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11 mars 2025

LA FICTION MOLDAVE

Jean-Claude Delhez

- 10/3/2025 - Depuis 3 ans, le pouvoir politico-médiatique nous répète que la Russie ambitionne d'envahir d'autres pays que l'Ukraine. Certains prétendent même qu'elle veut engloutir l'Europe entière. Beaucoup désignent nommément, aujourd'hui encore, les futures victimes de l'impérialisme russe. Le pays le plus souvent cité ? La Moldavie.
La Moldavie est une petite république coincée entre l'Ukraine et la Roumanie, proche de la mer Noire. La voie directe pour l'atteindre, à partir du front russe, passe par les villes ukrainiennes de Kherson et d'Odessa. Je voudrais, à ce sujet, vous rappeler un événement qui s'est déroulé le 19 octobre 2022, à Kherson justement.
Quand la Russie envahit l'Ukraine, fin février 2022, son armée occupe en quelques jours toute la rive sud du Dniepr, jusqu'à la centrale nucléaire de Zaporija et au barrage hydroélectrique de Khakovka. Elle s'empare également de la ville de Kherson, capitale de province, ainsi que de la campagne qui l'entoure, située de l'autre côté du Dniepr. Puis le front se stabilise. Aujourd'hui encore, il longe le cours du Dniepr sur plusieurs centaines de kilomètres.
Mais, pendant quelques mois, la Russie a disposé de ce que les militaires nomment une tête de pont. Une tête de pont c'est une poche de terrain, de territoire, située au-delà d'un fleuve. C'est une position qui a son importance. En effet, un fleuve est un obstacle. C'est une large tranchée remplie d'eau. Une position défensive idéale. Qui tenterait de le franchir sous le feu de l'ennemi risquerait de subir de lourdes pertes. Par contre, s'il dispose d'une tête de pont sur l'autre rive, il peut attaquer sans avoir à franchir le fleuve.
Deux exemples historiques. En 1944, les Britanniques lancent une offensive contre les Allemands dans les Pays-Bas. Pour s'assurer la possession des ponts sur la Meuse et le Rhin, ils parachutent plusieurs divisions derrière les lignes allemandes. Ils bénéficient ainsi d'une tête de pont à Arnhem. Les Allemands doivent mobiliser plusieurs divisions pour les en repousser et reprendre le contrôle du fleuve. En mai 1940, envahissant la France, l'armée allemande vient longer le cours de la Somme. Elle en profite pour s'emparer de plusieurs têtes de pont au sud du fleuve (Péronne, Amiens...). Dès lors, lorsqu'elle lance son offensive finale, en juin, l'attaque démarre de ces têtes de pont afin de conduire la France à cesser le combat quelques semaines plus tard.
Et donc, en mars 2022, la Russie s'était ménagé une tête de pont au-delà du Dniepr, à hauteur de Kherson. A partir de cette tête de pont, l'armée russe aurait pu attaquer en direction de la grande ville d'Odessa, peuplée partiellement de russophones. Et au-delà d'Odessa, voici la frontière moldave. Or, sept mois plus tard, l'armée russe évacue toute la tête de pont de Kherson, repasse le Dniepr et fait sauter les ponts. Elle s'installe en défensive sur la rive sud du Dniepr, position qu'elle occupe toujours actuellement.
N'importe quel officier vous dira qu'une armée qui prend ses quartiers le long d'un fleuve se met en position défensive et témoigne d'une volonté de ne pas aller au-delà. Le même officier vous dira que c'est encore plus flagrant lorsqu'elle abandonne une tête de pont. La tête de pont, c'était le tremplin pour lancer une offensive. L'abandonner c'est refuser d'aller plus loin. C'est aussi se barricader derrière un fleuve pour tenir le terrain conquis.
Ainsi donc, depuis deux ans et demi, l'armée russe s'est mise en position de ne menacer ni le sud de l'Ukraine, ni la Moldavie, ni la Roumanie et encore moins les pays situés plus à l'ouest. Continuer de prétendre, depuis lors, que la Russie ambitionne d'envahir la Moldavie ou d'autres Etats est un mensonge de plus dans la déferlante de la propagande européenne.

12 février 2025

Yann Thibaud

- 5/2/2025 - Depuis que les médias et les politiques nous enjoignent de détester les Russes et la Russie, irrésistiblement attiré par ce que l'on m'interdit, je me suis pris d'intérêt pour ce grand peuple et cette grande nation, plus grand territoire étatique de la terre, et chaque jour je découvre de nouvelles raisons d'aimer les Russes et la Russie.
Je me suis mis en particulier à visionner des vidéos de Français expatriés en Russie, soit à Moscou, soit encore dans un humble village de ce vaste territoire, et je réalise que ce que ces Français vivent est à peu près à l'opposé de ce que nous dépeignent nos médias, avec un art consommé du mensonge et de la propagande.
Au final, j'ai acquis la conviction que les Russes sont nos frères oubliés, calomniés, vilipendés et injustement rejetés et ostracisés.
Non seulement nous partageons des cultures et une disposition d'esprit extrêmement proches, qu'il s'agisse d'art, d'architecture, de littérature, de cinéma, de musique, de métaphysique ou de religion, non seulement nous avons besoin d'eux, ne serait-ce que pour nos approvisionnements énergétiques, mais ils ont également profondément et fondamentalement besoin de nous, de la sensibilité européenne, car ils sont eux-mêmes des européens orientaux.
Plus vite cessera cette absurde division, ces indignes dissensions, mieux cela voudra pour tous.
Depuis quand le rôle d'un État démocratique est-il de susciter la haine et la diabolisation d'un autre peuple ?
Cette attitude indigne ne nous rappelle-t-elle pas de terribles souvenirs ?
N'avons-nous pas autre chose à faire, que de nous complaire ainsi dans le mépris et le sentiment de supériorité ?
Notre situation est-elle donc si glorieuse et si brillante, que nous serions autorisés à faire la leçon et dicter sa conduite à un peuple qui se débrouille au final beaucoup mieux que nous ?
Nous sommes ainsi actuellement, par notre stupide et injustifiable russophobie, en train de violer tous nos principes et tout ce qui fait la grandeur de notre peuple.
Recréons la véritable Europe, comme le disait le grand Charles, qui incarnait lui-même la grandeur de la France, de l'Atlantique à l'Oural !

16 janvier 2025

Comment retourner en Russie ?

Pierre Duriot
Porte-parole du Rassemblement du Peuple Français


- 14/1/2025 - La paix en Ukraine semble se profiler et les entreprises européennes envisagent déjà de pouvoir récupérer leurs billes en Russie. Il faut bien se le dire, la Russie de Poutine n’est pas celle de Brejnev, fermée aux échanges commerciaux internationaux. Ce commerce était florissant, notamment pour les entreprises allemandes, mais également françaises, dans une moindre mesure, mais tout de même. Chimie, acier, automobile, aviation, produits agricoles… sont les principaux créneaux industriels des échanges avec la Russie, en contrepartie d’une énergie russe, assez bon marché, mais dont la source a été coupée par décision idéologique, que nous avions combattue au RPF, en expliquant dès le départ qu’il fallait continuer commercialement, privilégier la voie diplomatique, retirer les bases américaines d’Ukraine et respecter les accords de Minsk. Mais à l’évidence, des intérêts supra-européens étaient à l’oeuvre et l’un des objectifs de la guerre en Ukraine était d’affaiblir l’industrie européenne et de ce point de vue, c’est assez réussi.

Il faut tempérer toutefois, 100 % des échanges ne se sont pas arrêtés, puisque des chemins détournés et plus chers, ont permis quand même, aux Russes de continuer à nous livrer de l’énergie et des entreprises européennes ont également pu continuer leurs commerces. La perte sèche oscillerait entre 25 et 30 %, mais une partie des échanges a été rendue plus complexe. Au final, les sanctions décrétées par l’Europe, sous commandement américain, ont fait perdre plus aux commanditaires qu’aux Russes, en diminuant non seulement nos parts de marchés, mais également en affaiblissant l’Euro et le Dollar dont les clients de la Russie se sont détournés au bénéfice d’autres monnaies.

Quant à savoir si les entreprises européennes vont récupérer leurs anciennes places russes, rien n’est moins sûr. La loi du marché n’aime pas les vides et les absences des grands groupes allemands et Français ont été vite comblées, très vite même, par les Russes eux mêmes et par d’autres industries, asiatiques entre autres, avec lesquelles il va falloir entrer dans une concurrence bien plus facile à gérer quand on est déjà en place, que quand on veut reconquérir la place. Preuve de l’inefficacité de nos mesures : sans les Européens la croissance russe tourne autour de 4 % quand la nôtre se situe autour de 1 %. Ceci alors que Poutine a d’ores et déjà indiqué qu’il ne fermerait aucune porte aux retours des Européens dans les échanges commerciaux avec la Russie.

Nous l’avions répété au RPF, les Russes sont des Occidentaux chrétiens, comme nous et ne sont donc pas l’ennemi. Nous aurions donc tout intérêt à nous sortir de notre posture anti-russe de principe et à envisager un axe occidental débarrassé du wokisme qui a dicté l’appartenance à la bande occidentale, la Russie étant frileuse avec le drapeau arc-en-ciel et nos histoires à dormir debout sur le transgenrisme et les parents 1 et 2. Les positions que nous avons perdues ne l’ont été que pour des raisons idéologiques, à savoir, faire de la Russie de Poutine le grand Satan mondial, faire perdurer la « guerre froide » et entretenir la menace totalement imaginaire d’une armée russe déferlant à la conquête de l’Europe. Comment nos chefs d’États européens ont-ils pu être assez naïfs pour croire de telles balivernes ? Corrompus ? Menacés ? Le résultat des courses est que non seulement nous avons perdu cette guerre, mais que la Russie en sort renforcée, que nous ne sommes même plus en position de force pour négocier et que reconquérir nos anciens marchés à l’Est est loin d’être gagné. Le problème est que cette issue était courue d’avance et que les responsables de cette gabegie ont assez peu de chance d’avoir un jour des comptes à rendre.


Groupe Telegram du RPF

21 décembre 2024

MISSILES DE NOËL

Gabriel Nerciat

- 21/12/2024 - Il y a quelques jours, lors d'une interview à la télévision russe, Vladimir Poutine, plutôt de bonne humeur semble-t-il (le 20 janvier se rapproche), a lancé publiquement un défi aux dirigeants de "l'Occident collectif" (comprenez : les nations membres de l'OTAN et leurs supplétifs) : choisir à l'avance une cible symbolique à Kiev, dont les forces euro-atlantiques auront tout loisir de garantir la protection, et que la Russie entreprendra néanmoins de détruire au vu du monde entier à l'aide d'un missile Orechnik – devenu officiellement nouveau dispositif balistique intégré à la panoplie de dissuasion (non-nucléaire) de l'État russe.
Curieusement, à l'ouest du monde, aucun commentaire ni aucune réaction n'ont suivi cette interview assez ahurissante : Biden est aux fraises, Macron à Mayotte, Starmer on ne sait où, von der Leyen dans le cul des vaches brésiliennes, Scholz en campagne électorale et Bayrou à l'Hôtel de Ville de Pau.
Même nos généraux d'opérette et nos officiers de la gendarmerie de Saint-Tropez, du genre Goya ou Richoux, regardent ailleurs, ricanent ou lorgnent piteusement vers la pointe de leurs chaussures.
Dommage.
Relever le gant eût été un indice de bonne santé de la part de l'OTAN. De fait, si j'étais euro-atlantiste, je ne sais pas si je passerais un excellent réveillon la semaine prochaine (pour moi, ça va, même sans caviar ; c'est gentil de vous en inquiéter).
Le dictateur-pétomane de Kiev, lui, se contente comme toujours de menacer, d'éructer et de péter – entre deux attentats terroristes commandités contre des généraux ou des intellectuels russes (par ailleurs formellement condamnés dans la presse américaine par Donald Trump, ce qui promet là aussi de futures réjouissances).
En attendant, les Houthis yéménites, il y a de cela à peine quelques heures, sont parvenus à frapper le coeur de Tel-Aviv à l'aide d'un missile hypersonique (dont on peut parier qu'il n'est pas un cadeau du père Noël ou de Saint Nicolas tombé du ciel).
Réponse cinglante et bienvenue du berger chiite au protecteur criminel de la bergère wahhabite.
Les Houthis prétendent avoir également touché et endommagé le porte-avions US Harry Truman, qui avait quitté la mer Rouge il y a quelques semaines pour échapper aux visées des partisans chiites avant d'y revenir furtivement en vue d'épauler le système de défense israélien (l'attaque pour l'instant n'a pas été confirmée par le Pentagone).
Bref, l'année 2024 finit sur les chapeaux de roue, accompagnée de tonitruants pétards multicolores qui traversent le ciel (d'est en ouest).
Si seulement cela pouvait un peu calmer nos baudets atlantistes et bellicistes le temps des fêtes de la Nativité.
Mais on sait qu'ils vont hurler quand même, jusqu'à indisposer les bœufs devant la crèche, et pas seulement parce que pour eux il y aura pénurie de foin.

10 décembre 2024

Ze Rhubarbe Blog

- 10/12/2024 - Intégrale de l'interview de Lavrov par Tucker Carlson. Lavrov s'exprime directement en anglais. Après la fameuse interview de Poutine, où ce dernier insistait notamment sur le contexte historique de la situation actuelle, l'interview de Lavrov permettra peut-être aux Américains, et aux occidentaux en général, de mieux comprendre la réalité géopolitique après deux ans et demi de guerre, et leur propre responsabilité dans un conflit armé qui fut lancé par le coup d'État de Maïdan et l'offensive de Kiev contre la population culturellement russe vivant dans l'Est de l'Ukraine.


27 novembre 2024

Piotr Tolstoï sur les missiles, l'escalade, Trump, les médias et la victoire russe

Cliquer sur l'image (vidéo de 30 min 32 s)

27/11/2024

25 novembre 2024

Le jeune Barrot… artiste surréaliste…

Gilles La Carbona
Secrétaire national du RPF au suivi de la vie parlementaire


Depuis plusieurs années on se désole de la piètre qualité de nos dirigeants politiques. Le jeunisme qui a prévalu jusque-là devait assurer un renouvellement salutaire et nous conduire à découvrir de nouveaux génies, qui devaient nous emmener vers une ère de prospérité jamais rencontrée. On allait même se délecter de leurs analyses et façons de penser… le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on a vu le changement, ça c’est indéniable. On nous a fait croire que l’énergie de la jeunesse pourrait remplacer l’expérience et en fait, ils n’ont ni expérience, ni énergie. L’originalité qui devait nous séduire n’a pas supporté le mur du réel. Dernier haut fait d’un de ces représentants, l’interview de notre ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur Cnews. Interrogé sur la situation en Ukraine et la Russie, le ministre des Affaires étrangères qui semblent lui être effectivement très étrangères, adopte un regard d’acier et se perd dans son propre néant. Il s’est livré à une analyse des plus romanesques, pour rester courtois. Selon lui, La Russie est exsangue, un déficit abyssal conduirait le pays au bord de la faillite, la pénurie de main-d’œuvre le prouve et Poutine est obligé de demander l’aide aux Coréens pour soutenir le front. Il n’est quand même pas allé jusqu’à nous dire que les Ukrainiens volaient de succès en succès, mais on en n’était pas loin.

Une telle dissonance avec la réalité est effrayante. Il balaye d’un revers de main le classement récent du FMI qui place la Russie au 4ème rang devant le Japon et l’Allemagne, avec une croissance à plus de 3%. Poutine serait isolé, ce n’est pas l’image que le monde entier a pu avoir, suite au sommet des BRICS, mais Barrot ne veut pas en entendre parler, ou plutôt, il répète la leçon bien apprise. Pour ce qui concerne sa pénurie de main-d’œuvre elle est due au fait que son industrie tourne à plein régime et pas uniquement dans un effort de guerre. La Russie connaît le plein emploi, notion devenue ubuesque en Occident et en France en particulier, et c’est pour cette raison que ce pays manque de main d’œuvre. Le fameux déficit catastrophique, a été en réalité estimé à 1,7% du PIB. Se plairait-il à le comparer avec le nôtre, celui laissé par ses amis ?! Quant aux soldats coréens qui seraient nécessaires pour contenir un front visiblement en perdition, selon la pensée à peine voilée de notre ministre, non seulement aucune preuve ne vient étayer cette information, mais elle est ridicule. Plus de 300 000 volontaires ont été formés et attendent de rejoindre les quelque 400 000 soldats levés lors de la mobilisation partielle. Mais tous ces éléments notre ministre ne les connaît pas, ou ne veut pas en entendre parler et reste focalisé sur une vision grotesque des choses.

Et le voilà qui renchérit en n’excluant ni l’envoi de troupes françaises au sol, ni le ciblage de la Russie par des missiles français. Il a l’air d’ignorer que nous disposons d’à peu près deux jours de munitions en cas de guerre de haute intensité et que la Tsar-Bomba de Poutine pourrait liquider la France en un seul tir que nous n’avons pas vraiment les moyens d’intercepter. On se demande s’il est en roue libre ou s'il est télécommandé et par qui ? On ne saurait trop lui conseiller, à ce jeune quadragénaire de faire comme de Gaulle, d’être au devant de ses troupes, sur le terrain, il a encore l’âge d’un soldat. Ce fils de son père, Jacques Barrot, ministre, qui a usé ses fonds de pantalons sur les bancs du très sélect lycée Henri IV, avant de faire HEC, n’a pas dû rencontrer le réel trop souvent. Les plaines ukrainiennes boueuses sous le feu russe lui feraient une solide expérience du haut de laquelle il pourrait parler de guerre avec plus de justesse.

L’immaturité de l’analyse pose question et on imagine bien que ce n’est pas le seul domaine dans lequel cette perception sévit ; en économie, en matière budgétaire, monétaire, sociétale, partout nous sommes soumis à ce type de délires ou mensonges en forme d’idéologie préfabriquée et obligatoire. Est-il mauvais, mal conseillé, ou est-ce sciemment qu’il tient ce discours ? Notre pays est dirigé par un enfant capricieux, qui s’est entouré d’adolescents immatures. Les assertions de Barrot sur la fragilité de l’économie russe qui serait la conséquence des sanctions prises rappellent un certain Le Maire quand il comparait le PIB de l’Espagne à celui de la Russie, pour affirmer que son asphyxie était inévitable. On a tous pu constater le résultat, tous, sauf Barrot. Nous sommes donc contraints de supporter les décisions de ces « sardanapales » auto suffisants, arrogants et totalement déconnectés d’une réalité qu’ils refusent, même quand elle leur revient dans la figure.

L’inversion des valeurs est leur sport favori. Nous l’écrivions il y a quelques jours dans nos colonnes. Leurs propos sont en permanence coupés du réel, pour la bonne et simple raison que ce réel ne correspond pas à ce qu’ils voudraient qu’il soit. Ils flottent dans un monde qui n’existe que dans leur esprit perturbé, et malheureusement c’est la qualité essentielle qui est recherchée par Macron pour les choisir et leur donner des postes à responsabilités. Il est donc évident que ce cirque pathétique continuera tant que Macron sera à la tête de l’État. Le pire c’est que les journalistes n’osent même pas les reprendre sur des déclarations aussi farfelues et erronées que celles-ci. La peur d’offenser est devenue plus forte que l’outrage fait à l’intelligence du peuple, et à la vérité des faits. Nous ne parviendrons pas à inverser cette psychose qui a envahi les plateaux, tant que le bon sens sera écarté car jugé injuriant, dès lors qu’il sert à remettre la vérité à sa place. Mais est-ce possible dans un pays ou 90% de la presse est contrôlée par quelques milliardaires proches du pouvoir et qui en plus reçoivent de l’argent public pour diffuser la propagande et endormir la majorité de la population ? La réponse est non, et nous allons devoir supporter encore quelques temps des sorties aussi décalées que celle de ce ministre, sauf si ce gouvernement était renversé, mais là encore, rien n’est moins sûr.

2 novembre 2024

Radu Portocala

31/10/2024 – Depuis une dizaine d’années, c’est-à-dire depuis que les États-Unis préparent et poussent l’Ukraine à l’affrontement, l’Occident a adopté l’obligation de haïr la Russie comme une de ses plus précieuses lois morales. Il nous faut la voir comme une puissance démoniaque et nos relations avec elle tiennent en quelque sorte de l’exorcisme.
Tous les maux du monde sont, donc, le fait de la Russie. Elle travaille à ruiner notre économie et à pulvériser notre bel équilibre politique. Elle manipule par la plus perverse désinformation nos opinions publiques. Avant chaque élection importante dans un de nos pays, nous sommes avertis que les manœuvres russes risquent d’en fausser le résultat. Et si ce résultat n’est pas au goût de nos forces de progrès, nous apprenons sur-le-champ que c’est la Russie qui a organisé une fraude massive.
Nous récitons sans cesse des incantations et nous agitons frénétiquement nos encensoirs, mais le démon ne se laisse pas chasser – et, à force de proclamer que la Russie contrôle tout chez nous, nous finissons par nous avouer ridiculement faibles, vaincus en permanence.
Il est un fait, cependant, qui peut étonner : du temps de l’Union soviétique, dont on savait les menées hostiles, celui qui se risquait à prévenir que Moscou, par le biais du KGB, nous désinformait et cherchait à nous influencer était traité de paranoïaque et on le suspectait de vouloir à tout prix fuir la coexistence pacifique. « Ne poussez par trop loin le bouchon de l’anti-communisme ! » s’exclamaient les imbéciles prudents. Aujourd’hui, l’imbécillité prudente a changé de camp. Et, croyant s’enrichir, elle est aussi devenue grotesque.

21 octobre 2024

Anna Rocca

Points forts du discours du Président russe Vladimir Poutine au Forum d'affaires des BRICS, le 18 octobre 2024 :

- Le PIB combiné des pays des BRICS dépasse nettement celui des pays du G7 et continue de croître de manière soutenue
- Le taux de croissance moyen du PIB des pays des BRICS d'ici à la fin de 2024 devrait atteindre 4 %, ce qui est supérieur au taux de croissance du PIB mondial
- Les entreprises des BRICS coopèrent avec succès et mettent en œuvre des projets communs
- Les BRICS jouent un rôle de premier plan dans l'économie mondiale, et ce rôle va encore augmenter
- La croissance économique des pays BRICS dépendra de moins en moins des facteurs extérieurs
- La nouvelle banque de développement des BRICS est une alternative aux mécanismes de développement occidentaux
- La Russie coopère étroitement avec les pays des BRICS dans les domaines de l'innovation et de l'économie numérique
- Au moins 30 pays ont déjà manifesté leur volonté de rejoindre les BRICS d'une manière ou d'une autre
- L'interaction entre la Russie et la Chine est l'un des facteurs clés de la stabilité stratégique dans le monde. Il n’y a pas de supérieur et de subordonné dans les relations entre les deux pays
- Ce sont les pays occidentaux qui ont provoqué la crise ukrainienne, et la guerre a été déclenchée en 2014
- Les États-Unis devraient réfléchir au fait que les sanctions contre la Russie ont un impact négatif sur le dollar
- La Russie a été contrainte d'abandonner le dollar, et elle effectue désormais 95 % de ses transactions commerciales avec ses partenaires en monnaies nationales
- Le déploiement d'armes américaines en Asie menace la Russie et la Chine
- La Russie ne cherche pas à redessiner le monde, l'émergence de nouveaux centres de pouvoir est un processus naturel.

30 août 2024

Le président Vladimir Poutine a déclaré que le temps de la patience était révolu

Péonia

Poutine a été assez patient, il savait que dans les premières années de la confrontation avec l’Occident, la Russie n’était pas en état de défier ouvertement l’Occident, et encore moins de le combattre militairement. C’est pourquoi il a empêché les forces du LDNR de se déplacer plus à l’ouest en 2014-2015, alors même que l’armée ukrainienne était en désarroi.
S’il savait qu’à cette époque les Ukrainiens étaient paniqués et désorganisés, il savait aussi que la Russie ne pouvait pas affronter l’Occident. Ainsi, entre 2014 et 2018, la Russie a déployé un effort gigantesque pour développer le type de capacités nécessaires pour pouvoir affronter l’ensemble de l’OTAN et gagner. Là, la Russie est enfin prête.
Poutine l’a dit clairement : « Si quelqu’un prend la décision de détruire la Russie, nous avons parfaitement le droit de riposter. Oui, ce serait un désastre mondial pour l’humanité et pour le monde, mais en tant que citoyen russe et chef de la Russie, je voudrais poser la question suivante : « À quoi sert le monde sans la Russie ? »
Nous savons que Poutine menace rarement, il ne bluffe jamais.
Quiconque croit sincèrement que la Russie n’anéantira pas l’Occident tout entier si elle est sérieusement menacée ne connaît rien à l’histoire et ne comprend pas la mentalité russe. Poutine ne bluffe pas, l’Occident ne peut pas gagner, et la seule variable ici est le prix que l’Occident est prêt à payer pour sa défaite.
Le véritable revers de l’arrogance et de l’ignorance des néoconservateurs est que, loin de mettre à mal la Russie et la Chine comme ils le souhaitaient, ils ont grandement contribué à un renforcement majeur de l’alliance russe, chinoise et indienne. La Russie est loin d’être isolée.
L’ironie aussi est que les États-Unis voulaient créer une crise pour renverser Poutine mais, au contraire, cette crise lui a donné un élan extraordinaire de popularité.
Nous avons Macron…

22 août 2024

Nicole Gout

Les Ukrainiens ont-ils déjà soumis les 140 millions de Russes ?

L'invasion du Koursk par l'Ukraine met également en lumière la résilience des dirigeants russes face à la propagande occidentale.
Beaucoup s'attendaient à ce que la Russie fasse tout ce qui est en son pouvoir pour pousser l'Ukraine hors de la région de K. Cette attente était exactement ce que l'Ukraine espérait : le détournement des forces russes du front du Donbass pour soulager la pression là-bas en les attirant dans la région de Koursk.
Cependant, cela n'a pas été le cas. Au lieu de cela, la Russie continue de mener sa guerre d'usure contre l'Ukraine, aujourd'hui dans la région de Koursk, tout en maintenant sa domination dans le Donbass.
Ainsi, la tentative de forcer la Russie à réagir a échoué.
Malgré toutes les critiques, y compris sur des plateformes comme X, le gouvernement russe semble totalement indifférent à la façon dont les médias occidentaux le perçoivent ou le jugent.
En conclusion, la capacité de la Russie à résister aux pressions extérieures et à adhérer à ses objectifs stratégiques souligne un certain degré d'indépendance stratégique et de résilience qui complique la situation pour l'Ukraine et ses alliés.

21 août 2024

Nordstream : les complotistes avaient encore une fois raison

H16

21/8/2024 - Il était pourtant clair que la Russie était dirigée d’une main de fer par un fou assoiffé de puissance et que ce dernier, faisant fi de toute rationalité et alors que le conflit avec l’Ukraine s’éternisait, avait fait sauter le pipeline sous-marin Nordstream, plongeant les Allemands dans le désarroi.

Abominable Vladimir Poutine, incapable de contrôler ses pulsions destructrices ! Au lieu de simplement fermer le robinet de ses gazoducs, il avait en septembre 2022 – c’était certain, la presse n’en doutait guère – fait sauter ses tuyaux pour pouvoir ensuite accuser les Occidentaux de la forfaiture.


Depuis lors, les enquêtes menées notamment par l’Allemagne semblaient patiner et la discrétion était de mise. Petit à petit, la thèse officiellement acceptée sur les plateaux télés n’était plus vraiment débattue et ce d’autant plus que des éléments de doutes s’accumulaient. La fourberie du dirigeant russe étant sans limite, il était certain que de nombreuses couches de mensonges avaient été construites pour présenter de faux coupables (des Ukrainiens soi-disant cornaqués par les Britanniques et avec l’aval de Washington).

Las.

Presque deux ans après les explosions des gazoducs, voilà que Berlin émet un mandat d’arrêt contre un Ukrainien. Probablement un agent russe infiltré, me direz-vous. Eh bien apparemment non, au plus grand dam de tous les experts de plateau qui, une fois encore, se retrouvent à danser sur leur monocycle, seul cycle permettant un rétropédalage à vitesse soutenue.

Il apparaît en effet que, selon la presse lancée à pleine contre-vitesse dans ce nouveau narratif, qu’il s’agirait d’une opération menée par une poignée d’Ukrainiens ayant reçu l’aval de Zelensky lui-même. Actuellement, la situation – présentée comme embarrassante mais qui pourrait bien être fort commode pour un maximum de monde côté occidental – est que le poseur de bombes a disparu. Zut alors.


Petit à petit se dessine donc une opération qui aurait été, comme le décrit le Wall Street Journal dans un article qui fera certainement date dans son côté loufoque et à la crédibilité de plus en plus fine, organisée par une bande de joyeux drilles ukrainiens quelque peu alcoolisés qui se seraient donc lancés dans le défi d’aller faire sauter les tuyaux sous-marins ; un masque, un tuba, un pain de plastic et – plouf – l’affaire est réglée en quelques plongées sportives.

Si, bien évidemment, l’historiette fournie par le Wall Street Journal n’est pas impossible (l’Histoire connaît bien quelques uns de ces coups de force d’une poignée d’hommes déterminés), l’évacuation conséquente de toute implication des Britanniques, des Américains ou même des Norvégiens, des Danois ou des Polonais est si pratique avec cette version qu’elle frise la gourmandise.

Quoi qu’il en soit, on se retrouve potentiellement dans la situation où il pourrait être prouvé qu’un pays tiers (et ici, pas la Russie donc) aurait donc attaqué une infrastructure stratégique russo-allemande afin de faire du tort à l’Allemagne. On est en droit de se demander si les clauses d’assistance mutuelle de l’OTAN ne devraient pas entrer en application. Il serait… disons intéressant de voir l’Alliance Atlantique commencer à demander des comptes à Zelensky, pendant que le peuple allemand pourrait commencer à comprendre qu’ils se sont fait cocufier par leurs alliés occidentaux, américains notamment.

Il faut dire qu’en parallèle à ces découvertes croustillantes concernant Nordstream, les Américains continuent tranquillement leurs affaires tant avec les Européens (en leur facturant copieusement le gaz liquéfié qu’ils leur font parvenir par bateaux) qu’avec… les Russes. Car s’il était semble-t-il admis que continuer à commercer avec eux était, pour les Européens, une faute difficilement pardonnable – à tel point que des entreprises européennes et notamment françaises furent instamment priées de quitter la Russie – il en va autrement pour les entreprises américaines qui, elles, ont toute latitude pour y continuer leurs affaires, notamment dans le domaine pourtant sensible du pétrole comme en témoigne l’expansion récente d’un groupe américain sur place.


Autrement dit, si la presse, égale à elle-même c’est-à-dire enfilant pignouferies sur pignouferies, recherche encore ingénument qui pourrait bien avoir eu un réel intérêt à la destruction de Nordstream, les gens normaux, eux, commencent à comprendre et à admettre qu’au final, le premier bénéficiaire de ce sabotage n’est nul autre que l’Oncle Sam… Comme, du reste, ce qu’annonçaient les pires complotistes et ce dès septembre 2022, ou quelques mois plus tard comme le faisait aussi Seymour Hersh (même si les détails du scénario qu’il propose sont encore largement sujet à controverse).

Oui, il semble qu’encore une fois, les vapeurs délirantes qui s’étaient infiltrées dans les cerveaux torturés des complotistes leur avaient fait voir une bonne partie de la réalité que la presse, malgré l’intervention plus ou moins subtile d’experts en expertise professionnelle, n’aura pas su discerner au long des 24 mois qui suivirent. Il apparaît encore une fois que les discours officiels et ceux qui furent autorisés sur les plateaux télé et dans les colonnes des médias subventionnés sont exposés pour ce qu’ils sont : du baratin.

Logiquement, il apparaît qu’on doivent à présent se poser la question de savoir combien de temps la nouvelle histoire – le nouveau narratif, comme on dit maintenant – va tenir face à la réalité. Combien de temps ces organes pourront-ils camoufler toute participation des Britanniques et de la CIA américaine.  Combien d’explications loufoques les médias de grand chemin vont-ils à nouveau imaginer pour expliquer de nouvelles informations explosives qui ne manqueront pas de sortir, quel narratif invraisemblable de la complosphère débridée va encore se révéler exact, dans les prochaines semaines, les prochains mois ?

Combien de temps peut encore continuer l’enfumage actuel qui vise à vassaliser toujours un peu plus l’Union européenne aux Américains ? Et surtout, quel nouveau bobard grossier vont trouver les médias et les politiciens pour camoufler la déroute ukrainienne et le bilan catastrophique de cette guerre qui était au demeurant aussi inutile qu’évitable ?


https://h16free.com/2024/08/21/78517-nordstream-les-complotistes-avaient-encore-une-fois-raison

12 avril 2024

Point sur l’actualité internationale : France, Ukraine, Russie, Chine, USA, Moyen-Orient (vidéo)

Caroline Galactéros

Dans cette édition, je vous parle de la marche à la guerre, notamment en France, et des calculs hasardeux faits par l’Occident à propos de la Russie, mais aussi des risques liés aux dernières attaques ukrainiennes sur la centrale nucléaire de Zaporijia. J’aborde aussi la relation USA-Chine et Chine-Russie et enfin l’évolution tragique de la situation à Gaza.


4 avril 2024

LA MAIN DANS LE POT DE CAVIAR

Gabriel Nerciat

4/4/2024 - C'est tout notre banquier président, ça.
D'un côté, on joue soudain au matamore d'opérette pour faire de l'esbroufe à Bruxelles, et "en même temps", de l'autre, on téléphone en douce aux Russes pour tenter de préparer avec eux la future partition territoriale de l'Ukraine, en espérant que l'inévitable débâcle pourra être vaguement contenue pendant encore six mois.
Seulement voilà : Poutine a la mémoire longue, et n'a pas oublié les mauvaises manières de Macron rendant publiques, au début de la guerre, dans un documentaire de France 2, ses conversations secrètes avec lui. Toujours pour faire de l'esbroufe.
Comme il n'a pas oublié les revirements versatiles de la France à propos du respect des accords de Minsk, entre 2017 et 2022.
Du coup, cette fois, c'est Poutine qui cafte.
Bien fait pour Macron. Et pour nous.
Moralité : quand on veut jouer au malin, il faut l'être vraiment. Sinon, on passe à la fois pour un sot (à Moscou) et pour un traître (à Bruxelles et à Kiev).

Yann Thibaud

3/4/2024 - La « Sainte Russie » terre éminemment et éternellement mystique, a tout pour s'entendre, se comprendre et s'apprécier mutuellement avec la France « fille aînée de l'Église », nation des abbayes et des cathédrales, des druides et des cathares.
Sauf aux yeux de notre élite nihiliste et décadente, parce que sinistrement matérialiste, dont la haine de la Russie n'est autre que la conséquence de sa haine et de son mépris pour toute forme de transcendance ou de spiritualité.
Ne nous laissons donc pas entraîner et manipuler par des médias et responsables politiques, aussi incultes qu'incompétents, dans la détestation du plus grand pays du monde, partie intégrante de l'Europe et dont la survie est intimement liée à la nôtre.
Ceci d'autant plus que l'âme de la France a pour mission et raison d'être de devenir ou redevenir un lieu d'équilibre, de dialogue, d'harmonie et de coopération avec tous les peuples de la Terre.
C'est cet universalisme et cet idéalisme qui font la grandeur de la France.
Ne l'oublions pas et ne renions pas nos véritables valeurs, aujourd'hui lamentablement et tragiquement trahies, oubliées et reléguées au rang de vagues souvenirs folkloriques.
La France n'est grande et ne sera grande que lorsqu'elle renouera avec sa vocation mystique éternelle.
La question spirituelle est donc au cœur de la question civilisationnelle, enjeu et défi de notre renouveau, en tant que peuple et en tant que nation.

24 mars 2024

Deux Russies

Natalia Routkevitch

Du jamais vu. Des files d'attente de 500 à plus de 1000 mètres, des heures d’attente interminable, et des bureaux de vote qui ont fermé parfois à 5 heures du matin... Au total, 373 mille Russes auraient voté à l'étranger - une affluence sans précédent, commenta le ministère russe des Affaires étrangères.
Ce scrutin cristallise la scission idéologique mais aussi, très clairement, spatiale entre les deux Russies, que l’on peut appeler sommairement la Russie pro-pouvoir et la Russie anti-pouvoir, cette dernière ayant, en grande partie, émigré après 2022. Les deux camps ont d’ailleurs exprimé une grande satisfaction du fait de cette participation hors norme, chacun l’attribuant à la mobilisation des « leurs ».
Il était clair, en observant les foules devant les ambassades, que de très nombreux Russes fraichement « relocalisés » ont exprimé leur désaccord avec la politique d’Etat en participant à l’opération « Midi contre Poutine », en votant pour Vladislav Davankov (le plus libéral des 4 candidats) ou en abimant le bulletin (nombreux furent ceux à y inscrire le nom de Navalny). En revanche, les Russes installés à l’étranger depuis longue date ont, manifestement, voté de façon assez différente.
Voici les résultats du vote dans quelques grandes villes du monde; résultats qui divergent considérablement du vote à l’intérieur du pays :
Davankov a fait mieux que Poutine à Londres, La Haye, Vilnius, Copenhague, Varsovie, Prague, Bratislava, Budapest, Zagreb, Madrid et Barcelone, Erevan, Jérusalem et Haïfa, ainsi qu'à Podgorica.
Les Russes de Riga, Tallinn, Sofia, Chisinau, Rome et Athènes, Ankara et Istanbul ont majoritairement voté pour Poutine. Ce dernier a également gagné dans les bureaux de vote de Phuket, Séoul, Bakou et Bichkek.
Le taux de participation national a été, selon les chiffres officiels, de 77,44 %.
Aujourd’hui, la Russie libérale, de plus en plus expatriée, exprime, comme jamais, son désarroi et son exaspération. Elle qui voyait son avenir très différemment à l’heure de la montée des grandes manifestations de 2011, se demande pourquoi l’autre Russie, celle des valeurs européennes et de la démocratie à l’occidentale, n’a pas réussi à s’imposer. Les explications invoquées sont multiples : divisions internes, répression externe, « apathie, lobotomisation et servilité » des compatriotes, méprisés plus ou moins ouvertement par la Russie pro-libérale, celle des métropoles et ses CSP+, désignée comme la Russie N°1 par les sociologues locaux.
Pourtant, on peut trouver une raison beaucoup plus simple à cet échec historique. Elle réside dans les propos d'une figure de proue de l'opposition libérale, répondant récemment à la question de savoir si son auto-perception et son rapport à son pays natal avaient changé après le 24 février 2022 : "Bien avant cet événement, je m'identifiais à ma position sociale ou familiale plutôt qu'à mon pays. La guerre n'a donc rien changé dans mon auto-identification qui n'est pas liée à mon appartenance nationale." Cette attitude n’est ni étonnante, ni rare, ni nécessairement condamnable ; exprimée avec beaucoup de naturel, elle ne suscita aucune remarque des interlocuteurs du même camp qui partagent le même point de vue. Elle n’est d’ailleurs pas sans rappeler les paroles d’un homme politique français, ayant déclaré qu’il se sentait culturellement plus chez lui à New-York ou à Berlin, qu’en Picardie.
Cependant, elle laisse toujours aussi songeur quant à la possibilité de l'opposition actuelle de pouvoir un jour accoucher d’un projet qui serait soutenu par la majorité nationale.

16 mars 2024

Macron et l’Ukraine : analyse d’un charabia

Pierre Duriot
Porte-parole du Rassemblement du Peuple Français


16/3/2024 - Le discours présidentiel sur l’Ukraine, au premier abord, semble relever de la prestation théâtrale, sur un mode auquel le président nous a habitués : parler pour ne rien dire. Mais avec la transcription à l’écrit et l’analyse mot à mot, les incohérences apparaissent pleinement et on se pince pour se dire qu’il est le président et que ses mots engagent toute la nation. Morceaux choisis :

« Nous avons mis trop de limites dans notre vocabulaire. Nous ne sommes pas dans l’escalade. Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie mais, soyons clairs, on ne doit pas la laisser gagner. » Qu’est ce à dire ? On ne va pas se battre, mais la Russie ne doit pas gagner ? Il fait comment ?

« La contre-offensive ukrainienne ne s’est pas passée comme prévu. La situation est difficile pour les Ukrainiens. Ils ont des limites en termes d’hommes car la Russie est un plus grand pays. Oui, ce début 2024 doit être l’année du sursaut. » Mais encore ? L’Ukraine a gagné, peut gagner, ou est sûre de perdre ?

« Nous ferons le nécessaire pour atteindre notre objectif. Si la Russie venait à gagner, la vie des Français changerait. Nous n’aurions plus de sécurité en Europe. » Si la Russie venait à gagner ? Donc elle peut gagner ? On ne saurait trop lui rappeler, également, que la vie des Français a changé, en moins bien, non pas à cause de la Russie, mais à cause des sanctions occidentales.

« La Russie est un adversaire. Le régime du Kremlin est notre adversaire. Mais nous ne sommes pas en guerre contre la Russie. Nous sommes prêts à répondre à une escalade possible de la Russie. La paix, ce n’est pas la capitulation de l’Ukraine. » La paix n’est pas la capitulation de l’Ukraine, mais l’Ukraine n’est pas en position de gagner, dit-il juste avant ? Le Russe est notre adversaire, mais nous ne sommes pas en guerre, alors que nous envoyons tout de même de l’argent et des armes ? Il veut dire quoi exactement ?

« Notre capacité nucléaire nous donne une sécurité... » Il compte utiliser l’arme nucléaire, ou Poutine va l’utiliser et il devra répondre ?

« Nous serons prêts à prendre les décisions qui s’imposent pour que la Russie ne gagne jamais. » Quel genre de décision ? Les sanctions économiques ne marchent pas et nous n’avons pas les capacités nécessaires pour battre militairement la Russie ? Quelles pourraient donc être ces « décisions » ?

Le Président assume l’envoie de troupes françaises en Ukraine mais affirme que la France ne mènera pas d’offensive. Il « assume », c’est à dire ? Assumer, c’est en principe, subir les conséquences de ses actes et depuis sept ans, il ne subit aucune conséquence de ses actes, pourtant tous à côté de la plaque puisque nous en sommes au point zéro dans à peu près tous les domaines.

« Notre industrie de défense n’est pas adaptée pour une guerre de haute intensité. Mais nous avons multiplié par trois nos capacités de production. Nous allons aussi produire des armes en Ukraine, plus près du front. » Il reconnaît par là que notre engagement militaire n’est pas possible, mais n’écarte pas la possibilité d’un engagement.

« La sécurité de l’Europe et des Français se joue actuellement. » La Russie nous a-t-elle menacés ?

« Si la Russie continue son escalade, nous serons prêts ! » Prêts comment puisqu’il reconnaît que nous n’en avons pas les moyens ?

Le discours du président est complètement incompréhensible et nous sommes face à deux options. Soit il est dépassé, ne sait plus ce qu’il dit, ni ce qu’il fait, n’a plus aucun levier d’action et se condamne à pratiquer un verbiage totalement idiot pour faire croire qu’il a encore une quelconque importance sur l’échiquier politique. Soit il est en service commandé au service de l’hégémonie américaine, liquide l’industrie française, liquide la nation en l’endettant au maximum au prétexte de guerre, liquide l’économie allemande, précédemment gavée au gaz russe bon marché, en poussant à la roue en permanence pour que s’accumulent des « sanctions économiques » qui sont en réalité plus contre nous que contre la Russie, tout le monde l’a désormais bien compris. Et Bruno Le Maire a été le dindon de la farce. Cela se tiendrait : les USA, pour garder leur hégémonie ont tout intérêt à ruiner l’Europe, à rapatrier les brillantes entreprises allemandes sur leur sol, ce qu’ils sont en train de réaliser, pour se recentrer sur leur base et espérer rebondir.

En résumé, soit il est complètement en roue libre, sous l’emprise de psychotropes, comme l’expliquait récemment une députée RN, soit il est un agent américain et fait le job : pérenniser la domination US en affaiblissant l’Europe. L’Allemagne qui n’a de cesse de commander du matériel militaire américain serait ainsi torpillée par ses propres amis, à qui se fier ?

5 mars 2024

Radu Portocala

5/3/2024 - « Nous ne sommes pas en guerre contre le peuple russe » a répété Emmanuel Macron, en visite à Prague.
Mais, alors, avec qui sommes-nous en guerre ? Avec la Russie qu’on n’arrête pas d’insulter et de menacer ridiculement ? Non plus, en principe, car être en guerre avec la Russie signifierait être en guerre avec son peuple.
Non. Nous sommes en guerre avec Vladimir Poutine. On dépense des centaines de milliards, on sacrifie la vie d’Ukrainiens, on détruit l’Ukraine parce que nous luttons contre Poutine. Et nos stratèges ineptes ne réussissent pas à comprendre que, derrière Poutine, attend un échelon véritablement agressif, qui n’attendrait pas que nous lui fassions la guerre pour nous la faire avec une efficacité impitoyable.
Cela, c’est ce que nous disons au public, aux peuples que nous ne consultons pas en prenant des décisions folles. Mais ce que nous voulons en réalité - ce que Macron et ses amis veulent - c’est l’anéantissement de la Russie et de son peuple, parce que tel est le bon plaisir des États-Unis. La Russie est leur concurrent, mais leur pensée « libérale » n’admet aucun concurrent. Ils veulent jouer au poker seuls à table.

24 février 2024

Yann Thibaud

24/2/2024 - Les propos systématiquement haineux et hostiles envers la Russie et son actuel dirigeant, sont aujourd'hui devenus la norme, qui nous est assénée quotidiennement de la part non seulement de la quasi-totalité de la classe politique et médiatique, mais également, de façon plus surprenante, des milieux artistiques et intellectuels.
Tout ceci prétendument au nom des valeurs de l'Occident.
Or cette détestation et cette condescendance envers la Russie constituent en réalité une négation et l'exact opposé de nos véritables valeurs.
Car l'Occident et sa culture se fondent sur une double filiation, celle de l'enseignement du Christ qui a prêché, si j'ai bonne mémoire, l'amour universel et la coexistence pacifique entre tous les êtres humains, et celle de la raison invoquée par les philosophes grecs et actualisée par la philosophie européenne des Lumières.
Or la russophobie effarante de notre supposée élite viole tout à la fois l'idéal christique de bonté et d'amour, bien évidemment, mais aussi la rationalité, puisque les sanctions occidentales n'ont pas fait s'écrouler l'économie russe, mais bel et bien notre propre économie, et puisque la diabolisation de la Russie se fonde sur des éléments factuellement erronés et une ignorance à peu près totale du contexte géopolitique, ainsi que l'ont montré les analyses des meilleurs connaisseurs de la question comme Jacques Baud ou Caroline Galacteros notamment.
De surcroît, les discours enflammés appelant, de manière hystérique et hyper-émotionnelle, à la guerre me semblent constituer une régression inacceptable et une trahison de tous nos principes et de toutes nos valeurs.
Aujourd'hui le rideau tombe et se révèlent l'hubris et l'hypocrisie inouïes de notre classe dirigeante, comme si l'expérience et les leçons des deux précédentes guerres mondiales n'avaient toujours pas été tirées.
Comment allons-nous donc retrouver enfin la raison et emprunter réellement le chemin de l'amour ?
À l'évidence, la haine de la Russie ne concerne aucunement le peuple, qui la considère avec un mélange de consternation et de désintérêt, mais exclusivement l'élite progressiste, qui n'accepte pas et ne supporte pas qu'un grand pays si proche géographiquement ne partage pas ses goûts et ses diktats.
En vérité, la guerre actuelle est donc bel et bien une guerre de civilisation, qui oppose une version décadente de l'Occident à une version traditionnelle de celui-ci.
Qui va donc l'emporter ?
Assurément personne, puisqu'il s'agit clairement d'une guerre fratricide.
Aussi est-il urgent de nous réconcilier avec nos frères et sœurs russes, dont le pays fait de toute évidence partie intégrante de l'Europe, et dont la culture constitue un pilier essentiel de l'héritage occidental.
Ainsi, confrontés à une élite incapable, incompétente et inconsistante, il nous appartient d'en constituer une nouvelle, celle qui émerge déjà précisément à travers les nouveaux médias alternatifs des réseaux sociaux.