananière plus rapidement qu’on ne le pense. Il suffit que les politiciens des deux principales forces politiques comprennent qu’il est politiquement plus rentable pour eux de s’affronter par la force que d’obéir à la loi."
En écho, ce commentaire assez ironique : autrefois, des dirigeants africains apprenaient au cours de leur voyage en Europe qu’un coup d’État venait de secouer leur pays. Aujourd’hui, ce sont des dirigeants européens qui font demi-tour lors d'un vol vers l'Afrique pour aller forcer les portes des institutions en pleine tentative de coup d’État.
Certains pourraient éprouver une joie mauvaise à voir cette région du monde, qui a longtemps vécu bien mieux que les autres et à leurs dépens, et qui se voyait comme un "jardin au milieu de la jungle", subir à son tour des cataclysmes qu’elle croyait réservés aux autres. L’arroseur arrosé...
Sauf que les rouages de l’histoire vont broyer bien des destins, et il n’y a aucune joie, pour les êtres humains, à traverser ces périodes, même lorsqu’elles sont nécessaires et cathartiques.
Et nous sommes encore loin de la sortie du tunnel.
3 novembre 2026
2 novembre 2026
Natalia Routkevitch
2/11/2026
Yalta 2.0 ou Shenzhen 1.0
2/11/2026
Yalta 2.0 ou Shenzhen 1.0
« "Il s'agit d'un conflit européen"- c'est en ces termes que Xi Jinping aurait répondu au président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui lui demandait si la Chine envisageait d'organiser une rencontre trilatérale entre Vladimir Poutine, Donald Trump et lui-même, en marge du sommet de l'APEC, prévu en novembre à Shenzhen.
Que faut-il comprendre derrière cette formule ?
Commençons par rappeler que Pékin a très mal accueilli plusieurs déclarations de responsables politiques ukrainiens en réaction à son initiative de paix.
Au regard des codes de la diplomatie cérémonielle chinoise, on peut en déduire que Pékin ne cherchera plus à jouer un rôle actif dans la recherche d'un règlement pacifique du conflit.
Les diplomates ukrainiens ont perdu la Chine, qui n'admet pas les formes de diplomatie poussive ou offensive. À Pékin, ce type de posture dans les négociations est perçu soit comme une offense, soit comme une tentative de suggérer que la Chine serait stratégiquement dépendante d'un autre acteur.
Or, la Chine n'étant pas dépendante de l'Ukraine le moins du monde, elle ne peut interpréter un tel ton que comme une offense.
Cela ne signifie pas pour autant que, si Pékin ne parle plus publiquement de négociations de paix, la question de la fin de la guerre ne sera pas abordée en coulisses. Simplement, elle s'inscrit désormais dans un schéma très différent.
Ce n'est plus la guerre qui est envisagée à travers le prisme des relations au sein du triangle Chine-Russie-États-Unis : c'est désormais la configuration même de ces relations qui se dessine sur fond de guerre.
La différence est considérable.
Jusqu'à présent, la priorité était de trouver une issue à la guerre ; ce n'est que dans un second temps qu'était envisagée, de manière hypothétique, la définition des relations au sein de ce triangle. Désormais, la logique s'inverse : c'est la configuration de ces rapports qui passe au premier plan, tandis que la perspective d'une fin de la guerre cesse de faire l'objet de discussions approfondies.
La fin de la guerre suivra désormais un processus d'extinction naturelle, précédé d'une phase d'escalade, plutôt que de résulter d'un arrêt obtenu par la négociation.
La guerre elle-même ne fait donc plus obstacle aux discussions sur la nature des relations au sein du triangle Chine/Russie/États-Unis.
On pourrait appeler cela un Yalta 2.0.
Mais il serait plus juste de parler d'un Shenzhen 1.0, tant les différences sont évidentes : il ne s'agit pas de se partager le monde au lendemain d'une guerre mondiale, mais de définir les termes d'un nouveau modus vivendi à l'échelle mondiale pour la prochaine phase de recomposition du système-monde, qui sera marquée par des conflits majeurs jusqu'aux années 2040.
Pour l'Ukraine, cette reconfiguration de l'approche internationale de la guerre russo-ukrainienne comporte plusieurs risques.
Dans un avenir proche, un format élargi de négociations de paix est impossible.
L'Europe, de toute évidence, est incapable de faire preuve de leadership sur cette question : elle continuera à donner de l'argent. Du moins, tant qu'elle le pourra.
En réalité, pour une bonne partie des responsables politiques ukrainiens, l'Union européenne n'a guère d'autre utilité que de fournir des financements et de cautionner leurs positions.
La guerre entre ainsi dans une phase d'extinction naturelle par une nouvelle escalade.
En outre, après le 20 novembre, elle se poursuivra dans une nouvelle réalité géopolitique.
La fenêtre d'opportunité pour une paix proactive est déjà refermée à 90 %. Après le 20 novembre, elle le sera à 100 %. »
Alexeï Koustch, économiste ukrainien, chroniqueur à El PaísGabriel Nerciat
2/11/2026
UN HÉROS EUROPÉEN
L'époque n'est pas vraiment prodigue en hommes d'État à admirer, surtout sous nos ternes cieux européens, ce n'est rien que de le dire.
Mais désormais, pourtant, le Vieux Continent a enfin trouvé un héros qui soit à la mesure des défis de l'heure présente : Karol Nawrocki, le président souverainiste et conservateur de la Pologne, qui a réussi en moins de 24 heures, en revenant précipitamment d'un voyage officiel au Sénégal et en bravant les menaces physiques que les forces de police fidèles à Donald Tusk avaient diligentées contre sa personne à l'aéroport de Varsovie puis au cœur de la capitale, à tenir en échec le coup d'État mené dans l'enceinte du Tribunal constitutionnel par le Premier ministre libéral polonais, le chancelier Friedrich Merz (plusieurs policiers en faction devant le Tribunal, d'après les témoins de cette soirée épique, parlaient allemand et ne comprenaient pas le polonais) et l'usurpatrice teutonne de Bruxelles Ursula von der Leyen.
Cet évènement spectaculaire et proprement héroïque, très peu commenté en France (sinon par Marine Le Pen hier sur son compte Tweeter), qui nous change des minables chambards des lycéens mélenchonistes ou cégétistes en goguette, constituera, j'en suis sûr, dans l'histoire à venir de la chute de l'Union européenne, un moment de bascule comparable à la victoire du Non au référendum de 2005 ou celle du Brexit en 2016.
Et Dieu sait que ce n'est pourtant pas un amoureux inconditionnel de la Pologne qui écrit ces lignes...
Marc Amblard
2/11/2026
USA - LES ÉLECTIONS DE MI-MANDAT : UN ENJEU MAJEUR POUR DONALD TRUMP
Demain, 3 novembre, sera la date limite pour déposer son bulletin. La période de vote aura duré un mois.
Rappelons que les « midterms », organisées à mi-parcours du mandat présidentiel (tous les 4 ans), sont très importantes car elles déterminent la capacité du président et ses équipes à gouverner pendant les deux années restantes.
Les électeurs doivent renouveler la totalité des 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 des 100 sièges du Sénat. Les deux forment le Congrès qui détient le pouvoir législatif fédéral : il vote les lois, les impôts et les dépenses publiques.
Actuellement, les républicains contrôlent les 2 chambres, ce qui facilite l'action du président.
L'enjeu principal est donc de savoir si Trump conservera une majorité parlementaire favorable.
Si les républicains conservent les deux chambres, il pourra plus facilement poursuivre son programme économique, fiscal et politique.
Si les démocrates remportent la Chambre des représentants, ils pourront bloquer une partie de ses projets législatifs, peser sur le budget fédéral et multiplier les enquêtes parlementaires sur son administration.
S'ils remportent également le Sénat, ils pourront en outre faire obstacle à certaines nominations présidentielles, notamment celles des juges fédéraux.
Il faut souligner que le parti du président en place perd quasiment tout le temps la majorité lors de ces élections de mi-mandat. C’est donc loin d’être gagné.
Si la gauche reprend le Congrès, Donald Trump devra alors composer jusqu'à la fin de son mandat (janvier 2029) avec un Congrès hostile qui fera tout pour lui imposer une présidence douloureuse. Il conservera toutefois ses pouvoirs exécutifs et surtout son droit de véto qu’il entend bien exercer sans réserve.
Rien n’est joué. A demain soir…
1 novembre 2026
Eric Vial
31/10/2026
COUP D’ÉTAT EUROPÉEN AVORTÉ EN POLOGNE ?
31/10/2026
COUP D’ÉTAT EUROPÉEN AVORTÉ EN POLOGNE ?
Ce qui vient de se dérouler en Pologne est particulièrement grave. Et, au-delà des frontières polonaises, de bien mauvais augure pour l’avenir démocratique de l’Europe.
Les démocrates ont-ils tenté un coup d’État institutionnel ?
Hier soir, le Premier ministre du gouvernement centriste et pro-européen, Donald Tusk, a profité du déplacement officiel au Sénégal du président conservateur Karol Nawrocki pour faire intervenir la police autour du Tribunal constitutionnel, la plus haute juridiction du pays.
Objectif ? Empêcher la tenue des travaux de la Cour et en interdire l’accès à son président, son vice-président ainsi qu’à plusieurs juges jugés trop conservateurs et nationalistes.
Le Tribunal constitutionnel de Pologne est depuis longtemps au cœur d’une profonde crise institutionnelle. Ses membres, pour partie nommés sous les gouvernements de droite nationaliste au pouvoir de 2015 à 2023, s’opposent frontalement à l’actuel exécutif pro-européen.
L’Union européenne lui reproche également son manque d’indépendance et son alignement supposé sur les autorités politiques conservatrices.
Le Tribunal avait déjà été l’une des principales pommes de discorde entre Bruxelles et les gouvernements nationalistes polonais, notamment parce que certains de ses juges défendent la primauté du droit polonais sur celui de l’Union européenne.
Mais, en apprenant ce qui se déroulait à Varsovie, le président Karol Nawrocki, déjà en vol, a fait demi-tour.
De retour dans la capitale, il s’est immédiatement rendu, accompagné de son escorte et de nombreux militants, devant le siège du Tribunal constitutionnel.
Sous les acclamations de la foule et dans un tohu-bohu, le président polonais, jouant des coudes, a physiquement forcé le passage face aux policiers avant d’exiger la réouverture de la Cour.
Sur le réseau X, Donald Tusk, ancien président du Conseil européen, a justifié son action en affirmant : « Rétablir l’État de droit est notre devoir. »
De son côté, le ministre de la Justice et procureur général, Waldemar Żurek, a annoncé avoir demandé la levée de l’immunité du président du Tribunal constitutionnel, Bogdan Święczkowski, ainsi que de son adjoint, Bartłomiej Sochański.
Dans la cacophonie générale, une juge nommée par le gouvernement, Anna Korwin-Piotrowska, a annoncé la suspension des fonctions du président de la Cour dont elle assurera l’intérim.
Dans le même temps, le Tribunal constitutionnel a démenti le départ de Bogdan Święczkowski et dénoncé… « un coup d’État ».
La confusion est désormais totale.
Depuis l’arrivée à la présidence de Karol Nawrocki, en 2025, la cohabitation avec le gouvernement de Donald Tusk, au pouvoir depuis 2023, est devenue explosive. Le président refuse notamment d’entériner certaines nominations de juges réclamées par le gouvernement et la Diète.
Face à cette crise sans précédent, le président de la République polonaise vient de convoquer en urgence l’ensemble des forces politiques.
Les prochaines élections législatives sont prévues en 2027.
Gabriel Nerciat
1/11/2026
FIN 2026 EN FRANCE, UN MOMENT PARODIQUE
Etrange moment, quand même, que celui que vit la France depuis un mois.
À la faveur des récentes émeutes urbaines et du faux retour des Gilets jaunes qui leur a servi de prétexte, on dirait que le pays s'offre un moment d'interlude parodique intense en attendant que les évènements réellement sérieux commencent, sans doute après le premier tour de l'élection présidentielle.
D'un côté, on voit toute une faune assez grossière d'intellectuels de gauche à la ramasse, de sociologues d'État au bord de la crise de nerf, de syndicalistes subventionnés sans troupes ni véritable consistance sociale, et des grappes de lycéens ou d'étudiants citadins prétentieux, braillards, vindicatifs, amorphes et totalement décervelés, qui confondent l'insurrection révolutionnaire avec les festivités yankees de Halloween et jouent complaisamment, comme dans un roman de Philippe Muray, la comédie grinçante des révolutions gauchistes du temps passé (on a l'impression que tout ce qui reste à la gauche en ce début de siècle, c'est l'espoir d'un Mai 68 perpétuellement recommencé, où De Gaulle ne reviendrait jamais de Baden-Baden et où le Joker de Batman le remplacerait soudain à l'Élysée) ou bien se racontent risiblement des rêves dérisoires de grève générale ou d'émeute populaire spontanée – comme si Georges Sorel ou Rosa Luxemburg (que tout ce beau monde n'a sans doute jamais lus) avaient publié leurs premiers textes décisifs en ce début d'année.
L'attentat de Trappes il y a une semaine leur est soudain apparu comme une aubaine inespérée, susceptible de mettre le feu à la plaine et aux locaux du groupe Bolloré, mais rien à faire : la comédie antifasciste elle aussi ne prend plus. C'est d'un autre temps, c'est du réchauffé.
Et puis de l'autre côté, il y a toute la France sénile et racornie des Retailleau, Lisnard, Larcher, Valls, Darmanin, Breton, Borloo, Malhuret et autres vieilles crapules blanchies sous le harnais de la décadence maastrichieenne ou atlantiste, qui font semblant de croire que Mélenchon serait devenu un nouveau Fantômas mâtiné à la fois de Trotski, Drumont, Ben Laden et Amin Dada, s'apprêtant à renverser la République en lançant des hordes de dizaines de milliers de Black Blocs secondés par les sicaires du Hamas à l'assaut des institutions.
Parmi eux, c'est à qui va le plus loin pour exiger la mise en branle de l'état d'urgence ou bien carrément l'article 16 de la Constitution (donner les pleins pouvoirs à un Macron exsangue, en voilà, vraiment, une idée de génie ; on ne peut pas trouver mieux).
Quand on les voit et qu'on les entend les uns et les autres, on se demande vraiment de quel musée Grévin ils sortent, et pour combien de temps ils sont encore là.
Pas plus de six mois, à mon avis, dans le meilleur des cas. Mais mon Dieu, comme ces six mois vont être longs à passer...
Julien Vergès
1/11/2026
L’Europe actuelle fait penser à une femme de mauvaise vie. Non pas la princesse syrienne, fille du roi de Tyr qui dans la mythologie minoenne, fut ravie par Zeus déguisé en taureau. Mais une mégère hystérique, dépensière, de mauvaise foi et qui cherche les conflits. Elle est d'ailleurs dirigée par des bonnes femmes stupides comme Kaja Kallas qui sont globalement une catastrophe. Une classe d’apparatchiks comme celle qui dirigeait l’Union Soviétique. Ou des satrapes comme en Roumanie et en Pologne. Il ne faut pas s'étonner que la diplomatie y soit criminalisée et que l’Europe devienne une banlieue absente des grandes négociations internationales.
Comment est-il possible que l'intérêt de grands pays comme la France ou l'Italie se retrouve subordonné à celui des nains baltes, ces micro États multipliant les provocations sous parapluie otanien pour entraîner tout le continent dans un conflit majeur? L’Union Européenne a inventé le bellicisme sans armée, le militarisme des roquets. Au point que le maître américain demande à ces chiots enragés d'arrêter leurs aboiements bruyants.
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