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26 février 2025

Le complexe industriel de la censure : une menace mondiale à la liberté d'expression - Schellengerger devant la commission judiciaire

Antoine Bachelin Sena / France-Soir
25/2/2025


Lors d’une audience du 12 février 2025 à la Chambre des représentants, Matt Taibbi, Michael Shellenberger et Rupa Subramanya ont dénoncé le « complexe industriel de la censure », une alliance entre gouvernements et géants technologiques visant à contrôler le discours public. Inspiré du complexe militaro-industriel, ce phénomène, mis en lumière par les Twitter Files, révèle des pressions, notamment de l’administration Biden, pour censurer des contenus. Si des avancées pour la liberté d’expression sont notées aux États-Unis, l’Europe et d’autres nations occidentales intensifient leurs lois répressives. Les intervenants appellent à démanteler ce système et protéger le Premier Amendement face à une menace globale.

Les journalistes des « Twitter Files », Matt Taibbi et Michael Shellenberger, témoignent aux côtés de la journaliste canadienne Rupa Subramanya sur la campagne de censure de l'administration Biden et d'autres menaces contre la liberté d'expression. Cet article reprend le fonctionnement de la Commission Judiciaire devant la Chambre de Représentants, chambre devant laquelle, ces trois journalistes ont apporté pendant de nombreuses heures leurs analyses et leurs témoignages sur le complexe industriel de la censure.

Après avoir introduit et définit le terme du « complexe industriel de la censure », sont évoqués, tour à tour, les personnages clés de l'enquête, ainsi que le rôle de Jim Jordan, représentant du congrès élu dans l’État de l’Ohio et président de la commission des affaires juridiques).

Le "complexe industriel de censure”

L'expression « complexe industriel de la censure » ou « censorship-industrial complex » en anglais est un terme récent qui n'a pas une origine historique aussi bien définie que des concepts plus anciens comme le « complexe militaro-industriel ». Voici une explication de ses origines en contexte :

Inspiré de la définition du complexe militaro-industriel : le concept trouve son inspiration dans le terme « complexe militaro-industriel », popularisé par le président Dwight D. Eisenhower en 1961 dans son discours d'adieu. Eisenhower a mis en garde contre l'influence excessive de la relation entre le gouvernement, les forces armées et les industries de défense sur la politique américaine. Ce modèle a servi de base pour d'autres termes décrivant des relations symbiotiques entre le gouvernement et des secteurs industriels spécifiques.

La censure numérique est cependant un contexte très contemporain : avec l'avènement des plateformes numériques et des réseaux sociaux, la question de la censure et du contrôle de l'information est devenue centrale. Le terme « censorship-industrial complex» est utilisé pour décrire une relation similaire entre les gouvernements et les grandes entreprises technologiques, où ces dernières, sous la pression ou en collaboration avec les premières, pourraient censurer ou modérer le contenu en ligne.

Les twitter files comme révélateur - une grande partie de l'attention récente sur ce terme est due aux révélations connues sous le nom de Twitter Files, où des journalistes comme Michael Shellenberger et Matt Taibbi ont exposé comment Twitter, sous l'influence de gouvernements et d'autres entités, aurait supprimé ou limité la visibilité de certains contenus. Ces révélations ont mis en lumière ce que certains perçoivent comme une forme de complexe industriel, mais cette fois-ci centré sur la censure plutôt que sur la défense.

Le débat sur la liberté d'expression est un point central - le terme a gagné en popularité dans le cadre des débats sur la liberté d'expression dans l'ère numérique, où la ligne entre la modération de contenu pour des raisons de sécurité, de santé publique, ou de lutte contre la désinformation, et la censure est souvent floue.
Il est utilisé pour critiquer ce qui est vu comme une alliance entre l'État et les entreprises technologiques pour contrôler le discours public.

En résumé, bien que le terme « complexe industriel de la censure» soit récent, il trouve ses racines dans la critique des collaborations entre le gouvernement et les industries, appliquée cette fois-ci au domaine de la censure sur les plateformes numériques. Son utilisation a été propulsée par des événements récents mettant en lumière les pratiques de modération de contenu et les pressions gouvernementales sur les entreprises technologiques.

Une audition autour de personnages clés, des journalistes de renom qui ont travaillé sur les Twitter files

• Le premier est Michael Schellenberger (@shellenberger). Auteur, journaliste et expert en politique environnementale américain, il est connu pour son travail dans le domaine de l'environnementalisme, de la politique énergétique, et plus récemment, pour son implication dans les discussions autour de la liberté d'expression et de la censure.
Shellenberger est impliqué dans l'activisme environnemental depuis plus de 30 ans. Il a cofondé le Breakthrough Institute avec Ted Nordhaus, se concentrant sur l'écomodernisme, qui promeut des solutions technologiques aux problèmes environnementaux.

En 2016, il a quitté le Breakthrough Institute pour fonder Environmental Progress, une organisation à but non lucratif qui défend l'énergie nucléaire comme solution clé au changement climatique, arguant qu'elle est l'une des formes de production d'énergie les plus sûres et efficaces.

Shellenberger est reconnu pour son journalisme d'investigation sur des sujets allant du changement climatique, de la politique énergétique, aux problèmes sociaux comme le sans-abrisme. Il a contribué à diverses publications et a écrit des livres comme « Apocalypse Never : Pourquoi l'alarmisme environnemental nous fait du mal à tous », où il remet en question les récits environnementaux dominants.

Récemment, Shellenberger a attiré l'attention pour son travail sur les Twitter Files, aux côtés de journalistes comme Matt Taibbi. Ce projet a impliqué la publication de documents internes de Twitter qui ont mis en lumière comment la plateforme gérait la modération de contenu, en particulier en relation avec les pressions politiques et la censure.

• Le second personnage à prendre la parole est Matt Taibbi (@mtaibbi), un journaliste, auteur et podcasteur américain influent, célébré pour sa critique acérée des paysages politique, financier et médiatique. Taibbi a étudié le journalisme et la littérature russe au Bard College, ce qui a posé les bases d'une carrière marquée par un mélange unique de reportage d'investigation et de commentaire satirique.

Après ses études, Taibbi s'est rendu en Russie dans les années 1990, où il a commencé sa carrière journalistique avec The Moscow Times, en se concentrant sur le sport. Pendant cette période, il a cofondé The eXile avec Mark Ames, un journal provocateur en langue anglaise à Moscou, connu pour son approche irrévérencieuse de la politique russe et occidentale. Cette période a été déterminante, façonnant le style de journalisme de Taibbi qui combine une analyse profonde avec une pointe souvent controversée.

De retour aux États-Unis en 2002, Taibbi a lancé The Beast, un journal satirique à Buffalo, New York, qu'il a utilisé comme plateforme pour critiquer les problèmes locaux et nationaux avec son humour et son insight distinctifs. Sa réputation a grandi lorsqu'il est devenu rédacteur contributif chez Rolling Stone, où il est devenu célèbre pour ses critiques féroces de Wall Street et de la corruption financière.

Son article le plus célèbre à cette époque est celui où il a décrit Goldman Sachs comme une « grande pieuvre vampire enroulée autour du visage de l'humanité, enfonçant sans relâche son entonnoir de sang dans tout ce qui sent l'argent », une métaphore qui a captivé l'imagination du public et mis en lumière la nature prédatrice des institutions financières.

Le travail de Taibbi s'étend au-delà du journalisme à l'écriture de livres influents. Des titres comme "Griftopia", "The Divide" et "Hate Inc." explorent des thèmes d'inégalité économique, de corruption systémique et de manipulation des récits médiatiques. « Insane Clown President» offrait une perspective satirique sur la présidence de Trump, mettant en valeur la capacité de Taibbi à mélanger l'analyse politique avec l'humour.

Ces dernières années, Taibbi a été à l'avant-garde de l'affaire des Twitter Files, une série de révélations concernant les pratiques internes de Twitter en matière de modération de contenu. Travaillant aux côtés d'autres journalistes comme Michael Shellenberger, Taibbi a mis en lumière comment Twitter collaborait avec des entités gouvernementales et privées pour supprimer certaines informations, déclenchant un débat généralisé sur la censure, la liberté d'expression et le rôle des géants technologiques dans le discours public.

Taibbi publie maintenant sur Substack avec son bulletin, Racket News (anciennement TK News), où il continue sa tradition de journalisme indépendant. Son travail sur les Twitter Files, en particulier, l'a positionné comme une voix critique dans les discussions sur la liberté sur Internet, l'ingérence gouvernementale et l'éthique des plateformes numériques. Son engagement à révéler des vérités cachées et à défier les structures de pouvoir en a fait une figure clé du journalisme contemporain.

• Enfin, Rupa Subramanya (@rupasubramanya), une journaliste, autrice et chroniqueuse sino-canadienne, connue pour son travail dans les domaines de l'économie, de l'immigration et des questions sociales, offrant souvent une perspective critique sur ces sujets. Rupa Subramanya possède un doctorat en économie de l'Université de Mumbai, ce qui a considérablement influencé son approche analytique du journalisme, notamment dans les domaines liés à la politique économique et à l'immigration.

Originaire de l'Inde, elle est devenue citoyenne canadienne, ce qui lui a permis de s'engager profondément dans les questions politiques et sociales canadiennes. Subramanya a contribué à de nombreuses publications de premier plan, y compris The Globe and Mail, The National Post, The Wall Street Journal et Forbes, entre autres. Son travail se concentre souvent sur les thèmes de l'immigration, de la politique économique et de la dynamique du multiculturalisme au Canada et au-delà.

Elle a largement couvert les politiques d'immigration et leurs impacts, critiquant souvent les inefficacités du système et les implications plus larges pour la société et l'économie. Un de ses articles notables inclut une analyse des politiques d'immigration du Canada et leurs effets sur les prix de l'immobilier et les marchés de l'emploi.

Subramanya a co-écrit des livres, dont un de ses ouvrages notables est : « L'immigration et l'économie du Canada», qui explore les aspects économiques de l'immigration au Canada, plaidant pour une compréhension plus nuancée de ses avantages et de ses défis. Le travail de Rupa Subramanya se distingue par son engagement à examiner des questions complexes à travers une lentille économique, fournissant des insights basés sur des données tout en n'évitant pas les sujets controversés.

Son implication dans des discussions de haut niveau sur la censure et la liberté d'expression a encore renforcé sa réputation de journaliste prête à aborder directement des sujets sensibles.

Audition sous la présidence de la commission des affaires juridiques

L'audition commence par une introduction de Jim Jordan le représentant du congrès élu dans l’État de l’Ohio et président de la commission des affaires juridiques. Quel changement en quelques années.

Il y a quatre ans, le président Trump était banni de toutes les plateformes Twitter, Facebook, YouTube. Aujourd'hui, il a sa propre plateforme, il est de retour sur toutes les autres, et bien sûr, il est président des États-Unis.

Il y a quatre ans, des membres démocrates du Congrès envoyaient une lettre aux entreprises de télécommunications, les pressant de retirer Fox News et Newsmax du réseau câblé. Aujourd'hui, les deux sont toujours là, et ils se portent bien.

Fox a plus de téléspectateurs que MSNBC et CNN réunis.

Il y a quatre ans, la Maison Blanche faisait pression sur les grandes entreprises technologiques pour censurer les Américains. Vous n'avez pas besoin de me croire sur parole. Mark Zuckerberg a écrit une lettre. Il a presque dit ce qui se passait, il a dit : “l'administration Biden nous a fait pression pour censurer. Nous l'avons fait. Nous sommes désolés. Nous ne le ferons plus.” Aujourd'hui, Facebook a changé de politique, a éliminé les vérificateurs de faits indépendants et a effectivement embrassé le Premier Amendement. Pensez à cela.

Peut-être le meilleur exemple de ce qu'ils faisaient s'est produit le troisième jour de l'administration Biden, un exemple que nous avons souligné de nombreuses fois dans ce comité au dernier Congrès. Le troisième jour, sous l'administration Biden, un email a été envoyé de Clark Humphrey à Twitter. L'email disait :

" Nous voulons signaler le tweet ci-dessous, et nous espérons que vous pouvez commencer le processus pour le supprimer aussi vite que possible ! »

Supprimez ce tweet dès que possible, et qui était l'auteur du tweet ? Qui a tweeté ?

Le gars sera nommé plus tard dans la semaine secrétaire à la Santé cette semaine : Robert F. Kennedy, se trouve être celui qui va se présenter contre les mêmes personnes qui essaient de supprimer le tweet. Que disait le tweet ?

Il y a une vague tragique de décès suspects parmi les personnes âgées juste après l'administration du vaccin. Il a reçu le vaccin le 5 janvier pour inspirer d'autres Noirs américains à se faire vacciner.

Il n'y a pas une seule chose dans ce tweet de deux phrases qui ne soit pas vraie. Absolument vrai.

Mais, l'administration Biden a fait pression pour le supprimer. C'est d'ailleurs le terme employé par M. Schellenberg, “le complexe industriel de censure”. C'est exactement ça, bien vu. C'est bien plus large que ça, d'ailleurs.

Le gars qui a publié ce tweet sera voté par le Sénat des États-Unis pour être le prochain secrétaire à la Santé et aux Services sociaux. Nous l'avions comme témoin devant ce comité il y a deux ans.

Et quand RFK Junior est venu témoigner, les démocrates ont fait une motion pour passer en session exécutive. Session exécutive, cela veut dire faire sortir tout le monde. Ainsi, personne ne pourrait entendre ce que RFK Junior allait témoigner lors d'une audience sur la censure !

Vous ne pouvez pas inventer ce genre de choses.

Il y a deux ans, nous avons appris que 51 anciens responsables du renseignement ont menti au pays en disant que l'histoire du laptop de Hunter Biden avait tous les signes classiques d'une opération d'information russe.

Aujourd'hui, tous ces 51 ont perdu leur habilitation de sécurité.

Il y a deux ans, Garm, nommée malheureusement Global Alliance for Responsible Media, coordonnait un effort avec les grands annonceurs pour limiter les publicités sur les plateformes et sites conservateurs. Aujourd'hui, le gouvernement est hors du coup.

Climate Action 100 il y a quelques années coordonnait un effort avec des institutions financières pour faire pression sur les entreprises pour qu'elles limitent les émissions de pétrole et de gaz. Aujourd'hui, Climate Action 100 est hors-jeu.

Il y a quelques années, l'Observatoire Internet de Stanford travaillait et aujourd'hui, ils sont hors service. L'INA faisait la même chose il y a quelques années, aujourd'hui ils ont arrêté leurs opérations.

Quel changement en quelques années. Tellement de changement depuis octobre 2022 lorsque Elon Musk a acheté Twitter.

Je crois qu'il a dit quelque chose comme : "Je n'ai pas dépensé 44 milliards de dollars pour acheter Twitter. J'ai dépensé 44 milliards pour sauver le Premier Amendement."

Et bien sûr, cela a commencé avec les dossiers Twitter. Et deux des auteurs des dossiers Twitter sont avec nous aujourd'hui en tant que témoins.

Matt Taibi a écrit le tout premier dossier Twitter, je crois, 11 ou 12 autres au fil du temps que toutes ces informations sortaient, M. Shellenberger était aussi un auteur, et comme je l'ai dit plus tôt, c'est lui qui a inventé le terme “complexe industriel de censure”, le grand gouvernement travaillant avec les grandes universités, travaillant avec d'autres agences gouvernementales.

La Maison-Blanche travaillant sur tout cela, faisant pression sur les grandes entreprises technologiques pour censurer le discours des Américains.

Tous deux journalistes, tous deux démocrates à l'époque lorsqu'ils ont témoigné au dernier Congrès, tous deux primés, ont témoigné plusieurs fois devant ce comité au dernier Congrès. Quelle a été leur récompense pour s'être exprimés ici et avoir défendu le Premier Amendement ? Ils ont été attaqués. Ils ont été qualifiés de soi-disant journalistes dans ce comité, même s'ils ont tous les deux reçu de nombreux prix et sont des auteurs à succès.

On leur a demandé de révéler leurs sources lors d'une audience par les démocrates devant ce comité. Et ils ont été nommés personnellement dans une lettre de la présidente de la FTC, Lina Khan, quand Mme Khan a demandé à Elon Musk : qui étaient les journalistes avec qui vous parliez ?

Et bien sûr, peut-être le plus important, nous nous souvenons tous que, au moment même où M. Taibbi témoignait devant ce comité, l'IRS frappait à sa porte. Juste une grande coïncidence, chaque fois, chaque fois qu'il parlait à ce comité, témoignait devant ce comité, l'IRS frappait à sa porte.

Madamme Rupa Subramanya a été ciblée pour avoir couvert le blocus des camions au Canada. Elle a également témoigné l'année dernière devant ce comité, et elle nous a prévenus en avance sur son temps, elle nous a prévenus de ce qui arrivait en Europe et dans le monde avec les efforts de censure que nous voyons dans d'autres nations occidentales. L'une des choses qu'elle a dites lorsqu'elle a témoigné, il y a presque deux ans.

Elle a dit : "Ce qui est menacé est une valeur fondamentale de la civilisation occidentale." N'oubliez jamais cela. Déclaration puissante. C'est ce qui est en jeu ici.

Donc, j'apprécie le travail que vous avez tous fait, ce que nous avons pu découvrir, le travail du président et ce que M. Musk a initié avec les dossiers Twitter, et puis ce que nous avons pu faire avec toutes ces autres plateformes, et le changement dramatique que nous avons vu, mais je suis inquiet de ce qui se passe en Europe parce que c'est l'Acte sur les services numériques qu'ils utilisent pour faire pression sur les entreprises technologiques pour censurer mondialement, ce qui affecte également les Américains.

C'est quelque chose que le comité va examiner à mesure que nous avançons, mais je veux vous remercier tous d'être ici aujourd'hui. Je dis merci aux représentants du congrès ici présents.

L'intervention de Rupa Subramanya passée à la loupe

Que se passerait-il si je vous demandais quels sont les gouvernements les plus répressifs au monde en matière de liberté ? Qui supprime le plus la liberté d'expression des citoyens et entreprises ? Vous diriez sûrement la Corée du Nord, l'Iran, la Russie, mais que diriez-vous si je vous disais que l'Allemagne devrait figurer sur cette liste, ou encore la France ou la Canada qui devrait également y figurer.

Je ne dis pas que ces pays sont identiques aux sociétés autoritaires basées sur la peur comme la Corée du Nord et l'Iran, loin de là, mais je suggère que certains des pays libres ne respectent pas vraiment leurs promesses de liberté, et que beaucoup d'alliés des États-Unis ont pris l'habitude d'utiliser le gouvernement contre leurs ennemis politiques ou contre des entreprises défavorisées.

En Écosse, la législation sur les crimes de haine adoptée l'année dernière criminalise tout ce qui suscite la haine contre des groupes protégés, y compris les personnes handicapées, les personnes âgées, la communauté LGBT, et d'autres.

En Australie, le gouvernement a commencé d'appliquer des lois sur les crimes de haine juste la semaine dernière, imposant des peines de prison à ceux qui affichent des symboles haineux comme les swastikas.

En Allemagne, les autorités ont intensifié leur surveillance de la haine en ligne en arrêtant des personnes pour des publications offensantes, en saisissant leurs ordinateurs portables et autres appareils.

L'année dernière, le gouvernement allemand a interdit un magazine d'extrême droite pour discours de haine anti-humain et incitation, et a fermé une manifestation parce que les manifestants étaient irlandais et parlaient en gaélique plutôt qu'en anglais ou en allemand. Au Royaume-Uni, la police s'est mise à arrêter des personnes qui publient des vidéos sur des comptes de réseaux sociaux jugés inappropriés.

Ils ont été envoyés en prison pour des semaines ou des mois, comme l'a rapporté mon collègue Mattie Curs pour la Free Press, des personnes ont été arrêtées et condamnées pour comportements antisociaux comme prier silencieusement près de cliniques d'avortement.

Le Big Brother orwellien vous punissant pour avoir exprimé une opinion impopulaire est maintenant la loi du pays dans le pays d'Orwell !

Dans l'Union européenne, l'Acte des services numériques interdit la diffusion de tout contenu jugé nuisible ou illégal, mais ne fournit pas beaucoup de clarté sur ce que cela signifie. Actuellement, les responsables de l'UE s'en prennent à Elon Musk, menaçant sa plateforme X d'amendes parce qu'il soutient le parti AfD en Allemagne.

Ne vous y trompez pas, un précédent est établi.

À l'avenir, d'autres personnes aux politiques et agendas impopulaires seront ciblées. Au Canada, les dirigeants du Parti libéral, y compris le regretté Justin Trudeau, ont eu une multitude d'idées terribles qui réglementent ce que vous pouvez dire ou faire.

Comme je l'ai enregistré pour la Free Press, ils veulent repousser les limites de la censure. Une proposition vous punirait pour avoir dit du bien des combustibles fossiles.

Une autre proposition, arrêter des personnes pour des crimes de haine qui n'ont pas encore été commis. Le tumulte politique en cours au Canada est la seule raison pour laquelle ces choses ne sont pas encore arrivées.

Mais comprenez ceci, rien n'empêche le prochain gouvernement libéral de faire avancer ces propositions et de les rendre légales.

On pourrait penser, eh bien, c'est dommage pour les Australiens, les Canadiens, les Britanniques ou qui que ce soit, mais nous ne sommes pas eux.

Ce sont les États-Unis, et nous avons une longue tradition de protection des droits du Premier Amendement. Les tribunaux américains ont statué à maintes reprises en faveur des manifestants, des brûleurs de drapeau, des néonazis, l'idée étant que si le discours le plus offensant est protégé, alors tous les discours le sont.

Jusqu'à récemment, comme vous le savez sans doute, la gauche en Amérique était celle qui se passionnait le plus pour la défense de ces droits.

Historiquement, les personnes qui défendaient les opinions impopulaires étaient des avocats de l'ACLU et des universitaires. C'étaient les gens de droite qui étaient moins enthousiastes à l'idée d'un échange d'idées à pleine voix.

Quoi qu'il en soit, je suis un grand admirateur de l'affinité des Américains pour la libre expression. Et je ne peux insister assez sur la singularité de cette conversation.

C'est la conversation que nous avons maintenant.

Dans aucun autre pays dont je suis conscient, les gens ne débattent avec une telle passion de notre droit de dire, de protester ou de croire ce que nous voulons.

Mais je m'inquiète, car nous vivons dans un moment qui n’est pas en faveur de la liberté.

Ce moment s'est construit sur de nombreuses années, avec de nombreuses forces derrière lui, sociales, politiques et économiques.

La gauche a perdu sa passion pour le Premier Amendement. Il est vrai qu'il y a beaucoup de conservateurs qui préféreraient que les bibliothèques scolaires n'incluent pas de livres sur la fluidité de genre ou la théorie critique de la race. D'autres sont même allés jusqu'à interdire des auteurs comme Toni Morrison ou Margaret Atwood.

Tout cela est mal, mais je suis moins préoccupé par cette tendance que par la censure qui s'est produite sous Joe Biden en partenariat avec Washington et une grande partie de l'Amérique corporative, y compris les entreprises de médias sociaux.

Ce partenariat affecte bien plus de gens qu'un nombre relativement petit de conseils scolaires annulant des candidats sur comment être antiraciste. Il est aussi difficile de détecter quand un conseil scolaire retire un livre de ses étagères, c'est généralement une réunion et un débat public d'idées et d'opinions.

Mais quand Meta ou la Bank of America décident qu'un de leurs utilisateurs ou détenteurs de compte a exprimé une opinion erronée, des actions que la grande majorité d'entre nous ne saura jamais. Ils peuvent supprimer un algorithme, retirer un livre de l'étagère numérique, suspendre un compte bancaire, ce qui soulève une perspective très effrayante.

Nous ne savons même pas que notre liberté nous est enlevée.

Au cas où vous penseriez que j'exagère, considérez le phénomène relativement récent de la débancarisation, sur lequel j'ai rapporté pour la Free Press, où de grandes banques ont largement mis fin à leurs relations avec des clients ayant des opinions impopulaires. Les banques ont ciblé des personnes des deux côtés de l'allée, des partisans les plus fervents de Trump aux musulmans américains, entre autres. Ce qui est préoccupant n'est pas tellement qui a été visé, mais la marée illibérale rampante qui a balayé l'Amérique ces dernières années. Le nombre de PDG de la tech qui ont assisté à l'inauguration de Trump me donne espoir. Je suis informé que cela signale l'aube d'une nouvelle ère en Amérique, un retour à des principes.

Beaucoup d'entre vous peuvent avoir des réserves concernant autant de milliardaires qui orientent la politique nationale et pour de bonnes raisons. Mais si le retour des milliardaires vers Trump signifie qu'ils reviennent à leurs racines de la Silicon Valley et à leur croyance en un marché non entravé des idées. Si cela signifie que les manipulations de l'ombre et les manipulations mystérieuses sur les médias sociaux vont cesser. Si cela signifie que nous pouvons parler plus librement maintenant, alors bien.

C'est une grande chose. Et c'est la chose la plus importante, car comme vous le savez, toute liberté découle de cette liberté. Je vous laisse avec cette pensée.

La ville sur la colline qu'est l'Amérique, avec sa foi inébranlable dans le droit des gens à parler librement et à penser librement, est aussi importante aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été. Peut-être plus à une époque où on nous dit encore et encore, que nous traversons le capitalisme de stade ana ou que les valeurs libérales occidentales sont erronées.

Je tiens à souligner qu'il n'y a rien d'erroné à se lever pour les libertés que vous, les Américains, avez si vaillamment défendues depuis si longtemps.

La liberté est ce que d'autres peuples et gouvernements sont trop lâches pour défendre. Dans certains endroits, cet engagement envers la liberté fluctue.

Il a plus à voir avec l'opinion dominante ou ce qui est tendance.

La grande sagesse de l'Amérique a toujours été de s'élever au-dessus de cela, de ce qui était à la mode ou non, et de s'engager avec une ferveur inébranlable envers vos principes premiers, des principes qui doivent être défendus maintenant plus que jamais.

Merci.

Matt Taibbi prend alors la parole - remettre les pendules à l'heure sur le journalisme

Il y a deux ans, lorsque Michael et moi avons témoigné pour la première fois devant votre sous-commission sur la militarisation du gouvernement, les membres démocrates nous ont qualifiés de soi-disant journalistes, ont suggéré que nous étions achetés et que nos loyautés étaient compromises.

Quand nous avons essayé de répondre, on nous a dit de nous taire, d'enlever nos chapeaux en papier aluminium et de nous souvenir de deux choses :

1) il n'y a pas de censure numérique et

2) s'il y a de la censure numérique, c'est pour notre propre bien.

J'étais choqué. J'ai pensé que tout ça devait être une erreur. Il n'y avait aucun moyen que le parti qui, toute ma vie, n'avait jamais été pour la censure.

Ensuite, l'année dernière, j'ai écouté John Kerry, pour qui j'avais voté, s'exprimer au Forum économique mondial, parler de la désinformation, il a dit, je cite : « Notre Premier Amendement est un obstacle majeur à notre capacité à l'éliminer de l'existence. »

Il s'est plaint que c'était vraiment difficile de gouverner parce que les gens choisissent eux-mêmes où ils vont chercher leurs informations, ce qui rend beaucoup plus difficile de construire un consensus.

Maintenant, j'ai défendu John Kerry quand les gens disaient qu'il avait l'air français, mais Marie-Antoinette aurait eu honte de ce discours. Il se plaignait que les paysans choisissent eux-mêmes leurs sources d'information.

Qu'est-ce qui vient ensuite, les laisser se faire leur propre opinion ?

Enfin, construire un consensus peut être le travail d'un politicien, mais ce n'est pas le mien en tant que citoyen ou en tant que journaliste.

En fait, rendre le gouvernement difficile est exactement le cœur de mon travail.

L'échec à comprendre cela est pourquoi nous avons un problème de censure.

C'est un moment Alamo pour le Premier Amendement.

La plupart des alliés les plus proches de l'Amérique, comme l'ont souligné Rupe et Michael, ont déjà adopté des lois draconiennes sur la liberté d'expression. Nous sommes encerclés.

La nouvelle loi sur les services numériques de l'UE est la loi sur la censure la plus complète jamais instaurée dans une société démocratique.

Monsieur Raskin, vous n'avez pas besoin d'aller jusqu'en Russie ou en Chine pour trouver des gens emprisonnés pour leur discours.

Nos alliés en Angleterre ont maintenant une loi sur la sécurité en ligne, qui permet au gouvernement d'emprisonner des gens pour des délits comme la communication mensongère ou la cause de préjudices psychologiques.

L'Allemagne, la France, l'Australie, le Canada et d'autres pays.

Ces lois sont totalement incompatibles avec notre système.

Certains de nos propres citoyens ont été harcelés ou même arrêtés dans certains de ces pays, mais notre gouvernement ne s'est pas levé pour eux. Pourquoi ?

Parce que beaucoup de nos bureaucrates croient en ces lois.

Prenons l'USAID. Beaucoup d'Américains sont maintenant au courant parce qu'ils ont appris que plus de 400 millions de dollars allaient à une organisation appelée Internews, dont la chef, Jeanie Borio, s'est vantée devant le Congrès d'avoir formé des centaines de milliers de personnes au journalisme, mais ses discours sont presque identiques à ceux de Kerry.

Elle parle de construire la confiance et de combattre cette mission en Inde pendant la pandémie. Elle a dit que, après des mois d'un message vraiment unifié sur le COVID-19, l'enthousiasme pour le vaccin est monté à 87%, mais quand des informations mélangées sur l'efficacité des vaccins ont circulé, le chaos s'est ensuivi.

Nous payons cette personne pour former des journalistes, et elle ne sait pas que la presse n'existe pas pour promouvoir l'unité ou l'enthousiasme pour les vaccins.

C'est de la propagande, pas du journalisme.

Elle voulait aussi que le contenu négatif, nous devons vraiment travailler dur sur l'exclusion ou l'inclusion moindre et vraiment concentrer nos dollars publicitaires sur ce qu'elle a appelé les bonnes nouvelles.

Si vous voulez éroder la confiance dans les médias, la manière la plus rapide est d'avoir des exclusivistes sponsorisés, vous ne devriez pas recevoir un seul dollar de l'argent des contribuables, et encore moins 476 millions de dollars.

L'USAID n'est qu'une petite partie de la machine de censure.

Michael et moi avons vu à travers cette longue liste d'agences qui, collectivement, couvrent chaque partie de la chaîne de production de l'information, les sources, les think tanks, la recherche, la vérification des faits, l'anti-désinformation, la notation des médias commerciaux, et quand tout le reste échoue, la censure pure et simple.

C'est une gigantesque boucle fermée de messagerie dont le but est de transformer le progrès en machine de consensus.

Il n'y a aucun moyen de retirer chirurgicalement cette corruption. Tout le mécanisme doit partir.

Existe-t-il de la désinformation de droite ? Bon sang, oui. Elle existe dans toutes les directions, mais j'ai grandi démocrate et je ne me souviens pas d'avoir eu peur de ça à l'époque. Nous pensions que nous n'en avions pas besoin parce que nous pensions avoir l'argument le plus solide.

Évidemment, beaucoup d'entre vous n'ont pas la même confiance.

Vous avez pris des milliards de dollars des contribuables et vous les avez dépensés sur des programmes dont le seul but était de dire aux gens qu'ils ont tort sur des choses qu'ils peuvent voir de leurs propres yeux.

Vous nous avez vendus, et jusqu'à ce que ces questions lassantes soient résolues, ce problème ne sera pas réglé. Merci.

Enfin Michael Schellenberger a pris la parole, il était fort attendu

Il y a près de deux ans, j'ai témoigné et fourni des preuves à une sous-commission de ce comité concernant l'existence d'un complexe industriel de censure, un réseau d'agences gouvernementales, y compris le Département de la Sécurité intérieure, des contractants gouvernementaux, y compris l'Observatoire Internet de Stanford, et des plateformes de médias sociaux de grandes entreprises technologiques qui se sont associées pour censurer les Américains ordinaires et les élus ayant des opinions défavorisées.

Aujourd'hui, le complexe industriel de censure est sur la défensive.

Le 20 janvier 2025, quelques heures après son investiture, le président Donald Trump a signé un décret exécutif pour restaurer la liberté d'expression et mettre fin à la censure.

Une semaine plus tôt, le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, a annoncé : « Nous allons réduire considérablement la censure sur notre plateforme. »

Zuckerberg a annoncé que lui et Meta suivraient l'exemple d'Elon Musk et créeraient une vérification des faits participative dans ses notes communautaires pour remplacer une grande partie de la vérification des faits que l'entreprise avait externalisésée à d'autres.

Et grâce en grande partie au travail de la sous-commission de ce comité sur l'armement du gouvernement l'année dernière, ainsi qu'aux reportages d'investigation de ceux d'entre nous, présents aujourd'hui, nous avons pu mettre en lumière certains des pires acteurs du complexe industriel de censure, comme l'Observatoire Internet de Stanford, que j'avais singled out dans mon témoignage il y a deux ans. En juin de l'année dernière, l'observatoire a fermé en réponse à nos exposés collectifs.

Malheureusement, le complexe industriel de censure reste entièrement intact en Europe, en Australie, en Grande-Bretagne, au Brésil et dans d'autres nations occidentales qui continuent de chercher de nouvelles formes de censure et de contrôle de l'information, y compris l'identification numérique liée aux médias sociaux.

Mes collègues et moi sommes à plus de deux ans dans nos recherches pour caractériser le complexe industriel de censure, et nous continuons à découvrir de nouvelles institutions impliquées dans la censure.

La dernière en date est l'Agence des États-Unis pour le Développement International, ou USAID. En octobre dernier, nous avons publié un rapport qui notait que l'USAID avait financé la création d'un complexe industriel de censure au Brésil, avec des vérificateurs de faits tiers, des comités d'experts chargés de décider pour l'ensemble de la société ce qui est vrai sur un sujet donné.

Et après avoir publié les dossiers Twitter Brésil au printemps dernier, le procureur général du Brésil a ouvert une enquête criminelle formelle contre moi, qui est toujours en cours.

En 2021, l'USAID a même publié un soi-disant « manuel de désinformation » qui appelait à une sensibilisation des annonceurs pour perturber le financement et les incitations financières à désinformer. Une telle sensibilisation des annonceurs était précisément la stratégie de boycott des annonceurs utilisée par des groupes ayant des liens avec la communauté du renseignement américain.

Ces groupes, avec un soutien et une amplification non critiques de la part des médias d'information, ont pu utiliser cette stratégie pour réussir à faire censurer davantage de contenu par Facebook et Twitter, et la Commission européenne semble déterminée à utiliser les pouvoirs qui lui sont conférés par l'Acte des Services Numériques pour exiger que X, Facebook et d'autres plateformes censurent le discours.

La commission a menacé l'année dernière d'infliger des amendes pouvant atteindre 6 % de son chiffre d'affaires mondial annuel pour ne pas avoir réprimé la soi-disant fausse information et ne pas avoir transmis ses données à un petit comité d'experts choisi par la commission pour décider ce qui est vrai et faux.

Certes, l'élan est avec nous, les défenseurs de la liberté d'expression.

Nous avons remporté un certain nombre de batailles importantes au cours des deux dernières années, mais il est également clair que de nombreuses élites dirigeantes et médiatiques dans le monde considèrent l'expansion des plateformes de censure comme un incontournable, et non comme une fonctionnalité agréable à avoir pour la gouvernance mondiale.

Le chef de l'OTAN, les think tanks soutenus par l'OTAN, la Commission européenne, l'ancien président Barack Obama, l'ancienne secrétaire d'État Hillary Clinton, Bill Gates, les Nations Unies, l'Organisation mondiale de la santé, le Forum économique mondial, des think tanks influents à Harvard et Stanford, des éléments du Département de la Défense, la CIA, le FBI, la Fondation nationale des sciences, le Département de la Sécurité intérieure, et bien d'autres, ont tous appelé à la censure gouvernementale de la soi-disant désinformation ces dernières années.

Et ce n'est pas seulement la censure qui pose problème.

Le problème est que les agences de l'État profond au sein du gouvernement américain cherchent depuis deux décennies à prendre le contrôle de la production de nouvelles et d'autres informations dans le monde dans le cadre d'opérations d'influence ouvertes et clandestines, et qu'après 2016, plusieurs acteurs et plusieurs agences gouvernementales américaines de l'État profond se sont tournées vers les outils de contre-terrorisme, de contre-insurrection et de contre-populisme contre le peuple américain.

J'exhorte fortement le Congrès à retirer le financement du complexe industriel de censure et à chercher un comptage approprié des divers efforts pour le financer, y compris secrètement par le biais d'organisations de transfert et d'organisations écrans comme celles employées par l'USAID pour financer des groupes comme l'OCCCRP et cacher le financement et le contrôle du gouvernement américain.

J'exhorte également le Congrès à chercher d'autres moyens en raison de l'exposition des utilisateurs et des entreprises de médias sociaux américains à la menace de censure de l'Europe, de la Grande-Bretagne, du Brésil et d'autres nations.

Nous devrions respecter la souveraineté nationale, mais le vice-président Vance fait une bonne remarque lorsqu'il demande pourquoi les Américains devraient dépenser notre richesse et mettre nos vies en jeu pour les membres de l'OTAN d'Europe occidentale qui exigent activement la censure par les entreprises américaines de notre discours.

Merci beaucoup.

https://www.francesoir.fr/politique-monde-societe-justice/le-complexe-industriel-de-la-censure-une-menace-mondiale-la-liberte

4 décembre 2024

Des trumpistes pour la guerre en Ukraine

Denis Collin

- 4/12/2024 - Lindsey Graham, sénateur américain, a affirmé sur Fox News que l'Ukraine, un pays doté de ressources naturelles précieuses, évaluées entre 2 et 7 trillions de dollars, et décrit comme le « grenier à blé du monde », pourrait devenir un partenaire stratégique pour les États-Unis en négociant un accord d'extraction avantageux. L'Ukraine pourrait être extrêmement utile aux États-Unis car elle regorge de ressources naturelles précieuses et est disposée à négocier un accord avec Washington sur leur extraction, a déclaré le sénateur américain Lindsey Graham dans une interview accordée à Fox News, chaîne de télévision américaine. Un extrait de l'interview a été publié sur la chaîne YouTube du sénateur le 20 novembre. Le sénateur républicain de Caroline du Sud a affirmé que le conflit ukrainien était, en fin de compte, « une question d'argent ». « Saviez-vous que le pays le plus riche de toute l'Europe en minéraux de terres rares est l'Ukraine ? », a-t-il déclaré, estimant leur valeur entre 2 et 7 trillions de dollars. Cette crapule trumpiste était déjà intervenue dans le débat sur la guerre en Ukraine pour tenter d’engager les États-Unis plus avant, sur le terrain et militait bien entendu pour autoriser les Ukrainiens à tirer avec les missiles américains sur le sol russe. C’est ce même imbécile qui se félicitait des Russes morts à la guerre, disant que ce serait ça de moins que les Américains auraient à faire, et que la seule solution c’était de faire assassiner Poutine. Également, il avait proposé une loi afin que les soldats américains puissent entrer au Mexique sans demander leur avis aux Mexicains pour combattre soi-disant les cartels. On voit que le camp trumpiste n’est pas forcément acquis à l’idée de paix, et donc qu’il faut s’en méfier, comme il faut toujours se méfier de la fourberie des États-Unis. Lindsey Graham qui n’a jamais eu un brin d’autonomie intellectuelle, répète très exactement la proposition de Zelensky : « Vous nous aidez à battre la Russie et en échange, je vous donne encore une partie de notre pays ». Alors que les Ukrainiens ont déjà bradé leurs terres à blé qui appartiennent maintenant aux multinationales américaines, Zelensky leur propose de leur donner le riche sous-sol du Donbass… qu’il ne possède plus Si ce rêve moisi se réalisait, cela voudrait dire clairement que l’Ukraine deviendrait le 51ème État des États-Unis, mais aussi le 28ème État de l’Union européenne ! Cela permettrait mieux encore aux États-Unis de contrôler sa colonie européenne.

24 novembre 2024

Denis Collin

- 23/11/2024 - Le silence assourdissant de la gauche sur la disparition de Boualem Sansal (à l'exception du PS) devrait ouvrir les yeux des derniers partisans de ce tas de fumier(*) qu'est devenue la gauche dans ce pays. On savait tous ces gens spécialistes des interdictions, des enfermements, du contrôle de toutes les formes de liberté d'expression et de la répression à tout va contre leurs adversaires politiques, tout cela au nom du barrage contre le retour des "zeuresombres". Les voilà complices de la cleptocratie militaro-bureaucratique islamique d'Alger. La gauche, plus jamais. Et la droite non plus, puisque ce sont tous les mêmes.
(*) C'est l'expression qu'utilisa Rosa Luxemburg pour qualifier la social-démocratie allemande après le vote des crédits de guerre en 1914...

9 novembre 2024

H16

Un article de Henry Bonner

Au mieux, les politiciens ne créent pas de valeur. Au pire, ils en détruisent.


9/11/2024 – Les élections prennent fin aux États-Unis. Les journaux offrent des théories sur l’impact du résultat autour du monde. Par exemple, la rédaction du journal Le Monde affiche le point de vue suivant :

“C’est la fin d’un cycle américain, celui d’une superpuissance ouverte et engagée dans le monde, désireuse de s’ériger en modèle démocratique − la fameuse « cité qui brille sur la colline » vantée par le président Ronald Reagan.”

Le nouveau président crée, pour eux, un risque de repli dans les programmes en cours – comme la lutte contre les émissions de carbone, par exemple. La rédaction du journal prend parti avec transparence, contre le changement de direction :

“La victoire de Donald Trump au terme d’une campagne d’une virulence populiste, misogyne et raciste sans précédent est aussi de mauvais augure pour les femmes, pour les immigrants et pour la démocratie en général.”

Le site Reporterre annonce même en toute modération “le retour du fascisme et du backlash écologique” ! Bref, les médias annoncent un changement du cours de l’Histoire. Les présidentielles créent l’occasion pour des ventes, des clics, et de la publicité. Selon l’estimation du Myles Report, les dépenses autour des présidentielles américaines de 2024 – sur des plateformes comme Facebook et Google, sur les chaînes de télé, ou dans les journaux – atteignent 18 milliards de dollars !

Le graphique ci-dessous, du Financial Times, montre la hausse de la fréquentation de chaînes d’actualité, Fox News, CNN, et MSNBC, qui grimpe dans les années des présidentielles, en 2012, en 2016, et en 2020.


Les dépenses en publicités sont en partie financées par les contributions de particuliers et viennent aussi de la part d’entreprises en quête de la faveur des dirigeants une fois élus. En effet, les entreprises courent des risques de la part des gouvernements. Elles veulent des protections contre les ennuis et poursuites.

Perquisitions et taxes dans la tech

En illustration de ces risques politiques pour les entreprises, les autorités font une perquisition contre les bureaux de Netflix, la plateforme de streaming de films et séries, à Paris. FranceInfo relaie ainsi :

“Les enquêteurs ont débarqué au siège de Netflix France dans le 9e arrondissement de Paris, ce 5 novembre. La plateforme de diffusion de films et de séries en ligne fait actuellement l’objet d’une enquête pour soupçons de fraude fiscale et de travail dissimulé, d’après une source judiciaire qui confirme en partie l’information du magazine Marianne.”

Les autorités lancent de plus en plus de poursuites contre les géants de la technologie. Au niveau de l’Union européenne, elles appliquent à Apple une taxe de 13 milliards d’euros en Irlande, malgré l’opposition du gouvernement irlandais. Elles annoncent aussi des amendes contre Apple en raison de la régulation de produits digitaux.

The Verge mentionne :

“Après avoir reçu une plainte de la part de Spotify, la commission de l’UE a jugé, en mars, qu’Apple avait restreint la capacité des créateurs d’applications à promouvoir des produits en-dehors de l’App Store [la plateforme d’applications d’Apple] – une pratique illégale du point de vue du Digital Markets Act de l’UE.
“Nous ne savons toujours pas à combien va s’élever l’amende de l’UE contre Apple, mais les règles impliquent qu’une amende peut atteindre jusqu’à 10 % des ventes mondiales, et jusqu’à 20 % pour des infractions répétées. L’amende initiale pourrait ainsi s’élever, pour Apple, à 38 milliards $.”

Les politiciens créent des barrières aux entreprises, et des coûts pour les producteurs.

Pour rappel, en l’absence de subventions, la totalité des financements des entreprises vient des clients ou d’investisseurs. Ainsi, les surcoûts sur les entreprises provoqués par les politiciens créent des pertes pour les investisseurs, et des hausses de prix pour les consommateurs.

Les politiciens créent des mesures au nom de la protection des particuliers mais ont en réalité comme objectif un maintien de leur contrôle. En attestent les discussions suite à la faillite d’Atos, dont le gouvernement prépare la nationalisation. Le Figaro explique :

“La Commission des Finances de l’Assemblée nationale a approuvé vendredi un amendement du groupe LFI-NFP au projet de budget 2025 visant à nationaliser le géant français de l’informatique Atos, en difficultés depuis plusieurs mois.”

Au cœur de la création de valeur

La création de richesse requiert des essais et des erreurs. Les entreprises font des tentatives et rencontrent des succès ou des échecs.

Mon thème du mois concerne les facteurs de la réussite des entreprises, via la création de produits de valeur pour des clients. Les entrepreneurs et créateurs de produits génèrent une hausse de la richesse. Les politiciens, à l’inverse, créent des coûts et des restrictions sur ces producteurs.

D’un côté, ils créent une hausse de l’offre de valeur à disposition des consommateurs. De l’autre, ils créent des barrières à l’augmentation de l’offre.

Un exemple provient des constructeurs de voitures. Ci-dessous, vous voyez les prix des voitures électriques sur le marché de l’occasion, depuis janvier 2023. Vous voyez l’effet d’un manque de demande suite aux hausses de production en raison des quotas depuis 2020.


Clubic donne des détails suivants :

“[Si] la tendance est mauvaise [pour les ventes de voitures de tout type], c’est encore pire pour les véhicules électriques, dont les ventes ont elles chuté de 18% durant le dernier mois écoulé. Résultat, la part des véhicules électriques dans le nombre de véhicules vendus, qui était de 17% en octobre 2023, passe à 15% pour le mois d’octobre 2024.”

Les quotas de production dans l’électrique mettent en difficulté les constructeurs de voitures. Ils mènent à des excès de voitures électriques sur le marché.

Normalement, au lieu de surcoûts, les créateurs de valeur cherchent des baisses de coûts – et ainsi des baisses de prix pour le consommateur. Au lieu du blocage de la production, ils cherchent à créer une hausse de l’offre de produits en demande. À la place de la production en raison d’idéologie – la crainte des émissions de carbone – ils répondent à la volonté des clients.

Or, sans production de valeur pour des clients, les entreprises courent un risque de faillite, à l’instar d’Atos ou de la startup Ynsect, producteur de farines à base d’insectes en cours de liquidation, comme on l’a vu dans un précédent billet.

Le thème de gains en Bourse via la création de valeur – avec des exemples à l’appui – occupe mes écrits sur mon blog pour les prochaines semaines ; suivez-moi gratuitement pour des idées d’investissement à contre-courant.

Je vous enverrai gratuitement une poignée de nos idées de placements pour vous protéger, voire profiter des déboires de la devise, et la dégradation de l’économie par les politiciens.

11 octobre 2024

Qu'est-ce qu'une société décente ?

Denis Collin


George Orwell a popularisé ce concept de « décence commune » (common decency). Néanmoins ce concept peut se comprendre par lui-même et on peut en cerner assez aisément les contours, sans rester prisonnier des définitions lexicales traditionnelles qui cantonnent la décence au respect des conventions communément admises et à une certaine retenue dans les comportements sociaux.

La décence commune renvoie d’abord à l’idée du « sens commun », autrement dit à l’idée qu’il existe une faculté de juger en matière morale qui est générale dans toute l’humanité, un bon sens qui permet de reconnaitre le bien et le mal, le juste et l’injuste dans la grande majorité des cas. La casuistique se délecte de tous ces cas de figure si difficiles à décider et qui forment la trame de l’argumentation morale en philosophie. Mais l’essentiel est l’accord entre tous les hommes de bonne volonté qui font confiance à leur bon sens – la chose au monde la mieux partagée selon Descartes. Qu’il faille tenir ses engagements, ne pas dérober le bien d’autrui, respecter les personnes humaines, donner – recevoir – rendre, voilà des règles morales que tous acceptent avec des dérogations plus ou moins larges suivant les situations. Les idéaux de liberté, égalité, fraternité, sont tous ancrés dans cette morale commune, avec cette innovation majeure qu’ils sont réputés universels et non limités aux membres du clan, de la tribu, de la caste ou de la nation.

Il va presque de soi qu’une société dans laquelle le faux témoignage, la violence envers autrui ou la trahison des serments sont monnaie courante n’est pas, à l’évidence une société décente. De même, il est impossible de dire décente une société où règne la débauche, où la démesure est devenue une marque de gloriole et où chacun prétend que son bon plaisir est la seule loi qui vaille. On convient qu’il y a beaucoup d’indécence chez ceux qui vivent dans le luxe tapageur pendant que la grande majorité souffre et manque du nécessaire. Au demeurant, quand les puissants cachent leurs richesses, ce n’est pas par décence – car l’accumulation de richesses est en elle-même un manque de mesure – mais seulement un hommage que le vice rend à la vertu.

Cette manière d’envisager la décence au point de vue moral recoupe l’essentiel des morales généralement admises, qu’il s’agisse des morales antiques (stoïciennes ou épicuriennes), des morales issues du christianisme originel ou encore de la philosophie moderne. La décence hégélienne s’appelle Sittlichkeit, ou encore « éthicité » ou « bonnes mœurs » selon les traducteurs. Inversement la pensée libérale, le plus souvent, a légitimé voire loué l’accumulation illimitée de richesses (de Locke à Ayn Rand…).

Peut-on passer de ces idées morales à une conception politique ? Le libéralisme politique exige que l’on sépare nettement les principes juridiques d’organisation de la société des doctrines morales « englobantes » (voir John Rawls, Théorie de la justice). Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet. La séparation entre politique et morale, quel que soit son intérêt, est impossible à tenir rigoureusement et Rawls lui-même n’y parvient pas (voir notre Morale et justice sociale, Seuil, 2001). D’un point de vue républicaniste, il y a nécessairement un certain nombre de principes moraux qui sont partagés dans une république, faute de quoi la république se corrompt et va à sa perte. Ce qui fait tenir ensemble les citoyens d’une république, c’est qu’ils partagent une « certaine conception substantielle du bien », une certaine idée des « bonnes mœurs » qui doivent assurer une vie aussi heureuse que possible pour tous. Il y a donc bien, incluse dans la conception républicaine une morale, réduite à ce qui gouverne la vie commune, une conception commune de ce qui est décent.

Cette décence commune peut se décliner en quelques principes qui sont largement partagés.

(1) Une société décente est une société dans laquelle les écarts de richesse sont limités – personne ne doit être assez riche pour acheter quelqu’un et personne ne doit être si pauvre qu’il soit contraint de se vendre, disait Jean-Jacques Rousseau. Ce n’est pas, loin de là, une société parfaitement égalitaire. Des différences de revenu et de position sociale sont inévitables et peut-être même nécessaires dans une certaine mesure. Mais on doit pouvoir trouver une mesure, un peu grossière sans doute, des écarts admissibles – il fut un temps où les syndicats soutenaient que les écarts de salaires dans l’entreprise devaient rester inférieurs à 1 à 10. De même on devrait, décemment, trouver des moyens pour éviter les trop grandes concentrations de patrimoine.

(2) Une société décente est une société dans laquelle chacun peut vivre décemment de son travail. Du même coup d’ailleurs, si on met à part ceux qui sont trop jeunes, trop vieux ou trop malades pour travailler, tout le monde a une obligation de travailler. On réconcilie la morale chrétienne (« qui ne travaille pas ne mange pas ») et les paroles de L’Internationale, « l’oisif ira loger ailleurs ». Le « droit au travail » est le droit le plus sérieux que l’on puisse revendiquer. Il figurait en tête des revendications des ouvriers de juin 1848 et constituait l’article 1 de la république sociale.

(3) Vivre décemment de son travail, cela implique que le travail ne soit pas un esclavage et que la place qu’il prend dans notre vie soit légitimée par les besoins sociaux et qu’il permette de se loger, de se nourrir, d’élever ses enfants, de renforcer l’estime de soi des individus. Il s’agit aussi d’être protégé contre la maladie et les autres aléas de la vie et de pouvoir, le moment venu, jouir d’une retraite honorable. Ce qui suppose qu’un fonds social alimenté par le produit du travail soit constitué pour gérer collectivement toutes les nécessités de la protection sociale.

(4) Dans une société décente, chacun peut mener la vie qui lui convient sous réserve qu’il accomplisse ses devoirs sociaux et respecte la même liberté pour chacun. Ce qui n’est possible que si on sépare la vie privée et la vie publique, mais aussi la vie commune de la vie intime. Certaines orientations, certains comportements appartiennent non seulement à la vie privée, mais aussi à la vie intime. C’et singulièrement le cas de la sexualité qui précisément doit rester dans l’intimité ou dans la fiction et non devenir un enjeu de batailles politiques publiques. Personne ne peut être empêché d’avoir des relations homosexuelles ou des relations de groupe, mais en aucun cas on ne mélangera ces questions intimes qui ne peuvent avoir de transcription légale avec le droit civil. Dans ce domaine, n’existent que les lois qui tentent (avec plus ou moins de succès) de régler les questions de la filiation, des devoirs des parents (père et mère) envers les enfants et des devoirs des enfants envers les parents, les parents étant entendus comme le père et la mère ou leur substitut éventuel en cas de disparition des parents, d’abandon ou de maltraitance.

(5) Dans une société décente, les personnes publiques ont le devoir de montrer l’exemple de la probité, du respect des convenances langagières et d’autres comportements attendus de qui détient un office public. Les citoyens doivent pouvoir s’assurer que ceux qui exercent ces fonctions pour lesquelles ils ont été élus n’ont pas profité de l’occasion pour s’enrichir au détriment du bien public.

Une société décente n’est pas une société parfaite. Elle admet que des rapports salariaux puissent perdurer – les salariés étant protégés par un droit du travail robuste, seul à même de limiter les effets pervers possibles de ce contrat de soumission qu’est le contrat salarial. C’est une société qui contient des éléments de socialisme, mais ce n’est pas une société socialiste. Les socialistes peuvent espérer que l’évolution ultérieure se poursuivra vers une société complètement socialiste, les républicains non socialistes y voient un point d’équilibre suffisant pour garantir l’adhésion de la majorité du peuple aux principes du républicanisme.

Il n’est pas certain que ces idées de société décente, de décence commune ou ordinaire offrent un idéal attirant au moment où les thèses les plus extravagantes occupent les esprits des faiseurs d’opinions. Trop raisonnable, trop conservatrice, faisant trop peu de cas de la multiplicité des désirs des individus, la société décente apparaîtra insupportable à ceux qui se pensent les « héritiers du futur ». Quant aux libéraux, ils la trouveront évidemment bien trop socialiste. Mais qu’importe ! La revendication d’une vie décente avec toutes ses implications est susceptible de rassembler une large part de ceux d’en bas, des ouvriers qu’on n’écoute plus, des paysans que capitalistes et végans condamnent à l’unisson, des travailleurs indépendants qui ont beaucoup de mal à « joindre les deux bouts ». Enfin ce qui a été évoqué ici de manière très générale pourrait facilement trouver une traduction en programme politique électoral.

Denis Collin, le 15 août 2020.

19 septembre 2024

Denis Collin

Ainsi la gauche ne votera pas l'amendement du RN visant à abroger la réforme des retraites. Elle apporte une nouvelle fois un soutien sans faille à Macron. Après avoir fait réélire Mme Borne, la gauche vient au secours de sa loi.

Ceux qui n'ont pas compris que cette gauche n'est que le flanc gauche du capital doivent nettoyer la m... qu'ils ont dans les yeux. Et ce n'est pas seulement le PS qui est en cause, mais tous les partis du NFP, LFI en tête. S'il y a eu un temps où l'on pouvait espérer quelque chose de la gauche (avant 1981 pour fixer les idées), désormais les espoirs ne sont plus permis. 19/9/2024

6 septembre 2024

Denis Collin

"Macron nomme Barnier premier ministre et s'allie au RN" : la "une" est un bon résumé.

Ainsi le "barrage républicain contre le fascisme", cette farce, aboutit à donner au RN le choix du premier ministre. Bravo les stratèges de la gauche !
On me dira : c'est Macron qui a trahi. La belle affaire. Macron est un traître par nature. Le livre "Le traître et le néant" avait déjà fait le portrait exact de cet ectoplasme. Macron trahit son pays ("haute trahison" dit justement Georges Kuzmanovic). Il trahit ses amis (sauf les truands, genre Benalla). Il devait nécessairement trahir le "barrage républicain".
La "gauche" des idiots et des salopards s'étonne. Mélenchon vocifère : "on a volé l'élection aux Français". Ben voyons ! Le RN avait gagné ces élections. Les champions de la magouille politicienne du NFP ont réussi à l'éliminer de tout poste à l'Assemblée nationale, alors qu'il est le premier parti de France. Maintenant, les voleurs crient "Au voleur". Quels pitres.
Quant aux LR, ils ont délégué un cacique de la Ve, par ailleurs eurocrate de première classe et ils ont donc parachevé leur suicide.
Que tous ces gens aillent au diable.
6/9/2024

27 août 2024

Denis Collin

Denis Collin

27/8/2024 - Les castors sont dépités... Après avoir sauvé Macron, ils n'ont pas eu leur petit nonos à ronger. Tout cela est lamentable.
C'est la Ve République dans toute sa splendeur, cette Ve République à laquelle ils n'ont pas touché quand ils étaient au pouvoir.
Macron n'outrepasse pas la légalité et je vois mal sur quelle base on pourrait le "destituer". Le NFP n'a pas de majorité. Ni à l'Assemblée ni dans le pays. La "quinzaine de l'antifascisme" se termine dans la déconfiture de ses protagonistes. Tout cela pour combattre une "menace fasciste" inexistante, sauf dans les cerveaux tordus de ces gens qui nomment fascistes tous ceux qui ne partagent pas leurs billevesées.
Certains menacent : maintenant, ça va se régler dans la rue. Rodomontades. La "rue" se mobilisera quand elle le voudra et non selon les ordres des politiciens qui ont toujours trahi le peuple.

24 août 2024

Denis Collin

Rappel pour ceux qui ont perdu la mémoire

20 août 2024

Pogrom à Jit

Denis COLLIN

Des colons israéliens s’en sont pris à une communauté palestinienne du village de Jit dans ce qu’il faut bien appeler un pogrom. Un mort et un blessé grave par balles, des blessés, des destructions. Ce n’est pas le premier cas du genre. Mais là, un pas a été franchi.

« Il s’agit d’une minorité extrémiste qui porte préjudice à la population des colons respectueux des lois, à la colonisation dans son ensemble, et à [la réputation] d’Israël dans le monde, pendant une période particulièrement sensible et difficile », a réagi le président d’Israël, Isaac Herzog. « Les forces de l’ordre doivent agir immédiatement contre ce phénomène grave et traduire les contrevenants en justice », a ajouté le président.

La situation est gravissime et la réaction du président Herzog en donne toute la mesure. Herzog ne met pas en cause la colonisation des territoires palestiniens occupés, mais il doit bien constater que les actions des ultras sont en train de miner le crédit international d’Israël. On ne peut s’empêcher de penser que Herzog a aussi en tête l’interminable opération de représailles sur Gaza… Un dirigeant ultra israélien trouve normal et « moral » d’affamer les deux millions d’habitants de Gaza. Il aurait voulu donner des arguments solides à tous ceux qui dénoncent Israël comme État génocidaire, il ne s’y serait pas pris autrement.

Je ne discute pas une minute le droit de l’État d’Israël à défendre son existence. Je n’ai absolument rien contre les opérations pour en finir avec le Hamas – ce groupe, comme ses « cousins » de Daesh, AQMI, et tutti quanti fait partie des grandes calamités mondiales. Mais cela ne donne pas tous les droits !

Le droit d’Israël s’exerce dans les frontières reconnues de 1948 et normalement pas au-delà. Je sais bien que les frontières ne sont pas intangibles et qu’en matière de droit international c’est bien souvent la force qui fait le droit. Mais pas plus d’un autre État, Israël ne peut revendiquer une expansion illimitée, le « Grand Israël ». Si encore Israël se contentait d’annexer politiquement les territoires occupés, mais il s’agit d’autre chose : les ultras qui forment l’ossature du gouvernement Netanyahou veulent l’expulsion des Palestiniens et accaparent leurs terres. À cela, il ne peut y avoir aucune justification politique ou morale.

Israël a le droit de se défendre, mais pas par tous les moyens. On me dira que la fin justifie les moyens. Certes, mais à condition que les moyens ne ruinent pas la fin poursuivie. Le précédent de la Deuxième Guerre mondiale devrait nous servir de leçon. Généralement, les Alliés (URSS comprise) se sont refusés à appliquer aux Allemands les traitements que la Wehrmacht et la SS avaient fait subir aux populations occupées. Même si on peut questionner les bombardements massifs, le comportement des troupes russes en Pologne et en Allemagne ou encore les bombes atomiques sur le Japon. L’historien dira : les choses se sont passées ainsi, mais le politique ou le moraliste n’en déduira pas que ces faits donnent un droit. On peut comprendre que les victimes fassent d’excellents bourreaux, mais ce n’est pas moralement admissible.

On doit d’autant plus questionner la politique israélienne que le Hamas est en partie une créature israélienne et singulièrement des manœuvres tordues de l’actuel Premier ministre et que la question reste suspendue des raisons qui font que les services de l’État hébreu, généralement très efficaces, n’ont rien vu venir avant le 7 octobre. Si Netanyahou avait voulu monter une provocation pour lui donner les mains libres ?

Le plus grave peut-être est que l’abaissement moral et l’affaiblissement d’Israël découleront de cette situation. Les USA n’assureront pas toujours la sécurité d’Israël et si leurs intérêts le commandent, ils laisseront tomber les Israéliens comme ils ont déjà abandonné un grand nombre de leurs alliés. Et alors les 8 millions de Juifs perdus au millier 200 ou 300 millions d’Arabes musulmans ne feront pas le poids. De nombreux Israéliens en sont conscients et certains commencent à émigrer, à trouver des points de chute ailleurs. 18/8/2024

19 juillet 2024

Une vidéo virale montre l’eurodéputée Manon Aubry (LFI) enlacer la présidente de la Commission européenne tout juste réélue.

Cliquer sur l'image ↴

Pendant que Manon Aubry embrasse chaleureusement Ursula von der Leyen, le NFP fait de la résistance en refusant de serrer la main aux deux benjamins de l'Assemblée... avant de participer à la réélection de la présidente macroniste. On ne sait pas trop ce qui l'emporte dans cette gauche, de la bêtise, de la lâcheté, du cynisme d'arrivistes qui n'arrivent plus, ou de la corruption morale. Que le diable les emporte.
Denis Collin

25 juin 2024

Denis Collin

La mélonisation accélérée du RN confirme les analyses que je défends depuis longtemps. Le RN n'est pas un parti fasciste, à aucun titre, il est un parti du système et se prépare à être un parti de rechange qui sera très obéissant devant la Commission et exécutera les consignes. En plus, comme c'est un parti aussi gazeux que LFI, sa prise de contrôle du pays sera des plus périlleuses, si d'aventure il a la majorité absolue. Il est candidat à jouer à droite le rôle de Syriza en Grèce.
Il est plus que temps de mettre en chantier la construction d'une nouvelle force populaire, garante de la souveraineté du peuple, garante de la démocratie et des droits sociaux, une vraie social-démocratie. Quelles forces relèveront ce défi ?

20 mai 2024

Nazis et fascistes... des SOCIALISTES ?

Yann Bouvier

« Le fascisme nait à gauche », « les nazis étaient des socialistes »… ces phrases qui pourraient prêter à rire - sauf les historiens des régimes dirigés par Hitler et Mussolini - se démultiplient à l’heure des réseaux sociaux et dans la bouche de quelques personnalités médiatiques, d’Éric Zemmour à Gilles-William Goldnadel (ex-avocat de Génération identitaire). Si « l’argumentation » est pauvre - réduite à de mauvais sophismes -, nous ne sommes pas à l’abri que ces graves déformations du réel historique s’imposent peu à peu dans l’espace public. D’où cette vidéo, pensée comme un outil pour les contrer. Et pour vous aider à identifier les failles (béantes) de ce type de discours pseudo-historique. J’espère l’avoir fait avec assez de pédagogie et de nuance malgré l'approche volontairement très synthétique. Vous remarquerez que je ne parle jamais de "droites" dans cette vidéo : nazisme et fascisme se sont pensés comme des "troisièmes voies" et les classer intégralement hors de la gauche empêcherait de comprendre ces mouvements, par ailleurs complexes, protéiformes et sous tensions internes. Leur socle idéologique premier et commun n'en demeurait pas moins le nationalisme, par ailleurs repoussoir des gauches de leurs temps. Tout n’a pas pu être dit : j'ai préféré ne pas trop étirer le temps de la vidéo pour décourager le moins de monde possible à la regarder, la croyant utile.



BIBLIOGRAPHIE (références citées). Les ouvrages lus et utilisés pour écrire cette vidéo sont précédés d’un * :

OUVRAGE TRANSVERSAL :

* Michael PARENTI, Le mythe des jumeaux totalitaires. Fascisme méthodique et renversement du communisme, ed. Delga, 2013, 200 p.

SUR LE FASCISME :

* Benito MUSSOLINI et Giovanni GENTILE, La Doctrine du fascisme (édition Vallecchi, 1935)

Philippe BURRIN, Fascisme, Nazisme, Autoritarisme, ed. Points Histoire, 2017, 320 p.

* Emilio GENTILE, Qu'est-ce que le fascisme ? : histoire et interprétation, ed. Gallimard, 2004, 544 p.

Michel OSTENC, Mussolini. Une Histoire du fascisme italien, ed. Ellipses, 2013, 336 p.

* Marie REETZ, « L’« argument de la nature » dans le discours fasciste du 20e siècle en Allemagne, en Italie et en France », Argumentation et Analyse du Discours, 2023 (en ligne sur : http://journals.openedition.org/aad/7276 ; DOI : https://doi.org/10.4000/aad.7276)

* Maurice VAUSSARD, « Comment Mussolini devint impérialiste », Revue des Deux Mondes, 1959, pp. 305-317

SUR LE NAZISME :

Herma BOUVIER, Claude GERAUD, Napola. Les écoles d'élites du troisième Reich, ed. L’Harmattan, 2000, 184 p.

* Johann CHAPOUTOT, Comprendre le nazisme, ed. Tallandier, 2018, 432 p. David DE JONG, Nazi Billionaires : The Dark History of Germany’s Wealthiest Dynasties, William Collins, 2022, 400 p.

* Marc FERRO (dir.), Nazisme et communisme : deux régimes dans un siècle, ed. Hachette, 2005, 278 p.

* Nicolas PATIN, « Les travailleurs mis au pas... de l'oie », historia.fr, 2013 (en ligne sur : https://www.historia.fr/histoire-du-m...)

* Frédéric SALLÉE, Anatomie du nazisme, éd. Le Cavalier Bleu, coll. Idées reçues, 2018, 208 pages