Tatiana Ventôse
7/10/2026
Liberté-Résistance
Le blog des esprits libres et éclairés - Contact : liberteresistance68@gmail.com
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11 octobre 2026
Gabriel Nerciat
11/10/2026
UN DIMANCHE EN STUC ou L'ÂME DE JAURÈS APAISÉE
En ce maussade dimanche d'octobre, j'aurai quand même vécu une journée que je puisse graver dans le marbre, ou à défaut le stuc, de l'Histoire contemporaine : celle de la mort du parti fondé par Jean Jaurès en 1905.
Bien sûr, il était à l'agonie depuis longtemps, comme les héritiers défroqués du RPF ou du MRP, mais la mort clinique n'était pas encore définitivement constatée ou homologuée.
Ce soir, c'est fait.
La victoire de Raphaël Glucksmann, remportée lors d'un scrutin de moins de 120000 électeurs (en gros, à peine trois départements - sur la centaine que compte la République française), est la meilleure chance qui pouvait nous arriver, et la pire qui pût advenir au PS.
Non seulement parce que Glucksmann est le plus médiocre et le plus caricatural des candidats, mais surtout parce qu'avec 11 ou 12% des suffrages, voire un peu plus grâce aux relais médiatiques dont il dispose, il va servir de prétexte idéal à la fois à Mélenchon – qui a fait un tabac cet après-midi à Clermont-Ferrand – pour refuser tout accord de désistement aux législatives de l'an prochain (ce qui signifiera la mort à terme du groupe parlementaire PS) et à Gabriel Attal pour maintenir sa candidature face à Edouard Philippe.
En effet le retrait d'Attal, au lieu de conforter le score de l'ancien Premier ministre qui fait une campagne proprement calamiteuse, risquerait au contraire de l'enfoncer en gratifiant le candidat de Kiev de trois ou quatre points supplémentaires qui les mettraient à peu près à égalité.
Bref, la machine à broyer en même temps l'extrême centre libéral et la social-démocratie semble assez bien enclenchée ce soir. Pour un peu, j'en viendrais à embrasser Léa Salamé.
Dans le Paradis des Albigeois, je pense que Jaurès est soulagé. Vu ce qu'était devenue l'ancienne SFIO depuis l'élection de François Mitterrand, son âme torrentielle va enfin pouvoir reposer en paix.
C'est même peut-être lui cette fois qui viendra hanter le candidat de la guerre le soir de sa défaite annoncée.
D'ailleurs, la fixité inquiétante du regard de Glucksmann ces derniers temps paraît celle d'un homme craintif assailli par de nombreux cauchemars.
Gilles Casanova
11/10/2026
Le Royaume-Uni emprunte 0,70 % plus cher que la France (5,50%).
Le Japon a 93,3 % de taux d'endettement/PIB de plus que la France.
Cependant leurs médias n'annoncent pas la faillite.
En 1983, les médias français annonçaient déjà la faillite quand la dette française n'était que de 23 % du PIB !
Réfléchissez…
11/10/2026
Le Royaume-Uni emprunte 0,70 % plus cher que la France (5,50%).
Le Japon a 93,3 % de taux d'endettement/PIB de plus que la France.
Cependant leurs médias n'annoncent pas la faillite.
En 1983, les médias français annonçaient déjà la faillite quand la dette française n'était que de 23 % du PIB !
Réfléchissez…
10 octobre 2026
Marc Arnaud
7/10/2026
NE SIGNEZ PAS, C’EST LA CONSIGNE !
Il flotte actuellement sur la politique française un délicieux parfum de démocratie moisie. À droite, au centre et dans cette partie de la gauche qui rêve surtout que rien ne change, on commence à regarder Jean-Luc Mélenchon avec l’inquiétude du propriétaire qui entend du bruit dans la serrure.
Le vieux est toujours là. Pire : il monte. Encore pire : dans toutes les configurations, il est au second tour. Alors forcément, chez les défenseurs de la République profanée, une idée lumineuse commence à faire son chemin : puisqu’on est certain de ne pas le battre, essayons déjà de l’empêcher de concourir.
Bienvenue dans la grande fête démocratique française ! Vous pouvez voter pour qui vous voulez, à condition que nous ayons préalablement choisi ceux pour lesquels vous aurez le droit de voter. Car Mélenchon a un problème assez cocasse : des centaines de milliers de citoyens ont déjà apporté leur parrainage populaire à sa candidature, mais cela ne suffit évidemment pas. Le peuple, dans une démocratie, c’est sympathique pour applaudir, coller des affiches et payer des impôts. Pour choisir qui a le droit de se présenter devant lui, en revanche, on préfère demander à 500 élus. Et comme LFI dispose de relativement peu de maires, voilà ses militants obligés de partir à la chasse aux signatures pendant que les partis bien installés contemplent leur cheptel municipal avec la sérénité du gros propriétaire regardant ses hectares.
Le plus savoureux, c’est qu’un parrainage n’est même pas un soutien. Un maire peut détester Mélenchon, son programme, ses discours, ses cravates et jusqu’à la façon dont il prononce « oligarchie » ou « génocide », et néanmoins considérer que des millions d’électeurs ont le droit de pouvoir voter pour lui. C’est d’ailleurs exactement ce qu’avait fait David Lisnard en 2022 : adversaire déclaré de Mélenchon, il l’avait parrainé au nom du pluralisme démocratique. Voilà une notion devenue presque révolutionnaire : laisser ses adversaires se présenter aux élections.
Pourquoi cette fébrilité autour de Mélenchon ?
Parce que le scénario que toute la bonne société politique rétrograde jugeait autrefois grotesque ne la fait plus rire. Autrement dit, le candidat qu’on nous annonçait enterré, isolé, fini, carbonisé et probablement transformé en compost électoral continue tranquillement d’avancer pendant que ses fossoyeurs commandent une pelle plus grande.
Alors imaginons l’instant béni du débat d’entre les deux tours : Mélenchon face à Marine Le Pen. Pas quinze secondes sur BFMTV entre deux éditorialistes, pas une petite phrase découpée, remontée, commentée pendant trois jours par des gens qui n’ont pas écouté la phrase précédente, non, un vrai débat, deux candidats, trois heures, les dossiers sur la table.
Et là, fini le service après-vente. Il faudrait parler salaires, retraites, hôpital, école, fiscalité, diplomatie, climat, constitution, services publics, partage des richesses. Il faudrait expliquer comment on gouverne réellement un pays, au-delà des immigrés, des étrangers, des musulmans et de l’interminable rayon « identité nationale » où le RN fait ses courses depuis cinquante ans. Marine Le Pen devrait quitter son terrain de pétanque favori pour entrer dans la bibliothèque. Et face à elle, elle aurait un adversaire qui adore précisément les débats longs, les chiffres, l’histoire, les institutions et les démonstrations politiques. On comprend que certains préfèrent régler le problème avant.
Tout le monde sait, même ses pires détracteurs, que Mélenchon gagnerait ce duel. Et c’est peut-être cela qui commence à donner des sueurs froides au petit monde politique : la certitude que Mélenchon gagnerait.
Gabriel Nerciat
10/10/2026
DINDONS DE LA FARCE
10/10/2026
DINDONS DE LA FARCE
Avec l'accent de Jean Seberg dans "À bout de souffle" :
– Qu'est-ce que ça veut dire, Européen ?
– C'est quand on est cocu, tout nu, sans ressources et qu'on a en plus très mal aux fesses.
Zelensky est indigné ? Sans blague ?
Donald lui avait dit, pourtant, à lui et au locataire transitoire du 10 Downing Street, de ne plus bombarder les sites énergétiques et les stations de raffinage en territoire russe.
Que le pétomane multi-millionnaire, s'il n'est pas content, aille se noyer dans le Dniepr, dont les Russes désormais détruisent systématiquement tous les ponts (ce qui annonce le début de la fin de cette guerre insensée voulue par l'OTAN et l'UE depuis douze ans).
9 octobre 2026
Régis de Castelnau
9/10/2026
Rubrique : rouquin
9/10/2026
Rubrique : rouquin
Cohn-Bendit, sors de ce corps !
Je suis vraiment touché, par ce petit cadeau que me fait l’actualité. Voilà t’y pas que je viens de rajeunir brutalement de 58 ans ! La machine à remonter le temps, ça marche ! Je me retrouve en mai 68. La même jeunesse de la petite bourgeoisie qui se « révolte », qui avance des revendications (frappées au coin du bon sens, c’est vrai) sous le regard énamouré de leurs parents. Les mêmes violences policières, même si cette fois-ci elles sont massivement filmées, la même approbation initiale d’une opinion qui ne va pas tarder à changer d’avis, si jamais les prolos profitaient de l’occasion. Lesquels prolos, expulsés des grandes villes et relégués à la périphérie, ferment leur gueule pour l’instant. La dernière fois qu’ils l’ont ouverte, fin 2018 avec les Gilets jaunes, ils se sont fait massacrer, mais vraiment massacrer. Et ils ont le souvenir cuisant que la même petite bourgeoisie qui s’agite aujourd’hui, s’est soigneusement tenue à l’écart et a regardé ailleurs. Quand elle ne réclamait pas carrément comme Luc Ferry (et d’autres) qu’on tire dans le tas. En 68, les prolos aussi avaient attendu 15 jours pour se mettre en branle et réclamer le prix de leur effort des « 30 glorieuses ». Il n’y a jamais eu de coordination entre le mai étudiant et le mai ouvrier. Ce sera pareil cette fois-ci.
Ce qui me frappe, ce sont les éléments de langage, qui sont identiques parfois jusqu’à la caricature, avec ceux de quand j’étais jeune et beau. Avec évidemment quelques différences liées au contexte. Et voilà que BFM, décide de participer à la distribution des cadeaux. Histoire de m’offrir un nouveau Cohn-Bendit, elle a trouvé un rouquin ! Une vraie caricature !
Il s’appelle Philémon dit donc. Après Elwann (!), Philémon ! En attendant Eustache, Eudes, Clotaire et Victorine. Comme dit un intervenant sur Twitter qui a les mêmes références culturelles que moi : « Je n’avais pas entendu ce prénom depuis Les Cigares du Pharaon ». Toujours à propos de références culturelles, ce qui me fait marrer ce sont désormais les prénoms improbables du « Petit Nicolas » de Goscinny et Sempé, que la bourgeoisie grande et petite utilise. Leurs petits ne risquent pas de s’appeler Kylian, Jordan ou Mamadou.
Retour à Philémon, le grand leader qui fort de son expérience, porte la parole de la jeunesse opprimée. Il est naturellement scolarisé à Henri IV, le célèbre lycée de la rue Clovis dans le cinquième arrondissement de Paris près du Panthéon. En pleine ZEP évidemment. Mais attention ça veut bien dire Zone d’Éducation Privilégiée. C’est qu’il galère Philémon, c’est pour ça qu’il est idéalement placé pour porter la parole de la jeunesse opprimée. Parce qu’il est comme elle. Il a multiplié les stages Philémon. D’abord un truc qui a l’air super chicos : il a dirigé l’organisation d’un « Model of United Nations (en anglais dans le texte je vous prie) du lycée Henri IV ». Un stage à la direction de la communication de la Présidence de la république (!), un stage à Libération le fanzine macroniste de la petite bourgeoisie urbaine, et un stage à l’Assemblée nationale. On imagine le parcours du combattant de Philémon pour obtenir ces stages
Depuis l’intervention russe en Ukraine, on vit une accélération de l’Histoire qui bouleverse la globalisation. Sauf dans le bocal parisien qui reste immuable. Pendant que les prolos gardent le silence.
Jusqu’à quand ?
Marc Amblard
9/10/2026
À TOUS CEUX QUI S’IMAGINENT QU’IL EST PERTINENT D’INVESTIR DANS L’IMMOBILIER LOCATIF EN FRANCE, VOICI CE À QUOI VOUS VOUS EXPOSEZ (EN VRAC) :
(La liste n’est malheureusement pas exhaustive)
- Droits de mutation à titre onéreux et frais de notaire
- TVA immobilière (neuf)
- Taxe foncière
- Taxe d'enlèvement des ordures ménagères
- Impôt sur le revenu foncier
- Prélèvements sociaux
- Cotisation foncière des entreprises
- IFI - Impôt sur la fortune immobilière
- Taxe sur les logements vacants
- Taxe d'habitation sur les logements vacants
- Impôt sur la plus-value immobilière (à la revente)
- Prélèvements sociaux sur la plus-value (à la revente)
- Surtaxe sur les plus-values élevées (à la revente)
- Droits de succession et de donation (si transmission)
- Travaux énergétiques (logements classés G)
- Travaux de décence, de sécurité et de salubrité
- Plafonnement des loyers dans certaines communes
- Encadrement à la relocation
- Gel des loyers F et G
- Durée du bail imposée
- Dépôt de garantie limité
- Protection des locataires âgés
- Procédure judiciaire et délais d'expulsion, trêve hivernale
- Permis de louer
- Interdiction de sélectionner les locataires (discrimination)
- Diagnostic de performance énergétique (DPE).
- Constat de risque d'exposition au plomb (CREP).
- État de l'installation intérieure d'électricité.
- État de l'installation intérieure de gaz.
- État des risques et pollutions (ERP).
- Diagnostic bruit
- Assurance propriétaire non occupant
- Assurance loyers impayés
- Honoraires de gestion locative
- Honoraires de mise en location
- Frais de comptabilité
- Entretien et réparations
- Vacance locative (perte de recettes)
- Dégradations et impayés
- Recouvrement, résiliation du bail, expulsion
- Financement prohibitif (taux de plus en plus élevés)
- Et tant d’autres…
Si vous avez lu jusqu’à la fin, vous comprenez bien mieux pourquoi :
a) Ce type de placement est un véritable repoussoir pour tout investisseur sensé
b) de plus en plus de personnes modestes sont contraintes de dormir dans leur voiture.
Un grand merci à nos dirigeants shootés à la règlementation délirante autant qu'à la dépense publique.
9/10/2026
À TOUS CEUX QUI S’IMAGINENT QU’IL EST PERTINENT D’INVESTIR DANS L’IMMOBILIER LOCATIF EN FRANCE, VOICI CE À QUOI VOUS VOUS EXPOSEZ (EN VRAC) :
(La liste n’est malheureusement pas exhaustive)
- Droits de mutation à titre onéreux et frais de notaire
- TVA immobilière (neuf)
- Taxe foncière
- Taxe d'enlèvement des ordures ménagères
- Impôt sur le revenu foncier
- Prélèvements sociaux
- Cotisation foncière des entreprises
- IFI - Impôt sur la fortune immobilière
- Taxe sur les logements vacants
- Taxe d'habitation sur les logements vacants
- Impôt sur la plus-value immobilière (à la revente)
- Prélèvements sociaux sur la plus-value (à la revente)
- Surtaxe sur les plus-values élevées (à la revente)
- Droits de succession et de donation (si transmission)
- Travaux énergétiques (logements classés G)
- Travaux de décence, de sécurité et de salubrité
- Plafonnement des loyers dans certaines communes
- Encadrement à la relocation
- Gel des loyers F et G
- Durée du bail imposée
- Dépôt de garantie limité
- Protection des locataires âgés
- Procédure judiciaire et délais d'expulsion, trêve hivernale
- Permis de louer
- Interdiction de sélectionner les locataires (discrimination)
- Diagnostic de performance énergétique (DPE).
- Constat de risque d'exposition au plomb (CREP).
- État de l'installation intérieure d'électricité.
- État de l'installation intérieure de gaz.
- État des risques et pollutions (ERP).
- Diagnostic bruit
- Assurance propriétaire non occupant
- Assurance loyers impayés
- Honoraires de gestion locative
- Honoraires de mise en location
- Frais de comptabilité
- Entretien et réparations
- Vacance locative (perte de recettes)
- Dégradations et impayés
- Recouvrement, résiliation du bail, expulsion
- Financement prohibitif (taux de plus en plus élevés)
- Et tant d’autres…
Si vous avez lu jusqu’à la fin, vous comprenez bien mieux pourquoi :
a) Ce type de placement est un véritable repoussoir pour tout investisseur sensé
b) de plus en plus de personnes modestes sont contraintes de dormir dans leur voiture.
Un grand merci à nos dirigeants shootés à la règlementation délirante autant qu'à la dépense publique.
8 octobre 2026
Gabriel Nerciat
8/10/2026
ERWAN B, UN GRAND CRU À BOIRE AVEC MODÉRATION
8/10/2026
ERWAN B, UN GRAND CRU À BOIRE AVEC MODÉRATION
Comme tout le monde, j'ai découvert ce freluquet hier soir sur LCI.
Dans la liste des jeunes gommeux arrivistes et décomplexés qui ont parsemé l'histoire de la gauche bourgeoise depuis 68, cet Erwan B., venu d'un cossu lycée de Montmartre qu'il a entrepris de bloquer avec ses amis gauchistes au nom de la "rupture" (avec quoi, on ne sait pas), semble être un grand cru, promis à un brillant avenir : sa morgue, son vide, sa violence verbale, sa prétention, son absence d'inhibition, son mépris assumé du savoir, son aisance volubile, ses ricanements discrets, ses mimiques excédées et son ton paternaliste à l'encontre des habitants des banlieues ne trompent pas.
Nul doute que Mélenchon, qu'il est allé pourlécher lors de la manif de mardi, lui accordera une circonscription en or aux législatives de l'an prochain.
Quand je l'ai vu hier insulter Bérénice Levet et polémiquer avec une jeune pimbêche de l'UNI qui a tenté un peu lourdement de le remettre à sa place, j'ai eu une pensée émue envers les flics qui stationnent devant le lycée Jacques Decourt depuis le début de la semaine.
À leur place, en l'entendant jacter pendant vingt minutes, j'aurais sans doute senti des fourmis s'agiter dans mon LBD.
Mais je crois que je n'aurais pas visé l'oeil gauche ; un bandeau noir de pirate l'aurait gratifié d'un cachet ou d'un tempérament qui sont définitivement au-dessus de ses moyens.
7 octobre 2026
Gastel Etzwane
7/10/2026
Vue des États-Unis, la France est entrée dans une spirale infernale
La France n’est plus seulement, à l’étranger, le pays des Lumières, du luxe ou de la dissuasion nucléaire. Vue des États-Unis, elle est devenue le pays qui inquiète : une grande économie occidentale engagée dans une spirale d’endettement dont personne ne voit clairement comment elle pourrait sortir.
Le 5 octobre 2026, le Wall Street Journal a consacré un long format à « l’appétit de la France pour l’argent magique », devenu une « bombe d’endettement ». Le constat est qu’après des années de dépenses excessives, le pays a quitté le rang des économies européennes jugées solides pour devenir l’un des maillons faibles du continent, avec des investisseurs qui s’attendent désormais au pire. Le lendemain, l’article figurait en une du site du journal, tandis que le Financial Times décrivait la même trajectoire. La dette française n’est plus un problème intérieur. Elle devient un sujet d’inquiétude international.
Et ce qui inquiète n’est pas une appréciation idéologique : ce sont les marchés. La France emprunte désormais plus cher que la Grèce et l’Italie, les anciens malades de la crise des dettes souveraines. Son déficit ne serait dépassé, parmi les grandes économies comparables, que par celui des États-Unis. Le taux français à dix ans s’est approché de 5 %, un niveau inédit depuis 2002. Selon l’Insee, la dette atteignait 3 595,5 milliards d’euros à la fin du deuxième trimestre 2026, soit 119 % du PIB. Plus de 1 000 milliards supplémentaires en neuf ans.
Et le plus difficile est encore devant. Plus de 1 000 milliards de dollars de dette doivent arriver à échéance d’ici 2030. Dès l’an prochain, Paris devra émettre environ 380 milliards de dollars, un record, alors que la Banque de France réduit son portefeuille et que certains acheteurs étrangers traditionnels, notamment japonais, se sont retirés. Une étude commandée par Bercy prévoit une hausse de 59 % de la charge de la dette d’ici 2030. Celle-ci pourrait alors dépasser les dépenses militaires. Le gouverneur de la Banque de France parle d’un « étau progressif ».
Mais la fragilité française n’est pas seulement financière. Elle est aussi politique. Le pays n’a plus équilibré un budget depuis 1974. Le déficit est resté supérieur à 5 % du PIB trois années consécutives et pourrait atteindre 6,8 % en 2030 si rien ne change. Chaque tentative sérieuse de réduction des dépenses se heurte à une Assemblée éclatée en trois blocs, incapable de dégager une majorité durable. Et à l’approche de la présidentielle, les principales forces politiques promettent davantage de dépenses plutôt qu’un assainissement : Marine Le Pen envisage un retour de l’âge de départ à la retraite jusqu’à 60 ans ; Jean-Luc Mélenchon propose d’effacer les 488 milliards d’euros de dette française détenus par la Banque de France.
C’est là que la spirale devient infernale : une dette immense impose de réduire les déficits ; la situation politique rend cette réduction presque impossible ; l’impuissance politique inquiète les prêteurs ; cette inquiétude renchérit le coût de la dette ; et ce coût réduit encore les marges de manœuvre d’un État qui dépense déjà beaucoup plus qu’il ne prélève.
L’expression d’« argent magique » n’est d’ailleurs pas américaine. Elle vient de Sylvain Maillard, député du camp présidentiel, évoquant ce réflexe français consistant à toujours demander à l’État « un peu d’argent magique, pour payer, payer, payer ». Le Wall Street Journal raconte ainsi comment Emmanuel Macron, arrivé au pouvoir avec l’image d’un banquier décidé à remettre les comptes en ordre, a fini par financer crise après crise : Gilets jaunes, Covid, bouclier énergétique, « quoi qu’il en coûte ». Des mesures exceptionnelles sont devenues des dépenses durables. Fin 2023, le Trésor alertait déjà Bruno Le Maire sur l’effondrement des recettes. Puis est venue la dissolution. Selon un conseiller de Gabriel Attal cité par le journal, 2024 constituait peut-être l’une des dernières fenêtres permettant encore de réduire proprement le déficit. Elle s’est refermée.
C’est cela que voient désormais New York et Londres : non plus une grande puissance traversant une mauvaise passe budgétaire, mais un pays pris dans un mécanisme qui s’auto-entretient. Une dette proche de 120 % du PIB, des taux supérieurs à ceux de la Grèce et de l’Italie, des centaines de milliards à refinancer chaque année, une charge d’intérêts qui explose, une majorité introuvable et une présidentielle qui promet déjà une nouvelle surenchère de dépenses.
La France est en train de changer de réputation. Hier encore, elle intriguait par son modèle. Aujourd’hui, elle inquiète par sa fragilité. Et lorsque la première presse financière mondiale commence à présenter en une la deuxième économie de la zone euro comme un risque, le problème n’est plus seulement français. Il devient européen et, vu des grandes économies occidentales, franchement préoccupant.
Frédéric Faravel
7/10/2026
Israël : se souvenir des massacres du 7 octobre 2023, avant le vote dans 20 jours
Après le pogrom, une « punition collective » tout aussi effroyable
Le renouvellement de la Knesset se tiendra dans ce contexte
Pronostic impossible
7/10/2026
Israël : se souvenir des massacres du 7 octobre 2023, avant le vote dans 20 jours
Le 7 octobre 2023, le Hamas et ses alliés déclenchaient depuis la bande de Gaza un terrible pogrom, visant prioritairement et massivement des civils : 1200 hommes, femmes et enfants massacrés à l'arme blanche et à l'arme automatique, des viols, des mutilations de cadavres... 251 otages seront emmenés à Gaza par leurs ravisseurs. Cette attaque par terre s'est doublée d'une campagne de bombardements avec plus de 2500 roquettes. Il faut ajouter au bilan des milliers de blessés. Si la population juive civile (le plus souvent habitant dans les kibboutzim orientés à gauche et favorable à la Paix en Palestine) a été la cible privilégiée, on compte parmi les victimes 70 Arabes israéliens et des centaines d'entre eux parmi les blessés. Ces actes sont des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Aucune colère ne peut justifier, en aucun cas, des actes aussi ignobles.
Après le pogrom, une « punition collective » tout aussi effroyable
On connaît la suite : le Hamas n'est pas seulement criminel pour avoir planifié et mis en œuvre ces massacres, il est également criminel pour avoir donné le prétexte au gouvernement israélien de Benyamin Netanyahu, le plus à droite jamais connu dans l'histoire de l’État d'Israël, d'abattre une violence militaire inimaginable sur l'enclave de Gaza et sa population civile. Dès les premières semaines, les opérations militaires commandées par le gouvernement dépassent de très loin le droit d'un État agressé à se défendre et sont en contradiction de fait avec l'objectif prétendu de vouloir récupérer les otages (morts ou vifs) : elles s'intègrent très dans une volonté de vengeance et de punition collective contre une population civile, elle-même victime de la prédation du Hamas. Les pertes humaines pendant la guerre de Gaza depuis 2023 sont évaluées à plus de 73 000 Palestiniens tués, dont au moins 21 500 enfants ; et à plus de 183 000 blessés, dont plus de 46 500 enfants : les bombardements de l'ensemble du territoire (80% des immeubles de la bande de Gaza sont détruits), sans discernement et sans distinction sur les infrastructures civiles et hospitalières l'organisation si ce n'est planifiée tout du moins couverte d'une famine par le blocus et par le soutien à des organisations mafieuses palestiniennes (censées seconder Tsahal dans sa lutte contre le Hamas), les tirs sur les populations en fuite, les mauvais traitements et la violence gratuite contre les civils, tout cela constitue également des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Rien ne peut justifier une seule de ces actions. Les déclarations de plusieurs ministres de Benyamin Netanyahu appelant à massacrer les Palestiniens dénotent de leur intention génocidaire.
Depuis le 7 octobre 2023, différentes enquêtes ont apporté la démonstration que le cabinet Netanyahu avait été informé de la préparation d'une attaque de grande ampleur par le Hamas. Le premier ministre a choisi d'ignorer délibérément ces avertissements et renseignements, dégarnissant par ailleurs les effectifs de l'armée pour satisfaire des revendications confessionnelles minoritaires pour permettre à des soldats de rentrer dans leurs familles pour les fêtes de Soukhot. Benyamin Netanyahu et ses ministres « suprémacistes religieux » sont donc doublement coupables : ils ont échoué volontairement à protéger les citoyens israéliens et ont ordonné et encouragé par la suite des massacres atroces.
Un cessez-le-feu est censé être entré en vigueur depuis le 10 octobre 2025. Si la nourriture et l'aide a pu à nouveau atteindre la population démunie et traumatisée de la bande de Gaza, des affrontements et des actes de violence continuent d'être perpétrés contre les civils par l'armée israélienne et ses supplétifs : 1440 Palestiniens auraient été abattus dans ce territoire depuis un an. Par ailleurs, la situation s'est profondément dégradée en Cisjordanie où les colons religieux tentent de façon croissante d'opérer une campagne de nettoyage ethnique, pourchassant des Palestiniens, les chassant de leurs villages, arrachant leurs cultures et certains oliviers pluri centenaires. Ces actions criminelles se font trop souvent sous les yeux des militaires israéliens, qui ne réagissent pas ou même parfois accompagnent et encouragent. Plusieurs incidents récents ont cependant opposé Tsahal à certains des colons extrémistes, ce qui démontre encore que l'action et les complicités malsaines du gouvernement Netanyahu fracturent toujours plus la société israélienne.
Le renouvellement de la Knesset se tiendra dans ce contexte
Les citoyens israéliens voteront le 27 octobre prochain pour renouveler la Knesset. Pendant 3 ans, Benyamin Netanyahu a tout fait pour retarder l'échéance alors que la situation politique aurait mille fois justifiée (au regard des raisons pour lesquelles elle a été finalement décidée en juillet dernier) : l'actuel premier ministre a utilisé la guerre qu'il a lui-même entretenue comme une assurance-vie politique ; on peut fortement supputer que les offensives militaires conduites contre l'Iran, avec le soutien puis la participation active des États-Unis d'Amérique, qui ont fini par plonger la planète dans une nouvelle crise pétrolière (et ont permis au régime des Mollahs de renforcer encore la répression contre sa population), ont été conduites dans le même objectif. Benyamin Netanyahu craint plus que tout la fin de son mandat et de son immunité, car toute une série de graves affaires judiciaires l'attendent au lendemain de sa défaite espérée. Avant le 7 octobre 2023, il avait provoqué un fort mouvement de protestation de la société civile contre sa réforme de la justice et de la constitution israélienne, qui visait tout à la fois à satisfaire son idéologie héritée de la droite révisionniste et ses intérêts personnels.
La société israélienne, traumatisée par les attaques meurtrières du 7-Octobre et soumise à une tension militaire permanente depuis (mobilisant de nombreux réservistes), a sans doute mis du temps à se détacher d'un réflexe (que l'on pourrait qualifier de naturel, s'il n'accompagnait une situation aussi affreuse) d'union nationale. Le Cabinet Netanyahu a été soutenu par l'opinion tant qu'elle a cru qu'il travaillait à ramener les otages ou leurs corps (il a en partie échoué), elle l'a soutenu plus fortement encore contre le Hezbollah au Liban (l'intervention militaire n'était cependant aucunement justifiée), puis contre l'Iran car les Israéliens sont convaincus de la menace existentielle que fait peser sur eux le régime islamiste... Une grande majorité des Israéliens a trop longtemps voulu fermer les yeux sur les massacres commis à Gaza en son nom, enfermée dans sa peine et son traumatisme. Les fractures politiques et civiques qu'induisent et approfondissent en soi la politique conduite par Netanyahu et ses alliés suprémacistes Ben Gvir et Smotrich finissent cependant par déciller les yeux, alors que la tension militaire s'est légèrement décalée d'Israël.
Pronostic impossible
Le Likud, parti de Netanyahu, semble en net recul selon presque tous les sondages qui lui promettent une petite vingtaine de sièges contre 32 aujourd'hui ; Otzma Yehudit, le parti de Ben Gvir héritier de Meïr Kahan et des assassins d'Yitzakh Rabin, progresserait au détriment du parti de Bezalel Smotritch (RZP Zehut), son comparse suprémaciste. Les partis religieux sépharades et ashkénazes restent alliés de Netanyahu. Mais le bloc des opposants à Netanyahu, qui rassemble les héritiers du travaillisme israélien réunifié (Démocrates, 8 à 10 sièges) avec le centre droit (Yashar 23 sièges) et la droite nationaliste (Ensemble 13 sièges, Israël Beïtenu 9 sièges), est selon les jours devant d'un ou deux sièges ou l'inverse avec le bloc de ses soutiens, entre 50 et 54 sièges. La Knesset compte 120 députés, l'orientation du futur gouvernement dépendra donc du soutien de la "Liste commune", rassemblant le parti communiste et les partis arabes Ta'al et Balad (8 sièges espérés), de Ra'am (parti islamiste arabe israélien, 5 sièges espérés) et l'alliance électorale du parti des réservistes et du « nouveau parti économique » (centre droit), qui prétend obtenir 4 ou 5 sièges. L'avance de l'un des deux blocs antagonistes, mais qui restent eux-mêmes profondément divisés, déterminera vraisemblablement le basculement de cette dernière alliance.
La poursuite d'un cabinet Netanyahu serait évidemment une catastrophe pour l’État d'Israël et ses citoyens, car elle serait fondée sur le renforcement de ses composantes les plus extrémistes. Vue d'Europe, la coalition des anti-Netanyahu peut évidemment paraître baroque, mais elle a pris des engagements fermes pour rétablir un fonctionnement démocratique des institutions, garantir l'État de droit, faire cesser les exactions à Gaza, un véritable retour à une logique de négociation et l'arrêt du nettoyage ethnique en Cisjordanie. C'est peu, sans doute, mais c'est le minimum et l'exact opposé de ce que promet Netanyahu. Et c'est impérativement nécessaire pour la société israélienne puisse réellement faire son deuil, commencer à travailler sur elle-même et peut-être un jour (encore trop lointain) vouloir s'engager à nouveau dans une réelle logique de paix.
6 octobre 2026
H16
5/10/2026
On veut des moyens pour les cramer rapidement !
Cette rentrée n’échappe à aucun des marronniers habituels : Les feuilles tombent, les températures aussi et comme chaque automne, les lycées se bloquent et l’actualité se remplit soudains de marrons (et pas seulement ceux échangés entre les forces de l’ordre et ceux qu’on fait passer pour des lycéens).
Tout se déroule comme si, En France, on ne pouvait avoir une année scolaire complète sans une grosse poignée d’établissements barricadés à coups de poubelles, de palettes et de mortiers d’artifice. Ainsi, en décembre 2018, 188 lycées avaient été touchés dans le sillage des Gilets jaunes. Puis vinrent le bac en contrôle continu en 2021, Parcoursup en 2022, les retraites en 2023, Gaza en 2024. Si le motif change, la liturgie semble immuable : on bloque d’abord, on trouve une raison ensuite.
La récolte de cette année s’annonce exceptionnelle : on a ainsi compté plus de 350 établissements mobilisés et 625 interpellations et 83 policiers et gendarmes blessés. Depuis le début du mouvement, des centaines d’élèves et de personnels ont été blessés. Beauvau a ouvert une cellule interministérielle de crise. L’occupant de l’Élysée rappelle que la colère ne justifie pas la violence, le ministre de l’Éducation trouve les revendications « légitimes ». L’heure est grave, le numéro vert quasiment déjà imprimé dans des flyers colorés et tout est donc sous contrôle.
Et comme souvent, personne n’a rien organisé au départ, aucun mot d’ordre ne semble venu d’en haut : tout est parti du lycée Saint-Exupéry de Créteil, où quelques élèves ont barré l’entrée avec des poubelles. Trois vidéos sur Snapchat et TikTok plus tard, la région parisienne s’embrasait, l’Union Syndicale Lycéenne courait prendre la tête d’un cortège qui ne l’avait pas attendue, et La France Insoumise trottinait derrière l’Union syndicale lycéenne.
Pour LFI, l’occasion était trop belle : après des années à chanter la conflictualité, l’insurrection citoyenne et la « nouvelle France », voilà que la jeunesse se soulève enfin.
Pas de doute, il faut en être ! Sans hésiter et avec toute la « finesse » politique dont ils sont capables, Éric Coquerel et Clémence Guetté appellent donc à généraliser les blocages, et Jean-Luc Mélenchon, désormais candidat, demande carrément à ses élus et militants de « s’interposer » entre les lycéens et les forces de l’ordre. À Saint-Denis, le maire insoumis Bally Bagayoko pousse le zèle jusqu’aux abords d’un lycée bloqué, ce qui lui vaut une saisine de la justice par le préfet de police pour « provocation à commettre un délit ».
Malheureusement pour notre tribun septuagénaire, un mouvement né sur TikTok n’obéit à personne.
En fait de Grand Soir, c’est une tendance virale qui ressemble peu aux délicieuses affiches communistes des années 60 : une femme brûlée au visage à Marseille par un émeutier cagoulé qui se sert d’un spray comme d’un lance-flammes, une surveillante tabassée au sol à Annecy, un professeur gravement blessé d’un coup de barre de fer à Angers, une lycéenne aspergée d’acide, … En fait de peuple insurgé, le petit Jean-Luc se retrouve embarrassé avec cagoules, matelas en feu et un catalogue d’agressions qui tourne en boucle sur toutes les chaînes à sept mois de la présidentielle.
Bref, la « Nouvelle France » s’expose, et elle n’est guère attrayante. Pour ceux qui redoutaient qu’un Mélenchon trop vigoureux pourrait chasser le candidat de l’extrême-centre dès le premier tour, voilà qui tombe à pic.
Il y a bien évidemment des revendications : on notera des remarques sur des classes surchargées, des toilettes insalubres, des surveillants ou des infirmières introuvables. Certes, mais ce n’est certainement pas une question de moyens.
L’Éducation nationale dispose en 2026 d’un budget de 64,5 milliards d’euros (près de 90 en comptant les pensions), soit 12 de plus qu’en 2019, pour un nombre d’élèves qui fond chaque année. C’était jusqu’à l’an dernier le premier poste du budget de l’État, tout juste détrôné par la Défense (qui investit dans les mortiers apparemment). Autrement dit, avec moins d’élèves et plus de prélèvements, l’Éducation nationale transforme des milliards en absence de chaises.
De l’autre côté, la réponse lycéenne est à l’image de l’absence d’éducation qui leur est dispensée : on manque de locaux ? On crame les locaux. On réclame des profs ? On tabasse les profs. On réclame des surveillants ? On les envoie aux urgences. Décidément, PISA ne risque pas de remonter : ce sont des réactions d’imbécile qui incendie sa cuisine pour protester contre la lenteur de son four.
Au passage, on notera que les bâtiments des lycées relèvent des Régions, quand les profs et les surveillants relèvent de l’État : on exige des moyens de l’un en détruisant ceux de l’autre, et c’est le même contribuable qui paiera deux fois, sans obtenir la moindre chaise supplémentaire. Malin.
Enfin, la saison ne serait pas complète sans ses figures imposées de laxisme et d’évaporation joyeuse de la République dans un vivre-et-casser-ensemble devenu habituel : une circulaire de l’Intérieur et de l’Éducation fixe aux préfets une « ligne rouge très claire », qui devient rose pâle au passage devant les juges au vu des premières condamnations : 140 heures de TIG à Belfort pour des jets de projectiles sur les forces de l’ordre (sept ans encourus), du sursis probatoire à Reims pour des violences sur policiers, 120 jours-amende à 8 euros à Nice pour un individu qui brandissait des mortiers. Et ce sont des majeurs ! Pour les mineurs, on frôle les gros yeux.
Au milieu, se retrouvent les enseignants dont une partie, par la voix du Snes-FSU, estime que les lycéens expriment des revendications légitimes ; l’autre se tait, tétanisée, et met de bonnes notes pour avoir la paix. Des années de #PasDeVague, d’affaires étouffées et de renoncements discrets ont produit ce résultat : une institution où ceux qui devraient tenir la classe ne le veulent ou ne le peuvent plus, des parents qui regardent ailleurs, des juges qui distribuent des TIG, et l’État qui rédige des circulaires pleines de mots fermes en comptant ses blessés.
Plus personne ne canalise rien, et tout le monde le sait.
Ces gesticulations ne sont cependant pas perdues pour tout le monde. Au-delà des inévitables retombées politiques, pendant que les poubelles flambent devant les lycées, plus personne ne parle de l’état des comptes publics, du déficit qui galope ou des taux des OAT qui grimpent.
Pour un gouvernement qui n’aime rien tant qu’un sujet bruyant pour couvrir les sujets graves, l’aubaine est inespérée.
Que chacun se rassure : la Toussaint approche, les blocus vont se dissoudre dans les vacances, et la saison reprendra au printemps, avec un nouveau motif et des poubelles renouvelées au frais du contribuable.
Rendez-vous en avril.
Gastel Etzwane
6/10/2026
Ukraine : la France paie deux fois, et elle n’a plus les moyens de payer
6/10/2026
Ukraine : la France paie deux fois, et elle n’a plus les moyens de payer
La France aborde cette nouvelle crise énergétique dans une situation financière désastreuse. Elle emprunte à des taux qu’elle n’avait plus connus depuis près d’un quart de siècle, doit lever des centaines de milliards d’euros sur les marchés, reste incapable de ramener son déficit à 3 % du PIB et voit maintenant le gazole atteindre des niveaux qui menacent directement les ménages et des pans entiers de son économie. C’est dans ce contexte qu’apparaît le paradoxe du soutien français à l’Ukraine : le contribuable finance une politique sur laquelle il n’a jamais été directement consulté et dont il paie maintenant certaines conséquences économiques.
Le 6 octobre, le taux français à dix ans tourne autour de 4,7 %, après avoir frôlé 5 %. Il faut remonter à 2002 pour retrouver de tels niveaux. L’écart avec l’Allemagne a culminé autour de 150 points de base, du jamais-vu depuis la crise des dettes souveraines de 2011, avant de revenir vers 130. L’Agence France Trésor devra lever environ 340 milliards d’euros l’an prochain. À mesure que la dette est refinancée, quelques dixièmes de point supplémentaires deviennent des milliards d’intérêts et autant d’argent qui ne financera ni l’hôpital, ni l’école, ni la sécurité, ni la baisse des impôts.
C’est dans ce pays surendetté que l’effort en faveur de l’Ukraine se poursuit. Selon l’institut de Kiel, la France a alloué environ 7,9 milliards d’euros d’aide bilatérale à l’Ukraine entre février 2022 et juin 2026, principalement militaire. Si l’on ajoute sa part de l’aide européenne, le montant attribuable à la France approche 26 milliards d’euros sur la période, soit de l’ordre de 6 milliards par an.
Ces sommes n’expliquent évidemment pas le déficit français, beaucoup plus ancien et beaucoup plus profond. Mais elles ne sont pas gratuites. Lorsqu’un État dépense davantage qu’il ne perçoit et doit emprunter environ 340 milliards d’euros dans l’année, toute dépense supplémentaire a un coût. Les gouvernements français ont choisi de soutenir massivement l’Ukraine. Les Français, eux, n’ont jamais été directement consultés sur le montant qu’ils étaient prêts à y consacrer, sur la durée de cet engagement ni sur le niveau de sacrifice économique qu’ils étaient disposés à accepter.
Le problème est qu’ils commencent maintenant à payer une seconde fois.
Le gazole se vend autour de 2,37 euros le litre en moyenne et près de 16 % des stations signalent une rupture. La France est particulièrement exposée puisqu’elle importe environ la moitié du gazole qu’elle consomme. Au premier semestre, le diesel américain représentait déjà 13 % de la consommation française, plus du double de sa part dans les importations un an auparavant. Mais les raffineries du golfe du Mexique fonctionnent à 97 ou 98 % de leurs capacités. Le fournisseur vers lequel l’Europe peut se tourner en cas de pénurie n’a presque plus de marge.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, les exportations nettes de gazole de la Russie et du Golfe étaient, en août, inférieures de 1,6 million de barils par jour à celles de février. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz réduisent les flux venus du Moyen-Orient. En Russie, les frappes ukrainiennes ont endommagé ou ralenti plusieurs raffineries importantes, tandis que Moscou a prolongé son embargo sur les exportations pour préserver son marché intérieur.
C’est ici que le paradoxe devient difficile à ignorer. Une partie de l’argent public français contribue à l’effort de guerre ukrainien. L’une des stratégies de Kiev consiste précisément à frapper les capacités de raffinage russes. Militairement, la logique est claire : réduire les ressources de Moscou et perturber sa logistique. Mais lorsqu’une raffinerie russe cesse de produire, ce sont aussi des volumes de gazole qui disparaissent d’un marché mondial déjà tendu. L’Europe doit chercher le produit ailleurs, les marges de raffinage s’envolent et le prix finit sur le panneau de la station-service française.
Le Français paie donc une première fois comme contribuable. Il paie une seconde fois comme consommateur.
Et cette seconde facture dépasse largement le réservoir de sa voiture. Le gazole fait rouler le camion qui approvisionne le supermarché, le tracteur qui travaille le champ, la camionnette de l’artisan, les engins du BTP et les bateaux de pêche. Le kérosène appartient à la même famille de distillats moyens. Lorsque leurs prix s’envolent, la hausse se diffuse dans presque tout ce que le pays produit, transporte et consomme.
Le consommateur retrouve alors le choc dans le prix de ses courses, de ses travaux ou de ses livraisons. Pour les entreprises, les conséquences peuvent être autrement plus graves. Une PME de transport possédant quelques camions achète son gazole immédiatement et sera parfois payée plusieurs semaines plus tard. Elle doit renouveler ses véhicules au moment où le crédit se renchérit. Quelques centimes supplémentaires par litre deviennent rapidement des milliers d’euros et peuvent absorber une marge déjà faible.
La même mécanique frappe la pêche côtière, où le gasoil constitue l’un des principaux postes de dépense. Elle frappe l’agriculture, qui cumule le carburant des machines et le transport des engrais, des aliments et des récoltes. Elle frappe le maraîchage, le BTP, les artisans et certaines industries françaises dont l’un des derniers avantages est d’être proches de leurs clients. Si le transport intérieur devient trop cher, cet avantage s’amenuise face aux produits acheminés par conteneurs depuis l’Asie.
Voilà pourquoi la situation française est si préoccupante. Le pays cumule une dette massive, un déficit persistant, un coût de l’emprunt revenu à des niveaux inconnus depuis 2002, une dépendance aux importations pour environ la moitié de son gazole et un marché mondial des produits raffinés de plus en plus tendu. L’État aurait besoin de protéger son économie au moment même où il a de moins en moins les moyens de le faire.
Baisser les taxes sur le carburant soulagerait les ménages et les entreprises, mais réduirait les recettes publiques. Subventionner les transporteurs, les agriculteurs ou les pêcheurs augmenterait encore les dépenses. Ne rien faire laisserait la hausse se diffuser dans toute l’économie. Il n’existe plus de solution indolore parce que la France a épuisé une grande partie de ses marges de manœuvre avant même l’arrivée du choc.
Le nucléaire ne change pas cette réalité. Il constitue un avantage considérable pour notre électricité, mais une centrale nucléaire ne remplit pas le réservoir d’un camion, d’un tracteur, d’une moissonneuse ou d’un chalutier. Elle ne fournit pas davantage le kérosène d’un avion. Le nucléaire protège largement la prise électrique française. Il ne protège ni le fret, ni l’agriculture, ni la pêche, ni le BTP d’une pénurie de produits raffinés.
Et les dégâts risquent d’être silencieux. Un transporteur ne remplacera pas son camion. Un pêcheur vendra son bateau. Un agriculteur repoussera un investissement. Une entreprise annulera une embauche. Un dépôt fermera. Une usine renoncera à une ligne de production. Aucun de ces événements ne fera nécessairement la une. Additionnés pendant deux ou trois ans, ils peuvent pourtant appauvrir durablement des territoires entiers.
C’est pourquoi les deux factures doivent être regardées ensemble. La France finance depuis plus de quatre ans un soutien considérable à l’Ukraine alors que ses propres finances publiques se dégradent. Dans le même temps, elle subit les conséquences économiques d’une guerre qui contribue, avec les tensions dans le Golfe, à raréfier les produits raffinés dont son économie dépend.
On peut défendre le soutien à l’Ukraine et considérer son coût justifié par des impératifs stratégiques. Mais une démocratie devrait au moins présenter à sa population la facture complète.
Car le Français paie d’abord par l’impôt et par la dette l’aide accordée à l’Ukraine. Il paie ensuite à la pompe une partie des conséquences économiques de la guerre. Puis il les paie encore dans son caddie, ses travaux, ses livraisons et, demain peut-être, dans les emplois et les entreprises qui auront disparu.
La France paie deux fois. Et elle paie au moment précis où elle n’a plus les moyens de payer.
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