Translate

25 mars 2025

LES CORROMPUS : SUITE

Jean-Claude Delhez

-24/3/2025- Pour changer, voici une histoire franco-belge.
Commençons par la partie française. Plusieurs d'entre vous viennent de relayer un article du Canard Enchaîné : 3 ministres français ont perçu une rémunération pour une formation à laquelle ils n'ont pas participé. Il s'agit d'Aurore Bergé, de Prisca Thévenot et de Jean-Noël Barrot. Je veux attirer votre attention sur le dernier. Jean-Noël Barrot est le ministre des Affaires étrangères. Il est le fils de Jacques Barrot, qui fut lui-même ministre de Jacques Chirac. Voilà une pratique qui est aussi courante en Belgique : on est ministre de père en fils. Comme au bon vieux temps de l'Ancien Régime, des vicomtes et des marquis. Et Jean-Noël Barrot succède au poste de ministre des Affaires étrangères à Stéphane Séjourné, l'ancien petit ami de Gabriel Attal ; Stéphane Séjourné qui ne maîtrisait même pas la langue française, ce qui ne l'a pas empêché d'être recasé à la commission européenne pour 5 ans, avec un joli salaire. Les méthodes ne manquent pas pour faire carrière aux frais du contribuable quand on n'a pas les compétences.
Jean-Noël Barrot, au-delà d'être fils de ministre et impliqué dans l'affaire révélée par le Canard Enchaîné, est aussi celui qui est affecté au mensonge russe. C'est lui qui, chaque semaine, sort une nouvelle histoire, tout juste inventée, pour effrayer la population, pour lui faire croire que le soldat russe piaffe d'impatience à l'idée d'envahir la France, de venir jusque dans vos bras égorger vos fils et vos compagnes. Il est un petit soldat de la manipulation des foules.
Il faut bien comprendre qu'un ministre, qu'un régime représentatif, qui manipule la population, est par le fait anti-démocratique. Pour rappel, un ministre est nommé ; il n'est pas élu. Et il est rémunéré par les impôts. C'est un fonctionnaire, payé par le peuple, au service du peuple. Manipuler la population, ce n'est pas être au service du peuple. Percevoir une rémunération pour une formation à laquelle on n'a pas participé, non plus.
Cette rémunération s'élève à 12.000 euros. Vous me direz, ce n'est pas le bout du monde. Ca dépend pour qui. Pour un chômeur en fin de droit, réduit à 500 euros mensuels, c'est beaucoup 12.000 euros. Cela fait deux années d'indemnités. Or voilà justement qu'au moment même où le Canard révèle cette affaire, on apprend que le gouvernement où siège M. Barrot vient de prendre des mesures à l'encontre des chômeurs. Depuis quelques mois (grâce à M. Attal), les chômeurs en fin de droit doivent prester 15 à 18 heures de travail par semaine pour mériter leurs 500 euros mensuels. Et donc on apprend que le gouvernement vient de prendre des mesures pour sanctionner ceux qui ne rempliraient pas totalement les conditions imposées. Ceux-là seront suspendus d'indemnités.
Heureusement pour M. Barrot, il est à l'abri d'une telle mésaventure. Le ministre vit aussi de l'argent public ; et à un niveau bien supérieur aux 500 euros. Mais, pour lui, pas de contrôle, pas de sanction. Il peut mentir. Il peut faire tout ce qu'il veut. Ou ne rien faire du tout. C'est open bar. De l'intérêt d'être du côté du manche, du pouvoir, de la bourgeoisie.
Pour qui l'ignore, la corruption n'est pas qu'une affaire de ministre. Elle imprègne toute la société. Elle organise notamment l'attribution des emplois. Si vous cherchez un travail, il est préférable d'être copain avec le maire ou le député. Sinon, comme activité, il vous reste chômeur en fin de droit, à 500 euros, sous la menace de sanctions de la part d'un gouvernement qui cultive la corruption, la manipulation et l'incompétence.
La Belgique, maintenant. Un autre d'entre vous a relayé un article du magazine Le Vif concernant le gouvernement belge. Un article qui pointe une palette de ministres qui cumulent. Ils cumulent deux avantages : un logement de fonction et des indemnités de logement. Or, l'un exclut l'autre. Car les indemnités de logement sont destinées à payer les frais pour qui ne dispose pas d'un logement de fonction. Si l'on bénéficie de l'un, on ne peut en même temps bénéficier des autres. Voilà donc une affaire d'enrichissement personnel aux frais du contribuable. Une de plus.
La corruption a ceci de commun avec l'incompétence : elle ne connaît ni limites, ni frontières.