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11 février 2026

Marc Amblard
11/2/2026

USA - 83% DES ÉLECTEURS DÉFENDENT LE PRINCIPE DE S’IDENTIFIER POUR VOTER.
LES ÉLUS DÉMOCRATES S’Y OPPOSENT CATÉGORIQUEMENT.


J’aimerais évoquer rapidement le projet de loi SAVE AMERICA ACT visant à rendre obligatoire une pièce d’identité et une preuve de citoyenneté pour s’inscrire aux élections fédérales.
Pour rappel, si certains États les ont imposées, d’autres refusent de les exiger.
Sur ce point, un récent sondage révèle que 83% des Américains (toutes orientations politiques confondues) soutiennent le projet.
Toutefois, les élus démocrates, hystériques, s’y opposent fermement et crient au racisme.
L’argument est totalement fallacieux à plus d’un titre :
- les Américains de couleur ont tous une pièce d’identité (pourquoi n’en auraient-ils pas d’ailleurs ? Aux USA, il est très facile et très peu coûteux (< $50) d’en obtenir une et être noir n’est pas un handicap qui limiterait les capacités d’une personne à mener les démarches. C’est même insultant de l’insinuer ;
- aux États-Unis, la présentation d’une pièce d’identité est requise pour assister à une épreuve sportive, acheter une bouteille d’alcool, conduire une voiture… Et donc pourquoi ne le serait-elle pas pour participer à un scrutin local ou fédéral ?
Même des personnalités des grands médias démocrates commencent à admettre que le contrôle de l’identité est une nécessité pour garantir la sécurité des élections selon le principe à la base de la démocratie : « un citoyen = un vote (et un seul) ».
À la question très simple « faut-il être citoyen américain pour voter aux élections américaines ? », Chuck Schumer (photo), Chef de la minorité du Sénat refuse pourtant de se prononcer. Et pour cause car s’il répond par l’affirmative, comment vérifier la citoyenneté d’un électeur sans lui réclamer une pièce d’identité ?
Alors pourquoi les Démocrates paniquent-ils autant ? La réponse est malheureusement évidente : ils craignent de ne pas pouvoir gagner une élection honnête où seuls les citoyens voteraient. Sans les illégaux rémunérés par de sombres associations pour voter plusieurs fois dans plusieurs États, les scores démocrates seraient sans conteste fort différents.
À neuf mois des midterms, on comprend pourquoi le projet de loi en question est au centre de toutes les préoccupations… Affaire à suivre.

Epstein, la France et son art d’organiser le silence

H16

– 11/2/2026 – Plusieurs jours se sont écoulés depuis les révélations sur les ingérences de l’Union européenne dans des élections nationales. La presse française, égale à elle-même c’est-à-dire à pas grand-chose, n’en a pourtant à peu près rien dit, si ce n’est pour balayer les accusations avec morgue, sur le mode « ces allégations proviennent du Parti Républicain donc sont fausses et, de surcroît, tout cela vient d’Outre-Atlantique donc c’est forcément une exagération ».


Et de la même façon, une grosse semaine s’est écoulée depuis les révélations de l’affaire Epstein, et les médias français n’ont fini par l’évoquer qu’une fois acculés à cette extrémité par les réseaux sociaux – à commencer par X – où les critiques de l’apathie assez phénoménale des journalistes hexagonaux passait vraiment mal devant l’énormité des accusations, des crimes perpétrés et des personnalités impliquées.

À force de voir chacune des publications des organes de propagande de presse du pays se faire pourrir par des commentaires réclamant une couverture de l’affaire Epstein, les rédactions ont été obligées de trouver un angle de réponse qu’elles croyaient approprié : pas de doute, pour nos petits scribouillards français, Epstein était de mèche avec la Russie !


Malheureusement, cette tentative d’associer aussi goulûment que possible Poutine à Epstein a échoué rapidement, pas plus qu’il n’a été possible pour la presse d’étouffer l’implication massive de Jack Lang dans les combines les plus crapuleuses et criminelles du financier américain.

Et alors que s’empilaient les preuves et les commentaires sur les liens entre les deux hommes, la presse, tentant le tout pour le tout, a redoublé d’ardeur sur le thème russe pourtant largement éculé : n’hésitant à plier aucune réalité, voilà qu’on découvre une opération de désinformation, ciblant rien moins qu’Emmanuel Macron.

Ces mêmes autorités qui pataugent dans les fuites multiples, répétées et profondes de données partout en France et dans toutes les administrations nous annoncent qu’elles ont, entre deux colmatages honteux, réussi à rassembler des preuves irréfutables que Macron aurait donc été victime d’un réseau russe de désinformation dans une opération sobrement baptisée Storm-1516, documentant le tout dans un roboratif rapport de plus de 40 pages badigeonné d’un conditionnel aussi lourd que la choucroute aux profiteroles.


Mais manque de pot ou lucidité des internautes moyens, personne ne semble prendre très au sérieux ces nouvelles fracassantes : peu importe les agitations officielles, les réseaux sociaux continuent de bruire des frasques de personnalités avec Epstein. Au-delà de Lang, cité partout et tout le temps, des noms reviennent sans cesse, notamment dans la nébuleuse macronienne.

Il faut agir, vite. Ça sent mauvais pour l’Élysée.

Deux angles se dégagent rapidement, et les nouvelles fiches de mots-clés et autres éléments de langages font sans tarder le tour des rédactions.

Le premier angle est simple. Il consiste à rappeler que toutes ces affaires donnent du grain à moudre aux complotistes.

Eh oui, c’est franchement rageant, mais ils ont eu raison depuis le début et c’est très fâcheux que tout le monde ait maintenant la preuve des complots, car cela transformerait presque les complotistes en personnes avisées et les fact-checkers… en clowns ou en producteurs de complots comme les Julien Pain, Rudy Reichstadt et autres Tristan Douille-France.

C’est gros, c’est gênant mais néanmoins, la presse va continuer à fredonner sur cette musique – et toute honte bue, les victimes se dissolvent dans les analyses de FranceIntox ou des saillies consternantes de Tristan ou Rudy. À la fin, il ne reste plus qu’une soupe d’approximations si gênantes que certains invités de plateau sont obligés de recadrer le néocomplotiste inassumé.

Pour nos Conspiplologues de combat, pas de doute, la post-vérité est là et ne compte pas s’en faire compter : pour eux et malgré les évidences, « Dire qu’on est face à une conspiration mondiale, c’est faux ». Ils sont formels : la Terre persiste à être plate, même si on retrouve des échanges, documentés, en provenance directe du Département de la Justice américain, montrant sans ambiguïté des actes criminels perpétrés dans une quinzaine de pays dont la France, le Royaume-Uni, la Belgique ou les États-Unis pour ne citer que ceux-là.

Du reste, les récentes vagues de démissions de personnalités en vue ne semblent pas avoir pénétré les petits crânes pourtant spacieux de nos experts en complotologie. Peu importent les Peter Mandelson (UK), Morgan McSweeney (UK), Tim Allan (UK), Mona Juul (Norvège), Jack Lang (France), Miroslav Lajčák (Slovaquie), Joanna Rubinstein (Suède), Brad Karp (US) ; oublions ceux actuellement dans l’eau chaude comme le Prince Andrew (UK), Sarah Ferguson (UK), la princesse Mette-Marit de Norvège, le prince Albert II de Monaco, le sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum (EAU)… Tout ça n’existe pas.


Parallèlement se met en place le second angle : c’est la minimisation, voire la nanométrisation du propos. De façon maintenant officielle, tout ceci n’est pas une affaire qui concerne la France, et donc n’en parlons plus.

C’est l’angle choisi par l’ectoplasme qui hante l’Élysée actuellement et qui peut d’autant plus se permettre cette position périlleuse que les journalistes en face de lui servent essentiellement de serpillière et ne ramènent pas le locataire élyséen à la réalité avec quelques remarques pourtant simples.

Ainsi, personne pour lui rappeler les accointances d’Epstein avec le pourtant très franco-français Jean-Luc Brunel, accusé d’avoir participé à un large réseau de détournement de mineurs, à des viols et des agressions sexuelles. Personne pour noter devant l’histrion élyséen qu’Epstein disposait d’un très grand appartement à Paris, ni que ce dernier a été, selon de nombreux témoignages, le décor à des agressions ou des viols.

Et pourquoi se pertuberait-il puisqu’à la suite de la perquisition donnée par le Parquet de Paris dans les locaux d'Epstein en 2019, rien ne s’était passé ensuite, malgré des éléments pourtant accablants ?


Et pourquoi se pertuberait-il puisqu’avec les nouvelles révélations, ce même Parquet n’a absolument pas bougé le petit doigt, au contraire d’il y a une semaine où, au moindre soupçon (fumeux) de pédocriminalité sur la plateforme d’Elon Musk, ce parquet a fait donner la charge médiatico-policière ?

Bref, fermez le ban, l’affaire ne concerne pas la France, voilà tout : le nuage Epstein s’est commodément arrêté à la frontière française.

Pauvres institutions, méprisables dirigeants qui, au sordide et l’abominable d’une affaire qui ne fait que commencer, ajoutent le grotesque et le scandaleux de leurs pénibles magouilles pour tenter d’étouffer les évidences et discréditer systématiquement ceux qui posent les bonnes questions. Il n’y a plus d’information, qu’une propagande d’un État visiblement malade, qui ne peut reconnaître s’être trompé au risque d’admettre que le mensonge n’était pas une erreur, mais un choix.

Reste à savoir combien de temps ces institutions peuvent survivre à ce genre de choix répétés.


https://h16free.com/2026/02/11/83431-epstein-la-france-et-son-art-dorganiser-le-silence

10 février 2026

RECOMMENCEMENT DE L’HISTOIRE - D’UNE PERESTROÏKA À L’AUTRE

Natalia Routkevitch
10/2/2026

Présentation du livre qui vient de sortir à la librairie du Tiers-Mythe


En décembre 2021, à l’occasion du trentième anniversaire de l’auto-dissolution de l’URSS, j’ai partagé une réflexion rétrospective, essayant de formuler, à travers des souvenirs personnels et des analyses posthumes de quelques auteurs qui me semblent importants, ce qu’avait été cet immense artefact, qui constituait, pendant 70 ans, une alternative au modèle occidental. Le besoin de cette remise en perspective est venu dans un contexte historique particulier : mutation surprenante de la démocratie occidentale et montée des « populismes », révision des consensus issus de la Seconde Guerre mondiale, imposition de récits mémoriels irréconciliables, hostilité croissante entre anciens alliés – bref, un véritable choc des narratifs qui ne présageait rien de bon.
À la suite de cette publication (qui a suscité beaucoup d’échanges stimulants et a montré que l’intérêt pour le sujet était considérable), Amar Ingrachen m’a proposé de développer ce texte pour en faire un livre. La décision de m’y plonger ne se fera pas immédiatement : une impulsion décisive viendra l’année suivante, quand tout bascule et que le choc des narratifs se transforme en choc des armées – une guerre qui plonge ses racines dans l’héritage de l’URSS et la façon dont elle s’est décomposée.
On ne le savait pas encore, mais 2021 a été la dernière année encore relativement « normale », celle du monde d’avant. Février 2022 a marqué un immense désarroi, y compris chez des analystes expérimentés. Ce que l’on croyait – pour des raisons relevant d’une déformation mentale particulièrement révélatrice, que j’explore en détail – impensable, impossible, inconcevable, s’est produit : une guerre violente au cœur de l’Europe. Immédiatement après le premier choc s’en est abattu un second : l’instauration par l’Europe d’un nouveau rideau de fer, par certains aspects plus épais et plus infranchissable que celui de la guerre froide. L’affrontement a aussitôt pris la forme d’une guerre par procuration russo-occidentale, porteuse d’un risque d’escalade globale, nous ramenant à des peurs que l’on croyait révolues – celles d’une confrontation mondiale capable d’anéantir une partie de l’humanité.
La déferlante de sanctions sans précédent, de réactions et de déclarations tonitruantes trahit, malgré les tentatives de se présenter comme logiques et rationnelles, des craintes enfouies, des ressentiments anciens et, dans le cas européen, une forme de « pensée conte de fées », peu adaptée à la description de l’histoire et des relations internationales. Certes, ces réactions prolongent et radicalisent des discours déjà mobilisés et instrumentalisés depuis plusieurs années. Mais pour en comprendre pleinement les ressorts, il faut faire remonter à la surface des histoires plus anciennes, parfois vieilles de plus d’un millénaire.
Le propre de cette « pensée conte de fées » est son incapacité à décrire la réalité de manière satisfaisante et, par conséquent, à y répondre de façon adéquate. Rarement l’atmosphère décrite par Eric Voegelin au milieu du XXème siècle aura été aussi perceptible et étouffante : les dirigeants occidentaux, écrivait-il, "ne reconnaissent les menaces qu’une fois devenues imminentes, sans pour autant y répondre de manière adéquate. Ils se réfugient plutôt dans des opérations « magiques » relevant du monde rêvé : désapprobation, condamnations morales, déclarations d’intention, résolutions, appels à l’opinion publique, diabolisation des ennemis, dénonciation de l’illégalité des guerres, propagande en faveur de la paix universelle ou d’un gouvernement mondial. Cette corruption intellectuelle et morale, exprimée à travers ce complexe d’actions magiques, imprègne la société d’une atmosphère étrange et fantomatique, comparable à celle d’un asile de fous – et c’est bien ce que l’on ressent aujourd’hui en Occident, en pleine époque de crise."
Après 2022, d’autres chocs viendront ébranler l’ossature et la crédibilité du storytelling occidental : nouveau cycle de violences au Proche-Orient, montée continue des courants national-conservateurs en Occident, tempête trumpienne...
Le livre, intitulé "Le recommencement de l'histoire. D’une perestroïka à l’autre" – dont seul le premier chapitre prolonge et développe le texte initial – sera achevé l’année du quarantième anniversaire du début de la perestroïka gorbatchévienne, ce qui apparaît, somme toute, logique. Les événements que nous vivons clôturent définitivement le cycle ouvert en 1985, même si les signes annonciateurs étaient apparus bien plus tôt : celui de la « fin de l’histoire », du moment unipolaire, de l’illusion de l’alternative unique, de la mondialisation heureuse, de l’insouciance béate et de l’irresponsabilité. L’année 2025 marque également le retour de Donald Trump, qui lance une déconstruction accélérée de l’ordre mondial, ou plutôt de ses décors scéniques, car cet ordre s'est transformé en désordre dès lors que l’équilibre géopolitique avait été rompu.
La nouvelle perestroïka – celle du système mondial – est désormais clairement en cours, et son esprit est radicalement différent de celui qui animait la perestroïka de 1985.

Cet ouvrage est volontairement polyphonique : il fait entendre de nombreuses voix des deux côtés de ce nouveau rideau de fer. Journaliste et intervieweur, mon travail a toujours consisté à porter la France dans le monde russe, et la Russie dans le monde francophone ; donner la parole à ceux qui aident à comprendre leurs sociétés en mutation ; analyser et confronter les arguments.
Pour ceux qui, comme moi, portent en eux ces deux cultures et les ont toujours pensées comme complémentaires et non conflictuelles, l’affrontement qui s’intensifie chaque jour est une déchirure profonde de leur identité. Écrire ce livre était une manière de poursuivre ce travail de médiation intellectuelle, qui est devenu extrêmement difficile à l’heure où les liens sont rompus de façon radicale et ostentatoire.
Il ne s’agit pas d’un ouvrage d’un expert universitaire, « intellectuel engagé » ou journaliste d’un média de référence. La marginalité relative de ma position – hors des cercles universitaires, de la sphère savante et des rédactions, travaillant depuis longtemps en indépendant – constitue un certain avantage. Appartenir à deux mondes tout en y étant perçue comme extérieure confère une distance qui élargit la liberté d’analyse et permet un regard à la fois impliqué et détaché.
L’objectivité étant illusoire dans les sciences humaines, mon regard est nécessairement façonné par mon parcours, mes rencontres et mes lectures, que j’ai souhaité partager avec les publics francophones. La grille proposée est large et hétérogène – allant des penseurs russes et occidentaux issus de la gauche néo-marxiste ou wallersteinienne aux courants réalistes en relations internationales, aux conservateurs chrétiens ou « conservateurs de gauche », aux critiques du néolibéralisme et aux décroissants, ou encore aux écrivains, historiens, poètes et cinéastes capables de rendre un peu plus lisible ce « rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme ».
Cet ouvrage n’ambitionne que d’apporter une petite pierre à la compréhension d’un sujet complexe, clivant et trop souvent traité à la légère, comme s’il était possible d’imputer tous les maux du monde à un « Axe du Mal » – construction commode qui nous décharge de nos propres responsabilités.
Rafik Smati

- 10/2/2026 - S’il est un sujet qui m’inquiète profondément pour l’avenir de la France, c’est notre décrochage scientifique. Nous perdons pied dans la course à l'intelligence, et les conséquences seront irréversibles si nous ne réagissons pas.
1) La France compte actuellement environ 150 000 élèves ingénieurs, contre 7 millions d’élèves Chine. À démographie comparable, le ratio est désormais de 1 à 3 en notre défaveur. Ce différentiel n'est pas une statistique abstraite : c'est un indicateur précis de notre dépendance technologique future et de notre perte de souveraineté.
2) Nous avons renoncé à l’exigence au nom d'idéologies hors-sol. La suppression des mathématiques du tronc commun au lycée a été un acte d'automutilation nationale. Malgré une volte-face tardive, le mal est fait : le réservoir de talents s'est tari et la "bosse" scientifique française s'affaisse.
3) Nous avons sacrifié l’éducation de nos enfants pour financer notre modèle social. Il y a 40 ans, l’Éducation et les retraites pesaient chacune 7 % du PIB. Aujourd’hui, les retraites ont doublé pour atteindre 14 %, quand l’Éducation stagne péniblement à 7 %. Nous consommons notre capital intellectuel pour financer le présent, voire le passé.
4) Pire encore, 30 % du budget de l'Éducation nationale est aujourd'hui aspiré par le financement des retraites de ses propres agents. Le budget réel consacré à l'enseignement s'effondre. Résultat : nos professeurs sont mal payés, nos infrastructures vieillissent et nos résultats PISA dégringolent.
Mon message est clair : on ne gagnera pas la grande bataille du 21ème siècle avec plus de dette, mais avec plus d'intelligence ! Pour cela, je propose d’ériger les mathématiques en grande cause nationale !
Il est temps de renouer avec la grande tradition scientifique de la France. Ceci n’est pas une option, c’est la condition de notre survie en tant que nation-puissance.
Le sursaut scientifique est une urgence vitale pour la France.

UN CAUCHEMAR DES MILLE ET UNE NUITS POUR GENTILLES ÉLITES GLOBALISÉES

Gabriel Nerciat
10/2/2026

(statut à double ou triple niveau de lecture)
À l'heure où l'explosion-déflagration des dossiers Epstein s'annonce déjà comme une sorte d'affaire Panama à la puissance 10000 qui s'étendrait sur les deux rives de l'Atlantique, des demeures les plus en vue de Hollywood jusqu'aux sordides bordels de Kiev en passant par le 7e arrondissement de Paris (le meilleur, ou plutôt le pire, d'après la presse anglo-saxonne, n'est pas encore sorti ; notamment des clichés de scènes de torture et/ou de violence sexuelle en bande organisée, comme disent les magistrats soudain bien taiseux), Trump, lui, vaguement à l'origine du scandale, s'apprête à recevoir Netanyahou à la Maison Blanche, lequel vient l'exhorter publiquement – alors que les médias assermentés nous affirmaient exactement le contraire il y a quinze jours – d'engager l'US Army dans une guerre contre l'Iran, comme si le président des Etats-Unis n'était rien d'autre que son larbin le plus indiscipliné (mon précédent compte FB ayant été fermé pour avoir évoqué à peu près la même chose en termes moins amènes, je n'en dirai pas plus pour l'instant).
J'imagine que ceux qui voient un lien entre les deux évènements seront immédiatement catégorisés comme des complotistes, et pourtant le moins qu'on puisse dire est que leur contemporanéité fatale aurait du mal désormais à passer pour totalement contingente.
Mélangez en effet les 120 journées de Sodome avec La guerre de Troie n'aura pas lieu, et vous obtiendrez une œuvre que ni Giraudoux ni le Divin Marquis n'auraient pu avoir l'idée de contresigner.
Peut-être parce que nous ne sommes plus au XXe siècle ni au XVIIIe, et que la langue française est trop probe, comme disait Rivarol, pour avoir la faculté de restituer certains faits.
C'est cette œuvre en volapük cosmopolite intégré que nous commençons donc à lire, éberlués, tel un cauchemar des mille et une nuits qu'aucune Shéhérazade n'était habilitée à conter à ses admirateurs gentils.
À vrai dire, même les plus délirants des conspirationnistes ne l'auraient pas espérée.
Et si, au vu des "invités" d'Epstein et de son sommaire curriculum vitae, vous ne comprenez toujours pas ce qu'elle signifie, ma foi, c'est que vous n'êtes vraiment pas très doué – quelle que soit par ailleurs votre trouble fascination pour les îles vierges si bien nommées.

Marc Amblard
10/2/2026

9 février 2026

Le Grand Effondrement : quand « C’est notre projet » signifiait « Sabordage »

H16
9/2/2026

Dans la presse française, certaines rédactions se frottent enfin les yeux : apparemment, et malgré le narratif gouvernemental, les choses ne vont pas si bien. En fait, la France est en plein effondrement économique et social.

La surprise dans les rédactions semble assez complète : le fameux « C’est notre projet ! » de Macron vient enfin de prendre tout son sens et – oh zut – il s’agissait de couler le pays, et non pas de le gouverner mais bien de le solder.

Les chiffres sont implacables : la France est désormais passée sous la moyenne européenne en termes de PIB par habitant, dans un décrochage qui s’est accéléré au cours de la décennie sous occupation macronienne qui a fait acheter sa baisse du chômage par de la dette, tout en perdant sa substance industrielle.

Le constat est véritablement affolant et seuls les lecteurs habitués de ces colonnes ne seront pas étonnés : pendant que le gouvernement et les médias de révérence bombardaient la population d’une propagande éhontée, on ne pouvait que constater – en cherchant sur les sites mieux informés ou en fouillant dans les pages éloignées de la une des rédactions officielles – l’anémie de la croissance française (en moyenne, elle s’établit à 1,1% depuis 2017, la cinquième plus faible de l’Union européenne, et décline d’année en année). Empilement de déficits de plus en plus fous aboutissant à une dette abyssale, déni systématique des différents gouvernements devant l’effondrement de tous les domaines où l’État intervient, il devient difficile de trouver un domaine dans lequel la France aura progressé, à l’exception de la dette.


Les chiffres donnent le tourni : depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, la dette publique du pays est passée de 2218 milliards à 3416 milliards d’euros, soit une hausse de 1198 milliards en huit ans (plus de moitié, à 54%). Certes, en cinquante ans, les gouvernements successifs de clowns et d’imbéciles péremptoires qui se sont succédé à Matignon n’ont jamais été foutus de boucler un budget à l’équilibre et, à ce titre, Macron et ses sbires n’auront donc pas montré de meilleure capacité à budgétiser quoi que ce soit. Mais le fiasco fumant du budget 2026 donne un excellent aperçu des anti-compétences de Macron et de ses troupes : les déficits routiniers sont devenus obèses au point de rendre le budget impossible à voter.

Jolie performance qui se traduit dans une dette passée d’un 96,8% du PIB déjà inquiétant en 2017 à 117,4% en 2025, à tel point qu’il se chuchote que la France peut être considérée comme l’un des pays dont l’économie est la plus dégradée en Europe.


Cette incompétence – doublée d’une désinvolture qui explique maintenant pourquoi plus de 80% des Français déteste l’actuel chef de l’État – n’a bien évidemment pas été du goût des marchés financiers, notamment ceux qui financent les frasques et débilités politiques soigneusement mises en place par une caste jacassante résolument décidée à flanquer le pays dans le gouffre.

Très concrètement, cela se traduit par une dégringolade de plus en plus marquée de la notation de la dette française, passée d’un AAA en 2005 (la meilleure note possible, gage d’une solidité de remboursement) à un petit A+ actuel consécutif d’une dégradation rapide pendant la période macronienne. C’est le signe d’une dette plus risquée dont tout indique qu’elle va continuer à grimper (elle devrait atteindre 120% du PIB d’ici 2027 selon la Commission européenne).

Au passage, une telle note signifie que détenir de la dette française devient plus coûteux, plaçant la France dans le groupe des pays moins sûrs comme la Pologne ou la Slovénie. Pour un niveau de vie inférieur à celui de la Belgique et de Chypre, avec des services publics passés de médiocres à carrément mauvais (voire inexistants dans certaines campagnes), on peut légitimement se demander où sont passés les 1200 milliards d’euros (!) cramés sur les cinq dernières années. Une chose est certaine : ce n’est pas parti dans de nouveaux hôpitaux, des routes plus belles et des communes plus sûres.


Et justement, question sécurité, le bilan est lui aussi véritablement catastrophique, comme l’explique très bien Marc Vanguard dans une récente série de tweets et qui illustrent, chiffre à l’appui, l’affolante dégradation de tous les indicateurs pertinents : ainsi, entre 2024 et 2025, on observe une hausse de 19% des homicides volontaires (!) et de 97% (!!) des tentatives de ces homicides. À ce rythme, même les statistiques ont peur.

L’insécurité n’est plus un sentiment et devient une trajectoire ; la France est maintenant, avec la Belgique, le pays le plus dangereux d’Europe occidentale et le terme de « mexicanisation » n’est plus une exagération imagée : la multiplication des « home jackings » ou des kidnappings pour extorsion ne peut plus être ignoré des citoyens, seule la classe jacassante refuse encore d’admettre cette évidence.


Une des cause immédiate de cette insécurité est le choix, consternant, mais appliqué avec obstination, de ne volontairement plus assurer la sécurité intérieure et extérieure du pays.

La sécurité intérieure est en pleine déliquescence, la justice devenant une blague de plus en plus macabre de jour en jour. Pour rappel, l’écart ne cesse de croître entre les peines théoriques et les peines appliquées, ce qui explique la présence croissante de récidivistes en liberté. Eh oui : lorsqu’on n’enferme pas les récidivistes, ils récidivent.


Or, le choix de ne pas enfermer les coupables est un choix sociétal et politique, rien d’autre.

La Macronie a non seulement échoué à endiguer la tendance d’empathie suicidaire avec les coupables au détriment des victimes introduite notamment par les précédents socialistes au pouvoir, mais elle a accru le problème avec la seconde cause immédiate de cet effondrement de la sécurité, extérieure ici avec une immigration absolument incontrôlée qui a transformé le pays en véritable asile pour tout et n’importe qui – et notamment de fous puisque plus d’un tiers des immigrants, légaux ou non, qui déferlent actuellement sur l’Europe déclarent des troubles mentaux.

Mais plus profondément, ces choix – parfaitement autodestructeurs – proviennent de l’idéologie socialiste et du tout-à-l’État qui ont déjà entraîné tant de pays à la ruine. Ces choix ont été clairement consentis, adoubés par une part importante des Français avec leurs votes répétés pour ce genre de mirages.

En choisissant délibérément l’égalitarisme, le nivellement par le bas, de noyer les différences dans la « diversité », de pousser tous et chacun dans une dépendance totale aux systèmes de l’État, on a délibérément pavé la voie tant à la déliquescence du système de justice (débordé, idéologisé) qu’aux vagues d’immigration dont le but, maintenant clairement avoué, est de changer la nature même du peuple pour garantir aux élites leur place aux manettes.

C’est par égalitarisme forcené qu’on noie une société dans les normes et les lois. C’est en noyant la justice dans celles-ci qu’on la fait disparaître. C’est en faisant disparaître la justice qu’on détruit la sécurité. Cette destruction provoque alors la fuite des entreprises et des personnels compétents. L’effondrement économique n’est que la traduction palpable de l’effondrement sociétal sous-jacent.

Ce Grand Effondrement n’est finalement que la facture du Grand Remplacement : celui des libertés par l’égalitarisme, du mérite par l’assistanat, du réel par l’idéologie.


https://h16free.com/2026/02/09/83347-le-grand-effondrement-quand-cest-notre-projet-signifiait-sabordage

8 février 2026

LE DOSSIER EPSTEIN ENTRAÎNE DE VIOLENTES SECOUSSES EN EUROPE

Marc Amblard
8/2/2026


Ceux qui pensent que l’affaire Epstein est un épiphénomène, un truc de complotiste, vivent dans un univers parallèle. Celui du déni.
Pour preuve, la masse colossale de documents publiés par le ministère américain de la Justice a provoqué une onde de choc au sein des élites politiques, économiques et sociales européennes mettant fin à des carrières et déclenchant des enquêtes politiques et criminelles.
En voici quelques exemples (la liste s’étendra probablement dans les prochaines jours) :
- L'ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, Peter Mandelson, a été limogé et risque une peine de prison. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, est confronté à une crise de leadership suite à la nomination de Mandelson.
- Andrew Mountbatten-Windsor, frère du roi Charles III, a perdu ses titres honorifiques, son titre princier et sa résidence financée par les contribuables. Il a dû verser des millions pour régler un procès avec l'une des victimes d'Epstein ; il subit actuellement des pressions pour témoigner aux États-Unis.
- Son ex-femme Sarah Ferguson a dû fermer les portes de son association caritative cette semaine.
- Joanna Rubinstein, fonctionnaire suédoise de l'ONU, a démissionné après la révélation de sa visite en 2012 sur l'île caribéenne d'Epstein.
- Miroslav Lajcak, conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre slovaque, a quitté ses fonctions suite à ses échanges avec Epstein, au cours desquels ils ont notamment évoqué de « belles jeunes filles ».
- La Lettonie, la Lituanie et la Pologne ont ouvert des enquêtes officielles approfondies sur ces documents. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a déclaré qu'une équipe examinerait minutieusement les dossiers afin d'identifier d'éventuelles victimes polonaises.
- Thorbjørn Jagland, secrétaire général du Conseil de l'Europe et ancien président du comité d'attribution du prix Nobel de la paix, fait actuellement l’objet d’une enquête en raison de ses liens avec Epstein.
- Le couple de diplomates norvégiens de renom Terje Rød-Larsen et Mona Juul serait également impliqué. Mona Juul a été suspendue de ses fonctions d'ambassadrice de Norvège en Jordanie suite à des révélations, notamment celle selon laquelle Epstein a légué 10 millions $ à leurs enfants dans un testament rédigé peu avant son « suicide » dans une prison de New York en 2019.
- La famille royale norvégienne n'y échappe pas non plus, mise à mal par de nouveaux détails concernant l'amitié entre Epstein et la princesse héritière Mette-Marit, épouse du prince Haakon, héritier du trône. Les documents révèlent des courriels organisant des visites dans les propriétés d'Epstein. La princesse a présenté récemment des excuses publiques
Attention, ces personnes influentes ne sont pas forcément accusées d'inconduite. Pour la plupart, elles sont inquiétées pour avoir entretenu des relations amicales avec Epstein APRÈS ses condamnations pour agression sexuelle.
Ce dossier révèle un vaste réseau mondial de membres de familles royales, de dirigeants politiques, de milliardaires, de banquiers et d'universitaires que le riche financier avait constitué autour de lui. Il collectionnait les personnalités influentes comme d'autres collectionnent les miles de compagnies aériennes. En les compromettant parfois dans des affaires de pédophilie, il bénéficiait sur elles d’un puissant de levier de contrôle dont on peut se demander si certains ne s’en sont pas servi en coulisses pour influencer les politiques mises en œuvre de part et d’autre de l’Atlantique.

7 février 2026

Natalia Routkevitch


Natalia Routkevitch est née à Moscou, où elle a suivi des études en sociologie et en sciences politiques avant de s’installer en France il y a plus de 20 ans. En tant que journaliste indépendante, elle a contribué à divers médias européens et russes, s’appliquant à faire connaître la vie politique et intellectuelle de chaque pays à l’autre, favoriser une compréhension mutuelle entre les deux mondes et renforcer les liens entre les deux cultures. Elle a déjà publié À la recherche de la République perdue à Moscou en 2020.

La France catholique s’efface

Gastel Etzwane
6/2/2026

Les églises ferment. Les clochers disparaissent. Et avec eux, une France entière.
La carte parle d’elle-même. Partout sur le territoire, des églises sont menacées, désaffectées, détruites. Ce ne sont pas seulement des bâtiments qui disparaissent, mais les communautés qui les faisaient vivre. La pratique s’effondre. Les villages se vident. Le clergé manque. La transmission est rompue. La France catholique, majoritaire et structurante, n’existe plus comme réalité sociale.
Le facteur décisif est démographique. Les Français historiquement catholiques vieillissent et disparaissent. Ils ont peu d’enfants. Très peu. La relève n’est pas assurée. Dans le même temps, la population se transforme. Les nouvelles générations, souvent issues d’autres cultures et d’autres religions, ne reprennent pas cet héritage. Même après deux, trois ou quatre générations, le catholicisme ne redevient pas un socle commun. Le remplacement n’est pas symbolique. Il est culturel et anthropologique.
Il existe des sursauts. Des jeunes. Des courants traditionnels. Des îlots de résistance. Ils sont réels. Mais ils sont minoritaires. Ils ne renversent pas la tendance. Ils ralentissent à peine la disparition.
La France change donc de visage. Lentement. Profondément. Probablement irréversiblement. Ce qui disparaît n’est pas seulement une religion, mais une civilisation ordinaire, enracinée, quotidienne. Les églises qui tombent ne sont pas une cause. Elles sont le symptôme. Et ce symptôme annonce moins une renaissance qu’un crépuscule.