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18 mai 2026

Bruno Guigue
15/5/2026

LE DUEL DES EMPIRES


Finalement, Trump ne nous aura pas déçus : comme ses prédécesseurs à la Maison-Blanche, il s'est proclamé le héraut de la liberté, il a distribué les châtiments et les récompenses, et il veut faire croire qu’il sauve le monde à chaque déploiement d'une puissance matérielle aussi impressionnante qu'inefficace. C'est un invariant historique : armé de la bonne conscience indécrottable des “born again”, l’empire projette sur le monde son manichéisme dévastateur. Les yeux ouverts, il rêve d’un partage définitif entre les bons et les méchants, pilier inébranlable d’un ethnocentrisme sans complexe. Le droit est forcément de son côté, puisqu’il incarne les valeurs cardinales de la "démocratie" et des "droits de l’homme". Aucun scrupule ne devant inhiber sa frénésie salvatrice, la civilisation au singulier dont il se dit l’incarnation s’attribue la prérogative expresse de réduire la barbarie par tous les moyens. L’impérialisme est un tribunal à vocation universelle qui inflige les punitions à qui bon lui semble.

Depuis leur fondation, les États-Unis se proclament une "nation exceptionnelle". Bush ou Obama, Biden ou Trump, rien n’y fait. Enfoui dans l’inconscient collectif, ce postulat identitaire traverse l’histoire. Comme un témoin qu’on se passe furtivement d’un président à l’autre, il demeure intact, immaculé comme les Tables de la Loi. Car il est bel et bien de l’ordre de la structure, non de la conjoncture. La singularité des États-Unis, c’est qu’ils se croient dépositaires à vie d’un "imperium" planétaire. C’est qu’ils se projettent au-delà des mers, au nom d’une vocation civilisatrice qui révèle surtout la haute idée qu’ils se font d’eux-mêmes. Rien n’est plus hostile à la laïcité bien comprise que l’idéologie dominante des États-Unis d’Amérique.

La nation d’exception drape son appétit de puissance dans les plis de la "liberté", de la "démocratie" et des "droits de l’homme", comme si ces entités abstraites figuraient des divinités qu’elle avait pour mission de servir en pourfendant les méchants. Puisqu’elle est l’incarnation du Bien, le monde n’est-il pas à sa disposition, objet passif de ses élans salvateurs ? Dispensatrice d’une justice immanente taillée à sa mesure, la nation au "destin manifeste" ne fixe aucune limite à son aura bienfaisante, car elle y voit la conséquence légitime de sa supériorité morale. Sa proximité avec Dieu sanctifiant sa puissance terrestre, elle pourchasse sans répit les forces maléfiques pour les immoler en expiation de leurs crimes.

La conviction de l’élection divine, l’identification au Nouvel Israël et le mythe indécrottable de la "destinée manifeste" déclinent, sur tous les tons, la prétention ahurissante de cette oligarchie capitaliste à se soumettre la planète. Se considérant comme le sel de la terre, les puritains avaient déjà donné le signal de la conquête des "terres vierges", c’est-à-dire du massacre à grande échelle des Peaux-Rouges assimilés aux Cananéens et aux Amalécites. Si l’on a exterminé les populations indigènes, c’est parce qu’il fallait que l’homme nouveau se trouve seul face à une nature vierge dont la possession était voulue par Dieu. Il y avait 9 millions d’Amérindiens en Amérique du Nord en 1800. Un siècle plus tard, ils n’étaient plus que 300 000. Comme dirait Alexis de Tocqueville, "La démocratie en Amérique" est passée par là, avec ses couvertures empoisonnées et ses mitrailleuses Gatling. Mais ces massacres ne sont pas un tribut payé à l’absurdité des choses humaines : ils sont dans l’ordre des chose, ils correspondent au dessein divin.

Le fléau du Bien

Une auto-désignation comme incarnation du Bien qui a contribué à accréditer l’idée, à la fin du XXe siècle, que l’histoire trouvait sa fin avec l’effondrement de l’Union soviétique. Le triomphe des États-Unis réalisait ainsi la forme la plus aboutie de la démocratie libérale, et Francis Fukuyama pouvait prononcer la "fin de l’Histoire" jadis prophétisée par Hegel. Dans une majestueuse apothéose, la victoire des États-Unis donnait corps au sublime idéal de l’économie de marché. Avec le triomphe de la démocratie libérale, la république universelle, enfin, se profilait à l’horizon. Ce paradis démocratique, dispensateur de ses bienfaits à la planète entière, seule "l’Amérique" pouvait l’incarner. Ses exploits accomplissaient le dessein divin, et la providence conduisit alors au triomphe du Bien sous le regard ébloui des peuples reconnaissants. "Lumière des nations", l’Amérique les guidait avec fermeté vers la Terre promise d’un monde réconcilié.

Frappante, chez les Américains, est la façon dont leur bonne conscience coïncide avec le délabrement de leur pays. Le PIB par habitant est colossal, mais 20% de la population croupit dans la pauvreté. Les équipements sont vétustes, les inégalités criantes, le système scolaire déclinant. La violence règne, et les détenus américains représentent 25% des prisonniers de la planète. Plus de 30% de la population est frappée par l’obésité, et la crise sanitaire y a fait des ravages. L’espérance de vie moyenne aux États-Unis est passée derrière celle des Chinois. Mais ces péripéties sont de mesure nulle devant l’essentiel, et le réel a l’obligeance de se faire discret. Moralement parfaite, une "Amérique" imaginaire se présente comme un système achevé, effaçant toute trace de contradiction et envisageant l’avenir avec confiance. C’est étrange, mais même pour évoquer les catastrophes dont ils sont responsables, les dirigeants de ce pays ont toujours le sourire.

La nation exceptionnelle exerce ses effets bienfaisants quoiqu’il advienne. Parce que l’Amérique est vouée par décret divin à devenir l’empire des temps derniers, son futur et son présent sont déjà compris dans son origine. Investie d’une mission planétaire, elle accueille sa "destinée manifeste" en un geste salvateur qui défie l’espace et le temps. C’est pourquoi une narration édifiante ne cesse d’exalter son génie. Réécrivant sa propre histoire à la façon d’une histoire sainte, l’Amérique percute le droit international avec le droit divin. Ce n'est pas un hasard si on y a longtemps adoré l'entité génocidaire qui survit entre la mer et le Jourdain en bombardant tout ce qui bouge : le nationalisme américain n’est pas un nationalisme ordinaire. C’est un suprémacisme ordonné à la surnature : il traduit l’orgueil d’une puissance qui postule sa coïncidence avec l’ordre voulu par le Créateur. Des Pères fondateurs quittant l’Europe pour fonder une société vertueuse aux victoires héroïques remportées sur les forces du mal, l’histoire américaine est plus qu’une histoire : c’est la parousie du Bien.

Avec Trump comme avec ses prédécesseurs, la guerre menée au nom du Bien introduit la violence chez les autres comme on y exporte des marchandises. Forme paroxystique du rapport Nord-Sud, métaphore sanglante du développement inégal, cette guerre frappe au dehors, jamais au-dedans du "monde civilisé". Reproduisant la dualité du monde, elle épouse la fracture planétaire. Guerre des riches contre les pauvres, elle est à l’image de ces innombrables chapelets de bombes largués sur les peuples du Sud. Son symbole, c’est le B 52, le napalm, le chasseur F-35, le missile Tomahawk, le drone Predator, les porte-avions de Trump, toute cette machinerie sophistiquée de la mort administrée à distance, sans risque, sans faux frais pour les exécutants de la punition venue du ciel. C’est aussi la guerre par procuration, l’embargo, le blocus, la guerre économique, la déstabilisation insidieuse, l’action clandestine, les coups d’État fomentés par la CIA, la manipulation de la terreur, les "Freedom Fighters" du jihad global, toutes ces guerres du "monde libre" dont les démocraties sont friandes, sous la conduite d’un empire qui se prend pour la puissance vengeresse.

Un empire sans impérialisme

Aujourd'hui, face à l'empire prédateur, l'Iran se défend avec héroïsme, la Russie tient tête, les nations souveraines résistent, les peuples agressés préparent leur revanche, tandis que l'Europe, elle, se couche. Reste la Chine, cette immense nation pacifique, férue de partenariat gagnant-gagnant et adepte du multilatéralisme. Donald Trump vient de la rencontrer, pour la deuxième fois en dix ans, avec l'intention manifeste de sauver les meubles après le fiasco iranien. La Chine l'a accueilli poliment : sans illusions sur sa capacité à faire amende honorable, et sans rien céder sur ses propres intérêts nationaux.

Mais cette Chine qui est aux antipodes d'une Amérique guerrière, cette puissance obstinée à promouvoir la paix et la coopération, la connaît-on seulement ? Selon les médias occidentaux, elle serait assoiffée de richesses, décidée à jeter ses tentacules sur la planète. Affichant un pacifisme de façade, elle serait d’une brutalité sourde qu’on soupçonne, prête à exploser, derrière les faux-semblants d’un discours lénifiant. Ce "nouvel empire" réclamerait sa part d’hégémonie planétaire, il revendiquerait à tout prix la première place sur le podium. Pire : il voudrait nous imposer son modèle, promouvoir à tout prix ses valeurs, s’ériger en exemple destiné à l’imitation des nations.

Or cette vision d’une Chine conquérante et prosélyte est d’autant plus surréaliste que les Chinois font exactement le contraire. Persuadés que leur système est unique, ils ne cherchent à convertir personne. Qu’ils exportent des marchandises ou construisent des infrastructures, ils défendent évidemment leurs intérêts. Mais leur ambition n’est pas de repeindre le monde aux couleurs de la Chine. A choisir, ils préféreraient sans doute qu’on ne les imite pas, car chaque peuple doit trouver sa voie par lui-même, quitte à commettre ces erreurs de parcours sans lesquelles aucune réussite n’est méritoire. La pensée chinoise est empirique et pragmatique : elle affronte les faits, elle en subit les corrections successives et poursuit son avancée tant bien que mal. Réticente aux idées abstraites, elle admet volontiers qu’il n’y a pas de recette toute faite. C’est pourquoi il faut renoncer à l’idée que les Chinois cherchent à diffuser leur modèle et cesser de prêter à ce grand pays des rêves de conquête.

Avec les "guerres de l’opium" déclenchées en 1839, Britanniques et Français ont envahi le "pays du milieu" pour le contraindre à signer des traités infamants et accepter l’importation massive de cette drogue aux effets délétères. En 1860, un corps expéditionnaire réunissant les forces des deux nations fit irruption dans Pékin et mit à sac le splendide Palais d’été des empereurs Qing. Indigné, Victor Hugo condamna ce forfait en écrivant ces lignes amères : "Nous Européens, nous sommes les civilisés, les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. L’Empire français a empoché la moitié de cette victoire, et il étale aujourd’hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d’été. J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée".

Cette humiliation, la Chine de Xi Jinping entend l’effacer en retrouvant la place légitime qui est la sienne dans le concert des nations : c'est "le grand renouveau de la nation chinoise". Ce qu’elle veut, c’est tourner définitivement la page de cette ère chaotique. Nul besoin, pour y parvenir, d’imposer quoi que ce soit à qui ce soit. Modèle sans imitation possible, empire sans impérialisme, la Chine est par excellence une puissance pacifique. Mais elle ne l’est pas seulement par choix politique, ses dirigeants ayant fait le choix du développement et proscrit l’aventure extérieure. Elle l’est aussi pour une raison plus profonde. C’est que la centralité imaginaire de l’empire lui a forgé un destin, le vouant à s’occuper d’abord de ses sujets et de leur bien-être avant de s’intéresser au reste du monde. Pays du milieu, la Chine reçoit en priorité l’influence bénéfique du ciel, qui est rond, tandis que la terre est carrée. Elle est située au centre du monde par un décret intemporel qui lui ôte l’envie d’en conquérir les marges. Cette périphérie du monde habité, en effet, ne sera jamais aussi intéressante que le cœur même d’un empire dont la gestion est déjà une lourde tâche.

Prêter des ambitions conquérantes à la Chine, par conséquent, est aussi absurde que lui reprocher de vouloir exporter son modèle, puisque ce dernier a pour vocation de rester unique. Si la Chine est pacifique, c’est donc en vertu d’un statut cosmologique dont le privilège s’accompagne d’une promesse d’innocuité à l’égard des nations lointaines. Clef de voûte du monde habité, l’empire du milieu se condamnerait à la décomposition s’il se dispersait aux marges, il se dissoudrait dans l’informe s’il renonçait par ambition aux dividendes de cette centralité. Or cette représentation imaginaire ne concerne pas seulement le monde des idées. Transposée dans le monde réel, elle détermine un habitus que les donneurs de leçons occidentaux devraient méditer : un grand pays qui n’a fait aucune guerre depuis quarante sept ans, en effet, mérite tout de même quelque considération.

En Occident, on aimait dire (il n'y a pas si longtemps) que la Chine était un pays pauvre, avec ses centaines de millions de travailleurs sous-payés. Mais la réalité chinoise s'est transformée plus vite que les représentations des experts occidentaux, car les luttes des salariés de l’industrie – dans un pays qui connaît des conflits sociaux réglés par la négociation, comme ailleurs – ont abouti à une hausse conséquente des salaires, au point d’inquiéter les investisseurs étrangers. La Chine a adopté un modèle de développement qui a fait ses preuves et qu’elle ne cherche à imposer à personne. Ce grand pays souverain est attaché à la loi internationale. Il privilégie la coopération gagnant-gagnant et ne se lie les mains par aucune alliance militaire. Il n’agresse aucun État, ne finance aucune organisation subversive chez les autres, ne leur inflige aucune mesure unilatérale et ne se mêle pas de leurs affaires intérieures. Le contraste est saisissant avec l’attitude des États-Unis et de leurs alliés européens, qui n’ont aucun scrupule à intervenir à l'étranger de façon unilatérale, sous de faux prétextes et en violation flagrante de la loi internationale.

Un universalisme inclusif

Si toutes les grandes puissances se comportaient comme la Chine, le monde serait plus sûr et moins belliqueux. Il serait beaucoup moins assujetti aux intérêts des multinationales de l’armement. Aux États-Unis, l’industrie de la défense fait partie de cet "État profond" qui contrôle le gouvernement. En Chine, elle est dirigée par des fonctionnaires qui appliquent sa politique. Cette caractéristique du système chinois conditionne son rapport au monde. Les Chinois n’ont qu’une base militaire à l’étranger quand les USA en ont 800, et leur budget militaire par habitant représente 8% du budget américain. L’universalisme dont se réclame le monde occidental colle étroitement à ses intérêts : c’est un universel dévoyé en particulier. L’universalisme chinois, au contraire, repose sur l’idée que la coexistence des différences est dans l’ordre des choses. Il est inclusif, et non exclusif. Tandis que les États-Unis se cramponnent désespérément à leur hégémonie finissante, les Chinois savent qu’ils sont la puissance montante et qu’il ne sert à rien de précipiter les événements. Le pacifisme de la Chine est l’envers de sa réussite économique, quand le bellicisme des USA est le reflet de leur déclin.

En Occident, lorsqu’elle réussit, la Chine fait peur. Lorsqu’elle manifeste des signes d’essoufflement, elle fait peur aussi. On lui reproche d’utiliser son secteur public pour gagner des parts de marché, tout en brandissant comme les Saintes Écritures une idéologie libérale qui prétend que le secteur public est inefficace. En attendant, les Chinois continuent de penser, avec Deng Xiaoping, que "peu importe que le chat soit noir ou blanc pourvu qu’il attrape les souris". En Chine, l’État contrôle les industries-clé : charbon, acier, pétrole, nucléaire, armement, transports. Ce ne sont pas les récriminations occidentales qui vont inciter ce pays souverain à modifier sa politique. Il a payé assez cher la construction de son modèle de développement et il n’y renoncera pas pour faire plaisir aux puissances étrangères. La Chine est entrée toutes voiles dehors dans les grands vents de la mondialisation, mais elle n’a pas l’intention de lâcher le gouvernail parce que les Occidentaux ne savent plus le tenir. Contrairement à nous, les Chinois s’inscrivent dans le temps long. Tandis que nous subissons la dictature du court terme, ils regardent loin devant.

L’encadrement social nécessaire à la mobilisation de tous, aux yeux des Chinois, participe d’un cercle vertueux. Les Occidentaux ne voient aucune contradiction entre la prétention des démocraties à incarner les droits de l’homme et leur propension à faire la guerre à des peuples qui ne leur ont rien fait. Pour les Chinois, la seule façon de prendre au sérieux les droits de l’homme, c’est de développer son pays, tout en laissant les autres suivre leur propre voie. C’est l’amélioration des conditions d’existence de la population à domicile, et la non-intervention dans les affaires des autres nations. De même, nos médias trouvent abominable l’absence de liberté d’expression en Chine, mais en France dix milliardaires possèdent la presse et en dictent la ligne éditoriale. La dictature du parti les offusque, mais celle du capital leur convient. Manifestement, le système chinois est moins hypocrite : il repose sur une philosophie qui affirme explicitement la primauté de l’intérêt général et la nécessité d’une discipline collective.

Indéchiffrables tant qu’on applique les catégories occidentales, les réalités chinoises, pour être comprises, nécessitent une mise en perspective historique. Sur le drapeau de la République populaire de Chine, la grosse étoile représente le parti communiste chinois, investi depuis 1949 d’un rôle dirigeant qui n’est pas négociable. Les quatre petites étoiles figurent les classes sociales qui participent au développement du pays : la classe ouvrière, la paysannerie, la petite bourgeoisie et la bourgeoisie nationale. En construisant une économie mixte, les réformes engagées ont ainsi renoué avec le pacte fondateur de la Chine populaire. Le système est assuré de sa solidité tant qu’il garantit le progrès collectif. C’est pourquoi le pilotage de l’économie chinoise est confié à la main de fer d’un État souverain, et non à la main invisible du marché. Une dose de capitalisme a été injectée dans l’économie parce qu’il fallait attirer capitaux et technologies. Mais l’élite dirigeante du pays est patriote. Formée à l’éthique socialiste et confucéenne, elle dirige un État qui n’est légitime que parce qu’il garantit le bien-être du peuple chinois.

La réussite chinoise

Cette réussite, le pays la doit d’abord à sa structure politique. Selon la Constitution de 1982, la Chine est "un État socialiste de dictature démocratique du peuple". Le rôle moteur du Parti-État lui fournit son ossature politique et l’élection d’assemblées à tous les niveaux garantit son ancrage populaire. Cette double légitimité résulte des circonstances exceptionnelles qui ont vu la naissance de la République populaire de Chine. Il est admis depuis 1949 que le parti communiste est l’organe dirigeant de la société et qu’il en fixe les orientations essentielles. Fidèle au centralisme démocratique, le parti accepte le débat interne mais ne veut pas de concurrent externe. Les Chinois ont inventé une formule originale que les catégories en usage en Occident peinent à décrire. Ce n’est pas une dictature totalitaire, mais un système socialiste dont la légitimité repose sur l’amélioration des conditions d’existence du peuple chinois. Et le parti communiste sait que toute déviation hors de la ligne du mieux-être collectif provoquerait sa chute.

En Occident, la vision de la Chine est obscurcie par les idées reçues. On s’est imaginé que l’ouverture aux échanges internationaux avait sonné le glas du "socialisme à la chinoise". Pour les Chinois, cette ouverture est la condition du développement des forces productives, et non le prélude à un changement systémique. Les réformes économiques pilotées par l'État socialiste ont permis d'éradiquer la grande pauvreté et d'élever le niveau de développement du pays à des hauteurs inégalées. Au lendemain de l’effondrement de l’Union soviétique, la démocratie occidentale projetait sa lumière salvatrice sur la planète ébahie. Débarrassé du "communisme", le libéralisme devait répandre ses bienfaits, réalisant l’unification du monde sous les auspices du modèle américain.

Espoir déçu. Car à la place du libéralisme triomphant, c’est le nouvel empire confucéen à direction communiste qui dame le pion à l’Occident libéral et capitaliste. En devenant la première puissance économique (en PPA), la Chine populaire renvoie à la deuxième place une Amérique finissante, minée par la désindustrialisation, le surendettement, le délabrement social et le fiasco de ses aventures militaires. Le duel des empires, en réalité, se joue sur le terrain des conceptions du monde. C'est un jeu de go anthropologique dont on connaît déjà le résultat, et la politique fanfaronnante de Donald Trump en est le signe avant-coureur. Une chose est certaine : il a beau afficher son plus beau sourire, le président des Etats-Unis est reparti de Pékin avec la même impuissance à enrayer le cours de l'histoire qu'en arrivant.

Dessin de Chappatte

H16
18/5/2026

La France annule ses vacances mais le gouvernement est totalement détendu

Paradoxalement, c’est quand les Français prennent des vacances qu’on sait que le pays tourne bien, et c’est lorsqu’ils les annulent qu’on sait que ça tourne au vinaigre. Et, actuellement, c’est exactement ce qui est en train de se produire.

Le récent sondage ELABE/BFMTV éclaire bien la situation : 6 Français sur 10 ont déjà modifié ou annulé leurs projets de vacances à cause du prix du carburant, et 14% renoncent purement et simplement à partir. Ceux qui s’accrochent à leur escapade rapprochent leur destination (61%), réduisent leurs dépenses sur place (60%) ou cherchent des offres au rabais (47%).

Un précédent sondage IFOP, en mars avait déjà remonté des éléments similaires notant une baisse de 9 points sur l’intention de partir, et celui d’avril dénombrait 37% de Français ayant abandonné l’idée même d’un week-end.

Bref, tout un pays pose ses valises avant même de les avoir faites.


Cette ambiance balnéaire de fin de civilisation se reflète dans le dernier baromètre Ipsos de mai : 91% des Français se déclarent pessimistes sur la situation économique (record historique).

Peut-être est-ce à cause d’une inflation qui réaccélère sagement (1,7% en mars, 2,2% en avril), ou d’une érosion cumulée du pouvoir d’achat sur cinq ans, d’une alimentation devenue 21% plus chère et d’une énergie qui a flambé d’un bon quart sur la même période ? Ou peut-être est-ce l’absence de toute réduction des taxes sur le prix des carburants, refusée par un gouvernement au budget momifié avant d’avoir vécu ?

En fait, les Français ont compris que la cavalerie ne viendrait pas car elle a vendu les chevaux pour payer les intérêts de la dette.

Et puisqu’on évoque cette dernière, les chiffres de l’INSEE en mars complètent le tableau avec un déficit public 2025 à 5,1% du PIB et dette publique à 3 465 milliards d’euros, soit 116,3% du PIB, montrant que le trou continue de se creuser de 3,1 points de PIB en un an. La Cour des comptes détaille, l’IFRAP documente, la presse rapporte – mollement – mais le gouvernement déboutonne sa chemise en toute décontraction pour laisser respirer une bedaine de plus en plus obèse.

Du reste, les Français ne sont pas complètement seuls à observer leur pays couler de façon de plus en plus rapide et visible. Bloomberg, relayé par Atlantico, s’inquiète : l’économie française entre dans une « zone de turbulences » sous l’effet de la crise iranienne, et le pays « pourrait avoir du mal à encaisser un nouveau choc géopolitique majeur ».

Non, sans blague ?


Quand un magazine financier new-yorkais arrive aux mêmes conclusions que le boulanger de Montreuil, on doit conclure que le diagnostic est vraiment évident. Mais heureusement, ces nouvelles de plus en plus catastrophiques n’entament pas le moral de nos dirigeants.

D’une part, les petits fours continuent d’arriver et les voitures avec chauffeur continuent de se conduire, et d’autre part leurs esprits sont résolument tournés vers un avenir réjouissant.

Ainsi, en octobre 2025, l’OFCE annonçait 0,7% de croissance pour 2026 ; mais Bercy, joyeusement, tablait fièrement sur 1,0%, soit 0,3 point d’optimisme arraché à la pure conviction, en arrondissant à l’euphorie.

Ainsi, en décembre, lors de ses vœux, Macron saluait la « solidité des institutions », « l’efficacité des armées » et la « tenue de l’économie » : « notre pays tient », martelait-il, formule convenant habilement à une nation prospère… ou à un patient sous perfusion.

Ainsi, en janvier 2026, 20 Minutes titrait sans complexe « Après une croissance 2025 finalement meilleure que prévue, le gouvernement est optimiste pour 2026 ». Avec une victoire à 0,9% de croissance, la barre des espoirs initiaux était visiblement placée à hauteur de chevilles. D’ailleurs, quelques jours plus tard, à Davos, le Président reprenait son couplet sur « une inflation parmi les plus faibles de la zone euro ».

La suite est aussi détendue du slip : le 27 mars, Sébastien Letordu Lecornu manque une luxation de l’ego en s’autocongratulant trop vivement : « quand on tient une ligne simple, sérieux, stabilité, maîtrise, les comptes s’améliorent sans brutalité », le sérieux étant ici un déficit qui passe de 5,4% à 5,1% et la satisfaction, celle de celui qui a pris 6 kilos au lieu de 8 pendant les fêtes.


Mais le bouquet est planté le 7 mai dans un courrier au Medef : « le gouvernement dont j’ai la charge ne déviera pas du cap », ce fameux cap à 3% de déficit en 2029, soit deux points à combler en trois ans, sans plan crédible, mais avec une fermeté communicationnelle de granit.

Avec une synchronisation diabolique, pendant que Lecornu rassure sur la trajectoire de 2029 (dans trois ans), les Français annulent leurs vacances de 2026 (le mois prochain).

L’air du temps a trouvé sa recette de saison : 5% de déficit, 116% de dette, 91% de pessimisme et un doigt de déni. Une préparation pimentée pour un dernier cocktail avant un suicide collectif détendu. On a décrété l’optimisme, on retravaille la garniture en cuisine pendant que la salle se vide, et on continue de commander des nappes en lin pour 2029.

En réalité, les Français ne sont pas pessimistes, ils sont lucides. Le gouvernement n’est pas optimiste, il est suicidaire, et il l’est d’autant plus volontairement que cette feuille de route lui va très bien : irresponsables et protégés de toute conséquence néfaste par un système médiatico-juridique qu’ils se sont taillés sur mesure, ses membres n’ont plus rien à faire des conséquences catastrophiques de leurs gesticulations d’opérette.

Le pillage tranquille a ceci d’agréable qu’il s’effectue sans nuisance sonore : pendant que le contribuable cherche désespérément la moitié d’un plein, eux cherchent posément un point ou deux sur un PIB de plus en plus illusoire.

L’écart n’est plus idéologique, mais temporel : pendant que le gouvernement fait semblant de vivre en 2029, ces futures années où le déficit sera réduit à 3% (mais si, mais si), le peuple continue de vivre au jour le jour, en 2026. Et personne au gouvernement ne veut plus se synchroniser : la fuite en avant continue.

Ce pays est foutu.


Fernand Kartheiser

LE « BOUCLIER DE LA DÉMOCRATIE » : PROTÉGER LA DÉMOCRATIE… OU PROTÉGER LA COMMISSION ?

- 12/5/2026 - L’Union européenne affirme défendre nos libertés face aux ingérences extérieures. Mais le « bouclier de la démocratie » sert-il réellement à protéger la démocratie — ou à limiter les critiques des citoyens envers les institutions européennes ?
Dans cette vidéo, j’explique pourquoi je considère que la liberté d’expression et le pluralisme sont aujourd’hui de plus en plus menacés au sein de l’UE.

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Jacques Cotta

L'UNION SACRÉE

- 8/5/2026 - Sur les grands choix politiques qui déterminent la politique suivie et les mesures appliquées à la société et au peuple, malgré les divergences en paroles entre Marine Le Pen, Macron, Faure, Mélenchon, etc., les partis politiques sont en réalité tous d'accord... La démonstration, chiffres et déclarations à l'appui, est imparable.

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16 mai 2026

Gabriel Nerciat
16/5/2026

LES RUINES DE KHARAYEB


D'après la journaliste néerlandaise Sonja von den Ende (cf. sa page X), Israël hier a détruit presque intégralement la ville de Kharayeb, qui contenait les ruines d'un célèbre temple phénicien et l'un des sites archéologiques les plus importants du sud Liban, datant de l'Âge du fer et placé sous la protection de l'UNESCO.
Sans doute une façon virile et intempestive de fêter le 78e anniversaire des massacres de la Nakba, dont l'actuelle politique génocidaire du Sionistan n'est jamais que la perpétuation logique (n'est-ce pas, Madame Yadan ?).
À moins qu'il ne s'agisse plus banalement de rappeler l'appartenance revendiquée d'Israël à la haute civilisation européenne et occidentale, à la veille de sa déshonorante participation au concours de l'Eurovision 2026.
J'espère que les milliers de spectateurs viennois qui ce soir vilipenderont et siffleront, avec force vigueur et jets de tomates, le candidat d'Israël lors de ce barnum de paillettes s'en souviendront.
Au passage, honte à la France d'avoir réitéré sa présence dans ce machin (à l'inverse de l'Espagne, l'Irlande ou les Pays-Bas) alors que celle d'Israël, contrairement à la Russie depuis 2022, y a été maintenue en dépit des crimes de masse que commet à la face du monde entier l'État sioniste – lequel ne se trouve même pas sur le continent européen.
C'est bien joli de se rengorger pour reconnaître l'État palestinien, si l'on n'est pas capable d'en assumer ensuite les conséquences minimales, même lors des occasions les plus futiles.

15 mai 2026

Philippe Meyrieu, pédagogue
7/5/2026

"Nous vivons, pour la première fois, dans une société où l'immense majorité des enfants qui viennent au monde sont des enfants désirés. Cela entraîne un renversement radical : jadis, la famille "faisait des enfants", aujourd'hui, c'est l'enfant qui fait la famille. En venant combler notre désir, l'enfant a changé de statut et est devenu notre maître : nous ne pouvons rien lui refuser, au risque de devenir de "mauvais parents"...
Ce phénomène a été enrôlé par le libéralisme marchand : la société de consommation met, en effet, à notre disposition une infinité de gadgets que nous n'avons qu'à acheter pour satisfaire les caprices de notre progéniture.
Cette conjonction entre un phénomène démographique et l'émergence du caprice mondialisé, dans une économie qui fait de la pulsion d'achat la matrice du comportement humain, ébranle les configurations traditionnelles du système scolaire.
Pour avoir enseigné récemment en CM2 après une interruption de plusieurs années, je n'ai pas tant été frappé par la baisse du niveau que par l'extraordinaire difficulté à contenir une classe qui s'apparente à une cocotte-minute.
Dans l'ensemble, les élèves ne sont pas violents ou agressifs, mais ils ne tiennent pas en place. Le professeur doit passer son temps à tenter de construire ou de rétablir un cadre structurant. Il est souvent acculé à pratiquer une "pédagogie de garçon de café", courant de l'un à l'autre pour répéter individuellement une consigne pourtant donnée collectivement, calmant les uns, remettant les autres au travail.
Il est vampirisé par une demande permanente d'interlocution individuée. Il s'épuise à faire baisser la tension pour obtenir l'attention. Dans le monde du zapping et de la communication "en temps réel", avec une surenchère permanente des effets qui sollicite la réaction pulsionnelle immédiate, il devient de plus en plus difficile de "faire l'école". Beaucoup de collègues buttent au quotidien sur l'impossibilité de procéder à ce que Gabriel Madinier définissait comme l'expression même de l'intelligence, "l'inversion de la dispersion".
Dès lors que certains parents n'élèvent plus leurs enfants dans le souci du collectif, mais en vue de leur épanouissement personnel, faut-il déplorer que la culture ne soit plus une valeur partagée."
Gabriel Nerciat
15/5/2026

LES YANKEES À PÉKIN
 

À Pékin, finalement, rien de bien nouveau.
Le message de Xi à Trump est clair, et attendu. On peut le résumer ainsi :
"Soyez un peu plus malin que d'habitude, ne tombez pas dans le piège de Thucydide comme vos anciens maîtres britanniques en 1914, et surtout ne cherchez pas à vous opposer au rattachement inéluctable et légitime de Taïwan à la Chine continentale – qui se fera en temps voulu, selon la méthode que nous jugerons la plus opportune. Au final, vous verrez que ce sera moins sanglant que l'annexion du Texas. Le coup de l'Ukraine, on ne peut le faire qu'une fois.
Vous avez déjà suffisamment l'air fin avec votre déconvenue en Iran et votre déculottée en Afghanistan, alors n'en rajoutez pas.
Au besoin, rappelez-vous que c'est nous qui avons terres rares, semi-conducteurs, dysprosium pour vos avions de chasse et vos ordinateurs, une supériorité écrasante dans le domaine de la production automobile et suffisamment d'or comme de pétrole dans nos réserves pour nous affranchir bientôt de l'hégémonie du dollar en dépit du blocus à Ormuz (ou grâce à lui, c'est-à-dire grâce à vous).
Si vous vous montrez suffisamment coopératif, nous intercéderons peut-être pour que les Pasdarans consentent à nous confier une petite partie de leur uranium enrichi (pas la totalité, il faut quand même rester sérieux) pendant que vous serez autorisé à rentrer à Washington gérer paisiblement les conséquences de votre déclin entre deux clowneries mémorables et quelques tueries urbaines.
C'est vraiment tout ce que nous pouvons faire pour vous. À part vous acheter deux ou trois Boeing histoire que vous ne soyez pas totalement venus pour rien.
Voilà. Merci pour la visite, et rentrez bien. Ici, pays de vieille civilisation confucéenne, on reçoit bien les barbares mais on ne les embrasse pas."
Donald avait l'air plus emprunté ou hébété que d'habitude. On comprend pourquoi.
Mais il n'a pas pour autant renoncé à ses bonnes manières proverbiales. Avant de remonter dans son avion présidentiel, il a ordonné à son entourage de jeter ostensiblement dans une poubelle de l'aéroport tous les présents offerts par leurs hôtes chinois, sans exception.
Gastel Etzwane

Un naufrage cognitif : pourquoi la Gen Z est la première génération à voir son QI baisser

- 15/5/2026 - Pour la première fois depuis près de deux siècles, une génération entière affiche un déclin cognitif par rapport à celle qui l’a précédée. C’est le constat alarmant dressé par le neuroscientifique américain Dr Jared Cooney Horvath, qui a alerté le Sénat américain en janvier 2026. Selon lui, la Gen Z (née entre 1997 et 2010) est la première à obtenir des scores inférieurs en lecture, mathématiques, mémoire et résolution de problèmes, malgré un temps passé à l’école plus important que jamais.
Le coupable ? L’exposition massive et précoce aux écrans et à la technologie éducative (EdTech). Smartphones, TikTok, résumés en bullet points et tablettes à l’école ont transformé la façon dont les jeunes apprennent… ou plutôt, dont ils n’apprennent plus.

Le cerveau humain n’est pas conçu pour le « skimming »

Le Dr Horvath explique que notre cerveau a évolué pour l’interaction humaine directe et l’effort intellectuel soutenu. Or, plus de la moitié du temps d’éveil des adolescents est aujourd’hui passée devant un écran. Résultat : ils deviennent des « skimmers », des survolleurs d’information. Au lieu de plonger dans un texte complexe ou de résoudre un problème en profondeur, ils zappent de fragment en fragment.
Cette habitude détruit progressivement la mémoire de travail et la discipline mentale. Dès qu’un pays généralise les ordinateurs et tablettes dans les classes, les résultats scolaires chutent, selon des données compilées sur 80 pays. « Ce n’est pas du progrès, c’est une reddition », déclare le neuroscientifique. « Nous redéfinissons l’éducation pour qu’elle s’adapte à l’outil, au lieu de former nos enfants. »

Une urgence sociétale et un paradoxe inquiétant

Le Dr Horvath qualifie la situation d’urgence sociétale. Le plus préoccupant, selon lui, est le décalage entre la perception des jeunes et la réalité : beaucoup de membres de la Gen Z se sentent surconfiants quant à leurs capacités, alors qu’ils sont objectivement moins armés cognitivement que leurs parents au même âge.
Ce « naufrage cognitif » pourrait avoir des répercussions majeures sur l’ensemble de la société : moindre capacité d’innovation, difficultés accrues dans les études supérieures et sur le marché du travail.
Face à ce constat, les recommandations sont claires et radicales :
• Limiter drastiquement le temps d’écran en classe ;
• Retarder l’arrivée du smartphone chez les enfants ;
• Revenir aux méthodes traditionnelles : manuels papier, interaction humaine directe et apprentissage profond.
Certains pays scandinaves ont déjà commencé à réduire ou supprimer l’EdTech dans les écoles primaires, afin de redonner à la génération Alpha (les enfants nés après 2010) une véritable capacité d’attention et de réflexion.
Le message du Dr Jared Cooney Horvath : il est encore temps d’agir avant que ce déclin ne devienne irréversible.


14 mai 2026

Dessin de Chaunu

Monique Plaza


- 14/5/2026 - Plusieurs anciens ministres et marcheurs de la première heure ont rejoint le mouvement "Bâtissons Ensemble" lancé par Elisabeth Borne.
Une mise à l’écart du parti présidentiel. Le mercredi 8 mai, Elisabeth Borne a annoncé son retrait de la direction de Renaissance. L’ancienne Première ministre a indiqué qu’elle ne "se retrouvait plus dans la ligne" de la formation aujourd’hui présidée par Gabriel Attal.
Au micro de France Inter, celle qui est aujourd’hui députée du Calvados a évoqué plusieurs désaccords, comme le "respect du droit international", du Conseil constitutionnel et de la Constitution. Elle avait notamment affiché son scepticisme, voire son opposition à certaines mesures de fond annoncées par Renaissance, comme l'interdiction du voile pour les mineures de moins de quinze ans.
Si elle compte rester adhérente du parti présidentiel, Elisabeth Borne a pris la décision de créer sa propre formation politique, baptisée "Bâtissons ensemble". Dans un entretien accordé à Paris Match, l’ancienne locataire de Matignon a expliqué que ce mouvement avait "vocation à être un espace ouvert, qui rassemble au-delà des partis, anime des débats dans les territoires et permet de faire émerger des réponses concrètes aux problèmes des Français".
Alors que Gabriel Attal semble se diriger vers une candidature à la prochaine présidentielle, plusieurs cadres de Renaissance, à l’image d’Elisabeth Borne semblent exprimer une forme de réticence.
Politico, plusieurs marcheurs et macronistes de la première heure ont ainsi rejoint le mouvement de la seconde Première ministre de la Ve République. Parmi eux, les anciens ministres Marc Ferracci (Industrie), Nicole Belloubet (Justice), Eric Dupond-Moretti (Justice), Astrid Panosyan-Bouvet (Travail) ou encore Agnès Buzyn (Santé).
https://www.cnews.fr/.../eric-dupond-moretti-nicole...
Gabriel Nerciat

FAIRE LA GUERRE AUX RUSSES ET AUX VIRUS, L'IDÉAL D'UNE VIE


- 14/5/2026 - À la fois étranges et pathétiques, tous ces quinqua ou sexagénaires de l'extrême centre européiste et de la gauche libérale à l'atlantisme frustré qui, tels des cadavres ressuscités par l'attrait de leur sarcophage, ne peuvent plus désormais s'enthousiasmer que dans la perspective d'un nouveau cycle de despotisme sanitaire ou celle d'une grande guerre paneuropéenne menée sous direction anglo-allemande contre la Russie, première puissance nucléaire du monde.
La panique pavlovienne que leur inspire toute nouvelle épidémie a l'air à première vue assez rigoureusement contradictoire avec le bellicisme irrationnel et suicidaire qu'ils prônent avec ferveur à l'égard de Poutine et de Moscou.
Mais peut-être que ce n'est pas le cas, justement.
Car encore faut-il qu'ils demeurent en vie et s'évertuent à préserver jusqu'au bout leurs carcasses ventrues ou rabougries, à l'image du criminel pétomane kiévien et mafieux qu'ils adulent, pour pouvoir jouir très bientôt du désastre où se consommerait la vie de plusieurs millions de leurs cadets.
Ce serait trop bête de mourir comme Cecil Rhodes, le chantre de l'impérialisme britannique, ou Friedrich Ratzel, le grand théoricien du pangermanisme wilhelminien, à cinquante ou soixante ans, d'une maladie occasionnelle sans avoir pu se réchauffer le sang devant les montagnes de cadavres de la Somme, de Verdun ou des Dardanelles.
Eux ne connaîtront pas pareille déveine, hélas, c'est sûr. Comptons sur eux.
Jacques COTTA

- 8/5/2026 - Alors que les crédits militaires pleuvent sans compter, aucune voix ne s'élève pour mettre un terme au pillage du bien commun, les services publics en général, la sécurité sociale, les retraites... qui pâtissent des milliards qui sont piqués au profit de l'industrie d'armement... L'union sacrée s'installe, avec la catastrophe en ligne de mire...

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13 mai 2026

Gabriel Nerciat

L'ÉTHIQUE À KYLIAN


- 13/5/2026 - "Pleure pas, petit loup. Je suis là pour toi, tu le sais. La faveur qui est due aux hommes comme toi et moi, c'est que nous, même quand on perd on gagne. Personne n'y peut rien, même si gueulent les canidés. Toutes nos défaites sont réversibles, impossibles en droit sinon en fait. C'est pour ça que les plèbes nous haïssent, et les patriciens déchus plus encore. Il n'y pas de racisés où que ce soit sur la Terre ; il y a seulement la race des rois de ce monde, au sens propre (le monde, c'est notre propriété privée), et la race de tous les dégénérés qui ne se croient pas tenus d'apprendre à parler anglais, voyagent peu ou pas et qui ne mettront jamais un pied à New-York, Hong-Kong, Johannesburg, Taipei, Madrid ou Yaoundé. Regarde-les donc en ce moment en train de nous mater et de nous haïr sur les gradins du stade. Ils seraient encore plus furieux contre toi si ce soir tu étais devenu champion du monde, crois-moi. Un jour, ils amèneront le RN au pouvoir, et il faudra que tu leur dises en face qui ils sont et ce qu'ils valent. Moi, je ne pourrai plus : j'aurai quitté cette nation hors d'usage qui s'est révélée indigne de mes ambitions et que j'aurais dû briser, vendre, concasser bien plus crûment que je n'ai fait. Mais toi, tu ne risques rien. On ne peut rien contre toi. La force d'un mercenaire, c'est qu'on l'écoute quand il fait la morale. C'est seulement dans le pays de ta mère que la colonisation est un crime contre l'humanité ; ici c'est juste l'ordre naturel des choses, comme un apport vital et automnal de sang frais. Alors monte au filet, Kylian, et même si tu loupes encore ton tir on se rappellera de toi."
Dessin de Chappatte