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9 juillet 2026

Gastel Etzwane
9/7/1026

Big Brother au volant, dans vos messages et sur vos écrans : l’UE installe la surveillance sans que personne n’ait voté


Dans l’Union européenne, une série de mesures récentes ou en cours d’application dessine progressivement un maillage de contrôle sur les citoyens. Caméras qui scrutent le visage des conducteurs, projets de scan des conversations privées, vérification d’âge par selfie et pièce d’identité… À chaque fois, le discours officiel met en avant un noble objectif : la sécurité routière, la protection des enfants, la lutte contre les contenus illicites. Mais le résultat concret est toujours le même : plus de surveillance, plus de contrôle, moins de liberté individuelle.
Depuis le 7 juillet 2026, tous les nouveaux véhicules immatriculés dans l’UE doivent être équipés d’un système de détection de distraction du conducteur. Des caméras infrarouges, souvent placées près du volant, analysent en temps réel le regard, la position de la tête et les expressions faciales. Le prétexte est indiscutable : la distraction est responsable d’une part importante des accidents. Pourtant, le résultat est une caméra permanente pointée sur le visage du conducteur, dans l’espace privé de sa propre voiture. Même si les règles actuelles interdisent le stockage ou la transmission des données, la présence physique de cet œil électronique marque une étape supplémentaire dans la normalisation de la surveillance embarquée.
Parallèlement, le projet controversé surnommé « Chat Control » (ou règlement contre les abus sexuels sur enfants) revient sur le devant de la scène. Il vise à obliger les plateformes à détecter les contenus illicites dans les communications privées, y compris potentiellement les messages chiffrés via des techniques d’analyse côté client. Le prétexte est la protection des mineurs contre la pédopornographie. Le risque pointé par de nombreuses voix critiques : une surveillance généralisée des conversations privées de millions de citoyens innocents, avec les erreurs inévitables des algorithmes et la fragilisation du chiffrement de bout en bout.
Enfin, l’UE développe une solution harmonisée de vérification d’âge en ligne. L’outil, souvent présenté comme un « mini-portefeuille » numérique, repose sur un selfie associé à une pièce d’identité pour générer une attestation d’âge sans révéler d’autres données personnelles. Le but affiché est de mieux protéger les enfants sur les plateformes et de permettre un accès contrôlé aux contenus réservés aux adultes. Le résultat pratique : pour accéder à certains services ou contenus, les citoyens devront de plus en plus prouver leur identité de manière biométrique, renforçant la traçabilité des comportements en ligne.
À chaque étape, le même schéma se répète : un prétexte vertueux, une technologie intrusive, et une restriction progressive de la sphère privée. La liberté de circuler sans être filmé dans son habitacle, la liberté d’échanger des messages sans craindre un scan automatisé, la liberté de naviguer sur Internet sans devoir s’identifier systématiquement… toutes ces libertés reculent au nom de la sécurité.
Et bien sûr, personne n’a jamais voté pour ça. Dans cette Union européenne qui se prétend démocratique, les citoyens n’élisent ni le président de la Commission, ni les commissaires qui imposent ces orientations technocratiques. Ces postes sont négociés en coulisses par les gouvernements et validés par un Parlement européen qui sert d’alibi démocratique vide de sens.
Pendant que les bureaucrates de Bruxelles et leurs alliés technocratiques déploient caméras faciales dans les voitures, scans automatisés des conversations privées et vérifications biométriques obligatoires, le peuple est réduit au rôle de spectateur impuissant. Le prétexte de la sécurité ou de la protection des enfants masque mal l’emprise croissante d’un pouvoir technocratique qui grignote méthodiquement les libertés individuelles sans jamais consulter réellement les citoyens. Jusqu’où ira cette machine ? Certainement plus loin, tant qu’aucune force ne viendra la stopper.
Julien Vergès
7/7/2026

Le destin a voulu qu'au moment où des millions d'Iraniens, dans un élan de ferveur nationale chiite, venaient rendre un dernier hommage au guide assassiné, se tenait en même temps la Gay Pride de Londres.
On a envie de dire : deux salles, deux ambiances civilisationnelles.
Il est fascinant d'observer que c'est aussi au moment où la civilisation occidentale s'effondre dans la perversion narcissique, qu'elle se prend pour le phare du progrès qui éclaire le monde, et renvoie dans les ténèbres tous ceux qui ne ressemblent pas à sa propre décadence.


8 juillet 2026

Jean Mizrahi
2/7/2026

La vague qui vient


Depuis quelque temps, j'entends des experts expliquer que l'intelligence artificielle ne supprimera pas massivement des emplois, ou que son impact est largement surestimé, en s’appuyant notamment sur une étude du MIT. Je crois que cette analyse est profondément erronée, non parce qu'elle serait fausse aujourd'hui, mais parce qu'elle raisonne comme si le monde allait rester figé.
La première erreur consiste à observer la situation actuelle comme si elle était représentative de ce que sera l'économie dans quelques années. Or ces outils sont encore extraordinairement récents. Il est parfaitement normal que les entreprises ne sachent pas encore les intégrer correctement. Je le constate tous les jours autour de moi. Beaucoup de gens restent fascinés par l'aspect presque magique de l'IA. Et il faut reconnaître qu'il y a effectivement quelque chose de magique lorsqu'on la découvre. Cette fascination conduit souvent à une mauvaise utilisation. Les utilisateurs perdent du temps, travaillent comme avant avec un nouvel outil au lieu de repenser complètement leur manière de travailler, et accordent une confiance aveugle aux réponses produites. Les entreprises intègrent mal, veulent aller trop vite.
Les gains de productivité restent donc très variables. Ceux qui ne maîtrisent pas leur métier ou qui utilisent mal l'IA peuvent obtenir des résultats décevants. En revanche, dès lors qu'un professionnel possède une véritable expertise et apprend à utiliser correctement ces outils, les gains deviennent considérables. C'est mon cas, alors même que je ne suis pas développeur. Avec un simple abonnement à vingt dollars par mois, sans utiliser les modèles les plus sophistiqués, mon travail est déjà très largement accéléré. Je réalise en quelques minutes ou quelques heures des tâches qui demandaient auparavant plusieurs jours.
Je constate exactement le même phénomène chez un de mes proches, qui est ingénieur en informatique depuis une dizaine d’années. Selon lui, sa productivité a été multipliée par plus de dix. Ce n'est pas une formule destinée à impressionner : c'est son expérience quotidienne. Aujourd'hui, il développe un programme complet de simulation aérodynamique sans écrire lui-même une seule ligne de code. Son rôle consiste essentiellement à définir l'architecture, contrôler les choix techniques, vérifier que le code reste propre et cohérent, puis corriger les erreurs. Là où plusieurs mois de développement auraient été nécessaires à une équipe de plusieurs développeurs il y a encore peu de temps, il obtient désormais des résultats seul dans des délais sans commune mesure.
Et c'est précisément là que surgit un premier problème auquel peu de gens semblent réfléchir. Lorsqu'un senior équipé de l'IA devient dix fois plus productif, pourquoi recruterait-il encore des "juniors" ? Ce raisonnement, je l'entends désormais chez un nombre croissant de professionnels chevronnés. Or une question simple apparaît immédiatement : si l'on cesse d'embaucher des juniors, comment formera-t-on les seniors de demain ? Toute une partie de notre système de construction des compétences par l’expérience risque d'être remise en cause.
La seconde erreur consiste à raisonner comme si les performances actuelles de l'intelligence artificielle allaient rester les mêmes. C'est probablement le point sur lequel je suis le plus en désaccord avec nombre d'analystes. Ils décrivent avec précision ce que les modèles savent faire aujourd'hui, puis extrapolent cette photographie vers l'avenir. Or nous parlons d'une technologie dont les performances progressent à une vitesse exceptionnelle. Les modèles deviennent plus fiables, plus souples, commettent moins d'erreurs, comprennent mieux les demandes complexes et manipulent un nombre croissant de tâches. Ce qui est vrai aujourd'hui ne le sera peut-être déjà plus dans six mois. Et les prix baissent, grâce notamment aux modèles chinois.
L'histoire économique montre que les entreprises mettent toujours du temps à absorber une rupture technologique. L'industrie textile n'est pas passée du métier manuel au métier mécanique en quinze jours. Pourtant, cette transformation a bouleversé des sociétés entières et provoqué des révoltes célèbres, en Angleterre comme en France. Avec l'intelligence artificielle, le phénomène sera probablement beaucoup plus rapide. Les outils sont numériques. Ils peuvent être diffusés partout dans le monde en quelques semaines.
Dans les métiers que je fréquente comme client, les premiers effets sont déjà prévisibles. Ils concernent essentiellement le secteur tertiaire : le droit, la comptabilité, la banque, le conseil, les fonctions administratives et, plus généralement, tous les métiers dont une partie importante consiste à manipuler de l'information. Nous ne sommes pas face à une mode passagère mais devant une vague de fond. L'ignorer me paraît extrêmement dangereux.
Je suis même convaincu que la bureaucratie, publique comme privée, va subir une transformation sans précédent. Une grande partie des tâches répétitives, des vérifications, des recherches documentaires, des synthèses, des rédactions standardisées ou des contrôles pourra être automatisée. À long terme, ce sera probablement une excellente nouvelle pour la productivité globale de nos économies. Mais il serait irresponsable de croire qu'une telle révolution n'aura pas de conséquences sociales majeures. Et je ne parle ici que du tertiaire. La robotique, dont je suis les progrès avec beaucoup d'attention, avance elle aussi à un rythme impressionnant. Lorsqu'elle suivra aussi rapidement les progrès de l'intelligence artificielle, une nouvelle étape sera franchie.
C'est pourquoi je trouve absurde de raisonner uniquement à l'échelle de quelques semaines ou de quelques mois. L'intelligence artificielle n’est pas nouvelle, mais celle que nous utilisons aujourd'hui n'existait pratiquement pas il y a trois ans. Trois ans représentent un temps dérisoire à l'échelle du développement économique. Même si la transformation complète de nos organisations demande cinq ans, cela reste extraordinairement rapide pour des sociétés dont les systèmes éducatifs, les administrations, les règles sociales et le droit du travail évoluent beaucoup plus lentement.
C'est probablement là que se situe le véritable défi. Nos économies possèdent une capacité limitée à absorber des chocs aussi violents. En France, cette difficulté est encore renforcée par un marché du travail peu flexible du fait d’un droit social délirant. Lorsque des milliers de jeunes diplômés ne trouveront plus les postes d'entrée qui leur étaient traditionnellement destinés, nous nous retrouverons face à un problème considérable. La Chine, que je connais bien pour des raisons à la fois personnelles et professionnelles, commence déjà à connaître ce phénomène. Les premiers signes apparaissent également en France, y compris pour de jeunes ingénieurs. Lorsque les entreprises et les administrations supprimeront progressivement les postes les plus facilement automatisables, les tensions deviendront inévitables. Les luddites du 21ème siècle sont pour bientôt.
Comme dit un proverbe que j'aime bien : "la peur n'écarte pas le danger".
Face à la vague de fond qui se prépare, deux attitudes sont possibles. La première consiste à tempérer la question et à expliquer que le problème est exagéré et que tout finira naturellement par s'équilibrer. La seconde consiste à préparer les esprits, à réfléchir dès aujourd'hui aux conséquences de ces transformations et à pousser les pouvoirs publics à regarder plus loin que le bout de leur nez, c’est-à-dire les prochaines échéances électorales. Nos responsables politiques ont déjà suffisamment de difficultés à penser le long terme pour que ceux qui disposent d'une véritable expertise viennent les conforter dans cette vision à courte vue. C'est précisément ce court-termisme qui contribue depuis des années à l'affaiblissement de notre pays.
Le rôle des experts est aussi d’être des lanceurs d’alerte et de forcer la société à regarder devant elle. Parce que la peur n'écarte pas le danger. Ce n’est malheureusement pas ce qui se produit aujourd’hui.
H16
8/7/2026

La France dépense largement pour ses retraites mais peine à se payer un ventilo

L’État français ressemble à ce ménage un peu spécial qui, le toit troué, la porte d’entrée qui ne ferme plus et le frigo désespérément vide, décide d’engloutir l’intégralité du revenu familial dans une télévision grand écran, une isolation parfaitement étanche des toilettes et deux kilos de caviar. Il dépense comme s’il avait les moyens de tout, tout en se révélant incapable de pourvoir aux besoins les plus élémentaires.

Et à la fin, l’addition nous est présentée, avec componction (pour faire passer la douloureuse) et un gros bâton (pour qu’elle soit, malgré tout, payée). Le 30 juin dernier, l’OCDE a d’ailleurs eu la délicatesse de rappeler l’évidence : la France dépense trop, dépense mal, et gagnerait à faire les deux dans le bon sens.

Difficile de lui donner tort.


Par exemple, le gouvernement a maintenu et généralisé le repas Crous à un euro pour tous les étudiants, ce qui garantit d’ailleurs que les Crous vont rencontrer de solides difficultés financières. Dans le même temps, la France, dont les forêts sont chaque été la proie des pyromanes – ce qui ravit au passage les climatohystériques – a commandé deux Canadair flambant neufs, livrables en 2032, dans le meilleur des cas 2033. En attendant, le pays ne disposera en tout que de 12 appareils vieillissants.

Autre exemple avec les hôpitaux, qui fondent dès que le thermomètre s’emballe : le mois passé, on a vu des soignants se cotiser pour s’offrir un climatiseur mobile, pendant que l’État annonçait fièrement une commande d’urgence de 30.000 appareils dont personne ne sait comment elle va être réellement financée, ni comment l’appel d’offre va être passé.

Dans le même temps, le même État lance un plan à 50 milliards d’euros d’ici 2035 pour de l’éolien offshore, assorti d’un régime d’aides d’État de 11 milliards approuvé par Bruxelles, et ce, alors que les parcs déjà installés produisent peu voire parfois rien et que le retour sur investissement se mesure en décennies (s’il y a un retour). 50 milliards pour un pari dont on ignore encore le rendement, mais pas un sou pour climatiser des hôpitaux, voilà un arbitrage qui se passe de commentaire.

Rassurez-vous, il en va de même pour les établissements scolaires.


Face aux canicules à répétition, EDF et la Banque postale ont sorti 130 millions d’euros pour équiper 12.500 établissements. L’intention est louable, mais rapportée aux plus de 80.000 écoles du pays, la goutte d’eau s’évapore avant de toucher le sol. Et comme on pouvait déjà le lire ici en 2019, le sujet ne date pas d’hier : cela fait des lustres qu’on redécouvre, chaque été, que l’été peut-être cuisant. Au rythme où vont les gesticulations, les annulations de brevet ou de baccalauréat vont pouvoir continuer les prochaines années.

Pendant ce temps, la France consacre des milliards à l’aide militaire et humanitaire à l’Ukraine, et le défilé du 14 juillet 2026 sera d’ailleurs placé sous le signe de la coalition, 10.000 soldats et pilotes ukrainiens compris. Soutenir l’Ukraine est un choix politique possible mais on peut aussi noter que, ce 2 juillet, la justice allemande a formellement accusé les autorités ukrainiennes d’avoir commandité le sabotage des gazoducs Nord Stream, sabotage qui a contribué à faire exploser la facture énergétique des ménages européens, français compris.

Financer généreusement celui qu’un parquet voisin soupçonne d’avoir allumé la mèche de votre propre inflation, c’est couillu ; le faire alors que les finances sont au bord de l’effondrement, cela dépasse l’étrange pour confiner au suspect.

Ces exemples s’accumulent et s’ajoutent, de surcroît, au millefeuille administratif dont l’OCDE constate l’étendue et la valeur ajoutée… « ouverte à discussion », pour le dire gentiment.

Ainsi, la France entretient plus de 430 opérateurs de l’État, des centaines de groupements d’intérêt public et plus de 2000 officines, agences et établissements dont les missions se chevauchent, s’entremêlent et se papouillent avec une créativité admirable, pour un coût estimé de 77 milliards d’euros par an (une broutille, détendez-vous !). Le gouvernement rêvait d’économiser deux à trois milliards en fusionnant tout cela ; le Sénat, plus lucide (?), estime que 500 millions serait déjà un objectif ambitieux.


L’appareil administratif est si morbidement obèse que plus personne n’ose espérer le dégraisser sérieusement.

Et on touche là au vrai sujet : les dépenses publiques françaises ont atteint 57,2 % du PIB en 2025, un record mondial, dont une dizaine de points ne sont que de l’emprunt maquillé en recette. Le déficit culmine à 5,1 % du PIB et la dette affiche un 3.536 milliards d’euros bien joufflu. Mais pour couronner le tout, cet argent produit peu et même de moins en moins.

La santé en est l’illustration parfaite : la France dépense plus que la moyenne pour des résultats en dessous, et l’on estime que plus de 20% des soins prodigués seraient inutiles, soit une vingtaine de milliards jetés par les fenêtres chaque année.


Quant aux retraites, l’OCDE relève que la France y consacre (dans une décontraction de plus en plus mesurée) presque le double de ce que versent les autres pays riches. Alors, certes, ici, le résultat n’est pas nul puisque le taux de pauvreté des retraités y figure parmi les plus bas d’Europe, mais cette performance se paie au prix d’une fiscalité vexatoire, d’une dette obèse que plus personne ne sait comment honorer, et d’un impact sur la compétitivité des emplois français qui apparaît clairement négative (pour ne pas dire catastrophique à présent).

Le message de l’OCDE n’est donc pas seulement qu’il faut dépenser moins, mais bien qu’il faut dépenser moins ET mieux dépenser ce qui reste, ce qui suppose de couper fermement là où l’argent ne sert à rien : le millefeuille et ses 77 milliards, les 20 milliards de soins inutiles, les paris énergétiques dont le rendement est grotesque, les dépenses extérieures dont on ne maîtrise ni le coût ni le retour. Et il faudrait que le tout soit en retrouvant, accessoirement, le sens élémentaire des priorités, celui qui voudrait qu’on achète de quoi éteindre les incendies et rafraîchir les hôpitaux avant d’isoler somptueusement les toilettes.

Rien n’indique hélas qu’on en prenne le chemin, tant l’ampleur des coupes nécessaires paraît sous-estimée par toute la classe politique, celle qui tient la gamelle comme celle qui tourne autour en attendant son tour. On continue donc de commander du caviar sous un toit troué, en s’étonnant benoîtement que la pluie tombe à l’intérieur.

Ce pays est foutu.


https://h16free.com/2026/07/08/84656-la-france-depense-largement-pour-ses-retraites-mais-peine-a-se-payer-un-ventilo
Dessin de Phil Umbdenstock

7 juillet 2026

Gabriel Nerciat
7/7/2026

MARINE LE PEN, ÉCHEC AUX JUGES

Bien joué. Vraiment, très bien joué. J'avoue que je ne m'y attendais pas.
Les juges de la Cour d'appel de Paris ce matin ont cru sans doute se défausser sur Marine Le Pen ; ils ont eu tort.
Si la Cour de cassation se prononce en confirmant le jugement d'aujourd'hui en janvier ou même peu de temps avant la présidentielle, les juges prendront le risque d'être propulsés directement au coeur de la campagne, qui se fera sur leur dos (et on sait qu'il est chargé).
Si au contraire la Cour respecte les délais usuels (12 à 18 mois, paraît-il), Marine pourra faire la totalité de la campagne normalement, sans bracelet électronique, et même en bénéficiant théoriquement de la présomption d'innocence.
On disait que ses avocats étaient nuls ; ce n'est visiblement pas le cas.
Et puis, surtout, on évite de justesse la désastreuse doublure de l'insupportable dadais pro-kiévien en quête de reconnaissance princière.
Reste l'essentiel, que Henry de Montherlant avait mis dans la bouche du condottiere Sigismond de Malatesta, prince de Rimini : "Quiconque accepte de juger son semblable sait bien qu'il est toujours aussi coupable que celui qu'il juge".
C'est tellement bien dit, et c'est tellement vrai.

6 juillet 2026

Natalia Routkevitch
6/7/2026

Je remercie la Fondation Res-Publica et sa présidente Marie-Françoise Bechtel d'avoir accordé leur attention à mon petit livre, paru chez Frantz Fanon un peu plus tôt cette année.
Ceux qui s'intéressent à la Russie – à la Russie réelle, et non à l'épouvantail brandi pour justifier des objectifs internes – liront avec grand intérêt les actes du séminaire consacré à ce pays, organisé par la Fondation il y a quelques semaines. J'ai eu le plaisir d'y participer et d'y écouter certains des meilleurs connaisseurs français de la Russie, que l'on voit rarement dans les médias.
Il faut par ailleurs rendre hommage à la Fondation Res-Publica, dont les colloques, séminaires et notes de lecture constituent une véritable contribution au débat public. Ils offrent un espace précieux à tous ceux qui recherchent des analyses et non une idéologie déguisée en information; un lieu où il est encore possible de voir le réel dans toutes ses nuances, alors qu'il est réduit ailleurs à une représentation en noir et blanc.
Je vous invite vivement à découvrir, suivre et soutenir ses travaux.
Gastel Etzwane
6/7/2026

Le long déclin industriel de l’Allemagne : une accélération dramatique depuis 2022 sans signe de reprise durable

Le graphique ci-dessus, basé sur les données de la Deutsche Bundesbank illustre de manière saisissante le déclin de la production industrielle allemande. Il montre un pic historique autour de 2017-2018, suivi d’une tendance à la baisse qui s’est nettement accélérée depuis 2022. L’indice s’écarte aujourd’hui de près de 19,7 % sous la tendance extrapolée depuis les années 1990. Ce n’est pas un simple ralentissement conjoncturel : c’est le symptôme d’un érosion structurelle qui menace le modèle économique allemand, longtemps considéré comme le moteur de l’Europe.

Un déclin long et maintenant accéléré

L’Allemagne a atteint son apogée industriel autour de 2014-2018, portée par ses exportations de machines-outils, automobiles et biens d’équipement haut de gamme. Depuis, la production industrielle stagne ou recule tendanciellement. Selon Destatis et la Bundesbank, la production manufacturière a diminué de manière persistante depuis 2018, avec une accélération marquée après l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Les secteurs les plus énergivores (chimie, métallurgie, verre, papier…) ont vu leur production chuter de 15,2 % entre février 2022 et mars 2026. Globalement, la production industrielle a reculé d’environ 10 % sur la même période. Des milliers d’entreprises du Mittelstand (ces PME familiales qui constituent l’ossature de l’économie allemande) ferment des sites, licencient ou délocalisent. L’exemple de la société Aura (équipements de chauffage industriel) est révélateur : en quelques mois, les commandes se sont effondrées face à la concurrence chinoise, et 20 % de sa production est déjà fabriquée en Chine – un chiffre qui pourrait grimper à 70 %.

Selon un rapport de mai 2026, l’industrie allemande perd plus de 10 000 emplois par mois. En 2025 seulement, environ 180 000 postes ont disparu dans le secteur manufacturier. La part de l’industrie dans le PIB, qui atteignait encore près de 20-22 % il y a quelques années, reflue régulièrement.

Aucun signe de reprise

Malgré quelques rebonds ponctuels (comme une hausse de 0,4 % de la production industrielle en avril 2026), les indicateurs restent préoccupants :

• Les commandes industrielles sont volatiles et souvent en baisse sur trois mois glissants.
• Les coûts énergétiques restent élevés, conséquence de la sortie progressive du nucléaire, des sanctions sur le gaz russe et de la transition verte accélérée (Energiewende).
• La concurrence chinoise s’intensifie : l’Allemagne importe désormais plus de biens industriels avancés de Chine qu’elle n’en exporte, avec un déficit commercial sur ces segments.
• Le PIB allemand a connu deux années de récession (2023 et 2024), suivi d’une croissance atone de 0,2-0,3 % en 2025. Les prévisions pour 2026 tournent autour de 0,6 %, bien en deçà du potentiel historique.

Aucun indicateur ne pointe vers une reprise réelle.

Les investissements privés stagnent, la confiance des entreprises reste faible, et les défis structurels (démographie, bureaucratie, transition énergétique coûteuse) persistent. Les causes réelles sont multiples, choc énergétique, montée en puissance chinoise, et choix politiques internes.

Conclusion : un bilan désastreux… mais toujours mieux que la France

Ce tableau est sombre : une puissance industrielle historique qui perd du terrain, des emplois qui s’évaporent, une compétitivité érodée et peu de perspectives de rebond rapide. L’Allemagne, autrefois symbole de rigueur et d’excellence exportatrice, traverse une crise existentielle pour son modèle économique.

Pourtant, même après ce bilan désastreux, la situation de l’Allemagne reste nettement supérieure à celle de la France sur les indicateurs fondamentaux. Le chômage allemand oscille autour de 3,8-4 %, contre plus de 8 % en France. La dette publique allemande représente environ 63-65 % du PIB, contre plus de 115 % chez nous. L’Allemagne conserve une base industrielle bien plus large et un excédent commercial structurel, tandis que la France souffre d’un chômage structurel élevé, d’une dette explosive et d’une dépendance accrue aux dépenses publiques.

Ce contraste est accablant pour nous : si l’Allemagne « tousse » industriellement, la France peine structurellement sur des fondamentaux bien plus fragiles. Chez nous, vraiment, ça ne va pas bien, et les marges de manœuvre paraissent plus étroites. L’Allemagne a au moins les outils (discipline budgétaire relative, marché du travail efficace) pour tenter de se redresser. La France, elle, n’a plus grand chose.
Pierre Duriot
6/7/2026

La folie du climat de la planète


Il y a une espèce de folie en France, à propos du climat planétaire, au point qu’on en arrive à des cyclistes qui s’imaginent qu’en pédalant dans Paris, ils sauvent la planète. D’autres, qu’en roulant en voiture électrique, ils vont changer la température de 2100. Ou encore, certains qui pensent qu’en construisant des maisons bien isolées, des entreprises recouvertes de panneaux solaires, on va influer sur le climat planétaire. Des bien-pensants encore, invoquent le carbone et la nécessité de ne plus en produire, tout en sachant que le carbone d’origine humaine ne représente que quelques pour cents des émissions de carbone terrestre, l’immense majorité étant d’origine naturelle. Et qu’en plus le carbone n’est pas un polluant et que son pourcentage dans l’atmosphère fut largement plus élevé au cours des âges, alors d’ailleurs que l’homme n’était encore pas présent sur Terre. Et les politiques qui s’imaginent qu’en brimant avec des normes et des taxes empilées les unes sur les autres, ils sauvent la planète. Le croient-ils seulement au fond d’eux-mêmes, ou sont-ils conscients qu’ils répètent les bobards pour justifier leurs taxes ?
Au nom de ce « sauvetage », ils liquident la construction, l’automobile, la chimie, l’acier, dans un pays qui représente 1 % des émissions de la pollution mondiale, mettent des millions de travailleurs sur le carreau, appauvrissent le pays, précarisent ses habitants. Autant dire que si la France entière sombrait dans l’Atlantique, le climat de la Terre ne bougerait pas d’un iota. À quoi rime donc cette hystérie ? Mais ça va encore plus loin. Les adorateurs de la planète expliquent que les climato-sceptiques sont des gens qui ne croient pas en la science… et de citer les « scientifiques » du GIEC. Ce GIEC n’est jamais qu’un ramassis d’opportunistes financé par des intérêts privés, les mêmes intérêts privés qui expliquent qu’il faut réduire la population de la Terre, on peut donc leur faire confiance. Les mêmes béni-oui-oui nous ont expliqué pendant l’épisode Covid, à propos du vaccin, qu’il fallait croire en la science… confondant allègrement, en l’occurrence, la science et les actionnaires de la science, qui avaient à peu près le même poids « scientifique » que les types du GIEC. Ce GIEC qui ne manie que des graphiques, ceux qui disaient par exemple, en 2000, que les Maldives auraient disparu dans vingt ans. En réalité, le GIEC a à peu près la même crédibilité que Mme Irma avec un jeu de tarot. Pendant qu’ils prévoient le réchauffement, d’autres prévoient la glaciation, c’est dire le sérieux de la « climatologie »...
La science, la vraie, dit qu’à une époque la glace du pôle nord descendait jusqu’à la latitude de Paris et qu’elle est remontée là où elle est au cours d’une période de réchauffement climatique. L’homme n’existait pas. La science dit aussi qu’à plusieurs époques, les carottes de glace indiquent que la teneur en carbone de l’atmosphère était infiniment supérieure à l’actuelle. Peine perdue, les béni-oui-oui, savamment endoctrinés tiennent à leur réchauffement climatique dû à la Clio diesel de Marcel et Josiane, ce ne peut pas être une centaine de volcans en éruption permanente vous pensez bien. Ainsi, la guerre en Ukraine ne pollue pas, les raffineries qui brûlent non plus. Nos vieux diesels européens qui terminent leurs courses en Afrique, n’y polluent plus. Le béni-oui-oui ne s’embarrasse pas de ces considérations pourtant palpables, il insulte à tout va… facho, complotiste et tient à son narratif qui ne tient pas debout, plus sûrement qu’une ménagère lobotomisée à son feuilleton du soir. À la fin de l’histoire, en France, on vivra comme des Néandertaliens et cela n’aura strictement aucun effet sur la planète. L’argument encore des béni-oui-oui est qu’il faut bien que quelqu’un commence à faire des efforts. Parce qu’il s’imaginent que si nous tournons Néandertal, les autres vont faire comme nous ?
Au RPF, nous pensons qu’il faut s’adapter au climat de la Terre, qui a toujours été changeant, que l’on soit là ou pas. Et qu’il faut s’attaquer aux vrais problèmes écologiques : nos déchets ménagers, chimiques, essentiellement recycler, rapprocher les centres de production des centres de consommation. Et fiche la paix aux Français, qu’ils puissent construire sans entrave la maison de leurs rêves, même si elle n’est pas aux normes. Mieux vaut un toit pas aux normes que pas de toit du tout. Que le contrôle technique automobile soit ramené aux stricts éléments de sécurité mécaniques : freins, tenue de route. Qu’un petit constructeur puisse exister, qu’un particulier puisse modifier sa voiture. Que la politique énergétique doit s’orienter vers une énergie peu chère et pas vers les énergies propres qui ne le sont pas, puisque la saleté se fait ailleurs que chez nous. Qui peut soutenir qu’une base d’éolienne de 2 à 3000 tonnes de ferraille et de béton, c’est écologique ? En résumé, il faut sortir de cette idéologie mortifère. Pendant le Covid, le matraquage a si bien marché qu’on en arrivait quasiment à ce que le commun ait envie de tuer les non-vaccinés. Pour le climat, les mêmes lobotomisés seraient prêts à jeter à la rue une famille dont la maison n’est pas aux normes. Ce n’est pas du climat de la Terre qu’il faut s’inquiéter, c’est de la vulnérabilité de nos concitoyens aux matraquages idéologiques.

H16
6/7/2026

1000 € le fonctionnaire, 90.000 € les 100 kg : bienvenue dans la République à prix cassés

Un café offert, une place pour le match, un billet de 200€ « pour dépanner » et puis, un jour, une question anodine : « Tu peux juste me dire si Machin est en garde à vue ? » Trop tard, le fonctionnaire est ferré.

Multipliez ce petit manège par les 7 milliards € de chiffre d’affaires annuel du narcotrafic français et vous obtenez une machine à acheter la République pièce par pièce, de la surveillante de prison au maire de province. À ce tarif, l’État n’est même plus à vendre : il est soldé.


Le constat, (étonnamment) dressé dans une récente enquête de Radio France, est proprement effarant.

Selon l’Agence française anticorruption, 60% des affaires de criminalité organisée comportent désormais un volet de corruption. Les signalements pour corruption et favoritisme ont bondi de 45% en 3 ans pour atteindre 1125 cas en 2025, pendant que les règlements de comptes faisaient 110 morts en 2024. Quant au législateur, il reconnaît lui-même que 173 villes sont touchées et qu’il n’existe plus de « zones blanches » épargnées par le trafic. Il est loin le temps où quelques ports français, dont la cité phocéenne, jouissaient seule du douteux privilège d’avoir une mafia ; à présent, la gangrène irrigue tout le territoire, jusqu’au moindre chef-lieu de canton.

Et ce constat ne tombe pas du ciel, les exemples abondent.

Dans la Drôme, la préfète annonçait fin juin l’interpellation de 67 personnes en quelques semaines, dont 10 tueurs à gages, et le démantèlement de trois équipes criminelles armées de kalachnikovs et de fusils à pompe, le tout sur fond d’incendie criminel d’un immeuble d’habitation à Valence qui aura blessé 14 personnes.

La mexicanisation du pays est telle que même la préfète admet « qu’on a passé un cap dans le cycle de la violence », dans un département qui évoque plutôt le nougat que Medellín.


À Marseille, capitale incontestée de la narco-corruption, le parquet traite désormais 31 dossiers de corruption, contre 17 quelques mois plus tôt, au point qu’une cellule anticorruption, première du genre en France, y a été créée en octobre dernier.

On y découvre ainsi une greffière du service de l’application des peines écrouée pour avoir renseigné la DZ Mafia, un avocat lyonnais mis en examen pour avoir servi de standard téléphonique nocturne à un chef de réseau incarcéré, et même un agent de l’Office anti-stupéfiants (OFAST) censé incarner le fer de lance de la lutte qui comparaîtra prochainement pour corruption… OFAST qui qualifie cette narco-corruption de « menace systémique » (c’est une expertise de terrain, manifestement).

La corruption va si loin que les réseaux « investissent dans l’avenir », et se sont donc logiquement intéressés aux municipales de 2026, en demandant par exemple aux édiles de déplacer une caméra de vidéosurveillance, d’attribuer un local ou un logement, de dégoter un emploi fictif, un permis de construire ou une part de marché public, avec en échange des voix, des associations de quartier bien orientées, voire un financement de campagne qui fera d’une pierre deux coups en blanchissant au passage l’argent de la came.

Le président de la commission des comptes de campagne le dit sans détour : « la capacité corruptive est immense ». De Limoges à Vannes en passant par Poitiers ou Angoulême, plus aucune sous-préfecture n’est trop modeste pour mériter son petit investissement narcotique de derrière les fagots.


Il faut dire que le chemin vers la corruption est remarquablement bien balisé, et les trafiquants ne s’attaquent pas aux ministres, trop chers et trop exposés. Ils ciblent les maillons faibles de la chaîne pénale, le surveillant endetté, la greffière isolée, le docker en mal de reconnaissance, avec une grille tarifaire connue et presque attendrissante de modestie : 1000 euros pour un renseignement, 500 euros par téléphone introduit en détention, 90 000 euros pour faire entrer 100 kilos de cocaïne par les ports de Marseille ou du Havre.

À la prison de Luynes, on a saisi 2100 téléphones en 2025 pour environ 2300 détenus, ce qui donne un excellent taux d’équipement de la population carcérale et, accessoirement, de la porosité du personnel pénitentiaire. Pour la partie patrimoniale, les notaires font l’affaire : Tracfin a vu leurs signalements tripler en deux ans.

Pendant ce temps, la couverture médiatique du sujet oscille entre le minimal et l’anesthésiant.

Hormis l’enquête récente de France Inter, un grand angle de Slate et le travail méritoire mais occasionnel de la presse régionale, le sujet se cantonne souvent au rayon « faits divers », entre la fête à la saucisse et le happening lecture queer organisé par la mairie, alors qu’il s’agit d’une entreprise méthodique de rachat de l’appareil d’État.

On ne trouve pas de Une nationale pour montrer qu’on a dépassé quelques brebis galeuses, et qu’on est face à un système entier. Pour les médias nationaux, il y a peu à dire, et surtout rien à titrer.

Bien sûr, si certains en croquent, d’autres en pâtissent, à commencer par le contribuable français qui finance chaque année des dizaines de milliards pour la police, la justice et les prisons, avec pour résultat un appareil répressif que les trafiquants neutralisent pour le prix d’une citadine d’occasion.


Autrement dit, le contribuable paie deux fois : une première pour une répression qui ne réprime pas, une seconde pour les enveloppes qui achèvent de l’enrober dans le néant. D’ailleurs, avec l’élégance feutrée dont elle est coutumière, la Cour des comptes a résumé l’affaire en décembre dernier en notant qu’en matière d’anticorruption, le secteur public français est une « béante faille ».

En effet, la loi Sapin 2 impose depuis 2016 aux entreprises privées cartographies des risques, protocoles de signalement et compliance rigoureuse, alors que le secteur public s’est soigneusement exonéré de toute obligation équivalente. Le dispositif anticorruption national plafonne à une vingtaine de millions d’euros par an sur 1500 milliards de dépenses publiques (une erreur d’arrondi), qui permettent à peine d’enregistrer 934 infractions à la probité en 2024, 300 à 400 condamnations par an depuis quinze ans, plus de la moitié des procédures classées sans suite, et une France qui glisse doucement dans les tréfonds du classement de Transparency International dans l’indifférence générale.

Et concrètement, inexorablement à la faveur de cette gangrène, le pouvoir se déplace et n’est plus exactement à l’Élysée, mais plutôt avec celui qui choisit quel fichier de police sera consulté, quel téléphone entrera dans quelle cellule, quel message sortira par quelle « ligne avocat » et, bientôt, quel maire sera élu dans quelle commune. L’État achève de devenir un théâtre avec ses apparences, ses cortèges et ses conférences de presse pendant que les trafiquants récupèrent la substance et les coulisses.

Nayib Bukele, au Salvador, avait résumé la mécanique avec sa brutalité coutumière : quand la corruption s’installe ainsi à tous les étages d’un État, c’est que les autorités elles-mêmes y trouvent directement leur compte, et l’on ne commence à s’en sortir qu’en destituant les juges corrompus (ce que, du reste, il fit sans trembler). Ici, une telle idée ne déclenche que des cris d’orfraie, où l’on préfère créer un énième parquet spécialisé, un observatoire supplémentaire et un plan quadriennal de la probité. Avec un numéro vert, pourquoi pas.

La France, elle, continue tranquillement sa descente aux enfers, rongée par deux maux. Le premier, celui de la corruption, a atteint les autorités, les administrations et les politiciens. Le second, plus grave et plus insidieux encore, a atteint les citoyens : c’est celui du déni. En refusant obstinément de voir l’ampleur du problème, ces derniers se rendent incapables de le régler.

Ce pays est foutu.


https://h16free.com/2026/07/06/84638-1000e-le-fonctionnaire-90-000e-les-100-kg-bienvenue-dans-la-republique-a-prix-casses

5 juillet 2026

Gabriel Nerciat

UNION EUROPÉENNE, LE TOTALITARISME QUI VIENT
 
La Cour de Justice de l'UE a décrété  – souverainement ? – que toute rediffusion depuis l'Europe sur un site Internet ou réseau social d'une vidéo émanant de Russia Today (chaîne russe censurée par la Commission de Bruxelles en toute illégalité depuis 2022) sera considérée comme étant de nature délictuelle (pour quel délit exactement ? on ne sait pas) et passible de poursuites pénales.
La Cour a été saisie à l'initiative du chancelier Merz, dont le gouvernement a entamé des persécutions judiciaires (et pécuniaires) à l'encontre de trois citoyens allemands qui s'étaient rendus coupables d'une semblable initiative.
Ils peuvent s'estimer heureux : sous le régime de Zelensky, ils seraient déjà en prison.
Bref, l'européisme à la sauce otano-germanique devient une entreprise idéologique de plus en plus démocratique et pluraliste, ainsi qu'on peut voir. Rappelons aux naïfs et aux optimistes qu'en Roumanie un candidat national-populiste en passe d'accéder au pouvoir a été invalidé, à l'initiative de la France et de la Commission von der Leyen, puis incarcéré, sous le prétexte fallacieux d'ingérences numériques russes totalement fantasmatiques.
En France, cela prépare sans doute des tentatives de censure ultérieures à l'encontre de Xenia Fedorova et de C-News, à l'approche des présidentielles.
Il n'y a pas que la bataille de Kramatorsk qui pointe à l'horizon. Chez nous aussi, de grandes manoeuvres sont en cours ; inutile d'en douter.
J'y reviendrai dans le cadre de publications futures. Mais que d'ores et déjà chacun soit prévenu.

François Asselineau
5/7/2026

LA LOI DU KARMA

Après la presse écrite mainstream, c'est au tour des télévisions mainstream de voir leurs audiences dégringoler.
Cela pousse les annonceurs à y réduire leurs publicités.
Ce qui réduit les recettes des tv.
Ce qui leur impose des plans sociaux.
Ce qui entraîne licenciements de journalistes et mauvaise ambiance.
Ce qui détériore encore plus le contenu.
Ce qui accentue encore plus les chutes d'audience...
Comme la presse écrite mainstream, les télévisions mainstream sont ainsi tombées dans un cercle vicieux et entraînées dans une spirale d'autodestruction.
Tout le monde sait pourquoi.
À commencer par les propriétaires publics et privés des télévisions.
À continuer par la plupart de leurs journalistes.
À finir par une partie croissante du public.
Tout le monde sait que cette descente aux enfers des médias mainstream vient de ce qu'ils font de moins en moins de vrai journalisme et de plus en plus de propagande éhontée. Et qu'ils piétinent sans vergogne la déontologie de la profession, telle que posée par la Charte de Munich en 1971.
En effet :
- les partis-pris outranciers et le 2poids-2mesures permanent (sur les Gilets jaunes, le Covid, les injections ARNm, l'ivermectine, la destruction de Nord stream 2, la guerre en Ukraine, Zelensky le héros et Poutine le nouvel Hitler, les maladies de Poutine, le gouvernement Netanyahou, la guerre à Gaza, la guerre contre l'Iran, la guerre au Liban, etc.)
- l'omerta sur tous les sujets contredisant la pensée unique (sur l'origine des prétendus "fonds européens", le rôle du Qatar, les vrais soutiens de Daesh et d'Al Qaïda, l'affaire Epstein, l'impossibilité de changer d'Europe, etc.)
- la propagande écœurante (pour le "Mozart de la finance", pour ses atteintes aux libertés publiques, pour les sondages truqués, pour les prétendues popularités de Philippe, d'Attal, de Hollande, pour le prétendu désastre du Brexit, pour la pseudo victoire ukrainienne, etc.)
- l'invisibilisation d'Asselineau, de l'UPR et du Frexit,
- etc., etc.
Tout cela a contribué et contribue à ce qu'un nombre sans cesse croissant de Français se détournent des télévisions mainstream et aillent chercher des vraies informations et des bonnes analyses ailleurs, c'est-à-dire sur Internet (notamment des médias du monde entier) ou sur les réseaux sociaux.
Toute la presse mainstream est entrée dans une nouvelle époque où elle commence à récolter ce qu'elle a semé.
Et ce n'est encore que le début.

4 juillet 2026

Gastel Etzwane
4/7/2026

Climatisation : la France en manque chez elle, mais est généreuse à l’étranger


Chez nous, la climatisation paraît-il n’est pas la solution. On nous explique régulièrement qu’il faut privilégier d’autres approches face aux canicules. Pourtant, au grand minimum, une personne est déjà morte à l’hôpital à cause de la chaleur ces derniers jours, tandis que de nombreux établissements restent mal équipés. Des chambres atteignent régulièrement 36°C, des patients apportent leur propre climatiseur et de nouveaux hôpitaux sont encore construits sans climatisation complète.
En revanche, lorsqu’il s’agit de financer la climatisation (ou des systèmes de refroidissement et de confort thermique) à l’étranger, l’argent semble soudain disponible sans difficulté. L’Agence Française de Développement (AFD), qui utilise l’argent public des contribuables français, soutient de nombreux projets intégrant explicitement ces équipements.
Voici quelques exemples concrets :
• Palestine – Hôpital Saint-Joseph : 13 millions d’euros de subvention AFD. Le projet vise l’optimisation des systèmes de « chauffage, refroidissement et éclairage ».
• Sénégal – Dispensaires ruraux : projet financé par l’AFD, équipé de « systèmes de climatisation performants avec technologie inverter ».
• Tunisie – Hôpitaux de Gafsa et Sidi Bouzid : financement AFD/UE avec regroupement des espaces « climatisés ou ventilés » et amélioration du système CVC (chauffage-ventilation-climatisation).
• Argentine – Provinces de Santa Fe et Córdoba : financements AFD pour rénover des bâtiments publics, dont 6 hôpitaux, face à des températures dépassant 40°C et des systèmes de chauffage/refroidissement obsolètes.
• Turquie – Hôpital public de Dörtyol : 40 millions d’euros de fonds européens gérés par l’AFD pour équiper un nouvel hôpital de 250 lits dans une zone au climat chaud.
• Djibouti – Bâtiments administratifs publics : 7 millions d’euros de subvention AFD pour rénover des bâtiments avec équipements plus efficaces, isolation des toitures, climatisation et photovoltaïque.
• Thaïlande – Kasikorn Bank : 20 millions d’euros de prêt AFD via le programme SUNREF pour la réhabilitation énergétique de bâtiments tertiaires, y compris la modernisation des climatiseurs.
Qu’il s’agisse de climatisation, de refroidissement ou d’autres sujets, même constat : l’argent des contribuables français est dirigé vers l’étranger sans difficulté apparente.
Alors que les hôpitaux français peinent à protéger correctement leurs patients lors des vagues de chaleur successives, les contribuables peuvent légitimement s’interroger sur les priorités de l’aide publique au développement. Adapter les infrastructures à la chaleur semble urgent et finançable… sauf, visiblement, sur le territoire national.
Gabriel Nerciat
4/7/2026

IRAN, LA VICTOIRE AUTOUR D'UN TOMBEAU


Il y a de cela moins de six mois, lorsque Donald Trump abusé par les mensonges du Premier ministre israélien et de ses relais médiatiques, a cru pertinent de lancer son expédition contre la République islamique d'Iran après avoir assassiné sans préavis son principal dirigeant politique et religieux ainsi que sa famille et ses plus proches conseillers, beaucoup pensaient que le régime iranien allait s'effondrer en quelques jours sous l'effet d'une bronca populaire de nature insurrectionnelle.
Aujourd'hui, alors que l'Iran vient d'infliger aux Etats-Unis la défaite la plus totale et la plus humiliante de toute l'histoire de l'Amérique (qui en a pourtant connu plus d'une), c'est plus d'une dizaine de millions de personnes qui sont venues porter le deuil du guide Khamenei, devenu dans l'imaginaire de l'islam chiite duodécimain l'équivalent d'un treizième imam (le bruit s'est répandu dès le début de la guerre qu'il avait refusé de se cacher alors même qu'il savait sa vie menacée, estimant à juste titre que son sacrifice et celui de ses proches galvaniseraient la population iranienne dont on nous répète assez qu'elle était largement hostile au régime).
Elles ne crient pas : "À bas les ayatollahs, mort aux Pasdarans !", "Vive le Shah Pahlavi !", "Israël mon amour !" ou "Femme, vie, liberté !", comme on l'aurait tant aimé dans les salles de rédaction occidentales, mais elles réclament vengeance pour l'agression qu'elles ont subie.
Non seulement la plupart des grandes puissances, de la Russie à la Chine en passant par la Turquie et le Pakistan, ont envoyé des représentants assister à ces funérailles historiques, mais c'est surtout la présence des ambassadeurs des pays arabes souvent alliés des États-Unis (Oman, Egypte, Irak, Liban, Tunisie) qui est remarquable – et remarquée.
Il est vrai que ce n'est pas seulement le guide iranien qui est porté en terre aujourd'hui, le jour même du 250e anniversaire de la révolution américaine, mais ce qui restait de l'hégémonie occidentale depuis la crise des subprimes et la défaite en Afghanistan.
Cela valait bien ces fastes démesurés, qui sonnent comme la deuxième victoire, la plus visible et la plus écrasante, de l'antique nation perse glorieusement restaurée pour le siècle qui vient dans son ancien rang.
Jérôme Viguès

Le fil qui relie tout

Une chaîne qu’on menace de fermer parce qu’elle ne pense pas comme il faut. Une candidate dont le sort se joue le 7 juillet. Un successeur perquisitionné dans quatre pays sept jours avant cette décision, quand le même parquet met neuf ans à ne rien reprocher formellement à son adversaire pour les mêmes faits. Un calendrier électoral taillé sur mesure pour maximiser le chaos plutôt que la clarté démocratique. Et des élus qui annoncent, texte à l’appui, qu’ils ne reconnaîtront pas le résultat s’il ne leur convient pas, sans que cela ne vaille à personne la moindre conséquence.
Ce n’est pas une accumulation de hasards malheureux. C’est un régime qui, sentant le vent tourner, verrouille toutes les issues à la fois : celle des médias, celle des candidatures, celle du calendrier, et jusqu’à celle de la légitimité du résultat lui-même.
Un pouvoir qui verrouille les médias, les candidatures, le calendrier et jusqu’à la légitimité du résultat n’organise plus une élection. Il en organise l’issue.