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12 janvier 2026

Gastel Etzwane

- 12/1/2026 - Il y a quelque chose de profondément obscène dans la situation actuelle. La France, qui aime encore donner des leçons de morale géopolitique à la Russie ou aux États-Unis, en est désormais réduite à envisager l’importation de médecins cubains pour maintenir un minimum de soins dans ses territoires. C’est exactement le type de dispositif que l’on voyait autrefois dans des pays ravagés par la pauvreté, pas dans un État qui se vantait encore, en 2000-2001, d’avoir l’un des meilleurs systèmes de santé au monde.
Pendant que les hôpitaux ferment, que des bassins entiers de population n’ont plus de médecins et que les urgences sont exsangues, la France continue pourtant à trouver des milliards pour financer des politiques qu’elle ne maîtrise même plus vraiment : contributions à la guerre en Ukraine, contraintes budgétaires imposées par l’Union européenne, ouverture des marchés agricoles au Mercosur, concurrence déloyale pour ses propres producteurs. L’argent n’existe plus quand il s’agit de soigner les Français, mais il apparaît toujours quand il faut honorer des engagements extérieurs.
La France, un pays riche sur le papier, mais pauvre dans la réalité, qui bricole des solutions de pays sous-développé tout en prétendant encore jouer dans la cour des grandes puissances.

Régis de Castelnau
12/1/2026

Pour le choix de l’héritier de Macron en 2027, la justice dans les starting-blocks


Petit point rapide, en attendant un article plus copieux, sur la dimension judiciaire du coup d’État en préparation pour choisir l’héritier (pas le successeur, l’héritier) d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle de 2027.

Par une décision illégale directement politique (je renvoie à mes articles de l’année dernière où je l’ai démontré) les magistrats avaient décidé de la jouer « no pasaran » pour Marine Le Pen, la fameuse néonazie qui mange les petits enfants. Et ont donc (fort démocratiquement, faut pas croire) décidé d’exclure la dirigeante du premier parti de France de l’élection principale de la Ve République. Je pense avoir démontré à cette occasion que la messe était dite, et que pour des raisons de procédure l’éligibilité de Marine Le Pen ne pourrait pas être restaurée, même si par miracle invraisemblable la cour d’appel décidait de la relaxer sans peine d’inéligibilité. Celle de première instance aurait continué à s’appliquer.

Rappelons que pour une affaire encore plus ancienne que celle du RN, les potes de Bayrou avaient été condamnés il y a deux ans. Bayrou était lui-même relaxé, ce qui avait provoqué l’éclat de rire de ceux qui connaissaient un tant soit peu le dossier ! Devant le scandale, Bayrou étant premier ministre en exercice à ce moment-là, le parquet avait dû quand même faire appel. Eh bien, figurez-vous que celui-ci n’est toujours pas audiencé. Et surprise, celui du RN vient de l’être neuf mois après le jugement de première instance. Comme pour les débuts de l’affaire Fillon, les magistrats savent être rapides quand il s’agit de rendre service à Macron.

Alors pourquoi cette accélération de la procédure ?

Pour une raison très simple. Tout le monde sait bien que, sous une forme ou sous une autre, l’inéligibilité de Marine Le Pen va être confirmée par la Cour. À la grande joie des imbéciles qui adorent faire de la politique par le juge interposé, car cela va lui donner une nouvelle légitimité à la disqualification et justifier une bonne fois pour toute sa mise hors course. C’est un des éléments essentiels du coup d’État prévu pour 2027. Parce que personne ne doit s’imaginer que le système va se soumettre aux aléas électoraux et aux humeurs du peuple français quand même ! Soyons sérieux. La présidentielle de 2027 sera truquée comme celle de 2017, même si ce ne sera pas de la même façon. Car il ne faut pas s’imaginer que ceux qui ont installé Macron au pouvoir vont se gêner.

Bardella alors ? Je répète, soyons sérieux.


Marine Le Pen liquidée, élection à laquelle Macron ne peut pas se représenter, reste quand même pour les grands intérêts un problème sérieux. Il faut pérenniser le système Macron et son caractère destructeur. Et le meilleur moyen, avant de choisir l’héritier, est d’abord d’écarter de la compétition les candidats qui pourraient être de rupture. Non pas qu’ils fassent vraiment peur, mais ce sont leurs électeurs qui inquiètent. Alors les militants du PNF se sont dit : « on ne sait jamais et deux précautions valent mieux qu’une ». Et au PNF, pour qui ose s’opposer à Macron, on s’inspire de Richelieu disant : « Donnez-moi six lignes écrites de la main de l’homme le plus honnête, j’y trouverai de quoi le faire pendre ». Donc en pratique si Bardella devient gênant pour le système, ni une, ni deux il sera liquidé. Concernant l’autre côté du spectre, c’est-à-dire Mélenchon, c’est déjà dans les tuyaux. En commençant par Sophia Chikirou au mois de mai prochain. Le patron de LFI, ce sera pour après. Les dossiers ouverts avec cette perquisition de 2018 continuent de mijoter à feu doux.

Ce qui est extraordinaire c’est que la justice ne fait même plus semblant, tout est devenu transparent.

La semaine dernière elle a condamné 10 clampins pour un soi-disant harcèlement à l’encontre de Brigitte Macron. Histoire de montrer qu’il est désormais interdit de critiquer Macron ou la fameuse « Première dame », parce que sinon c’est du harcèlement et que ça peut valoir un aller simple pour la taule. Et inéligibilité avec exécution provisoire, puisque ça, c’est devenu la routine.

Mais au fond c’est pratique. Pour savoir quel sera l’héritier de Macron en 2027, il suffit de regarder à qui la justice fout la paix la paix, puisque depuis Fillon c’est elle qui met en musique le choix du système. Attal ? Glucksmann ? En tout cas probablement pas Édouard Philippe. Car pour lui ça risque d’être compliqué. Il a l’air un peu brouillé avec Macron et comme il y a concernant la mairie du Havre, trois dossiers contre lui qui qui mijotent, il ne devrait pas aller loin.

Finalement, le trucage judiciaire des élections en Roumanie, c’était du travail de « petits joueurs ». En France nous avons de sacrés pros. Félicitations !

Dessin de Hic
Caddarik Von Orbàn
11/1/2026

UN TOTALITARISME EN TRAIN DE S’INSTALLER

Psychologue clinicienne et diplômée en sciences politiques, Marion Saint-Michel décrit un phénomène rarement nommé mais désormais visible : le totalitarisme ne serait plus une hypothèse théorique, mais un processus en cours en France et en Europe.
Selon cette analyse, le régime n’est pas encore totalement établi, mais il s’installe méthodiquement. Le moment que nous traversons est qualifié d’historique : il pourrait être le dernier où une résistance reste possible.
L’Union européenne occuperait une place centrale dans ce mécanisme. La dégradation progressive des États, notamment de la France, ne toucherait que les pays membres. Il ne s’agirait pas d’erreurs ou d’incompétence, mais d’un système structuré, où les crises sont utilisées, amplifiées, voire créées pour servir des objectifs précis.
La crise du Covid a agi comme un révélateur. Ce qui était en construction depuis près de quarante ans est apparu au grand jour : disparition du débat public, propagande, disqualification systématique des voix dissidentes, y compris des experts et des médecins. Une méthode classique d’ingénierie sociale.
Le pouvoir ne gouverne plus par la raison, mais par la peur. Une peur qui se transforme en terreur silencieuse, où certaines paroles deviennent interdites. Progressivement, la population intègre le mensonge, non par conviction, mais par fatigue et par contrainte.
Le mécanisme est pervers : lorsqu’on obéit à des injonctions injustes ou illégitimes, même sous pression, on entre dans une forme de compromission morale. C’est ainsi que les régimes totalitaires neutralisent les résistances sans avoir à les écraser frontalement.
Dans ce type de système, une minorité continue de parler. La majorité apprend à se taire.
Le totalitarisme ne s’impose pas brutalement. Il s’installe quand la peur remplace le débat, et que la soumission devient la norme.
Avec la mise en place de l'euro numérique ce sera le début de la fin !
L'UE c'est 27 pays, 27 cultures, 27 langues et des sensibilités politiques différentes !
Comment obtenir le consensus de ces 27 pays autrement qu'en imposant un système de soumission ?

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Jonathan Sturel

- 9/1/2026 - Emmanuel Macron dit maintenant qu'il s'oppose au traité du Mercosur et annonce que la France ne le signera pas. Le traité sera tout de même voté et approuvé à l'échelle européenne, par les institutions européennes.
Le premier réflexe est de dire : c'est bien la preuve que la France est faible.
Or c'est faux.
Si le Machin européen vote tout de même le traité malgré le refus de la France, ce n'est pas parce que la France est faible mais parce que le Machin sait qu'il n'a rien à craindre d'un Macron qui n'ira jamais jusqu'au bras de fer avec lui pour la raison simple qu'il est européiste jusqu'à la moelle. Il n'a rien à craindre de son agent Macron, le sait et en joue sans scrupule.
Si Macron n'était pas ce qu'il est et s'il allait vraiment jusqu'au bras de fer contre l'Europe, l'Europe plierait et cela démontrerait au contraire la très forte puissance de la France dès qu'elle est prête à la manifester.
En s'agenouillant devant l'Europe, non seulement Macron piétine les intérêts nationaux de la France mais il permet en plus de mettre en scène la pseudo faiblesse de la France, ce qui constitue à mon avis un double crime politique et moral.

Il faut complètement mettre fin à l’audiovisuel public

H16
12/1/2026

En France, la télévision et la radio d’État ne valent plus tripette.

Oh, ce n’est pas une louange pour leurs équivalents privés dont le niveau général est globalement aussi mauvais, mais au moins ces derniers ne sont pas chèrement payés par les contribuables. En revanche, l’audiovisuel public mobilise des milliards d’euros et malgré ce financement public qui devrait l’astreindre à une qualité et une neutralité minimale, il s’enfonce tous les jours dans la propagande, la manipulation ou le mensonge pur et dur.


Ainsi, il aura fallu plus de douze jours pour que les rédactions de France 2 ou de France Inter fassent timidement part des troubles massifs qui secouent actuellement l’Iran. Peut-être ces rédactions trouveront-elles le culot d’expliquer leur silence par le peu de relais de la presse écrite française… Alors que cela montre surtout qu’ici encore, les subventions déversées – 200 millions d’euros – à cette presse franchouillarde minimaliste n’en garantissent pas non plus ni sa qualité, ni sa neutralité : elle achètent souvent le silence, rarement la compétence.

La semaine écoulée fut une excellente démonstration que l’argent public versé dans l’information, que ce soit l’audiovisuel ou la presse écrite, l’a été en pure perte : les « journalistes » français ont beaucoup « travaillé » sur la neige et ses désagréments, l’incendie en Suisse et des questions gouvernementales diverses, leur permettant de ne parler du reste du monde que de façon très rapide et superficielle.

De toute façon, la rédaction moyenne française a déjà largement expliqué ce qu’il fallait penser de la géopolitique internationale qui se résume par « Trump est idiot » ou « Trump est méchant ».


À présent, les radios et télévisions d’État ne s’occupent plus que des sujets qui ne fâchent pas, ou qui ne mettent pas en scène l’incompétence du régime macronien. Ils multiplient les analyses de la pluie et du beau temps, les faits divers majeurs, et se contentent du minimum syndical pour le reste.

En réalité, l’audiovisuel public n’est plus le quatrième pouvoir mais est devenu l’attaché de presse du régime en place. Il n’est pas là pour informer, mais déformer. Faits, angles, vocabulaire, opinions, tout est orienté. Comme toute propagande efficace, l’objectif n’est pas d’interdire de réfléchir, mais de fournir la pensée prête à l’emploi à ceux qui écoutent encore religieusement.

C’est cependant de plus en plus visible et grossier.

À tel point que fut tentée une Commission d’enquête parlementaire, formée suite notamment à la conversation – complètement ahurissante – entre Patrick Cohen, Thomas Legrand et des élus socialistes discutant des méthodes qu’ils envisageaient d’employer pour saboter la campagne électorale de Dati à la mairie de Paris. Cette commission devait aussi revenir sur les allégations pointées par la Cour des Comptes de dépenses abusives de la part de Delphine Ernotte, patronne de France Télévisions.

Bien sûr, il était entendu dans le milieu médiatico-politique que cette Commission d’enquête devait absoudre tout ce beau monde : les gueux n’ont pas à savoir comment la saucisse est fabriquée, comment est cramé leur pognon et si, par hasard, les uns et les autres jouent de connivences, ça ne doit pas s’ébruiter. Le peuple n’a pas à savoir, que diable !


Malencontreusement, le rapporteur de cette Commission – le député Charles Alloncle – a refusé de jouer ce jeu et a commencé (l’outrecuidant !) à poser des vraies questions, à chercher à comprendre pourquoi les connivences Cohen/Legrand/PS pouvaient continuer alors que, déontologiquement, cela nécessiterait des mesures fermes. Pire : il a été (l’impudent !) jusqu’à demander des comptes précis des dépenses de FranceTéloches, et devant les réponses vasouillardes d’Ernotte, a envisagé d’aller voir sur place.

C’en était trop !

Alors que les extraits des interventions d’Alloncle raflaient des centaines de milliers de vue sur X, que l’incroyable désinvolture des fonctionnaires et des célébrités du PAF était affichée à la vue de tous sur les réseaux sociaux, le système s’est rebellé.

Rapidement fut montée une campagne de communication contre Alloncle, le présentant – évidemment – comme un député d’extrême droite (facho ?) qui cherche la polémique (il pose des questions pertinentes, c’est absolument honteux !) et qui mène une enquête « à charge » scandaleuse !

Et alors que les Français se passionnaient de découvrir où passent les 4 ou 5 milliards d’euros de leurs impôts dévolus à l’audiovisuel public, vite, vite, il fut décidé qu’il fallait « apaiser » cette Commission comme l’expliquait Patrier-Leitus, son président (un député macroniste – le hasard fait toujours bien les choses en politique) : pour cela, elle fut mise en pause quelques semaines (disons un mois) et ne reprendra mi-janvier, que lorsque l’actualité aura balayé les auditions absolument désastreuses pour les Ernotte, Cohen et tout le tremblement audiovisuel public.

Pour faire bonne mesure, il fut aussi décidé d’interdire toute retransmission « en live » sur X, et – pour éviter tout nouveau dérapage (comprenez : que de vraies informations soient diffusées) – il fut décidé de museler Alloncle l’enquiquineur : fini les questions pertinentes « à charge ». On se contentera d’une eau à peine tiède pour notre Tisane Bondodo, merci.


Il y a quelques années, il était encore raisonnable de demander une rationalisation de toutes ces chaînes, pour se concentrer sur quelques radios et une paire de chaînes de télé sinon efficaces au moins suffisantes. Rapidement, il est apparu que ça ne suffirait pas : trop de gabegies, trop de mauvaises habitudes… La privatisation semblait donc une solution efficace.

Malheureusement, et cette Commission le prouve au-delà de tout doute, même faire un simple état des lieux relève de la gageure : tout le corps concerné se raidit pour garantir que rien ne changera. Peu importe la propagande, les biais, la désinvolture, « l’intendance suivra » et l’intendance, c’est le contribuable, n’est-ce pas…

Devant cette réalité, la seule solution valable consiste à une mise à l’arrêt, une dissolution pure et simple, et une vente des matériels et locaux au plus offrant.

Pour l’audiovisuel public, tout doit disparaître : quand la réforme est impossible, la suppression est inévitable.


https://h16free.com/2026/01/12/83108-il-faut-completement-mettre-fin-a-laudiovisuel-public
Yann Bizien


- 12/1/2026 - La cohérence est frappante et elle saute aux yeux : les deux meneurs principaux de la "coalition des volontaires" pour soutenir financièrement et militairement l’Ukraine contre la Russie, comme pour projeter nos soldats dans le bourbier ukrainien, Emmanuel Macron et Keir Starmer, sont tous les deux au plus bas dans les sondages.
Des chefs d’États européens sont prêts à entraîner seulement une partie de leurs peuples dans une guerre que ces derniers ne veulent pas. Car, de son côté, la racaille britannique et française n’ira jamais porter notre drapeau sur le front de l’Est. Elle continuera à miner la France et la Grande-Bretagne de l’intérieur et à profiter de la générosité sans limites des contribuables. Je ne l’invente pas. Elle le dit, et elle le fait.
Ces deux dirigeants, les plus bellicistes, sont en échec total en politique intérieure. Ils laissent en effet prospérer et progresser la menace de l’intérieur tout en affirmant vouloir stopper celle de l’extérieur, sans en avoir les moyens, en voulant sacrifier leurs plus belles jeunesses. (*).
Parlementaires, réveillez-vous. Sortez nous du cauchemar de la guerre mais aussi du macronisme. La Russie ne veut pas de troupes euro-atlantistes en Ukraine. Pensez à nos enfants, à la dureté de la conflictualité, à ses conséquences dévastatrices, physiques, morales, matérielles et financières.
Députés et Sénateurs de France, on ne joue pas avec la guerre, ni avec les nations, les peuples et leur destin, quand nous sommes faibles, divisés et vulnérables.
Sortez Emmanuel Macron du pouvoir. Destituez-le. Car les conditions de sa "paix juste et durable", avec ses déclarations tonitruantes, c’est en réalité la continuité de la guerre pour son maintien orgueilleux au pouvoir.
La destitution du chef de l’État est une procédure démocratique prévue dans notre Constitution. Elle ne doit pas vous effrayer.
Ça suffit. La comédie narcissique du président sans majorité, sans budget et en disgrâce doit prendre fin. Elle est destructrice. Elle nous fragilise. Et elle conduit toute la nation au suicide.
Parlementaires français, la seule solution d’avenir pour la France, c’est une rupture immédiate avec le macronisme, une présidentielle anticipée et un retour aux urnes.
Ne craignez pas le peuple souverain. Entendez-le, écoutez-le, comprenez-le. Donnez-lui la possibilité de trancher.
Ayez ce courage, car nous avons besoin d’une autre perspective que celle de la continuité de cette guerre.
(*) La Grande Bretagne n’est plus capable de projeter plus de 7500 soldats en opération.

11 janvier 2026

Anna Rocca


- 9/1/2026 - Macron a accusé les États-Unis, la Russie et la Chine de tenter de refaçonner le monde.
Selon le président français, les plus grandes puissances s'écartent des règles précédentes et agissent de plus en plus selon la logique du partage des sphères d'influence. Cela, selon lui, rend le système mondial de moins en moins gouvernable.
Quand Emmanuel Macron parle de “désordre mondial”, il décrit surtout la fin de son monde.
Les règles “universelles” ne tiennent plus.
Les blocs reprennent leur souveraineté.
Ce que Macron appelle le chaos, c’est la fin du mondialisme – et le début du monde multipolaire.
Camille_Moscow
David Duquesne

Les nouveaux riches

- 11/1/2026 - Noam avait été invité par une association laïque locale, Laïcité et Femmes Libres, une de ces structures discrètes qui tentaient encore de maintenir un espace de discussion sans slogans ni procès d’intention.
Il était venu parler de son livre, À la recherche de la France perdue.
La salle était pleine. Des enseignants, des militants associatifs, quelques élus locaux, des habitants du quartier. Des gens de bonne volonté, pour la plupart.
Noam savait pourquoi il était là.
Pas seulement pour un livre.
Mais parce qu’il disait des choses que beaucoup pensaient sans parvenir à les formuler.
Noam venait à peine de terminer une phrase qu’une femme se leva au milieu de la salle.
Elle parlait avec assurance, la voix légèrement projetée, comme quelqu’un qui a l’habitude de prendre la parole dans des réunions.
– Moi, je pense que l’immigration nord-africaine est une richesse culturelle, dit-elle. Quand on est issu de l’immigration nord-africaine, on apporte quelque chose à la France. C’est un enrichissement. Avoir plusieurs cultures, c’est mieux que d’en avoir une seule. Enfin c’est ce que je pense…
Quelques hochements de tête dans la salle.
Des murmures approbateurs.
Noam la regarda. Il ne répondit pas tout de suite.
Je vais vous répondre très simplement, dit-il enfin. Je pense exactement l’inverse.
Un léger trouble parcourut l’assemblée.
– Je pense que si tant de gens viennent en France, ce n’est pas pour l’enrichir, mais parce que la France les enrichit. Sinon, ils ne viendraient pas.
La femme fronça légèrement les sourcils.
– Mais enfin…, dit-elle, vous ne pouvez pas nier que la diversité culturelle est une chance. Les gens apportent leur histoire, leur culture, leur religion…
Noam l’interrompit doucement.
– Permettez-moi de vous poser une question très précise, dit-il. En quoi, vous, personnellement, vous sentez-vous enrichie par l’arrivée de l’islam en France et par une immigration nord-africaine importante ?
La femme resta silencieuse une seconde.
Puis elle répondit :
– Eh bien… dans la tolérance, l’ouverture, le vivre-ensemble…
– D’accord, dit Noam. Mais concrètement ?
Elle hésita.
– Dans la rencontre de l’autre… dans le mélange…
– Je vous pose cette question, reprit Noam, parce que moi, je travaille tous les jours dans des quartiers populaires. Et je n’ai pas le sentiment que, culturellement, la plupart des personnes issues de l’immigration nord-africaine s’enrichissent de ce que la France propose.
Un murmure parcourut la salle.
Économiquement, oui, poursuivit-il.
Matériellement, oui. La France est généreuse. Elle offre un niveau de vie, une protection sociale, des soins, une stabilité que le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie ne peuvent pas offrir aujourd’hui.
Il marqua une pause.
Mais culturellement, je n’en suis pas sûr.
La femme croisa les bras.
– Vous généralisez, dit-elle. Il y a plein d’exemples positifs.
– Justement, répondit Noam. Je vais vous en donner un.
Il raconta l’existence d’une association.
Des ateliers culinaires créés sur le principe de l’échange ; la cuisine nord-africaine apprise par les femmes françaises et la cuisine française transmise aux femmes d’origine maghrébine.
Puis la proposition, un jour, une femme osa proposer un plat français. Une blanquette de veau, dit-il simplement.
Et cette femme d’expliquer que la cuisine française n’était jamais proposée dans cette association. Quelque chose de banal. De français.
Il laissa la phrase suspendue.
La réponse a été non. Toujours non. Et quand une Française a reproché cette uniformité culturelle et culinaire, on lui a répondu : “Pourquoi t’es raciste ?”
Un silence se fit.
Résultat, continua Noam. Les femmes françaises sont parties. Il n’y a plus d’échange. Plus de mixité. Plus de rencontre. Il reste un entre-soi communautaire, financé par l’argent public, où l’on fait toujours la même cuisine, entre soi.
Il regarda la femme.
Dites-moi alors, demanda-t-il calmement.
Où est l’enrichissement culturel ?
Elle ouvrit la bouche, puis la referma.
Elle chercha ses mots.
– Mais…, dit-elle enfin, accuser ces femmes de refuser l’échange, c’est quand même…
– Raciste ?, proposa Noam.
Elle se tut.
Noam conclut, sans dureté :
– Un enrichissement suppose une réciprocité. Un désir d’entrer dans la culture du pays qui vous accueille. Sans cela, ce n’est pas un enrichissement. C’est une formule. Une abstraction. Et le réel, lui, ne fonctionne pas comme ça.
Noam rappela que si tant de personnes traversaient la Méditerranée pour venir vivre en France, ce n’était pas par caprice, ni par hasard.
On ne risquait pas sa vie sur des embarcations de fortune pour enrichir un pays étranger.
On le faisait parce que la France offrait ce que le Maroc, l’Algérie et la Tunisie ne pouvaient pas offrir.
La stabilité.
La protection sociale.
L’accès aux soins.
L’école gratuite.
Le droit du travail.
Une forme de prévisibilité de l’existence.
Ce n’était pas une accusation.
C’était un constat.
La France permettait de vivre mieux, matériellement, que de l’autre côté de la mer.
C’était pour cela que les flux existaient.
Pas pour une promesse d’enrichissement culturel abstrait, mais pour une amélioration concrète des conditions de vie.
Il ajouta cependant qu’il existait une autre réalité, moins confortable à regarder.
Car si la France offrait beaucoup, elle était, en retour, très peu absorbée.
Il y avait une étanchéité culturelle.
Une résistance silencieuse à l’assimilation.
Un maintien obstiné dans l’entre-soi communautaire.
Les langues, les codes, les références françaises restaient souvent à la périphérie.
On pouvait vivre en France sans jamais entrer réellement dans sa culture.
Sans ses livres.
Sans son histoire.
Sans ses mœurs.
Sans son imaginaire.
Même lorsque des tentatives sincères d’échange existaient, quelque chose résistait.
Personne ne répondit.
La salle resta silencieuse quelques secondes de trop.
Puis Noam se voulut provocateur et relança son interlocutrice :
– Madame, vous savez faire un couscous ?
Celle-ci surprise :
– Oui mais pas aussi bien que celui fait par les Maghrébins en général…
– Très bien, au bout de combien de millions d’immigrés nord-africains supplémentaires vous pensez être capable d’en faire un aussi succulent que celui de ma grand-mère Salima ?
Rires un peu gênés dans la salle, sourires entendus.
Noam venait de gagner la partie.

Révolution de couleur en Iran : l'hypocrisie écœurante des belles âme

Régis de Castelnau

- 11/1/2026 - Lorsque j’ai commencé ma carrière d’avocat il y a déjà malheureusement fort longtemps, je m’étais immédiatement engagé dans la solidarité internationale. À cette époque, les avocats y étaient très actifs, et les besoins considérables. Dans un monde marqué par la guerre froide, la décolonisation et la brutalisation impérialiste, il y avait aux quatre coins du monde de féroces dictatures. L’organisation dans laquelle je m’étais investi intervenait partout. Il y avait l’Amérique latine et ses dictatures sanglantes, l’Afrique du Sud de l’apartheid, et même encore en Europe les régimes fascisants présents en Espagne, en Grèce ou au Portugal. Les atrocités étaient la routine du travail que nous effectuions. Mais je peux témoigner que le pire du pire de tous ces régimes, celui qui imposait la répression la plus atroce à sa population était le régime iranien de Mohammad Reza Shah Pahlavi, abject individu soutenu par les Américains. Utilisant la SAVAK sa police politique dont le registre était la barbarie, il imposait au peuple iranien une dictature dont nous considérions qu’elle était la pire dans un monde où il y avait pourtant de la concurrence.

Une révolution sanglante chassa le Shah, et installa un régime, qu’on le veuille ou non fondé sur la haine de l’Occident en général et les États-Unis en particulier. Considérés comme les responsables des malheurs du pays. Qui eut pour conséquence qu’au régime de Pahlavi succéda une autre dictature, théocratique cette fois-ci. Le propos ici n’est pas de revenir sur le demi-siècle qui vient de s’écouler, et qui a naturellement transformé l’ancienne Perse. Mais d’essayer de comprendre ce qui est en train de se passer dans cette partie du monde globalisé, confronté aux soubresauts que lui impose l’Empire occidental tardif. En commençant par un préalable personnel. L’auteur de ces lignes n’a jamais considéré que la solidarité avec les opprimés était à géométrie variable ou bien se divisait. Concernant l’Iran, s’il s’était réjoui de la chute de l’abominable dictateur, il a continué à travailler pour cette indispensable solidarité avec ceux qui subissaient une répression violente quelle qu’elle soit, en Iran comme ailleurs.

Le document ci-dessous (qui ne nous rajeunit pas) datant de 1984 témoigne de cet engagement. C’est la raison pour laquelle il considère n’avoir aucune leçon à recevoir de quiconque en matière de défense de la liberté en Iran. Et sûrement pas de la part de ceux qui se mobilisent soudain pour les femmes iraniennes. Parce qu’ils ne viennent en fait en qu’au soutien des agissements d’Israël et des États-Unis.


Parce que, ce qui est en train de se produire dans ce pays frappé depuis 40 ans de sanctions impitoyables, dont les conséquences sociales sont souvent dramatiques, ne relève bien sûr pas du hasard. La situation économique imposée à ce grand pays, combinée au caractère pesant de la théocratie, suscite évidemment un grand mécontentement. Mais à l’évidence, nous sommes d’abord en présence d’une opération occidentale de déstabilisation visant à imposer un changement de régime. Pour mettre ce pays et ses ressources, à la merci de l’État d’Israël et des États Unis.

Il faut lire les articles qui détaillent les conditions de cette intervention directe, comme l’a révélé le quotidien israélien Haaretz, ou comme l’explique l’ancien agent de la CIA Larry Johnson. Et rappelons les conditions de l’agression israélo-américaine de juin dernier. Quand sans aucune déclaration de guerre, Netanyahou a fait bombarder l’Iran, agir ses réseaux terroristes sur le territoire iranien. Les États-Unis se joignant à l’agression alors même que leurs plénipotentiaires se réunissaient en pleine négociation avec ceux de Téhéran ! Benjamin Netanyahou s’est rendu le 30 décembre chez Donald Trump pour mettre au point les modalités du déclenchement d’une nouvelle guerre. Notons que les troubles internes à l’Iran ont commencé quelques jours avant. Toutes les preuves des manipulations occidentales sont sur la table, la tentative de « révolution de couleur » bat son plein. On a même ressorti de son placard l’infect héritier du tortionnaire Pahlavi !

Et si cette « révolution » n’aboutit pas au renversement du régime, le déclenchement d’une intervention militaire est au programme. Donald Trump l’ayant annoncé sans barguigner : « si les dirigeants iraniens tirent sur leurs opposants, nous leur tirerons dessus ». Par conséquent, la seule lecture que l’on peut avoir de l’événement qui est en train de se produire, son sens politique déterminant, c’est qu’on est en présence d’une opération multiforme d’Israël soutenu par les États-Unis contre l’Iran. Tout le reste est du bavardage.

Un autre symptôme le démontre malheureusement chez nous. Tous ceux qui soutiennent sans état d’âme les atrocités commises par Israël depuis le 7 octobre 2023, qui ont tout justifié, tous les négationnistes du génocide en cours, se préoccupent soudain des intérêts des femmes iraniennes à qui le régime impose le port du voile. Comme tous ceux à qui ne posent aucun problème le suprémacisme religieux raciste des ministres qui entourent Nétanyahou, ou l’apartheid violent auxquels sont confrontés quotidiennement les Palestiniens de Cisjordanie. Qui vous disent la main sur le cœur et les yeux mouillés, leur compassion et leur solidarité pour leurs « sœurs iraniennes ». Soyons clair, pour un Français laïque, il y a dans le régime iranien plus que des aspects détestables. Mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui, et c’est de toute façon d’abord l’affaire du peuple de ce pays. Et cette soudaine, et tellement hypocrite mobilisation des belles âmes, a quelque chose d’écœurant. Et constitue qu’on le veuille ou non la preuve déterminante que ce qui est en cours n’est rien d’autre qu’une nouvelle opération de guerre de l’Empire.

Contre le peuple iranien cette fois-ci.