Gabriel Nerciat
-31/3/2025- François Mitterrand avait vu juste : aujourd'hui, lundi 31 mars 2025, les juges (trois d'entre eux, en tout cas, avec l'aide du pseudo-Parlement européen et du Parquet) viennent de mettre fin à la Ve République.
Sauf si un éventuel recours en appel intervient rapidement, le chef de l'État qui sera élu lors des prochaines élections présidentielles n'aura aucune légitimité – et ce qui restait encore du régime républicain, de fait, ne sera plus qu'une dépouille dérisoire séparée d'un corps sans vie.
Contrairement à ce que beaucoup pouvaient penser, ce coup d'État inédit et de dimension historique (bien plus grave que les émeutes insurrectionnelles du 6 février 1934 ou le soulèvement algérien du 13 mai 1958) n'a rien de surprenant.
C'est la suite tragique mais logique de ce qui s'est passé en Roumanie ces derniers mois, et qui ne doit rien au hasard. Le prolongement aussi des pronunciamientos répétés émanant du Conseil constitutionnel, du Conseil d'État, du Conseil de l'Europe et de la Cour de Justice de Luxembourg depuis le début de la décennie.
Cet évènement n'est pas seulement irresponsable et insensé (les éternels crétins droitards qui indécemment ou hypocritement s'en réjouissent, autour de Zemmour et de Retailleau, ne vont pas demeurer à la fête très longtemps).
Il confirme surtout la véracité de ce qu'affirment depuis quinze ou vingt ans les partisans de la démocratie illibérale : l'État de droit est devenu, en Occident, l'alibi et l'autre nom des dictatures du présent et de l'avenir.
Les petits-fils libéraux de Bela Kun et de Pinochet ont décidé de commencer des études juridiques ; c'est vrai que c'est plus reposant que l'apprentissage des disciplines militaires.
Ce matin, pour la première fois, le Rubicon a été franchi, et nul n'en mesure encore toutes les conséquences. On peut gager qu'elles ne seront ni éphémères ni pacifiques.
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