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29 mai 2026

Gilles Casanova
28/5/2026

Vous n'êtes pas mort de la canicule ?

Vous êtes un complotiste, car déjà vous avez refusé de mourir du Covid, de la grippe de la tomate, de la variole du singe, du Hantavirus, ou d'Ébola…

Cependant, vous n'échapperez pas à la nouvelle peur-médias, « selon une étude » :

H16
29/5/2026

L’infernal triomphe des formulaires fiscaux

Comme le disait fameusement Benjamin Franklin, rien n’est certain sinon la mort et les impôts. Cependant, la mort n’exige pas qu’on remplisse un formulaire avant d’y passer. L’impôt, lui, est une certitude doublée d’une invention spécifiquement humaine, sadique et bureaucratique : le formulaire fiscal.

Pendant que ces lignes sont écrites, les contribuables français transpirent en silence sur leur déclaration annuelle, naviguant entre les six pages du Cerfa 2042 et sa constellation vertigineuse d’annexes : 2042 C, 2042 RICI, 2044, 2042-C-PRO, sans oublier la providentielle notice 2041-NOT, prévue pour expliquer les précédentes.


La version 2026 porte le matricule officiel cerfa 10130*30, et ce simple astérisque suivi d’un nombre dit toute la sédimentation administrative d’un siècle de « modernisations ». Pendant que vous cherchez désespérément à savoir si votre serre de jardin de six mètres carrés doit ou non être déclarée pour échapper à des amendes pouvant atteindre 6000 euros par m² non déclaré, l’État, lui, vous regarde sereinement depuis les hauteurs algorithmiques d’une intelligence artificielle, gracieusement fournie par Google, scrutant chaque pixel des photos aériennes de l’IGN.

Rassurez-vous, cette joyeuse paperasserie n’est nullement une exception européenne.

Aux États-Unis, dès 1913, l’humanité accouchait déjà de la Bête Absolue : le fameux formulaire 1040. Naissance miraculeuse drapée des habits les plus nobles, rationalité mathématique, équité, modernité, « bien commun »… La réalité, comme toujours en matière fiscale, fut un poil moins reluisante.

La promesse aux « ultra-riches »

Pour comprendre l’arrivée du 1040 (et avec lui, de tous les autres formulaires fiscaux), il faut remonter à 1895, lorsque la Cour suprême américaine eut la présence d’esprit de torpiller une première tentative d’impôt fédéral sur le revenu, la jugeant contraire à la Constitution.

Mais l’État spoliateur ne lâche jamais véritablement prise : entre 1909 et 1913, le rouleau compresseur idéologique et politique produisit le seizième amendement, scellant le destin fiscal du citoyen américain.

L’argument de vente était « irréprochable » : la nouvelle prérogative étatique ne toucherait que l’infime minorité des « riches ». Un impôt chirurgical, simple, indolore, presque artisanal. Le seuil initial fixait l’obligation déclarative à partir de 3000 dollars de revenus, soit l’équivalent d’environ 100 000 dollars actuels. Autant dire que la vaste majorité de la population, exclue d’office du périmètre, applaudissait poliment cette saignée infligée aux plus fortunés dans l’erreur classique qui consiste à applaudir ce qui va devenir un dangereux précédent.

Car la mécanique s’enclenche toujours, et toujours dans le même sens. Ce qui débute en prélèvement ciblé sur les riches s’étale, s’étend et se métastase tranquillement.

Dès 1942, sous prétexte d’effort de guerre, les classes moyennes étaient à leur tour conviées à griffonner sur leur propre 1040. Et pour parachever l’œuvre, l’anesthésie ultime arriva en 1943 sous la forme du « pay-as-you-go », cette retenue à la source soufflée au Congrès par un certain Beardsley Ruml. Économiste, certes, mais surtout cadre dirigeant des grands magasins Macy’s. On ne saurait imaginer parrain plus emblématique pour un dispositif visant à anesthésier le consommateur en lui prélevant sa douleur avant même qu’il ne la ressente.

Anatomie des tubulures chromées

Première désillusion pour les amateurs d’ésotérisme administratif : le matricule « 1040 » ne dissimule aucun symbole maçonnique, aucune référence biblique, aucun signe astral. Il s’agit prosaïquement du numéro de séquence interne attribué par le département du Trésor au moment de la sortie du formulaire. Voilà donc l’origine du sigle qui terrorise un peuple entier : un simple compteur administratif qui tourne. À titre de comparaison, on notera que le Cerfa 2042 français suit exactement la même logique de séquencement bureaucratique, hérité de la nomenclature de la Direction générale des impôts.


Dès sa naissance, le 1040 fit montre d’une perversité organisationnelle remarquable.

La loi entrait formellement en vigueur le premier mars 1913, mais le formulaire prévoyait (absurdement) dans ses cases de calcul d’inclure les revenus de janvier et février. Joli paradoxe juridique pour inaugurer une nouvelle ère : imposer rétroactivement des mois précédant l’existence légale de l’impôt. Le Trésor, par ailleurs, modifiait gaiement ses règles d’application en cours de route, semant la panique chez les contribuables. Le magazine Leslie’s Illustrated Weekly prédisait dès la sortie du formulaire que cela annonçait « une riche moisson pour les avocats ». Prédiction facile tant l’industrie de l’évitement fiscal allait, à partir de cette date, prospérer en symbiose avec celle de l’extorsion.

B.C. Forbes, fondateur du célèbre magazine, livrait alors ce conseil avisé à ses lecteurs : « Ne soyez pas motivés par le patriotisme, soyez motivés par la peur ! » de l’administration. Allons bon ! Les armées d’experts-comptables venaient officiellement de découvrir leur Graal, et la confrérie des fiscalistes pouvait commencer son existence parasitaire millénaire, agrippée aux flancs de l’État comme la rémora à son requin.

En France, l’impôt Caillaux et le Cerfa

Le parallélisme entre Washington et Paris est d’une exactitude troublante.


À peine plus d’une année après les Américains, en juillet 1914, sous la pression financière d’une guerre imminente, la France accouchait à son tour de son impôt sur le revenu, porté entre autres par Joseph Caillaux. Mêmes promesses, mêmes mensonges, même copié-collé tranquille : ce qui avait marché aux États-Unis devrait marcher en France. Et donc, cela ne devait, naturellement, frapper que « les riches », avec un taux marginal dérisoire de 2%, soit une simple formalité patriotique, juste de quoi participer modestement à l’effort national, pardi, quasiment faire l’aumône à la veuve État, en somme.

Comme à Washington, la « simple » contribution enfanta rapidement son monstre bureaucratique : le tristement célèbre formulaire 2042, désormais cerfa 10130*30 dans sa trentième révision officielle. Six pages d’aspect anodin, à condition d’oublier la galaxie d’annexes obligatoires qui orbite autour, plus la notice explicative censée traduire en langue vulgaire ce que la prose principale dissimule.

L’État français, incapable de refréner ses pulsions dépensières après-guerre, fit ensuite exploser les taux et élargit l’assiette pour happer impitoyablement les classes moyennes. Chaque citoyen devint comptable amateur, sommé de déchiffrer une prose absconse sous peine de redressement.

Mais allons donc, la « justice fiscale » justifiait bien un peu de paperasse, n’est-ce pas ?

La victoire totale de l’État profond

Le tour de force est désormais accompli, et l’on doit bien lui reconnaître une certaine élégance technique.

L’État a réussi cet exploit anthropologique inouï de rendre le citoyen légalement responsable de comprendre un texte rigoureusement incompréhensible, et de le pénaliser, par amendes, redressements ou prison, s’il échoue à cet exercice aussi débile que sadique.

Sur le seul formulaire 2042, une case mal cochée peut déclencher un contrôle fiscal sur trois ans, avec des majorations s’étageant de 10% à 80% des droits éludés. Le piège est parfait : par défaut, vous êtes coupable d’incompétence administrative.

L’administration fiscale s’est transformée en machine aveugle et autonome, vivant désormais sa propre existence.

Anecdote savoureuse : le backend de l’IRS, le fameux Individual Master File, tourne encore aujourd’hui sur du code COBOL antédiluvien, devenu pratiquement impossible à maintenir, prouvant que la sédimentation bureaucratique survit à toutes les révolutions technologiques.

En France, on innove autrement, mais dans la même direction : les applicatifs COBOL sont poussivement migrés vers… gnuCOBOL ou du COBOL open-source (COBOL-IT), et la DGFiP tente de se débarrasser des briques les plus anciennes. Parallèlement, le projet « Foncier innovant » mobilise désormais l’intelligence artificielle Gemini de Google pour analyser les photographies aériennes de l’IGN pour tenter de repérer automatiquement ce qui n’a pas été déclaré. Piscines, vérandas, garages, serres de jardin : tout aménagement extérieur devient suspect par défaut.


Pour la seule année 2024, l’opération aurait déjà rapporté 40 millions d’euros, grâce à la détection de 140 000 constructions non déclarées dans la seule catégorie des piscines.

La paperasserie infinie est donc hautement dissuasive et sert magnifiquement de paravent. Elle transforme l’extorsion étatique en simple formalité technique, où la victime, épuisée, finit presque par remercier son comptable de l’avoir sauvée des griffes du Trésor public.

Au fil du temps, plus que des formulaires, le 1040 américain et le 2042 français sont devenus des chefs-d’œuvre de servitude volontaire, soigneusement chouchoutés par les bureaucraties qui en vivent.


https://h16free.com/2026/05/29/84447-linfernal-triomphe-des-formulaires-fiscaux
Gabriel Nerciat
28/5/2026

L'ÉNIGME BRUELIENNE


Sur Patrick Bruel, en fait, je me pose la même question qu'il y a trente ans : pourquoi un type aussi vulgaire et qui compose des chansons aussi médiocres et insignifiantes que les siennes a-t-il eu autant de succès, et aussi longtemps ?
C'est à mon sens la seule question qui vaille. Et - misogynie à part, comme disait Brassens - je n'ai toujours pas trouvé la réponse.
Un type qui fixe des rendez-vous à ses amis dix ans à l'avance, et feint une grossesse nerveuse parce que les adultes prennent le droit de mentir aux gosses, il n'a pas besoin de violer quiconque.
Tout de suite, on sait qu'il est louche.
Il ne peut pas y avoir, dans son cas, de présomption d'innocence.

28 mai 2026

Gastel Etzwane
28/5/2026

La Syrie refuse poliment de reprendre « ses » Syriens : merci Angela, on assume !


Il y a une dizaine d’années, Angela Merkel ouvrait grand les portes de l’Allemagne (et de l’Europe) à plus d’un million de Syriens. Une décision historique, généreuse et visionnaire, nous disait-on à l’époque.
Aujourd’hui, en mai 2026, près d’un million de personnes d’origine syrienne vivent toujours en Allemagne. Et le nouveau président syrien, Ahmed al-Sharaa (ancien chef de Hayat Tahrir al-Sham, ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie), qui a été reçu avec les honneurs à Paris, à la Maison Blanche, à Berlin puis à Londres, vient de rappeler à l’Allemagne une petite réalité : son pays rejette catégoriquement toute idée de remigration forcée.
Mieux encore : selon le ministre syrien des Affaires étrangères, ces Syriens installés en Allemagne ne sont pas un fardeau… mais une « ressource stratégique ». Ils perçoivent des allocations, travaillent (un peu), et surtout envoient chaque année jusqu’à 400 millions d’euros de remittances vers la Syrie, soit plus que l’aide publique allemande au pays.
Face à cela, le chancelier Friedrich Merz propose désormais jusqu’à 8 000 euros par personne pour un retour « volontaire ». Une jolie prime de départ, après des années de dépenses publiques colossales.
Moralité de l’histoire : on a accueilli massivement des réfugiés en 2015-2016 au nom de la morale et de la compassion. On a ensuite normalisé et célébré leur nouveau président, ancien jihadiste. Et aujourd’hui, on s’étonne que Damas ne veuille pas les reprendre en masse, préférant garder la manne financière qu’ils envoient.
Il faut assumer. Jusqu’au bout. Y compris les conséquences budgétaires, sociales et politiques de ce choix.
Dessin de Mehdi

Alain Callede
28/5/2026

Bardella et la faille culturelle


Selon un article du Canard enchaîné, on découvre une scène presque caricaturale : un candidat que l’on dit en préparation intensive, entouré d’une équipe de communicants qui s’active pour combler, dans l’urgence, ce qui apparaît comme des lacunes importantes en matière de culture générale et de formation politique.
Qu’il s’agisse de géographie, d’histoire, d’économie ou de géopolitique, le constat dressé par certains observateurs est sévère. Alors, on “fait lire”, on prépare, on anticipe les interviews, on verrouille les éléments de langage. Une stratégie de compensation qui dit autant sur le candidat que sur la peur de ses propres équipes : celle de voir apparaître, en pleine lumière d’une campagne présidentielle, les limites d’un profil jusqu’ici protégé par des scrutins de liste ou des fonctions moins exposées.
Car l’élection présidentielle n’est pas une campagne comme les autres. Elle ne pardonne ni l’improvisation, ni les approximations, ni les angles morts. Et surtout, elle met à nu ce qui peut rester masqué ailleurs : la densité intellectuelle, la capacité d’analyse, la solidité culturelle.
Dans ce contexte, certains sondages évoqués ces derniers mois montreraient déjà une érosion de son niveau d’intentions de vote. Rien de mécanique, rien de linéaire — mais une dynamique qui peut compter quand la campagne entre dans sa phase la plus brutale : celle des confrontations directes et des erreurs impossibles à effacer.
Reste une question simple : peut-on fabriquer, à marche forcée, un candidat présidentiel complet en quelques mois de préparation intensive ? Ou bien la campagne finit-elle toujours par révéler, sans filtre, ce que les éléments de communication ne peuvent plus masquer ?
Dans une présidentielle, la mise à l’épreuve est totale. Et c’est souvent là que les récits construits en amont rencontrent la réalité du terrain.
Gastel Etzwane
28/5/2026

Dans son numéro 4022 daté du 28 mai au 3 juin 2026, Paris Match publie un long reportage particulièrement dur consacré aux enfants palestiniens tués en Cisjordanie depuis le début de la guerre déclenchée après le 7 octobre 2023.
À travers plusieurs récits extrêmement détaillés, notamment ceux de Mohammed Al Hallaq, Saddam Rajab ou Rimas Amouri, l’article décrit des tirs attribués à des soldats israéliens contre des mineurs parfois non armés, les obstacles opposés aux secours, ainsi que le sentiment d’impunité dénoncé par les familles et certaines ONG.
Le reportage s’appuie sur des vidéos de surveillance, des témoignages directs et des données de l’UNICEF pour décrire une situation présentée comme une escalade de la violence en Cisjordanie sous le gouvernement israélien actuel. Au-delà du contenu lui-même, la publication d’un tel dossier dans Paris Match n’est pas anodine : il s’agit d’un hebdomadaire grand public historiquement peu associé à un traitement militant de la question palestinienne.
Voir un magazine aussi installé dans le paysage médiatique français consacrer plusieurs pages à un récit aussi accusateur à l’égard de l’armée israélienne marque une rupture relative avec le narratif médiatique habituel, souvent davantage centré sur Gaza, le Hamas ou la seule perspective sécuritaire israélienne.

H16
27/5/2026

Justice française : le couteau suisse de la Macronie

Jadis, la justice française était aveugle. Mais avec la Macronie, miracle ! alléluia ! elle a non seulement recouvré la vue mais elle louche désormais ostensiblement vers l’exécutif dont elle est devenue le commode couteau suisse.


Et muni de ce couteau suisse, l’État français taille avec vigueur toujours plus dans ce bois dont on fait, au mieux, des pipeaux et, au pire, des cercueils. Il n’est qu’à repasser les dernières nouvelles pour comprendre l’étendue du véritable détournement judiciaire qui s’est opéré en France ces dernières années.

Ainsi, voilà la justice qui sert de marteau aux mains des préfets, frappant fort sur le crâne du maire récalcitrant qui s’aviserait de ne pas marier devant lui un sans-papiers pourtant frappé d’une obligation de quitter le territoire.

L’actuel ministre de l’Intérieur, un certain Laurent Nuñez, l’a redit récemment au sujet du procès de Robert Ménard : un maire doit appliquer la loi, sans état d’âme !

Et apparemment sans bon sens : curieuse rigueur d’un État qui, sur les 120 000 OQTF qu’il signe annuellement, n’en exécute environ que 20 000, soit un taux de respect de la loi qu’on n’oserait reprocher au plus médiocre des justiciables. D’ailleurs, à Chessy, en Seine-et-Marne, on aura compris la leçon : pour ne pas avoir à marier un homme qu’il faudrait théoriquement expulser, le maire et ses adjoints ont préféré démissionner en bloc. Ce qui n’a servi à rien puisque l’équipe suivante a, elle, allègrement poursuivi l’opération. La République ne plaisante pas avec la légalité, mais comme elle redéfinit la légalité un peu comme elle veut, cela donne des situations croquignolesques.


Ainsi, voilà la justice qui se mue en tournevis, délicat instrument de précision permettant le subtil réglage de la voilure des candidats trop indociles.

Le 7 mai dernier, le Parquet National Financier ouvrait, avec un timing diabolique mais (c’est sûr) complètement aléatoire et par pure coïncidence, une information judiciaire visant Édouard Philippe pour détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts dans l’affaire de la Cité numérique du Havre. Un calendrier naturellement tout à fait fortuit et ce au moment précis où l’ancien Premier ministre entre en lice pour l’élections présidentielle de 2027 et quasiment lors de son lancement de campagne électorale.

L’intéressé affiche bien sûr sa sérénité (il croit pouvoir « avoir confiance dans la justice de mon pays tralala tsoin tsoin »), ce qui est bien la moindre des choses lorsqu’on a appris à connaître et pratiquer les habitudes du PNF dont l’historique montre qu’il cale toujours judicieusement ses procédures sur celui des bureaux de vote.


Ainsi, voilà la justice qui se fait lime, polissant vigoureusement les angles trop saillants de la volonté populaire.

Le 21 mai, le Conseil constitutionnel a courageusement censuré la suppression de l’obligation des zones à forte élimination faibles émissions, mesure pourtant votée et qui aurait rendu aux collectivités la liberté de décider du sort de leurs propres automobilistes. Notons l’effort d’esthétique juridique dans le motif invoqué par les Sages puisque pour eux, la disposition serait sans lien avec l’intention initiale du texte (un cavalier législatif, donc), ce qui justifierait sa prompte élimination.

On admire la subtilité : voilà donc une décision démocratique abattue non pas au nom de ce que le législateur a voulu, mais de ce qu’il aurait dû vouloir s’il avait été correctement écologiste. Heureusement, neuf personnes savamment nommées savent à la place de soixante-sept millions d’autres ce qu’il convient de respirer.


Ainsi, voilà enfin la justice qui se transforme en vaseline, lubrifiant avec complaisance le destin des plus grands criminels (ou les sphincters de leurs victimes, selon le point de vue).

Mohamed Bakkali, logisticien en chef des attentats du 13 novembre 2015, autrement dit l’homme sans lequel cent trente-deux personnes n’auraient pas été massacrées au Bataclan et sur les terrasses parisiennes, s’est vu généreusement accorder par la justice belge six permissions de sortie de trente-six heures. Le motif invoqué est, comme pour le précédent exemple, remarquable d’esthétisme et de pragmatisme populaire : il s’agirait de « restaurer le lien avec la société ». Apparemment, le fait de planifier une boucherie sur des innocents aurait en effet quelque peu distendu ce lien qu’il convient donc de ramener à de plus justes proportions moins enclines à claquer comme un élastique, un beau jour de retournement violent de l’opinion publique. Et si certains (probablement des complotistes ou des fascistes d’une extrême droite sans plus aucun freins) espéraient en réalité qu’il eût été définitivement rompu ce soir de novembre à la grenade et à la kalachnikov, la magistrature, plus prompte à pardonner qu’à juger, se fait fort de rendre tout ceci un peu plus coquet pour un avenir qu’on imagine déjà radieux.


Bref, la France n’est plus un État de droit mais, vaguement, un État de lois, utilisées de façon arbitraire et la justice en France n’est plus qu’une sorte d’outil polymorphe du politique, servant tantôt à creuser, tantôt à reboucher, coller, rabibocher ou à séparer selon les besoins. Un coup le pouvoir judiciaire fait, un coup il défait, un coup il autorise, un coup il interdit sans que ni jurisprudence, ni bon sens ne soient plus convoqués aux décisions, cantonnées à de simples calculs politiques.

Mais évidemment, en transformant ainsi l’institution judiciaire en outils de bricolage politique, l’État a non seulement cassé ce thermomètre social, mais il se sert désormais du tube en verre brisé pour éborgner le justiciable.

Ceci ne peut pas bien se terminer.


https://h16free.com/2026/05/27/84410-justice-francaise-le-couteau-suisse-de-la-macronie

27 mai 2026

Natalia Routkevitch
26/5/2026

Le médium privilégié de la société du spectacle – l’industrie cinématographique – est celui qui va accaparer la plus grande part du temps de cerveau disponible de l’upper classe mondiale, celle qui dispose de ce temps. Évidemment, il n’y a pas seulement le produit cinématographique en lui-même, mais tout ce qui l’entoure, l’accompagne et le sacralise.
Ainsi, Cannes apparaît comme le plus grand temple de la société du spectacle, la Mecque où viennent accomplir leur pèlerinage tous ceux qui se pensent significatifs, éclairés, progressistes et qui nous diront "ce qu'il faut en penser".
Venir de l’autre bout du monde, fouler le tapis rouge avec les stars sous l’œil des photographes, vibrer « pour la planète », « les droits des femmes, des minorités ou des intermittents », se prononcer pour la libération des prisonniers des « geôles fascistes », applaudir les films primés consacrés aux victimes de l’intolérance – ou, pour changer, aux victimes de la tolérance – puis s’encanailler dans des soirées au Dom-Pé et plus si affinités, en essayant de se rapprocher du « people » le plus reconnaissable possible pour décrocher une photo avec lui...
C’est donc à Cannes que s’énonce l’agenda politique et culturel du moment, que l’on donne aux spectateurs le pouls des combats de leur temps. On va s’y émouvoir de l’audace incroyable de l’intervention-choc de Corinne Masiero, de la robe pro-palestinienne de Cate Blanchett ou de l’appel si puissant d’Andreï Zviaguintsev contre le tyran sanguinaire du jour.
Dieu, que tout cela est désespérément convenu, bien balisé et tristement prévisible.
Il y a déjà un demi-siècle, Andreï Tarkovski, qui considérait le cinéma comme un moyen d’atteindre une forme de vérité au plus haut degré de ses capacités humaines, exprimait tout l’ennui et l’exaspération que lui inspirait l’éviction du cinéma-art au profit du pur divertissement ou des manifestes :
« Le fossé entre le cinéma commercial et le cinéma en tant qu'art s'est tellement élargi que le moment est venu de résoudre, d'une manière ou d'une autre, cette confrontation. Soit le cinéma en tant qu'art doit être détruit au profit du cinéma-spectacle, du cinéma-chewing-gum, soit l'inverse. »
Avec la netflixisation intégrale de l’industrie cinématographique, le rapport de force semble avoir été définitivement tranché en faveur du cinéma-chewing gum.

« Je reviens tout juste de Venise, où j’étais membre du jury du festival, et je puis témoigner de l’état de dégradation du cinéma contemporain... Venise offrait un spectacle désolant. Je pense qu’il faut une tout autre disposition spirituelle que la mienne pour comprendre et accepter un film comme XXX. Pour ma part, j’y vois une manifestation de l’anti-art : ce qui l’intéresse, ce sont des sujets sociétaux et sexuels. »
« J’ai vu un film monstrueusement répugnant, XXX. Un mélange américain d’horreur, d’épouvante, de violence, de polar et de tout ce qu’on voudra. Révoltant. De l’argent, de l’argent, de l’argent, toujours de l’argent… Rien d’authentique, rien de vrai. Ni beauté, ni vérité, ni sincérité – rien. Il suffit que cela rapporte. C’est impossible à regarder… Tout est permis, tout est acceptable, dès lors que l’on paie pour ça. »
« Dans S.M., tout est mauvais. Tout est construit selon des règles dont il est impossible de s’affranchir. Tout est connu d’avance. Le spectateur sait dès le début ce qui doit arriver, mais il regarde néanmoins, parce que tout est exécuté avec brio selon les conventions du genre et les lois stylistiques du western. Ce n’est pas de l’art. C’est une entreprise commerciale. Quelles que soient les idées qu’on prétende y mettre, tout y est factice, artificiel, dérisoire. »

Gastel Etzwane
27/5/2026

Un enfant scout écossais refuse de prier : un miroir de notre société


Une vidéo virale depuis le 24 mai 2026 montre un jeune Beaver Scout (6-8 ans) en Écosse, resté debout, calme, pendant que ses camarades reproduisaient les gestes de la prière musulmane lors d’une visite dans une mosquée à Stirling.
Ce simple refus pose une question essentielle sur l’évolution de nos sociétés occidentales : jusqu’où pousse-t-on l’« ouverture » aux autres religions auprès de très jeunes enfants ?

La question de la réciprocité

Accepterait-on l’inverse ? Demanderait-on à des enfants musulmans de s’agenouiller et de prier dans une église ? Probablement pas. On y verrait du prosélytisme.
Ce manque de réciprocité révèle une asymétrie culturelle croissante : les traditions historiques européennes sont invitées à s’effacer, tandis que d’autres pratiques sont activement mises en avant dans l’espace éducatif.

26 mai 2026

CharbActu
25/5/2026

MERCOSUR : encore un énorme scandale

Cliquer sur l'image ↴
Gastel Etzwane
26/5/2026

L’opération a bien commencé. Pas de programme, pas d’expérience, aucune popularité réelle, mais candidat parfait du parti du centre.

Cliquer sur l'image ↴

Gabriel Nerciat
26/5/2026

OPÉRATION THIERRY BRETON


Alors même que Edouard Philippe s'effondre dans les sondages, le Parquet national financier vient d'ouvrir opportunément à son encontre une enquête pour détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêts.
Comme chacun sait depuis l'affaire Pénélope Fillon ce qu'est le PNF créé par François Hollande en 2013 après la chute de son ministre Cahuzac et à quel point il est aux ordres du pouvoir exécutif, pas besoin d'être spécialement complotiste pour voir la main de Macron derrière cette offensive qui tombe à pic.
L'opération Thierry Breton, que j'avais annoncée à plusieurs reprises sur mon ancien compte FB, va enfin pouvoir commencer.
Breton, c'est ce qu'aurait dû être Macron en 2017 : une sorte de Gorbatchev tard venu, fabriqué de toutes pièces par l'oligarchie européiste pour empêcher l'effondrement du système maastrichien et globaliste qui prend l'eau de toutes parts.
C'est justement parce qu'il n'a pas de lien direct avec Macron ni avec aucun des partis spectraux qui constituent l'extrême-centre (tout le monde ou presque a oublié qu'il fut ministre sans étiquettes de Chirac) qu'il constitue la dernière roue de secours pour un régime aux abois.
Nous allons avoir maintenant l'occasion de constater si elle est susceptible de crever sur la route ou non.
Natalia Routkevitch
23/5/2026

La nation et la Patrie

En quelques lignes, Simone Weil trace la différence entre la « nation » – création artificielle, « gros animal » (Léviathan), « domaine exclusif du prince de ce monde » – et le « pays » : la patrie, lieu d’enracinement, porteur de traditions éternelles. On subit l’un par nécessité, on aime l’autre.
Ceux qui voient cette différence de la même manière que la philosophe, s’accommodent du Léviathan, acceptent de le servir, malgré toutes ses laideurs, tant – et seulement tant – qu’il assure la pérennité et la sauvegarde de la Patrie.

"La charité peut et doit aimer dans tous les pays tout ce qui est condition du développement spirituel des individus, c’est-à-dire, d’une part, l’ordre social, même s’il est mauvais, comme étant moins mauvais que le désordre, d’autre part, le langage, les cérémonies, les coutumes, tout ce qui participe au beau, toute la poésie qui enveloppe la vie d’un pays.
Mais une nation comme telle ne peut être objet d’amour surnaturel, elle n’a pas d’âme, c’est un gros animal.
Et pourtant, une cité…
Mais cela n’est pas du social ; c’est un milieu humain dont on n’a pas plus conscience que de l’air qu’on respire. Un contact avec la nature, le passé, la tradition.
L’enracinement est autre chose que le social.
Le végétatif et le social sont les deux domaines où le bien n’entre pas. Le Christ a racheté le végétatif, non le social. Il n’a pas prié pour le monde.
Le social est irréductiblement le domaine du prince de ce monde. On n'a d’autre devoir à l’égard du social que de tenter de limiter le mal (Richelieu : le salut des États n’est que dans ce monde).
Patriotisme. On ne doit pas avoir d’autre amour que la charité. Une nation ne peut pas être un objet de charité. Mais un pays peut l’être comme milieu porteur de traditions éternelles.
Tous les pays peuvent l’être."

25 mai 2026

Potier Christian
20/5/2026

Merkel ou Draghi pour parler à Poutine : le retour du réel contre l’hystérie de Bruxelles


Enfin. Après trois ans d’escalade, de chèques en blanc et de communiqués martiaux, les Européens envisageraient de rappeler les adultes : Angela Merkel ou Mario Draghi pour renouer le dialogue avec Vladimir Poutine.
C’est la meilleure solution. La seule, même. Pour sortir de l’appareil pro-guerre qui tient Bruxelles en otage.
L’appareil pro-guerre, il a des noms : Ursula von der Leyen, Kaja Kallas, António Costa version faucon, Friedrich Merz qui rejoue la guerre froide, et Macron qui fait le chef de guerre en costume trois pièces. Tous alignés, tous va-t-en-guerre, tous incapables de prononcer le mot « paix » sans bégayer.
Et au milieu, l’homme de paille que l’Europe finance à fonds perdus : Zelensky. Converti en mascotte OTAN, il fait la tournée des parlements pendant que son pays sert de champ de tir. L’Europe paye, l’Ukraine saigne, Washington commande.
Merkel, c’est Minsk. C’est la dernière fois qu’un Européen a parlé russe sans traducteur américain. Draghi, c’est « whatever it takes ». Il sait qu’une économie ne tient pas avec des sanctions et des discours. Deux profils qui comprennent une chose : une guerre se finit à une table, pas sur X.
Parce que la stratégie actuelle mène où ? Au chaos économique, à la récession allemande, à l’inflation française, à des stocks d’armes vides et à des cimetières pleins. On a troqué la diplomatie contre l’idéologie. Le réel contre les éléments de langage.
Rappeler Merkel ou Draghi, ce n’est pas aimer Poutine. C’est aimer l’Europe. C’est refuser que le continent crève pour un agenda qui n’est pas le sien. C’est arrêter de jouer aux durs avec l’argent et le sang des autres.
Les va-t-en-guerre de Bruxelles ont eu trois ans. Résultat : plus de morts, plus de dettes, moins de paix. Leur temps est fini.
Place à ceux qui savent négocier. Place à ceux qui préfèrent les traités aux tweets. Place à la sortie de crise.