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2 mars 2026

« Epic Fury » : les véritables cibles de l’intervention en Iran

H16

- 2/3/2026 - Samedi dernier, les États-Unis et Israël ont lancé l’opération « Epic Fury » contre l’Iran, déclenchant une riposte iranienne dans l’heure.


Sans surprise, la presse de grand chemin fait ce qu’elle sait faire, à savoir du porridge facile à digérer mais nutritionnellement nul : comparer avec l’Irak en 2003, invoquer le spectre de l’enlisement, s’inquiéter d’une escalade incontrôlable, oscillant entre différents récits prévisibles, Trump l’impulsif manipulé par Netanyahu, Trump le néocon qui ne dit pas son nom, ou Trump l’incompétent qui s’est « enfermé dans son propre piège rhétorique » ou veut carrément aller « sécuriser le pétrole iranien ».

Ces récits négligent un point central : l’Iran est le point de convergence de deux guerres simultanées, une monétaire et une contre le crime international, et chacune est le « bonus » de l’autre.

Et pour comprendre pourquoi elles se rejoignent en 2026 sur le sol iranien, nous devrons remonter… à Obama.

L’indépassable pétrodollar

En janvier 2026, Trump enlève Maduro de son lit et l’expédie dans une prison américaine. Mais le régime chaviste (PSUV), la vice-présidente, les cabinets, l’appareil d’État, restent en place. En revanche, les sanctions sont progressivement levées, le pétrole vénézuélien revient sur le marché… en dollars, et plus en yuans. Car sous Maduro, le Venezuela vendait l’essentiel de son brut à la Chine, payé en renminbi ou en remboursement direct de prêts chinois, c’est-à-dire un flux pétrolier entier qui échappait au système dollar.


Concernant l’Iran, ce pays exporte entre 1,1 et 1,5 million de barils par jour, dont 90 % vers la Chine. Ces transactions se font là encore hors du circuit dollar, ici en yuan, via des intermédiaires, avec des remises de 8 à 10 dollars par baril par rapport au cours mondial. Pour Pékin, c’est une aubaine puisqu’ils ont alors du pétrole bon marché, un moyen de contourner les sanctions pesant sur l’Iran et un levier de dédollarisation.

À eux deux, le Venezuela et l’Iran représentaient environ 15 % des importations pétrolières chinoises et constituaient ainsi une vitrine d’un système alternatif prouvant qu’on peut commercer en hydrocarbures sans passer par le billet vert.

En frappant l’Iran, Trump ne tire pas un seul coup de feu vers la Chine mais il détruit son infrastructure de contournement du dollar, son accès au pétrole bradé, et la vitrine de sa stratégie de dédollarisation. C’est un tir par la bande, et c’est peut-être le plus dévastateur.

Dans ce contexte, on peut raisonnablement admettre que Trump ne vise pas des régimes mais plutôt des flux : le dollar représente encore 57 % des réserves mondiales selon le FMI, mais la tendance est à la baisse. Les BRICS testent des systèmes de paiement alternatifs comme mBridge, BRICS Pay ou token Unit. L’Iran était présenté comme le cas d’école de la dédollarisation réussie dans le commerce énergétique.

Notez le verbe « était » : avec les rumeurs insistantes d’un retour de la Russie au dollar, un analyste d’Investing.com résume la logique avec une clarté brutale : « War with Iran is a One-Time Pop. The Putin Deal is a Systemic Reset. » (« La guerre avec l’Iran est un événement ponctuel. L’accord avec Poutine est une réinitialisation systémique. »).

En somme, si Trump parvient à neutraliser l’Iran et à ramener la Russie dans le circuit dollar, le mouvement BRICS de dédollarisation est sinon décapité au moins largement amoindri.

Ce n’est plus de la géopolitique mais de la plomberie monétaire.

Une guerre contre les réseaux

En préambule historique, rappelons qu’en 1953, la CIA et le MI6 renversent Mossadegh et installent le Shah sur le trône du Paon et 26 ans plus tard, le lâchent : des câbles diplomatiques déclassifiés révèlent que Khomeini a directement courtisé l’administration Carter depuis Paris en janvier 1979. « Vous verrez que nous n’avons aucune animosité particulière envers les Américains », écrivait-il ainsi en promettant que le pétrole continuerait de couler.

Carter envoie le général Huyser à Téhéran avec une mission décisive : convaincre les généraux royalistes de ne pas lancer le coup d’État qui aurait sauvé le Shah et l’armée se neutralise. Khomeini rentre sans résistance le 1er février. En coulisses, la logique est celle de la « ceinture verte » de Brzezinski dans laquelle un Iran islamiste vaut mieux qu’un Iran qui bascule vers Moscou.

Encore une fois, foin de morale, Washington ne choisit pas entre les régimes et la démocratie mais choisit exclusivement ce qui sert ses intérêts : le Shah montait les prix du pétrole à l’OPEP, développait un programme nucléaire autonome et devenait gênant. Khomeini promettait de vendre du brut et de tuer des communistes, il est devenu utile.

Et en 2008, un nouveau volet apparaît avec Obama.


Cette année-là, la DEA lance Project Cassandra depuis un centre top secret à Chantilly, en Virginie dont l’objectif est de cartographier et démanteler les réseaux financiers du Hezbollah, qui s’est métamorphosé d’organisation politico-militaire libanaise en « syndicat criminel international » avec trafic de cocaïne, blanchiment d’argent et ventes d’armes rapportant, selon les enquêteurs, un milliard de dollars par an.

Pendant huit ans, 30 agences américaines et étrangères collaborent. Les agents suivent des chargements de plusieurs tonnes de cocaïne d’Amérique latine vers l’Afrique de l’Ouest, l’Europe et le Moyen-Orient. Ils traquent les fleuves d’argent sale, blanchis entre autres par l’achat de voitures d’occasion américaines expédiées en Afrique. Et grâce à des témoins coopérants, ils remontent la conspiration jusqu’au cercle intime du Hezbollah et de ses sponsors étatiques en Iran.

Dans ce cercle, on trouve Abdallah Safieddine, envoyé du Hezbollah en Iran, considéré comme le pivot de tout le réseau criminel et chef de la « Business Affairs Component » du Hezbollah, supervisant le trafic international de drogue ; Ali Fayad (dit « Fayyad »), marchand d’armes basé en Ukraine (un hasard, sans doute), suspecté de fournir des armes lourdes russes à la Syrie pour le compte du Hezbollah et de reporter directement à Poutine ; le « Ghost », l’un des plus gros trafiquants de cocaïne au monde, sous inculpation scellée américaine, fournisseur d’armes conventionnelles et chimiques au régime d’Assad ; Ayman Joumaa, dont le réseau blanchissait jusqu’à 200 millions de dollars par mois en collaboration avec le cartel mexicain des Zetas.

Bien évidemment, les agents demandent l’autorisation de poursuivre, d’arrêter et de sanctionner tout ce petit monde. Et rencontrent un mur.


En mai 2010, John Brennan (alors conseiller d’Obama pour le contre-terrorisme, futur directeur de la CIA) explique publiquement que l’administration cherche à « construire les éléments modérés au sein du Hezbollah ». Pour Brennan, « Le Hezbollah est une organisation très intéressante ».

Bref, on l’aura compris : l’administration Obama n’a pas l’intention de faire le ménage, d’autant plus qu’elle entend conclure l’accord nucléaire avec l’Iran (le JCPOA) et va donc faire une obstruction systématique des enquêtes du Project Cassandra.

Le DOJ d’Obama refuse d’inculper Safieddine et d’appliquer la loi RICO (anti-mafia) au Hezbollah. Le Département d’État refuse d’attirer les cibles prioritaires vers des pays où elles pourraient être arrêtées, le Trésor refuse la désignation du Hezbollah comme « organisation criminelle transnationale significative ». Ali Fayad, arrêté à Prague en 2014, s’attend à ce que les États-Unis fassent pression sur la République tchèque pour l’extrader mais Washington ne fait rien. Poutine, lui, fait pression et Fayad est renvoyé à Beyrouth. Il reprend ses activités.

Katherine Bauer, ancienne fonctionnaire du Trésor d’Obama, témoigne devant le Congrès en février 2017 : « Sous l’administration Obama, ces enquêtes liées au Hezbollah ont été étouffées, par crainte de secouer le bateau avec l’Iran et de mettre en péril l’accord nucléaire. »

David Asher, l’expert en finance illicite du Pentagone détaché auprès de Project Cassandra, est plus direct : « C’était une décision politique. C’était une décision systématique. Ils ont démoli tout cet effort, méthodiquement, de haut en bas. »

Le résultat est simple : pendant toutes les années d’administration Obama, des chargements de plusieurs tonnes de cocaïne entrent aux États-Unis régulièrement, des centaines de millions de dollars continuent d’alimenter une organisation terroriste et les architectes du réseau restent en liberté.

Le 11 janvier 2018 (moins d’un mois après la publication de l’enquête explosive de Josh Meyer dans Politico), le procureur général Jeff Sessions annonce la création du « Hezbollah Financing and Narcoterrorism Team (HFNT) ». Il s’agit d’une équipe de procureurs spécialisés en trafic international de stupéfiants, terrorisme, crime organisé et blanchiment d’argent dont la mission est de reprendre à zéro les dossiers du Project Cassandra que l’administration Obama avait enterrés, et de poursuivre tous les individus et réseaux soutenant le Hezbollah.

Le signal est d’une clarté cristalline : ce que Obama a protégé, Trump va le détruire. Les dossiers gelés sont rouverts, de nouvelles inculpations sont émises, et des hommes d’affaires libanais liés au Hezbollah commencent à tomber.

Les résultats du premier mandat Trump sont modestes (le réseau est immense, tentaculaire, protégé par des États souverains) mais le message est posé.

L’arrestation de Maduro en janvier 2026 s’inscrit directement dans cette logique : le Venezuela n’est pas seulement un pays pétrolier qui vendait son brut en yuan mais c’est aussi un hub narcoterroriste du Hezbollah dans l’hémisphère occidental. Or, depuis l’arrivée de Chávez au pouvoir en 1999, l’Iran et le Hezbollah ont méthodiquement implanté leurs réseaux au Venezuela.


On pourra citer par exemple Tareck El Aissami, vice-président puis ministre du Pétrole de Maduro d’origine syrienne druze qui a été inculpé par les États-Unis pour blanchiment d’argent et trafic de drogue liés au Hezbollah ou encore Adel El Zebayar, membre de l’Assemblée nationale vénézuélienne, qui a été inculpé en 2020 par le DOJ pour narcoterrorisme dans une conspiration impliquant le Hezbollah, l’Iran, la Syrie, les FARC et les cartels mexicains.

En 2022, un cargo vénézuélien a été intercepté en Argentine avec cinq Iraniens à bord, dont des commandants et opérateurs de la Force Quds du CGRI. Quant à l’île de Margarita, elle est devenue une base opérationnelle du Hezbollah, utilisant la diaspora libanaise comme couverture.

Comme l’a résumé Brian Townsend, agent de la DEA, « Ils blanchissent l’argent et fournissent les réseaux qui aident les cartels à déplacer des fonds à travers le Moyen-Orient. Ils prélèvent leur part du trafic de drogue, et ça finance leurs opérations. »

En fait, en enlevant Maduro, Trump n’a pas seulement frappé un flux pétrolier en dehors du dollar mais a décapité un nœud logistique du Hezbollah dans l’hémisphère occidental, le même réseau que Obama avait protégé pendant huit ans pour (officiellement) ne pas compromettre son accord nucléaire avec Téhéran.

Tout est lié

Les deux motivations (se débarrasser des trafics, calmer les ardeurs contre le pétrodollar) se renforcent mutuellement.


Chaque thèse, prise isolément, pourrait sembler insuffisante pour justifier une action militaire mais ensemble dessinent une stratégie cohérente.

Tout d’abord couper les flux de la dédollarisation (Venezuela puis Iran). Si la Russie suit, les BRICS perdent leurs trois vitrines pétrolières en dehors du dollar. Ensuite, démanteler l’infrastructure criminelle iranienne, avec le Hezbollah non seulement groupe terroriste mais aussi bras financier occulte de l’Iran, blanchissant des milliards via drogue, armes et réseaux bancaires parallèles. Et enfin, inverser la doctrine Obama en restaurant la priorité sécuritaire (le pétrodollar n’étant qu’un bonus).

Trump n’est pas George W. Bush et n’a aucun intérêt pour « l’exportation de la démocratie ». Son discours aux Iraniens (« Quand nous en aurons fini, prenez le pouvoir, il est à vous et c’est votre seule chance ») n’est pas du wilsonisme et montre que le régime qui suivra devra seulement ses premières heures à Washington. Trump n’est pas non plus un simple mercantiliste et l’aspect « démantèlement des réseaux » ajoute une couche de légitimité sécuritaire réelle (pas fabriquée comme les « armes de destruction massive » de 2003) : le Hezbollah fait effectivement entrer de la cocaïne aux États-Unis et l’Iran finance effectivement cette infrastructure. Les dossiers existent depuis 2008, Obama les a enterrés. Trump les a ressortis en 2018 et en 2026, il tire les conséquences opérationnelles.

Le Venezuela le confirme a posteriori : le régime PSUV n’a pas changé de nature, juste de monnaie de facturation et d’attitude vis-à-vis de l’Amérique.

Les analystes du Pentagone proches de la doctrine Colby (l’actuel sous-secrétaire à la Défense) savent que chaque porte-avions envoyé dans le Golfe est un porte-avions retiré du Pacifique face à la Chine.

Si Trump accepte ce coût, c’est que l’objectif est jugé stratégiquement décisif et les deux éléments présentés ici semblent justifier ce prix.


https://h16free.com/2026/03/02/83594-epic-fury-les-veritables-cibles-de-lintervention-en-iran

1 mars 2026

Gabriel Nerciat

TERRORISME ET CIVILISATION


- 1/3/2026 - Pendant que l'ancienne puissance impériale phare du monde civilisé bascule en quelques heures dans le terrorisme d'État (où sont donc passés tous nos clercs libéraux si amoureux du respect du droit international ?), les nations gardiennes de la décence ordinaire et de la pleine conscience d'elles-mêmes maintiennent les bases de ce qui doit être impérieusement sauvegardé et le sera.
Radu Portocala

- 1/3/2026 - En déclenchant l’attaque contre l’Iran, Trump a pris de très gros risques : celui de se mettre à dos une partie de la population américaine ; celui de s’aliéner un certain nombre de parlementaires de son propre camp ; celui de perdre les élections de mi-mandat, donc de perdre le pouvoir ; celui de faire rater aux Républicains la prochaine élection présidentielle. Mais aussi celui d’une guerre longue pour laquelle les États-Unis ne sont pas préparés – une guerre qui, en plus, peut facilement s’étendre, échapper à tout contrôle.
Sachant que, malgré tout, une partie des Iraniens n’étaient pas opposée au régime religieux – mais sans aucune information fiable sur ce pourcentage –, on arrive à la conclusion que Trump a pris tous les risques énumérés plus haut pour délivrer un segment de la population iranienne. Sachant comment est l’homme et quelles sont ses ambitions, cela ne semble pas plausible.
Une dernière hypothèse est possible : après le Venezuela, la mainmise américaine sur l’Iran priverait la Chine d’une partie de ses importations de pétrole. Si tel a été le calcul de Trump, il faut dire qu’il est boiteux. D’abord, parce qu’il ne pourra pas conquérir tous les pays susceptibles de vendre du pétrole à la Chine. Ensuite, parce que des guerres de religion incontrôlables qui risquent d’éclater au Moyen-Orient seraient dommageables pour le monde entier y compris pour les États-Unis.
Enfin, une question que je me suis déjà posée lors des précédentes « aides américaines d’accession à la démocratie » (Vietnam, Irak, Afghanistan, Libye, etc.) : les États-Unis ne sont vraiment pas capables de renverser un gouvernement sans dévaster toute une région ?

28 février 2026


Pierre Duriot
28/2/2026

La double arnaque électrique...


Pour ceux qui n’ont pas encore bien vu l’arnaque financière. L’État a fait la promotion de la voiture électrique avec l’argent du contribuable, la mise en place d’une électricité « verte » en trompe-l’œil, avec l’argent du contribuable. Les constructeurs automobiles s’en trouvent ruinés, parce que même avec les subventions, ces voitures électriques sont vendues à perte. Là-dessus, le même État, avec sa PPE3, va faire tripler le prix de l’électricité et va ainsi récupérer, sur le dos des rouleurs à l’électrique, les taxes qu’il ne perçoit plus sur les produits pétroliers du fait des rouleurs électriques. Mais tous les automobilistes sont aussi des consommateurs, qui vont tous payer l’électricité trois fois plus cher et donc, les contribuables qui ont déjà payé les subventions à la voiture électrique et aux énergies « vertes », vont également payer l’électricité trois fois plus cher, pour faire plaisir aux Allemands qui sont jaloux de nos centrales nucléaires et faire aussi plaisir à une poignée d’écolos, qui ont promu la voiture électrique et ruiné nos filières automobiles, pour une fable carbonée qui n’a strictement rien à voir avec le climat. Sans compter que les Allemands qui veulent démanteler EDF carburent à la centrale à charbon. Il faut croire que pour eux, la fable carbonée ne s’applique pas. Alors : heureux ?

27 février 2026

Régis de Castelnau

Diabolisation de Mélenchon, des nouvelles de l'hôpital psychiatrique français


- 27/2/2026 - L’ambassadeur d’Israël en France No2 donne le top départ d’une nouvelle campagne. Après avoir donné ses ordres au premier ministre de la France à l’occasion du dîner du CRIF, voilà qu’il décrète la façon dont il faut prononcer la langue française.


À l’américaine ! Non mais !

Et si vous pointez la manip qu’il y a derrière cette histoire de prononciation, vous êtes naturellement antisémite. Et tous les préposés d’obéir au coup de sifflet et de se précipiter pour poursuivre le travail de diabolisation de Mélenchon. Non parce qu’il serait antisémite, de cela ils s’en foutent, ils savent que c’est une accusation bidon. Mais le principal reproche est bien évidemment que lui et son mouvement commettent le sacrilège d’oser critiquer l’État d’Israël. Sachant que ça ne va pas durer, car grâce à Lecornu, au RN, et à François Hollande, la loi Yadan va y mettre bon ordre.

Parce que la manip en question, est celle qui a consisté au premier jour de la publication des documents Epstein à dédouaner la responsabilité du Mossad israélien pour évidemment accuser (sans rire) les Russes d’un complot visant à affaiblir l’Occident. Diversion grotesque qu’entend moquer Mélenchon. Et à l’évidence, cette histoire de prononciation soudain sortie du chapeau, était destinée à construire l’ambiance. Manip grosse comme une baraque à frites, mais que toute la presse mainstream a relayée comme un seul homme.

Cela n’empêche pas l’ambassadeur No2 de dire n’importe quoi. La terminaison en stein, n’est ni française ni américaine, à l’origine, elle est de langue allemande. Et se prononce « staïne ». Et en France c’est depuis toujours qu’on l’utilise de cette façon-là. D’Einstein à Lichtenstein, on ne va pas faire la liste de tout ces noms, elle serait trop longue. Jusqu’à Frankenstein dont on peut voir actuellement la version cinématographique de del Toro (je viens de la voir, pas mal).

Cela n’empêche pas tous les petits valets obéissants de se précipiter pour affubler Mélenchon du combo qui tue : antisémite et pro-russe. Ben oui, se foutre de la gueule de la grossière diversion de la fable du complot russe, c’est d’abord antisémite et naturellement être un valet de Poutine.

Plus minable tu meurs.

Va comprendre pourquoi, mais en lisant la prose du patron du Crif, je pensais à la citation attribuée à de Gaulle, répondant à une demande d’audience du président de l’association de l’époque : « si vous voulez me parler des Français juifs, je suis à votre disposition. Si vous voulez me parler d’Israël, désolé mais j’ai un ambassadeur sur place pour cela ».

Le vrai blocus de Cuba : son Politburo

H16

- 27/2/2026 - Décidément, la situation n’est pas rose à Cuba : le blocage de toute entrée de pétrole par les États-Unis n’arrange pas du tout l’île des Caraïbes – au point que Poutine, l’ami des castristes, monte au créneau. Sans cela, il va de soi que le communisme, en place à Cuba depuis plus d’un demi-siècle, aurait transformé l’île en véritable paradis.


C’est absolument évident à tel point que, dès qu’on évoque la misère cubaine, le mot « embargo » jaillit comme un diable de sa boîte, avec la certitude tranquille de celui qui vient de résoudre une équation à une inconnue.

Cuba va mal ? C’est l’embargo ! Cuba n’a plus d’électricité ? C’est l’embargo ! Cuba manque de nourriture ? C’est l’embargo. Le raisonnement est aussi simple qu’une recette de cuisine soviétique : prenez un pays, saupoudrez généreusement de communisme, faites revenir pendant quelques décennies et ajoutez quelques sanctions américaines : vous obtenez automatiquement la famine.

Et que ce raisonnement soit faux de bout en bout n’a jamais découragé les gauchistes.


Rappelons d’abord un fait que nos amis collectivistes préfèrent oublier : avant la révolution de 1959, Cuba était l’un des pays les plus développés d’Amérique latine, le quatrième en revenu par habitant, derrière le Venezuela, l’Uruguay et l’Argentine. Un médecin pour 980 habitants, un réseau ferroviaire pionnier (le premier d’Amérique latine, en 1837), la télévision commerciale dès 1950, plus de 350 salles de cinéma à La Havane, l’île n’était certes pas la Suisse, mais elle n’était pas non plus le tiers-monde que soixante-cinq ans de communisme en ont fait.

L’embargo, cet épouvantail

Quant à cet « embargo » dont les gauchistes parlent comme d’un mur de Berlin maritime, il n’est en réalité qu’une interdiction faite au régime castriste de contracter des dettes en dollars et de commercer directement avec des entreprises américaines, avec, notons-le, de substantielles exceptions pour les produits alimentaires et médicaux.

Pour l’énorme reste, Cuba peut commercer avec les États-Unis et d’ailleurs, les chiffres sont éloquents.

Entre 2000 et 2021, ils ont exporté vers Cuba entre 176 et 710 millions de dollars de produits alimentaires par an. En 2008, 35 à 45 % des importations alimentaires cubaines venaient des États-Unis, qui étaient devenus le premier fournisseur de nourriture de l’île. Les États-Unis fournissent encore 96 % du riz et 70 % de la volaille consommés à Cuba.

Voilà un embargo nettement moins étanche que ce qu’en disent les gauchistes.


Et pour le reste du monde ? Aucune restriction.

Cuba commerce librement avec l’Espagne, le Canada, la Chine, le Mexique, le Venezuela, la France, le Brésil et des dizaines d’autres pays. L’île reçoit des millions de touristes par an. Des entreprises espagnoles y investissent dans le tourisme. Des compagnies canadiennes y exploitent des mines. L’Union européenne entretient des relations diplomatiques et commerciales normales avec La Havane.

Prétendre que Cuba ne peut pas commercer est un mensonge pur et simple. Cuba peut commercer avec qui elle veut, mais ce qu’elle ne peut pas faire, c’est payer en dollars américains.

La dette, ou l’art de plumer la planète

D’ailleurs, Cuba en profite pour ne pas payer du tout ! Car voici le véritable tour de force du régime : avoir réussi à emprunter à la terre entière, à ne rembourser personne, et à faire porter le chapeau aux Américains.

Le palmarès est savoureux et tous ceux qui ont prêté à Cuba se sont finalement fait plumer : la Russie a prêté 35 milliards de dollars, et en a annulé 90 % en 2014. La Chine a prêté 6 milliards, et a tout effacé en 2011. Le Mexique : 487 millions, effacés en 2013. L’Afrique du Sud : 137 millions, effacés en 2012. Le Club de Paris : 11,1 milliards, dont 8,5 remis en 2015. La Roumanie attend toujours ses 900 millions. La République tchèque, ses 276 millions. La Hongrie, ses 200 millions. Les entreprises espagnoles, leurs 325 millions.

Au total, plus de 59 milliards de dollars ont été reçus mais jamais rendus, et ne sont manifestement jamais arrivés jusqu’au peuple cubain. Quant au dernier crédit russe de 50 millions de dollars en 2018, il a servi — en pleine crise alimentaire — à acheter des véhicules blindés et des hélicoptères.

On a les priorités qu’on mérite.


2026 : la crise de trop

Certes, comme l’introduction le mentionnait, la situation s’aggrave en ce début 2026 avec le blocage du pétrole vénézuélien par Washington, dans la foulée de l’intervention américaine au Venezuela. Les coupures d’électricité atteignent 20 heures par jour dans certaines provinces. La pénurie alimentaire est réelle et la souffrance du peuple cubain n’est pas en question.

Mais cette crise énergétique n’est que le dernier symptôme d’une maladie chronique.

Ainsi, il y a eu cinq blackouts nationaux entre octobre 2024 et septembre 2025, selon Human Rights Watch, et ce bien avant donc le durcissement de janvier 2026. À ceci s’ajoutent des centrales thermiques vétustes jamais entretenues, un réseau électrique en ruine et, le comble, une agriculture collectivisée incapable de nourrir 11 millions d’habitants sur l’une des terres les plus fertiles des Caraïbes…

Comme le notait récemment avec un humour mordant Philippe Silberzahn sur X, il n’y a plus rien à manger dans un pays dont le programme économique a pourtant été validé par les 650 « plus grands économistes de France » (dont ceux du NFP, bien sûr) … Il y a vraiment un côté fascinant à voir les mêmes esprits qui réclament la fin du libre-échange – source de toutes les misères, c’est bien connu – pleurnicher quand les États-Unis décident justement de limiter leurs échanges avec Cuba. On aimerait savoir : le commerce international est-il un fléau ou une bénédiction ? Il faudrait choisir.

Le vrai embargo, c’est le communisme

La réalité est limpide pour quiconque accepte de la regarder en face : la Russie, devenue largement capitaliste depuis vingt ans, a traversé des sanctions bien plus sévères que celles qui pèsent sur Cuba, et s’en sort malgré tout. Le Vietnam, communiste de nom mais capitaliste de fait, prospère. La Chine a sorti 800 millions de personnes de la pauvreté le jour où elle a laissé le marché fonctionner.

Cuba, elle, reste fidèle à la planification centrale, au contrôle des prix, à la collectivisation de l’agriculture, à l’interdiction de l’entreprise privée (timidement assouplie en 2021, soit trop peu et trop tard). Le résultat est celui que le communisme produit toujours et partout : la pénurie, la misère et l’émigration de masse.

Mais cela, les fins « économistes » français – dont ceux qui ont « validé » un programme cubain à l’efficacité fort douteuse – préfèrent ne pas le voir. L’embargo américain, aussi réel qu’il soit dans sa dimension politique, est devenu le paravent commode derrière lequel se cache l’échec structurel, total et irrémédiable d’un système qui, de Moscou à Pyongyang en passant par Caracas, produit invariablement le même résultat.

Le vrai blocus de Cuba n’est pas dans le détroit de Floride : il est dans les têtes du Politburo.


https://h16free.com/2026/02/27/78100-le-vrai-blocus-de-cuba-son-politburo
Gabriel Nerciat

DE QUOI L'UKRAINE EST-ELLE LE NOM ?


- 26/2/2026 - Grâce à la cruche pathétique que Emmanuel Macron a envoyé siéger à Strasbourg, nous commençons à avoir enfin une vague idée de ce qu'est réellement l'entité ukrainienne.
Ni une nation – évidemment – ni un État souverain ni un "conglomérat de peuples désunis" ni un vestige failli de l'ancien empire soviétique ni l'alibi criminel de plusieurs gangs semi-mafieux alliés à des milices néo-nazies (au passage, si le Arturo Ui de Brecht ne m'a jamais semblé très crédible pour incarner Hitler, il préfigure en revanche assez bien ce qu'est devenu Zelensky).
Non, l'Ukraine n'est rien de tout cela. Elle est à la fois bien moins et beaucoup plus.
L'Ukraine est un rêve dérisoire enfermé dans un drapeau sommaire tâché de sang, mais sommé depuis quatre ans d'offrir une patrie idéologique de substitution à toutes les élites occidentales qui ont décidé de renier ou de détruire la patrie charnelle de leurs pères.
Tant qu'on n'a pas compris cela, on ne peut pas saisir le degré d'irréalité suicidaire dans lequel se sont enfoncées les élites libérales européistes depuis 2022.
Alexandre Legrand
27/2/2026


Franchement, je ne sais plus trop ce que veulent les Français.
Ils veulent tout changer mais surtout que rien ne bouge.
Ils rêvent de renverser la table, à condition de ne pas rayer le parquet.
Ils cherchent une nouvelle politique, fraîche, audacieuse, inédite…
Mais pas trop différente quand même.
Pas trop brutale.
Pas trop dérangeante.
Pas trop nouvelle, en somme.
Ils attendent 2027 comme on attend la comète de Halley :
le grand soir électoral, l’apparition lumineuse, le candidat providentiel qui descendrait des cieux, programme sous le bras et solution miracle dans la poche.
Un messie homologué, garanti sans efforts, livré clé en main.
Parce que les miracles, c’est bien connu, arrivent tout seuls.
Sans qu’on ait à lever le petit doigt.
Sans qu’on ait à se lever du canapé.
On explique doctement que “la France glisse vers la dictature”,
loi après loi, décret après décret,
tweet indigné après tweet indigné.
Une dictature implacable mais confortable.
À horaires fixes.
Avec pauses café.
Et pendant que le régime prétendument tyrannique avance,
les citoyens, eux, regardent passer les textes comme on regarde passer les trains :
avec un léger soupir…
et la satisfaction discrète de ne pas avoir à monter dedans.
Au fond, peut-être que les Français veulent que ça bouge.
Mais doucement.
Très doucement.
Juste assez pour pouvoir continuer à dire que “ça ne peut plus durer”…
encore quelques années.
Gilles La Carbona
26/2/2026

L’électricité trois fois plus chère par décret...


Le PPE3 2026-2035 qui n’avait que peu de chance de passer par un vote à l’Assemblée nationale sera mis en œuvre par voie de décret. C’est tellement plus commode : pas de débat, pas de sanction. Une démocratie en pilotage automatique en quelque sorte. Le plus tristement savoureux, c’est que ce déni de démocratie ne gêne nullement le PS et les LR, bien au contraire. On les a déjà vu, ces champions de l’esquive, tremblant à l’idée de devoir voter une motion de censure, ou plus exactement tremblant de peur à celle de perdre leur siège, en la votant. Souvenez-vous du budget, pas d’enjeu, 400 députés rejettent le texte, une motion de censure est déposée, plus personne ne se mouille ! C’est bien ce qu’ils viennent de refaire avec les motions de censure déposées par le RN et LFI contre ce coup de force démocratique. Pour eux, il n’en est rien et plutôt que de sanctionner un gouvernement qui passe outre le débat parlementaire, ils se drapent dans leur dignité effritée pour s’offusquer qu’on puisse croire qu’ils voteront avec ces deux extrêmes, quand bien même le motif serait légitime. Ça, ils s’en foutent royalement. L’important pour ces faux opposants, c’est de conserver leurs sièges. Quand cette mandature prendra fin, le bilan de cette engeance sera catastrophique. Des compromissions en tout genre, de la lâcheté à tous les étages, et une trahison permanente. Les municipales qui arrivent doivent être l’occasion de les sanctionner, de leur rappeler que la docilité et le mensonge ne constituent pas un axe de programme.
Qu’est-ce que le PPE ? Ni plus ni moins qu’une feuille de route sur le devenir énergétique de notre pays et de sa souveraineté. La présentation est bien entendu toujours à l’avantage de sa mise en place quand les experts n’ont de cesse de dénoncer les dérives qui se traduiront par une augmentation du prix de l’électricité, comme annoncé par l’ancien président de RTE André Merlin, ou même une explosion totale des tarifs pouvant être multipliés par trois. La cause, une accélération du développement des énergies renouvelables, dont on sait déjà que c’est un gouffre, et que notre autonomie énergétique ne sera jamais assurée par cette seule source. Le PPE3 est surtout un alignement avec l’Allemagne qui vise depuis des années à détruire notre parc nucléaire et à rendre notre électricité qui est en coût de production la moins chère d’Europe, la plus onéreuse : évidemment avec la complicité de Macron qui, l’air ingénu, explique qu’il sauve le pays alors qu’il n’a de cesse de le couler. La conséquence de cette dérive idéologique sera une compétitivité sabordée, des artisans contraints de faire exploser leurs prix ou de fermer, et des particuliers pris en otage en ayant cru que de passer au tout électrique était un geste vertueux qui serait récompensé. Foutage de gueule, quand le parc des voitures électriques aura atteint un point de bascule, l’État pourra taxer à loisir ce nouveau filon et récupérer les sommes perdues sur les produits pétroliers.
Mais rien n’est neuf finalement. C’est bien la stratégie de Macron acceptée et favorisée par le PS et les LR, que de saboter l’économie de notre pays, de nous ruiner pour nous rendre dépendants de subventions donc de nous soumettre à toute forme de directives ou d’injonctions. Pendant ce temps et sans que les députés n’aient leur mot à dire, nous allons devoir casquer, raquer, encore et encore, un simple décret suffit à contraindre les Français, sans que personne ne puisse s’opposer, et c’est donc ce système de gouvernance que PS et LR soutiennent. Si vous aviez un doute sur leur degré d’acceptation du débat démocratique, ce énième épisode devrait vous éclairer : il tient sur un timbre-poste.
Tout aurait pu être arrêté si le PS et les LR avaient voté les deux motions de censure présentées. Mais encore une fois, ils se sont rangés du côté du pouvoir, se sont couchés en prétextant d’absurdes logiques, dont celle de ne pas donner une quelconque faveur au RN. L’intérêt des Français dans tout ça ? Relégué aux oubliettes, dépassé, on ne parle que de durabilité de mandat, et pour justifier des positions intenables, on évoque l’idéologie, on met en avant un principe érigé en vertu, qui voudrait qu’on ne pactise pas avec le diable. On en rirait presque, mais depuis le temps nous n’en avons plus la force, plus l’envie. Il n’y a rien à attendre de ces deux formations, PS et LR sont les béquilles de Macron, et les propos de Philippe de Villiers sont d’une justesse accablante : « les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils s’efforcent d’en créer davantage ». Ainsi, devant les faillites qu’ils ne sauront pas expliquer, devant les factures qui accableront un peu plus les foyers, ils viendront nous assurer de leur compassion, nous jurer qu’ils vont tout faire pour nous sauver et iront, ricanant de leurs mauvaises farces, offrir un blanc-seing à Macron, ou à celui qui aura pris sa place mais qui ne vaudra pas mieux, surtout s’il est élu avec le soutien de ces misérables.