- 19/3/2026 - Électricité européenne ou gaz russe ? Face à la crise énergétique, malheureusement prévisible dès le début de l'intervention américano-israélienne en Iran, deux options s'offrent à l'Europe. Soit celle d'une réouverture des vannes de gaz russe, naturellement dans l'intérêt de ceux qui en sont dépendants, notamment l'Allemagne. Soit le changement des règles de calcul du prix de l'électricité, qui reviennent à indexer ce dernier sur celui du gaz ! Le choix est pourtant clair, d'un côté la souveraineté et la décarbonation, de l'autre la dépendance et le sacrifice de notre industrie. Les PME françaises n'ont pas à payer pour les dépendances de l'Europe entière, j'appelle l'exécutif à faire preuve de courage politique et à défendre un prix de l'électricité indépendant de celui des hydrocarbures, seule disposition à même de protéger nos concitoyens.
Liberté-Résistance
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19 mars 2026
Régis de Castelnau
17/3/2026
« OK Benjamin en route, on va leur montrer qui c’est Raoul... »
Dernière nouvelle, le sommet américano-chinois prévu de longue date est reporté. Tu m’étonnes !
Face à la capitale accélération de l’Histoire, il est quand même nécessaire de se mettre à jour. Trump invente des coalitions imaginaires pour débloquer Ormuz. Les larbins de l’empire se défilent et passent en mode volée de moineaux lorsque le Donald leur demande de venir lui donner un coup de main pour se sortir de la merde. La France met soigneusement à l’abri le vieux rafiot qui lui sert de porte-avions, en lui faisant faire demi-tour. Après que notre kéké national jamais en retard d’une stupidité puérile, ait quand même montré ses muscles photoshopés. Et lancé un grand référendum national pour savoir comment s’appellera le prochain sabot dépassé qu’il tient absolument à faire construire avec des milliards d’euros que la France n’a pas. Pendant que l’intendance lui fait savoir qu’elle n’a plus de missiles, qu’ils ont tous été donnés à Zelensky, qui les a revendus avec une marge.
En mode : « vous êtes libre de sortir, mais j’ai fermé les portes à clé et mis des barreaux aux fenêtres », Hegseth le brillant « secrétaire d’État à la guerre » étatsunien assure que le détroit d’Ormuz est ouvert, mais que ce sont les Iraniens qui empêchent les pétroliers de passer. Lesquels Iraniens viennent d’en autoriser un, direction la Chine… Ils l’ont guidé sur une route tortueuse pour éviter les mines dont ils ont farci le détroit. On ne sait pas si d’autres vont essayer le passage sans autorisation, mais nul doute qu’ils auraient des problèmes. L’économie mondiale est en train de se gripper, et le pétrodollar, aliment de toutes les bulles spéculatives américaines, semble avoir pris un coup dans l’aile. Pendant que les GAFAM installées au Moyen-Orient, lassées de prendre des missiles sur la figure, commencent à plier bagages pour installer leurs datas sous des cieux plus cléments. Les Iraniens continuent à riposter sur les cibles américaines des pétromonarchies qui, c’est sûr « vont marcher beaucoup moins bien maintenant forcément ».
Israël se fait proprement défoncer toutes les nuits. Pluie de missiles, dôme de protection en fer blanc, économie à l’arrêt, infrastructures inutilisables, population obligée de vivre sous terre, hôpitaux pleins. Mais pas d’inquiétude, grâce à une censure féroce, les institutions de la seule démocratie du Proche-Orient, et les porte-paroles de l’armée la plus morale du monde vous rassurent : « même pas mal ! ». Et ceux qui en doutent sont des antisémites. Comme ceux qui oseraient se poser des questions sur l’état de santé de Benjamin Netanyahou. Aucun témoin crédible ne l’a vu depuis 10 jours, le monde entier se demande où il est passé, mais c’est pas grave. On publie des vidéos IA pourries où on le voit s’agiter avec des doigts plein les mains, ou en train de rigoler au bistro pendant que les bombes pleuvent sur sa capitale, ou encore de taper la discute avec des minettes en week-end à la campagne. C’est pas crédible, mais en attendant et en l’absence de confirmation, les bouteilles de champagne resteront pour l’instant dans les frigos.
27 février 2026, bureau ovale Washington : « OK Benjamin en route, on va leur montrer qui c’est Raoul, à ces éleveurs de chèvres. À ma pogne je veux les voir. Sûr, on va torcher l’affaire en 48 heures. »
Sûr…
Sarah Knafo
19/3/2026
Monsieur Plenel,
Je vais vous parler des 10,4% de Parisiens qui ont voté pour moi, car je sais qu'à vos yeux, « bourgeois » est la pire des insultes. Rien d’étonnant, puisque votre maître, Léon Trotsky, avait l’intention de tous, sans exception, les faire fusiller. S'il n’y est pas parvenu, c’est qu’un autre communiste a décidé de lui planter un pic à glace dans le crâne. C’est ainsi que l’on débat, chez vous autres !
Vous allez encore plus loin. A l’insulte « bourgeois », vous ajoutez « radicalisés », car, pour vous, le mal incarné par la droite n’est jamais assez absolu. Vous auriez tout aussi bien pu écrire « bourgeois radicalisés exploiteurs esclavagistes racistes fascistes anthropophages » : cela aurait été plus honnête de votre part, puisque c’est en réalité le fond de votre pensée.
Permettez toutefois, que je vous détrompe. Mes électeurs sont des honnêtes gens, de toute catégorie sociale. Démocrates, intelligents, travailleurs, lucides, soucieux de leur famille et de leur pays. Ils sont des citoyens exemplaires. J’en ai rencontré des milliers ces deux derniers mois. Je n’ai décelé chez eux ni bêtise, ni méchanceté, ni rien qui justifie tant de menaces voilées et de rage assumée de votre part.
Monsieur Plenel, je crois que vous êtes un homme malheureux, et que cela vous rend amer, et même pénible. Sans doute auriez-vous eu le plus grand mal à trouver votre place dans une ville heureuse. Mais je vous rassure : le jour venu, vous pourrez continuer à y pérorer tout à loisir.
Bonne défaite dimanche.
Sarah Knafo
PS : Vous qui avez touché 2,9 millions d’euros en vendant les parts de Mediapart, où placez-vous votre richesse sur cette carte ?
Gabriel Nerciat
19/3/2026
PAUVRE DROITE PARISIENNE
Pauvres, pauvres électeurs de droite parisiens.
Ils vont se taper encore la gauche bourgeoise social-démocrate et décroissante pendant sept ans.
Mon Dieu, comment la mère Dati peut-elle être aussi ostensiblement nulle ?
Non seulement – comme toujours – elle ne connaît rien à ses dossiers (il est de notoriété publique que sans un souffleur ou une oreillette, elle perd pied sur tous les sujets un peu profonds ou techniques sur lesquels on l'interroge), mais en plus son seul atout sérieux, à savoir sa méchanceté légendaire plus pure que de l'eau de roche de Savoie, elle a décidé ce soir de le garder résolument dans sa manche.
Son regard éperdu lorsque son rival socialiste instruisait son procès en extrême-droitisme faisait vraiment pitié. On aurait dit Madame Thénardier sortie du musée Grévin qui se transforme soudain en Cosette.
Et puis, ce bavardage de pie, ce torrent verbal démentiel de commère méridionale. Quelle misère, peuchère, quel ennui !
Chikirou, au moins, était beaucoup plus vicieuse, plus jolie aussi, en dépit du vide attendu de son discours. Elle aurait été parfaite, toute en cuir, dans un film sado-maso des années 1970-80. Le plaisir qu'elle avait à fouetter mentalement ce grand dadais insipide de Grégoire donnait un peu la trique, par moments, il faut le confesser.
Et pourtant, en dépit de son aide très manifeste (qui a fourni à Grégoire le seul bon mot dont il ait sans doute été capable dans toute sa vie), Dati s'est lamentablement effondrée en moins de trois heures.
Elle ferait presque regretter Knafo, tiens (enfin, c'est une façon de parler, vous m'avez compris).
18 mars 2026
H16
18/3/2026
Pénitentiaire français : « derrière les barreaux » devient une suggestion
Sapristi, les prisons de l’État français débordent allègrement ! Avec plus de 86 000 pensionnaires, la surpopulation carcérale bat tous les records historiques. Faudrait-il construire des prisons pour résoudre cette épineuse équation ?
Allons, voilà qui est électoralement scabreux et financièrement délicat !
Rassurez-vous, la Chancellerie et l’administration, dans un éclair de génie managérial, ont trouvé une solution bien plus innovante, écoresponsable et hautement inclusive pour vider les cellules sans couler de béton : il suffit d’ouvrir grand les portes, d’organiser des promenades champêtres et de regarder ostensiblement ailleurs avec un sourire béat.
La dernière application de ce désengorgement festif a eu lieu le vendredi 13 mars dernier. Magie de la réinsertion, un aimable pensionnaire de la maison d’arrêt de Nanterre, paisiblement condamné pour vol par effraction et trafic de stupéfiants, a ainsi bénéficié d’une petite escapade touristique au musée du Louvre. Comme il se doit en République du Bisounoursland, le Juge d’Application des Peines avait bien sûr validé cette excursion contre l’avis défavorable de la direction de la prison et du parquet.
Sans surprise pour personne (y compris, probablement, le Juge laxiste), notre brave garçon a profité de la cohue dans la station de RER Auber pour semer son escorte et s’évanouir dans la nature, explorant ainsi (ironie mordante) toute l’étendue de ses « droits » alors que le thème officiel de cette joyeuse sortie scolaire pour adultes déviants portait sur les droits des citoyens.
Notons au passage le choix subtil de la destination : le Louvre, véritable passoire institutionnelle dont la sécurité est elle-même devenue une farce d’État.
Évidemment, cette évasion pittoresque n’est pas un banal accident de parcours, mais bien le symptôme consternant d’une doctrine de « justice récréative » qui produit, avec une régularité inquiétante, des miracles évaporatoires.
Le « Club Med » pénitentiaire français a de l’entraînement. En janvier 2025 déjà, un autre brillant représentant des établissements pénitentiaires français, initialement incarcéré à Bobigny pour quelques violences de routine, avait lui aussi profité d’une indispensable sortie culturelle au Musée de l’Homme à Paris pour prendre la tangente. Après tout, l’Homme n’est pas fait pour être ni dans un musée, ni dans une prison, n’est-ce pas. Là encore, le parquet s’y était formellement opposé, mais la soif de culture du détenu devait être étanchée à tout prix.
On pourra aussi mentionner cette indispensable course d’orientation en forêt de Fontainebleau de septembre 2023 : lors de cette activité extra-muros vaguement encadrée pour huit détenus de Fleury-Mérogis, deux participants, dont un fier entrepreneur spécialisé dans l’import-export de produits stupéfiants, s’étaient mis à courir de façon soutenue un peu plus vite et un peu plus loin que les autres. À l’époque, l’administration pénitentiaire, drapée dans sa dignité offensée, défendait bec et ongles ces animations sylvestres, jugées absolument essentielles à la réinsertion de ces voyous racailles futurs ingénieurs dans notre société.
On peut multiplier les exemples, mais l’important est de comprendre que, derrière ces évaporations ludiques et ces considérations humanistes de pacotille, se cache surtout un vaste foutoir approximatif.
L’administration pénitentiaire gère à présent ses détenus par-dessus la jambe, accumulant bourdes monumentales et laxisme institutionnalisé. Les scandales réguliers et consternants des surveillants corrompus facilitant l’introduction de téléphones et de drogue viennent désormais s’ajouter une incompétence étendue dans la gestion administrative la plus élémentaire.
La vérification des identités et des procédures est devenue si désinvolte que littéralement n’importe qui doté d’un peu d’aplomb peut désormais repartir avec un prisonnier sous le bras, comme l’illustre le dernier cas burlesque du samedi 7 mars 2026 à Villepinte : un détenu particulièrement dangereux, affectueusement surnommé « Ganito » et multi-condamné pour séquestration et vol à main armée, s’est fait calmement exfiltrer.
Calmement, car trois complices, déguisés en policiers de supermarché, se sont présentés à l’accueil avec une réquisition de garde à vue bidon. Face à ce stratagème digne d’un mauvais film, les surveillants n’ont absolument rien vu venir et ont laissé repartir le quatuor de malfrats vers de nouvelles aventures. Pompon de l’affaire : il aura fallu quarante-huit longues heures à la prison avant de s’apercevoir que le détenu n’était jamais rentré de son audition imaginaire et que les prétendus policiers n’existaient pas dans les registres. Les cons osent tout, certes, mais ils auraient bien tort de se priver devant l’incompétence et l’incurie de plus cons qu’eux.
On pourrait en rire mais l’enjeu sous-jacent est dramatique.
Le fondement même de toute société fonctionnelle, pacifiée et prospère repose intégralement sur sa capacité, et surtout sur sa volonté indéfectible, d’écarter durablement les monstres, les prédateurs et les criminels endurcis. C’est la condition sine qua non pour protéger les citoyens honnêtes qui se lèvent le matin, paient des impôts délirants et souhaitent simplement faire société sans subir la violence perpétuelle de racailles impunies.
Or, ce « contrat social » minimal, jadis évident, est aujourd’hui méthodiquement piétiné par un État pachydermique, prompt à fliquer le moindre plombier en Doblo frôlant le 52 km/h en agglomération ou à taxer l’air que l’on respire, mais fondamentalement incapable de retenir entre quatre murs ceux qu’il est censé neutraliser.
Face à cette déliquescence, il convient de rappeler Thomas Sowell qui explique que si l’on n’est pas prêt à utiliser la force légitime pour défendre farouchement notre civilisation, alors on doit se préparer à accepter la barbarie en retour. Ce combat est d’autant plus nécessaire qu’il faut souvent plusieurs siècles d’efforts acharnés pour passer de la fange de la barbarie aux lumières de la civilisation, mais qu’il suffit malheureusement d’une poignée de jours de renoncement et d’aveuglement béat pour refaire le chemin en sens inverse.
À voir comment l’État français laisse « transpirer » ses prisons, une conclusion s’impose : ce pays est foutu.
17 mars 2026
Alexandre Legrand
4/3/2026
Vous attendez quoi, franchement ? Les signaux sont là, visibles. Quand le pouvoir concentre les décisions, invoque en permanence la menace et s’installe dans l’exception, ce n’est jamais anodin. L’histoire montre que l’argument du « danger pour la nation » devient vite un outil politique commode.
Décréter qu’il existe une menace pour la France peut, dans certains cas, être nécessaire. Mais si cet état d’urgence devient un motif permanent pour rester en place « pour le bien du pays », alors ce n’est plus une protection : c’est un prétexte. La vigilance démocratique ne consiste pas à nier les risques, mais à refuser qu’ils servent à affaiblir les contre-pouvoirs.
Il n’est pas toujours nécessaire d’attendre un mot d’ordre des partis ou des syndicats pour qu’une société réagisse. Dans d’autres pays, les citoyens sont descendus dans la rue lorsqu’ils ont estimé que les lignes rouges étaient franchies. Pas par goût du désordre, mais par attachement à leurs droits.
La question n’est pas d’agir dans la colère ou la précipitation. La question est de savoir à quel moment l’inaction devient une forme d’acceptation. Une démocratie ne tient pas seulement par ses institutions ; elle tient par l’engagement et la lucidité de ceux qui la composent.
Trump comme l'anti-Habermas
Natalia Routkevitch
17/3/2026
Trump et tout ce qu’il représente, symboliquement et électoralement, constitue sans doute la contestation la plus radicale des intuitions et des prophéties d’Habermas. Il fait un pied de nez à ceux qui ont cru possible d’organiser la vie politique selon des principes habermassiens.
“I love poorly educated people.” La révolte incarnée par Trump est d’abord une révolte contre les talking classes, contre l’expertocratie. Et elle ne se limite évidemment pas aux États-Unis. C’est la colère des « poorly educated people », de ceux qui ont cessé de voter pour les « highly educated people » parce qu’ils ne leur font plus confiance et veulent qu’on leur propose autre chose – Trump, Georgescu, l’AfD…
Plus c’est odieux, mieux c’est.
Cette rage, qui est l’un des moteurs principaux des transformations politiques en cours qui suscitent tant d’inquiétudes, ainsi que la fracture qui sépare les classes éduquées – pleinement transnationales, sécessionnistes – des classes moins éduquées, beaucoup plus ancrées dans le local, constituent, à mon sens, une clé pour comprendre la recomposition du monde, bien mieux que la grille de la lutte des civilisations, du "monde libre" contre "l’axe du mal", ou même l’ancienne lutte des classes.
Dans une note du blog Gleb Smith écrite en mémoire du philosophe allemand, et qui présente Trump comme un anti-Habermas, on devine les raisons de cette rage et de cette déception.
« Habermas fut sans doute le dernier grand philosophe à croire que la parole pouvait triompher du pouvoir. Non pas au sens métaphorique, mais au sens littéral. Il a construit toute une théorie selon laquelle il existerait une forme particulière de communication dans laquelle l’argument l’emporte simplement parce qu’il est le meilleur - et non parce qu’il s’appuie sur l’argent, un algorithme ou une armée. Il appelait cela la rationalité communicationnelle et y a consacré cinquante ans de sa vie et plusieurs milliers de pages.
À peu près au même moment, pourtant, le monde prenait une autre direction. On a vu la montée en puissance de Goldman Sachs, de Fox News, de Donald Trump…
Trump est l’anti-Habermas à l’état pur. Le premier grand homme politique à transformer le mépris de l’argument en produit électoral.
« I love poorly educated people » : ce n’est pas un lapsus, c’est un programme.
Habermas a élaboré une théorie de l’espace public ; Trump a contribué à façonner un espace public dans lequel l’intelligence elle-même devient suspecte.
Que va-t-on garder d’Habermas ?
D’abord, qu’il a posé un diagnostic juste. Le système capitaliste tend à dévorer les espaces où les citoyens pourraient réellement délibérer sur la manière de vivre ensemble. À la place du débat, il reste le marketing ; à la place de la sphère publique, la publicité ciblée. Il l’avait vu très tôt, dès 1981, avant Internet, avant les réseaux sociaux, avant que cela ne devienne une évidence.
Quant au remède qu’il proposait, il apparaît largement illusoire. « Parlons correctement » n’est pas une réponse à la violence structurelle. C’est un peu comme conseiller à une victime de violences domestiques : « Essayez d’utiliser des phrases commençant par “je”. » Elle le voudrait peut-être bien, mais il est difficile d’articuler quand on a les dents cassées.
Habermas n’est pas Kant. Kant est mort et s’est transformé en monument à lui-même: tout le monde le cite, personne ne le lit, et cela ne lui fait que du bien, car un monument ne peut pas se tromper.
Habermas, lui, est trop vivant et trop politique pour devenir un monument : il signait des lettres sur Gaza (« Quel génocide ? Un génocide, c’est quand les méchants tuent les gentils ; quand les gentils tuent les méchants, c’est de la pure autodéfense »), il s’exprimait sur l’Ukraine dans le même esprit, il entrait dans les détails concrets – et, chaque fois, on voyait que sa rationalité communicationnelle, bien intentionnée comme tout ce qui est bourgeois-allemand, a, dans les conflits réels, à peu près la même utilité qu'un parapluie lors d'une tornade.
Il n’est pas non plus Nietzsche. Nietzsche est auteur de dizaines de formules cinglantes que certains lecteurs se feraient tatouer sur la peau. Habermas écrit des phrases de quarante mots sur la logique de la connaissance scientifique. Un jeune contestataire en quête d’un argumentaire politique ne se tournera jamais vers lui.
Il n’est pas Schmitt, qui eut le courage de dire : la politique, c’est la distinction entre l’ami et l’ennemi, et il ne sert à rien de faire semblant que cela peut être autrement. Habermas, lui, a précisément passé sa vie à faire semblant. C’est pour cela qu’on l’aimait dans les universités. Tout le monde n’est pas capable de nier avec autant de sincérité une réalité qui lui est littéralement donnée dans l’expérience sensible, tout en continuant à passer pour un homme de gauche, même s’il ne l’est pas vraiment au sens marxiste.
Pendant ce temps, la rationalité communicationnelle s’est transformée, dans la bouche de ceux qui la pratiquent, en une procédure produisant des silences convenablement réglés. Un discours dans lequel les enfants tués dans les pays avec des “mauvaises” juridictions disparaissent de la sphère publique – non parce que quelqu’un l’aurait interdit, mais parce qu’ils sont, a priori, exclus des parties qui comptent.
Le capitalisme algorithmique d’aujourd’hui n’a pas particulièrement besoin d’Habermas, mais avec Habermas il se sent mieux. Le problème n’est pas que le monde ne soit pas devenu meilleur - le monde devient rarement meilleur grâce aux livres des philosophes. Le problème est qu’au moment critique, la critique elle-même s’est rangée sous les bannières de ceux contre qui elle était censée être dirigée.
On ne peut alors que plaindre l’auteur de cette critique. Et lui souhaiter de reposer en paix."
Gilles Casanova
17/3/2026
Iriez-vous reprocher à une prostituée de coucher un jour avec l'ouvrier, un jour avec le patron, un jour avec le gendarme, un jour avec le voleur ?
Mais non, vous savez bien que la malheureuse ne fait cela que pour l'argent, quelle souffrance elle ressent !
Alors n'allez pas reprocher au « Parti socialiste » de s'allier avec LR pour soutenir Macron et son budget au Parlement, et de s'allier avec LFI dans les élections municipales, il ne fait ça que pour l'argent lui aussi, quelle souffrance il ressent !
Adina de Souzy
17/3/2026
L'Iran vient de faire passer un pétrolier dans le détroit d'Ormuz
17/3/2026
L'Iran vient de faire passer un pétrolier dans le détroit d'Ormuz
La petite musique que Washington n'a pas entendue ? La cargaison a été payée en yuans chinois. Pas en dollars.
Le "Karachi", un navire parti d'Abu Dhabi avec du brut à bord, a traversé sans encombre. Premier pétrolier non iranien à passer aujourd'hui. Direction le Pakistan.
Pourquoi c'est important ? Parce que depuis les années 70, le pétrole se négocie en dollars. C'est ça, le "pétrodollar". Un des piliers de la puissance américaine. Et là, l'Iran dit : vous voulez passer ? Payez en yuans. Sinon, vous restez bloqués.
La Chine regarde ça avec un grand sourire. Pékin pousse depuis des années pour casser l'hégémonie du billet vert. Et Téhéran vient d'ouvrir une brèche. Petite, mais réelle.
Pendant que les médias parlent missiles et frappes, l'Iran joue une autre partition. Silencieuse. Efficace. Et ceux qui croyaient la plier par la guerre oublient que la guerre, ça se gagne aussi avec du commerce, des alliances et des devises.
L'Iran a un plan. Et pour l'instant, il ne passe pas par la table des négociations.
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Gabriel Nerciat
AUTOPSIE SOMMAIRE DES GAUCHES FRANÇAISES
- 17/3/2026 - Je commence vraiment à en avoir assez, d'entendre à longueur de journée (et pas seulement sur C-News, qui au moins assume sa fonction de cabanon zemmourien-Printemps républicain) des imbéciles droitards, laïcards ou sociaux-démocrates version Jules Moch-Guy Mollet 1950 qui pleurent ou bien hurlent depuis hier soir parce qu'à peu près partout en France, hormis à Paris et à Marseille où le bloc bourgeois classique mitterrandien domine encore plus ou moins le corps électoral, les candidats de la gauche libérale et apparentée (PS-EELV-PCF-RG) fusionnent leurs listes avec celles de LFI.
Que croient-ils donc ? Que les élus de gauche sont aussi stupides que ceux de la droite UMP-LR ?
Les militants et les électeurs de gauche sont souvent hypocrites voire pervers, mais ils ne sont pas stupides. Surtout pas Mélenchon, comme le démontre sa victoire de dimanche dernier (qu'on peut toujours relativiser mais certainement pas nier).
À vrai dire, je mets au défi quiconque de fournir une seule raison valable qui justifierait de refuser ce genre de fusion électorale.
La laïcité ? C'est une relique vide, et les socialistes eux-mêmes, comme les sarkozistes du reste, l'ont piétinée jusqu'à plus soif en inaugurant des mosquées ou en arrosant de subventions des associations culturelles qui étaient autant de faux nez des Frères musulmans. Et ce depuis les années 1990 au moins. Alors qu'on arrête de nous bassiner avec ça.
L'antisionisme ? Mais il serait quand même temps que les derniers soutiens d'Israël, ces piteuses loques avariées, comprennent que ce sont au contraire les avocats du sionisme, en France, qui depuis trois ans, et de plus en plus au fur et à mesure que la liste des crimes de masse de l'État sioniste augmente, sont en train de s'exclure durablement de la République, et peut-être même pour certains de la Nation !
Cette évolution au demeurant n'est pas propre à la France mais à l'ensemble des nations occidentales, et elle va de soi (indépendamment de l'importance toute relative de l'électorat musulman).
À chaque fois qu'un imbécile PS, LR ou RN accuse Mélenchon d'antisémitisme, alors même que tout le monde a sous les yeux (en dépit de la censure) ce que Tsahal est en train de faire du Liban, LFI gagne des milliers de voix. Au bas mot. Il n'y a donc personne pour le leur dire ?
J'ai écrit ici plusieurs fois qu'en appliquant à Mélenchon le même discrédit moral qu'à Jean-Marie Le Pen jadis (même s'il n'y a pas de comparaison valable entre le négationnisme implicite de ce dernier et les saillies antisionistes de l'ancien militant lambertiste), on lui fait don du même cadeau : un ticket direct pour le second tour de la présidentielle.
Dimanche prochain, quelque chose me dit que les tenants du "cordon sanitaire anti-LFI" vont avoir l'air fin - Bruno Retailleau le premier, qui est en train au demeurant d'offrir Marseille sur un plateau d'argent à la gauche.
En réalité, les choses sont assez simples à comprendre, et on peut les résumer en deux points :
1) Sans Mélenchon, la gauche en France n'existe plus, et n'est plus en mesure de s'imposer dans la plupart des grandes villes de France (hormis, encore une fois, les deux premières, exceptions très exposées qui confirment la règle).
2) La gauche unie – Front populaire si on veut, même en rajoutant les trotskistes – ne pèse guère plus de 25 ou 28% des voix au niveau national. Elle n'a donc aucune chance de conquérir à nouveau le pouvoir à brève ou moyenne échéance, et elle le sait.
Dès lors, elle doit impérativement se replier dans les villes et les régions afin tout simplement de ne pas disparaître, en attendant que les enfants des immigrés extra-européens les plus récents daignent lui apporter leurs voix dans dix ou quinze ans (lorsque les derniers boomers d'extrême-centre ou démocrates-chrétiens auront passé l'arme à gauche – sans jeu de mots).
Si les téléspectateurs de Pascal Praud et les lecteurs du Point ou de Marianne ne sont pas capables de comprendre ça, ma foi, c'est soit qu'ils sont incurablement idiots, soit qu'ils sont définitivement partis aux fraises...
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