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21 février 2026

Laurence Muller-Bronn
20/2/2026

Cardiologue, chercheur et ancien directeur de recherche au CNRS, Michel de Lorgeril est l’une des voix les plus critiques de la médecine contemporaine.
Médecine des vaccins: "Nous vivons dans un monde de mensonges et de dissimulation!"
Dans cet entretien sur Antithèse il revient sur les fondements de la preuve scientifique en médecine, la vaccination contre le Covid-19, la vaccination pédiatrique, la pharmacovigilance et plusieurs controverses sanitaires majeures, du Mediator à l’hépatite B. Il interroge également la notion de vaccination « altruiste », la question des adjuvants, et la frontière entre science, industrie et institutions.
Spécialiste des maladies cardiovasculaires, il développe enfin sa vision du cholestérol, du French Paradox et du rôle de la nutrition dans la prévention.
Un échange dense et sans détour, au cœur des débats scientifiques et médicaux de notre époque.
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Michel de Lorgeril est docteur en médecine, chercheur au CNRS, expert international en cardiologie et nutrition, membre de la Société Européenne de Cardiologie. Il a pratiqué dans les services de cardiologie des hôpitaux de Genève, Montréal et Lyon. Responsable des Laboratoires de cardiologie expérimentale de l'Institut de cardiologie de Montréal puis de l'INSERM à Lyon, il a été le principal investigateur de l'Etude de Lyon et le promoteur de concepts scientifiques comme le French Paradox et la diète méditerranéenne.

00:00 Intro
02:16 Présentation
04:30 L'essai randomisé en double aveugle
06:45 Les vaccins anti-Covid
11:35 La vaccination "altruiste"
15:00 Le vaccin contre la grippe
18:49 La rage et la fièvre jaune
21:30 La poliomyélite
23:30 Les typologies de vaccin
26:48 Pharmacovigilance et effets secondaires
32:51 Le scandale du Mediator
35:38 La vaccination pédiatrique
39:50 Vaccine Hépatite B et sclérose en plaque
42:40 Robert Kennedy Jr
46:00 La rougeole et la variole
52:28 Les maladies cardiovasculaires
55:17 La vaccination animale
58:17 Aluminium, adjuvants et vaccination infantile
1:03:17 Antivax ?
1:05:11 Cardiologie
1:08:05 Cholestérol, un grand bluff ?
1:14:50 The French Paradox
1:22:20 Diète méditerranéenne et nutrition
1:37:01 Épinglé par l'ordre des médecins
1:41:31 Carte blanche - un monde du mensonge
Henry Bonner
21/2/2026

Stellantis : bilan des pertes sur l’électrique

Stellantis, la maison-mère de Peugeot et Fiat, annonce 22 milliards d’euros de pertes sur la seconde moitié de 2025, essentiellement en raison de l’abandon des objectifs de ventes dans l’électrique.

En effet, le constructeur réduit la valeur des investissements en rapport aux voitures électriques.

Comme le montre le dernier rapport, l’entreprise estime à 14,7 milliards les coûts pour l’abandon de la production de modèles, en particulier dans les voitures électriques.

Le montant comprend 5,8 milliards d’euros de nouvelles dépenses de trésorerie, sur les 4 prochaines années, pour la relance des modèles thermiques.

En principe, l’entreprise met ainsi fin à l’erreur du tout-électrique. Elle prévoit des investissements dans les voitures thermiques, en raison de la demande chez les consommateurs.

La perte comprend aussi 2,1 milliards en rapport aux fournisseurs pour les voitures électriques, en particulier les projets d’usines de batteries.

Par exemple, le constructeur fait partie des partenaires dans Automotive Cells Company (ACC), un producteur de batteries pour les voitures électriques.

Or, ACC met fin à des projets de méga-usines en Italie et en Allemagne, selon une annonce de ce mois-ci.

De plus, l’entreprise prévoit 1,3 milliards d’euros pour des modifications à la production, dont les licenciements de personnel.

Provisions sur les garanties : soucis de qualité dans l’électrique

La perte de 2025 comprend aussi une hausse de 4,1 milliards des provisions pour les garanties des voitures aux consommateurs.

Le rapport fait allusion aux voitures électriques et les hybrides, comme source de hausse des provisions. Il cite en effet les “nouveaux motopropulseurs” comme causes de la dégradation.

De même, les données des assurances indiquent des hausses de coûts pour la réparation des voitures électriques.

En France, d’après Assurland, le coût de l’assurance atteint en moyenne 818 euros par an pour une voiture électrique, contre 735 euros pour les diesel.

Le problème vient des prix des pièces de rechange, en particulier la batterie.

La dégradation des composants explique aussi le rythme de chute de la valeur des voitures électriques sur le marché de l’occasion. Selon un courtier de voitures d’occasion au Royaume-Uni, les voitures thermiques conservent environ 50 % de leur valeur à neuf au bout de 5 ans, contre autour de 20 % pour les voitures électriques.


Les pertes de 22 milliards d’euros chez Stellantis font partie des conséquences de la conversion de force à la production de voitures électriques sans demande réelle chez les consommateurs.

La taille de la perte chez Stellantis et chez la plupart des constructeurs explique le changement de mentalités dans le secteur et le lobbying contre les quotas d’émissions.

En effet, après des illusions de gains grâce à une conversion à l’électrique, les constructeurs font des pertes dans la réalité, et veulent l’arrêt ou l’abandon du programme.

20 février 2026

Mort de Quentin Deranque, tragédie et diversion

Régis de Castelnau


- 18/2/2026 - Dans ce monde globalisé, même si on part à 15 000 km, on n’est jamais très loin de son pays. L’espace numérique permet de suivre ce qui s’y passe quasiment en temps réel. Avec la France, force est de constater que ce qui frappe, c’est d’abord et avant tout la bêtise politique qui règne dans notre malheureux pays. Un pouvoir aux abois, dirigé par un psychopathe poursuit son travail de destruction qui le conduit à une situation qui va bientôt ressembler à celle de la Russie des années 90. Détesté par une population qui rêve de le chasser mais ne bouge pas une oreille, il est soutenu par des « élites » administratives, judiciaires, policières, médiatiques, et même militaires, corrompues jusqu’à l’os. Une classe politique imbécile prépare fébrilement une élection présidentielle d’ores et déjà truquée et qui permettra de ne rien changer. Le gang qui surplombe le « bloc élitaire » ne peut en aucun cas se permettre la moindre alternance. Parce que quelle qu’elle soit, aussi mineure soit-elle, elle serait vécue comme une libération, et ouvrirait la voie à une exigence de reddition des comptes, dangereuse pour ceux qui après avoir choisi Macron, l’ont soutenu bec et ongles, lui et son système.

Un invraisemblable scandale mondial vient d’éclater dévoilant clairement un monde occidental qui ajoute à une corruption déjà insupportable de ses élites, une dépravation parfaitement ignoble. Et dans cette course à l’infamie, on apprend que la France est plus que largement dans le peloton de tête. Le scandale Epstein raconte deux choses. D’abord l’ignominie que montre le dévoilement, et ensuite le niveau de panique qui touche les élites. L’ahurissante opération de diversion, tentant de faire croire que l’on est en présence d’une opération de déstabilisation russe, témoigne de la panique du système. Et de l’incroyable mépris dans lequel ces gens tiennent les Français, persuadés qu’ils sont (ou pas), qu’ils peuvent souscrire à un mensonge aussi stupide. Alors on fait donner les plus grotesques des folliculaires qui se précipitent sur les plateaux pour y enfiler leurs imbécillités. On sacrifie quelques boucs émissaires commodes en se disant qu’un peu de viande avariée pourrait peut-être calmer une meute qui commence à grogner.

Mais finalement, peut-être auront-ils quelques raisons de ne pas trop s’inquiéter. Après huit jours de révélations, de polémiques, de gêne, de mensonges, voilà que la classe politique offre au forcené de l’Élysée une diversion en forme de porte de sortie de son fort Alamo. Une bagarre politique comme la France en a toujours connu, opposant de jeunes imbéciles d’extrême gauche ignorants de l’Histoire et avides de sensations, à de jeunes imbéciles d’extrême droite tout aussi ignorants et tout aussi avides. Cette fois-ci le sort est tombé sur un jeune homme d’extrême droite comme il était tombé sur Clément Méric appartenant à l’extrême gauche il y a 13 ans. Cette tragédie, raconte la jeunesse, l’inculture et l’inconséquence de ceux qui se prétendent ridiculement « combattants antifascistes », en prétendant construire des murs contre la « bête immonde ». Elle raconte aussi la jeunesse, l’inculture et l’inconséquence de ceux qui en face des premiers, se prétendent « identitaires » et patriotes soucieux de leur défense de leur pays. Finalement, en dehors de leur inculture historique commune, nous avons là le symptôme dégradé, d’une vieille histoire. Et d’ailleurs, les éléments pourtant diffusés au compte-gouttes, font de plus en plus apparaître les faits comme une bagarre à l’ancienne, à la fois violente et classique, entre les deux groupes précités.

Mais cette fois-ci, attention ! La droite a vu l’ouverture. On va pouvoir mettre Mélenchon en difficulté parce qu’avec celui-là pour 2027, on ne sait jamais. Surtout que conscient de sa dimension politique considérable, il a été le seul de toute la classe politique à aborder de front la question de « l’affaire Epstein ». On notera d’ailleurs le pieux silence du RN. La combine habituelle de sa disqualification judiciaire, même si elle mijote déjà dans les petites marmites des magistrats amis, ne sera peut-être pas aussi facile que celle que l’on vient d’appliquer à Marine Le Pen. Alors va pour les amalgames, une petite interview d’Emmanuel Macron à Haziza, le représentant journalistique du Likoud en France, pour prétendre aux dérapages antisémites de LFI. Sans pouvoir bien sûr en citer aucun. Quelques articles bien sentis dans la presse bourgeoise pour dénoncer les risques de guerre civile que Jean-Luc Mélenchon fait courir à la France. Il faut dire que s’acoquiner avec un imbécile du calibre de Raphaël Arnault, ce petit bourgeois urbain qui porte son soi-disant « antifascisme » comme un signe extérieur de richesse, et en faire un député est quand même un exploit. Et le pitre va rapidement commencer à ressembler au sparadrap du capitaine Haddock. Le fascisme, le vrai, a bien existé et a trouvé en face de lui de vrais antifascistes. Ceux d’aujourd’hui font du théâtre.

Chez les droitards plus ou moins extrêmes, et plus ou moins obtus, on monte sur ses grands chevaux, en transformant le pauvre Quentin en martyr, sans oublier de rappeler sa foi catholique. Avec cette particularité curieuse que les groupuscules à la manœuvre ont repris scrupuleusement à leur compte la rhétorique de l’extrême droite israélienne. Parce qu’effectivement on peut se demander par exemple quels objectifs poursuit le groupement « Nemesis » soi-disant féministe identitaire en allant s’opposer à des conférences sur la Palestine dans des enceintes universitaires. Et tous ces petits groupes manifestent ardemment le souhait que cette mort tragique soit enfin l’étincelle qui mette le feu à la plaine. En mode Calvo Sotelo, ce parlementaire de la droite espagnole dont l’assassinat par des socialistes fut utilisé pour déclencher le putsch de Franco.

Tout ceci n’est pas sérieux et même détestable. Mais malheureusement, et c’est probablement le but, on assiste à une énorme opération de diversion politique. Peu importe qu’elle soit volontaire pour le pouvoir, et involontaire pour une partie de la basse-cour, force est de constater que l’affaire Epstein, et le dévoilement de l’énorme corruption du système français sont passés sous la table.

C’est tellement plus intéressant de s’abîmer dans des disputes dignes de « la guerre des boutons », plutôt que de mener les véritables combats politiques qu’appelle la situation dans laquelle le système Macron et son gang ont mis notre malheureux pays.

Le spectacle de cette France sortie de l’Histoire, est encore plus difficile vu de l’étranger.

Radu Portocala

- 19/2/2026 - Avec la vulgarité dont il a fait preuve à maintes reprises, Emmanuel Macron nous dit que « free speach is a pure bullshit » – ce que nous ne pouvons traduire que par « la liberté de parole est une pure merde ».
Pour Emmanuel Macron la parole libre est celle que guident les algorithmes. Staline et ses divers succédanés pensaient exactement la même chose. Seulement, à la place des algorithmes – dont il n’était pas question à l’époque – ils auraient dit « la ligne du parti », ils auraient, donc, dit que « la parole est libre si elle dit la même chose que le parti ».
Formulons les choses autrement. Quand Macron recevait Poutine à Brégançon, il était permis de dire que Poutine est un homme bien ; ensuite, quand Macron s’est fâché contre Poutine, il a été permis de dire que Poutine est un personnage ignoble ; quand Macron trouvera qu’il est utile de se rabibocher avec Poutine, il sera permis de dire que Poutine est un personnage fréquentable.
Dans le paradis rouge, la liberté de parole était comprise exactement de la même manière.
Au fil du temps, les dérapages dictatoriaux de Macron ont été nombreux. Mais celui-ci, proféré avec cet air de satisfaction supérieure, est sans doute le pire. « C’est pour votre bien que je vais ériger des clôtures autour de vous » nous dit-il avec le sourire. Des temps difficiles nous attendent, car le pouvoir qui restreint les libertés au nom du bien est un pouvoir dangereux, capable de tous les excès.

SÉGOLÈNE, UN CONTE ESPAGNOL

Gabriel Nerciat
20/2/2026

Elle s'appelait Dolorès, mais le monde entier la connaissait sous le nom de la Pasionaria.
Bien sûr, son fameux slogan "No Pasaran" aurait dû la vouer durablement au ridicule, puisque les franquistes sans demi-mesure sont passés, mais on ne lui en a pas tenu rigueur. Au contraire.
Depuis, tous les Antifas disent "No Pasaran" quand ils voient Trump ou Orban, par exemple. Et à chaque fois, Trump ou Orban sont élus (sauf quand il y a fraude). C'est presque automatique.
À la fin de la guerre civile, alors qu'elle s'apprêtait à gagner l'URSS pour faire publiquement allégeance à Staline, une fée progressiste lui apparut en rêve et lui dit : "Pour te féliciter de ton courage, je t'accorde un voeu. Que me demandes-tu ?".
Dolorès réfléchit à peine, et répondit : "Je veux mourir après Franco, quelle que soit sa longévité, et revenir à Madrid en vainqueur pour pouvoir cracher à satiété sur sa dépouille."
– Ton vœu sera exaucé, répondit la fée, mais pour la peine je dois accorder aussi un vœu à Franco, car après tout il est vainqueur et a droit à une compensation.
Le lendemain soir, la fée apparut en songe au Caudillo qui s'était endormi plus tôt que d'habitude, car il essayait en vain de lire la traduction espagnole de Mein Kampf.
– Dolorès Ibarruri a obtenu de te survivre. Même si cela ne me plaît pas, je dois t'accorder un vœu à toi aussi par compensation.
Le général Franco se tut pendant un moment, puis lança avec une petite moue cruelle et amusée que ses ennemis ne connaissaient que trop bien :
– Peu importe qu'elle meure après moi. Je veux qu'après sa mort à elle, elle se réincarne en une gourde social-démocrate poitevine affublée du plus ridicule des prénoms qu'une chrétienne puisse porter : Rossinante, ou mieux Ségolène. À chaque fois qu'elle dira No Pasaran, tous ceux qui l'entendront éclateront de rire. Et cela, jusqu'à ce que plus personne ne se soucie de l'écouter parler.
Contrariée, la fée réalisa les deux vœux, puis rentra au pays des elfes où elle déplora que les hommes soient encore suffisamment superstitieux, hétéronomes et aliénés pour accepter de formuler des vœux devant les fées.
Le Canard enchaîné

- 17/2/2026 - Durant son dernier mandat, Jack Lang, l’ex-calife de l’Institut du monde arabe a surtout excellé dans l’art de plaire au pouvoir. Jusqu'à organiser une exposition sur le travail pictural de Laurence Auzière, fille de Brigitte Macron.

Pendant que la France s’endort, nos voisins se réveillent

H16

- 20/2/2026 - S’il apparaît maintenant assez clair que la France est en train de s’effondrer, cela ne veut cependant pas dire qu’il en serait de même pour le reste de l’Europe. En pratique, certains autres pays comprennent les dangers et les difficultés et sont en train de réagir petit à petit.

La France a, pendant des siècles, été un pays dominant de la scène européenne. Cependant qu’elle décline à présent, des pays comme l’Italie ou la Pologne, sensiblement moins riches à la fin du siècle dernier, sont en train de rattraper leur retard et même de la dépasser.


En effet, pour la première fois, le PIB par habitant (en parité de pouvoir d’achat) de l’Italie a dépassé celui de la France pour 2025 et 2026 (mesure nominale ou ajustée), marquant un rattrapage complet après un écart historique en faveur de la France. La richesse française par habitant est désormais inférieure de 1,5 % à la moyenne européenne, alors qu’elle était supérieure de 5 % en 2019.

Quant à la Pologne, selon le FMI et via les extrapolations des économistes, le PIB par habitant polonais (toujours en parité de pouvoir d’achat) pourrait atteindre 84 500 à 84 600 dollars en 2034, contre 83 700 dollars pour la France. La Pologne dépasserait ainsi la France en 2034 si les tendances se maintiennent.


Ces changements paradigmatiques ne sont pas sans conséquences.

L’une d’elles, directe, est le rapprochement qu’on peut observer entre l’Allemagne et l’Italie avec le début d’un « nouvel axe » Rome-Berlin qui s’affirme progressivement avec la montée en puissance italienne comme un contrepoids concret vis-à-vis de Paris. Concrètement, le sommet intergouvernemental du 23 janvier 2026 à Rome entre Giorgia Meloni et Friedrich Merz a abouti à un plan d’action de 19 pages, incluant sept accords bilatéraux sur l’industrie, la défense, l’énergie, la migration et la simplification réglementaire.


Les deux pays, premiers fabricants de l’Union européenne, poussent pour une dérégulation, une compétitivité industrielle renforcée (notamment dans l’automobile et les hautes technologies) et une coopération militaire accrue (formation, exercices, industrie de défense, espace via le projet « Bromo »).

Ensemble, l’Allemagne (avec un PIB d’environ 5330 milliards de dollars, 23 à 24 % de l’Union) et l’Italie (2700 milliards et 12 %) représentent près de 36 à 37 % du PIB européen, un poids qui facilite les majorités qualifiées (qui requièrent 65 % de la population de l’Union européenne). Ce partenariat pragmatique, qualifié de « nouvel axe » par plusieurs analyses (Le Monde, le JDD), vise à contourner les blocages franco-allemands traditionnels, avec des propositions communes pour le Sommet européen de février 2026 sur la compétitivité et un agenda de « moins de bureaucratie, plus d’autonomie stratégique » … le tout sans attendre Paris. Il faut dire que si la bureaucratie promet la protection, la compétitivité, elle, paie les factures.

Le chancelier allemand Merz appelle d’ailleurs à revoir l’ensemble des politiques européennes et à déréglementer tous les secteurs.

Pour l’instant, on pourra certes arguer du fait que ce ne sont que des mots, mais cela reste toujours plus que le gouvernement français qui a prestement remplacé la pensée par la taxe et l’action par la ponction.

Dans le même temps, la Pologne consolide sa montée en puissance : son PIB a progressé de 3,6 % en 2025 (contre ~0,3 % en Allemagne et ~0,9 % en France), et devrait dépasser les 1000 milliards de dollars en 2026 avec une croissance prévue à 3,5 % selon la Commission européenne.


De façon intéressante, le pays continue d’accroître discrètement ses réserves : la Pologne possède désormais plus d’or que la Banque centrale européenne. Varsovie investit dans l’énergie, la santé et surtout la défense (4,8 à 5 % du PIB y sont consacrés et son armée est en expansion vers 500 000 hommes avec son programme « Eastern Shield »).

Ce rôle de pivot sécuritaire sur le flanc Est, allié à une économie dynamique, renforce son influence dans les coalitions comme avec l’Allemagne sur la compétitivité ou via le « Three Seas Initiative » pour la géopolitique. La Pologne entend ainsi devenir incontournable sur l’Ukraine et la Russie, diluant le leadership français traditionnel.

Et contrairement à l’impression qui pourrait se dégager vu de Paris, les Polonais ne sont pas toujours plus bellicistes que la France sur ces dossiers ; ils le sont même moins, leur position en première ligne dans le cas d’un conflit avec les Russes tempérant largement certaines ardeurs plus occidentales. C’est ainsi que Varsovie a refusé d’envoyer des troupes en Ukraine pour faire du maintien de la paix contrairement aux souhaits médiatiquement affichés de la France et du Royaume-Uni.

Dans une certaine mesure, ce renforcement de la défense polonaise n’est peut-être pas uniquement un message destiné à la Russie mais peut aussi se voir comme une façon de peser davantage dans les discussions européennes face aux autres pays d’Europe de l’Ouest. C’est probablement la raison pour laquelle les Polonais hésitent de moins en moins à contester les choix politiques de l’Ouest, voire apportent une voix politique clairement dissonante quand il s’agit de lutter contre les mesures les plus liberticides de la bureaucratie européiste : leur récent rejet de Chatcontrol, suivi du refus net du DSA par le président polonais le laissent en tout cas fermement penser.

L’Allemagne, l’Italie et la Pologne montrent un chemin différent de celui que veut emprunter la France : loin d’aplanir les différences, l’Union européenne se « multipolarise » avec un axe Rome-Berlin qui impose un agenda industriel et sécuritaire pragmatique, tandis que la Pologne émerge comme pôle de croissance et de dissuasion.

La France, embourbée dans ses crises internes, son économie anémique et sa classe politique de plus en plus stupide, perd du terrain sans qu’une résolution rapide ne soit visible à l’horizon actuel. L’élection présidentielle de 2027 risque même d’aggraver la situation, au vu de la pitoyable qualité des candidats actuels.

Ce glissement européen n’est pas une franche rupture mais une reconfiguration dans laquelle Berlin pivote vers des partenaires plus alignés sur la dérégulation et la realpolitik et dans laquelle le couple franco-allemand ressemble de plus en plus à un vieux mariage où l’un des deux a déjà refait sa vie à Rome, tandis que l’autre continue de dresser la table pour deux.

Les nations ne déclinent pas d’un coup : elles se réglementent lentement jusqu’à l’atonie. Cette fois-ci, il n’y aura pas besoin de panzer pour qu’un « axe » détruise la France, elle s’en chargera très bien par elle-même pendant que les Polonais, loin de devenir une autoroute entre la Russie et l’Allemagne, pourraient bien devenir un pivot essentiel en Europe centrale.


https://h16free.com/2026/02/20/83465-pendant-que-la-france-sendort-nos-voisins-se-reveillent

19 février 2026

François-Xavier Bellamy
19/2/2026


Quelques enseignements après la lecture du rapport d’EDF sur la modulation, gardé secret jusqu’à cette semaine. Pourquoi ce sujet est-il si sensible et crucial, malgré son aspect technique ? Parce qu’il suffit à montrer l’absurdité coupable d’une politique qui continue, avec la PPE3 tout juste adoptée, de financer massivement l’ajout sur notre réseau d’énergies renouvelables intermittentes.
Pendant plusieurs décennies, notre mix électrique a reposé sur la complémentarité du nucléaire et de l’hydroélectricité, assurant longtemps à la France l’énergie la plus compétitive et décarbonée d’Europe. La plus stable aussi : ces sources d’énergie combinées savaient « moduler », c’est-à-dire adapter leur puissance en fonction des besoins, pour équilibrer le réseau. François Hollande et Emmanuel Macron ont rompu avec cet héritage en promettant de baisser la part de l’énergie nucléaire dans l’électricité française. Pour y parvenir, le projet poursuivi depuis près de quinze ans a consisté à déployer massivement des énergies renouvelables, éoliennes et panneaux solaires, en investissant des montants considérables d’argent public. Au nom d’un seul dogme : les renouvelables produisent une énergie « verte » qui répondra à l’augmentation des besoins.
Problème : loin des projections utopiques cultivées à Paris, la demande en électricité tourne plutôt à la baisse… L’effet brutal de la désindustrialisation du pays, additionné à des politiques d’incitation au gaz promues par ces mêmes dirigeants qui plantaient des éoliennes partout. Résultat : avec un trop-plein d’électricité renouvelable qui s’ajoute toujours chaque année au réseau, nos centrales doivent désormais moduler, non plus pour suivre les besoins des Français, mais pour s’adapter à l’intermittence ingérable de cette nouvelle production indexée sur la variabilité du soleil et du vent. Les réacteurs nucléaires savaient baisser leur production : désormais ils doivent s’arrêter, ce qui change tout. Comme l’écrit Cédric Lewandowski, patron du nucléaire chez EDF, « la modulation a changé de nature. » Entre 2019 et 2024, elle a déjà plus que doublé… À moyen terme, il faudrait, quand le vent et le soleil le voudront, que le parc nucléaire s’efface, faute de subir un jour en France le black-out qu’a vécu l’Espagne en avril dernier. Les Français auront alors financé deux réseaux pour que l’un soit à l’arrêt. Avec une stratégie aussi absurde, que personne ne s’étonne de voir les factures exploser, les foyers souffrir - et l’industrie s’anémier toujours plus, faisant encore baisser la demande en électricité : cercle vicieux.
Quelles sont donc les conséquences de cette nouvelle modulation sur le parc existant ? Usure accélérée de toutes les machines, explosion des coûts de maintenance (qui doublent eux aussi, atteignant 3,5 milliards d’euros par an), fin de vie probablement anticipée pour les centrales nucléaires, et problèmes majeurs pour l’organisation des équipes qui veillent chaque jour sur nos atouts industriels les plus stratégiques. Et tout cela pourquoi ? Parce que l’État a imposé aux Français de couvrir leurs paysages d’éoliennes, dont on mesure désormais par expérience qu’elles ne menacent pas seulement l’environnement et le patrimoine du pays, mais aussi la stabilité de son approvisionnement électrique, son industrie et son budget.
Que ce rapport sur la modulation ait été interdit de publication jusqu’à l’annonce de la PPE3, qui prolonge en fait cette logique, est une nouvelle faute démocratique dans un processus déjà pour le moins opaque. Les seuls acteurs qui ont à gagner dans le maintien du statu quo sont les entreprises qui continuent d’installer chaque année ces énergies renouvelables, avec un modèle bien huilé : les coûts sont publics, mais les profits privés. Lire le rapport d’EDF aujourd’hui, c’est comprendre que leur apport à notre modèle énergétique n’est pas seulement nul : il est en fait négatif. Je l’avais expliqué il y a plusieurs mois à l’occasion d’un débat dans l’Opinion avec le président du Syndicat des énergies renouvelables ; la preuve est désormais établie. Quel aveu qu’elle ne soit publiée qu’après un nouveau chèque en blanc offert à ce système de prédation massive.
La solution est dans un renversement complet de cette logique. Nous l’avions évoquée il y a plusieurs mois dans un texte cosigné avec Bruno Retailleau et Julien Aubert, et je l’ai répétée auprès de la mission Lévy-Tuot qui m’a auditionné récemment. Stoppons immédiatement tout financement public des énergies renouvelables. Redirigeons les 6 à 8 milliards d’euros dépensés pour cela chaque année – sans débat et sans vote – vers la stimulation de la demande en électricité, par le soutien à l’industrie et aux besoins des ménages. Préparons parallèlement de manière enfin concrète et résolue le nouveau nucléaire dont nous avons besoin. Ainsi, en nous libérant des fossiles dont les renouvelables intermittents nous tiennent en réalité prisonniers, nous gagnerons en pouvoir d’achat, en compétitivité industrielle, en efficacité environnementale, en sécurité d’approvisionnement, et en souveraineté nationale. Ce changement de cap est urgent.
Gastel Etzwane
19/2/2026

Pendant que Macron ridiculise encore et toujours la France à l’étranger et se surpasse en vulgarité pour cracher sur la liberté d’expression, notre pays s’enfonce dans la crise.


En 2025, la France a enregistré environ 68 500 défaillances d’entreprises, soit un niveau record. Les analyses économiques disponibles indiquent que l’année 2026 devrait au minimum se situer au même niveau.
Dans ce contexte :
• À Roubaix (Nord), le groupe IDKIDS (enseignes Okaïdi, Obaïbi, Oxybul) a été placé en redressement judiciaire, avec environ 2 000 emplois concernés en France.
• L’enseigne de restauration Pomme de Pain, dont le siège est en Île-de-France, a également été placée en redressement judiciaire ; le réseau compte environ 36 restaurants.
• À Aurillac (Cantal), le fabricant de couettes et d’oreillers Abeil est en procédure collective avec recherche de repreneur, ce qui concerne plusieurs dizaines d’emplois sur le site.
• Le sous-traitant télécom PCE Services, présent sur plusieurs sites en France, a été placé en liquidation judiciaire, avec environ 200 emplois supprimés.
• À Fouilloy (Somme), l’entreprise Marron Travaux Publics a été placée en redressement judiciaire ; le site non repris concerne 82 salariés.
• Le fabricant d’éoliennes Vergnet, à Orléans (Loiret), est en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité, avec l’ensemble des emplois menacés en l’absence de repreneur.
• Le groupe Somfy, dont le siège est à Cluses (Haute-Savoie), a annoncé 550 suppressions de postes dans le monde, dont environ 350 en France.
• IBM France a engagé un projet portant sur environ 300 suppressions de postes sur ses implantations françaises, notamment en Île-de-France.
• Le groupe SeLoger – MeilleursAgents, basé à Paris, a annoncé 275 suppressions de postes.
• Chez Ubisoft, au siège de Saint-Mandé (Val-de-Marne), une procédure de départs pouvant aller jusqu’à 200 postes a été engagée.
• À Puiseux-Pontoise (Val-d’Oise), l’équipementier automobile Lisi Automotive a annoncé la fermeture du site, avec 135 emplois concernés.
• À Wintzenheim (Haut-Rhin), la société de métallurgie Bräcker a décidé la fermeture de son site, entraînant la suppression de 30 emplois.
• À Fromelennes (Ardennes), l’usine Tréfimétaux a fermé, avec 35 emplois supprimés.
• À Vire (Calvados), la société de mécanique CMI a cessé son activité, entraînant la suppression de 11 emplois.
• Le distributeur Auchan a engagé la cession de 91 supermarchés à travers la France au Groupement Mousquetaires, ce qui concerne plusieurs milliers de salariés dont l’avenir dépend des conditions de reprise.
• L’enseigne Nature & Découvertes, dont le siège est à Versailles (Yvelines), a été mise en vente, avec des emplois dépendant d’un éventuel repreneur.
• À Cholet (Maine-et-Loire) et à Vannes (Morbihan), Michelin a annoncé la fermeture de ses sites, représentant plusieurs centaines d’emplois.
• Le groupe SKF a engagé une réorganisation européenne prévoyant 1 700 suppressions de postes, dont une partie en France.
• À Allonnes (Sarthe), NTN Transmissions Europe a annoncé 158 suppressions de postes.
• À Jarrie (Isère), Arkema a annoncé 154 suppressions de postes.
H16
19/2/2026

Cybersécurité : un dossier indispensable du 10e Homme

Dans une actualité particulièrement chargée, deux éléments surnagent actuellement :

1 – Il semble assez clair que les autorités vont tout faire pour limiter votre accès aux réseaux sociaux, et tout faire aussi pour que votre identité soit pistée, que vous soyez constamment suivi et épié pour bien s’assurer que vous n’émettiez pas de propos séditieux, ou que vous n’ayez pas accès à des informations brisant la Vérité Officielle Gouvernementale et qui pourraient vous stresser.

2 – Dans le même temps, il semble tout aussi clair que l’État est complètement incapable de sécuriser les données qui vous concerne, et qu’il s’empressera de gaffer monumentalement avec votre identité, vos données ou saboter votre vie de la façon la plus désinvolte et incompétente possible.

Bref, l’avenir semble bouché.

Il n’y a cependant pas de fatalité et Le 10ème Homme avait consacré en 2023 tout un dossier sur les moyens dont le particulier dispose pour limiter son « empreinte numérique » ainsi que limiter les risques d’usurpation et autres joyeuseté auxquelles les Français semblent inexorablement soumis actuellement. Remis au goût du jour, ce dossier est encore plus d’actualité.

Et ça tombe bien, vous pouvez vous le procurer à ce lien pour un prix vraiment amical.